top of page

Résultats de votre recherche

63 results found with an empty search

  • Le site pour parents de jumeaux et triplés | Mamans Pieuvres

    Nouveaux parents de jumeaux. Nouveaux parents de triplés. Grossesse gémellaire. Jumeaux identiques. Jumeaux non-identiques. Mamans Pieuvres. Aide et ressource jumeaux. La référence pour les parents de jumeaux et triplés Accéder à nos cours en ligne Vous êtes un organisme ou intervenant en périnatalité ? Par ici Vous êtes enceinte de jumeaux, triplés ou plus? Par ici Restez informés Inscrivez-vous à notre infolettre pour recevoir nos offres et actualités. Saisissez votre e-mail ici S'inscrire Merci pour votre envoi ! Nous sommes membres de

  • Santé mentale | Mamans Pieuvres

    Prendre soin de sa santé mentale face aux défis des naissances multiples. Santèé mentale avec des jumeaux et triplés. Dépression post-partum jumeaux. Prendre soin de sa santé mentale face aux défis des naissances multiples. Devenir parent de jumeaux, de triplés ou plus, c’est vivre une expérience hors du commun. Dès les premières secondes, l’entourage vous regarde avec fascination. On vous dit que vous êtes « chanceux », que vous avez « gagné le gros lot ». Mais derrière les sourires et les commentaires émerveillés se cachent souvent des réalités plus complexes et parfois plus lourdes que l’on n’ose pas toujours nommer. La parentalité double ou triple nous entraîne dans un quotidien où seule une infime partie de la population peut vivre. B ien que la gémellité soit souvent perçue comme magique ou exceptionnelle, il est essentiel d’en reconnaître aussi les aspects plus sensibles, parfois tabous, surtout au cours des premières années. Le quotidien des parents de multiples est remplit de résilience et de créativité ! La majorité du temps, on y trouve notre rythme. Mais il arrive que certaines périodes soient plus exigeantes, plus fragiles aussi. Le but de cette page est de vous rappeler que ces épreuves font partie de votre parcours et qu’ils sont surmontables. Il est primordial d'énumérer ces défis non pas pour se décourager, mais plutôt pour mieux se préparer, normaliser nos émotions et mettre des mots sur nos épreuves. Voici quelques défis sociaux et émotionnels qui ont un impact direct sur votre santé mentale: La difficulté de créer des liens affectifs et d’attachement avec plusieurs bébés en même temps. L’isolement des parents pendant le congé parental en raison de la réalité organisationnelle. Le manque de sommeil intense et le stress relié à cette nouvelle réalité. La culpabilité ou la tristesse de devoir partager son temps et son énergie entre les enfants. Le risque plus élevé de souffrir d’anxiété ou d’une dépression post-partum. La parentalité en contexte de naissance multiple peut bouleverser aussi les partenaires et la dynamique familiale. Leurs besoins, souvent invisibles, méritent également d’être entendus et soutenus. Votre santé mentale et émotionnelle est aussi importante que votre santé physique. Il est important d'exposer et de nommer ces défis afin de valider ce que plusieurs parents vivent parfois en silence. LES DÉFIS INVISIBLES DU QUOTIDIEN AVEC DES MULTIPLES Les premiers mois à la maison peuvent être mentalement et physiquement exigeants. Ils peuvent également s’accompagner d’une fatigue immense, dû à la charge mentale constante. Si vous vous sentez dépassés, seuls, tristes, anxieux ou coupables… sachez ceci : vous n’êtes pas seuls. La majorité des parents de multiples ne s’attendent pas à un tel bouleversement. Beaucoup disent que la première année est la plus difficile. Il s’agit souvent d’une période de survie, durant laquelle les repères vacillent. Il est facile de se perdre dans son rôle, de douter de soi, de ne pas réussir à se donner autant pour chaque bébé comme on l’avait espéré. Les phrases banales, pourtant bien intentionnées comme « Profitez-en, ça passe vite! » ou « Moi aussi j’étais fatiguée avec mon bébé » peuvent créer un écart douloureux entre ce que vous vivez et ce que les autres perçoivent. UNE RÉALITÉ DOCUMENTÉE Les défis que rencontrent les mères de jumeaux, triplés ou plus ne relèvent pas seulement de l’intuition ou des témoignages. Ils sont également documentés par la recherche, notamment par une étude britannique menée auprès de centaines de mères de multiples. Selon une étude demandée par nos partenaires de l'organisation Twin Trust au Royaume-Uni, la première année de vie avec des jumeaux ou triplés est souvent perçue comme la plus exigeante sur les plans physique, émotionnel et organisationnel (Bryan, 2002). Cette réalité dépasse largement l’impression individuelle : elle est partagée par une majorité de parents de multiples. Ce que l’étude met en lumière : Un niveau d’épuisement généralisé, souvent plus grand que ce que les mères avaient anticipé. Un manque de spontanéité dans la routine familiale, les journées étant dictées par les besoins des bébés sans répit. Un soutien insuffisant, même de la part de l’entourage, qui ne saisit pas toujours l’ampleur de la tâche. Une impression que les soins de base prennent tout l’espace : nourrir, changer, calmer, recommencer… avec peu de place pour autre chose. À cela s’ajoutent d’autres préoccupations fréquentes : inquiétudes financières, séquelles possibles de la prématurité, impacts sur les autres enfants de la fratrie. L’étude conclut que les mamans de multiples ressentent souvent un sentiment d’incompétence, non pas parce qu’elles échouent, mais parce que les attentes internes sont irréalistes face à une réalité qui dépasse tout ce qu’elles avaient imaginé. Bien souvent, l’accent est sur mis sur le bien-être mental des mamans mais celui des papas est tout aussi important. Les frères et sœurs aînés de multiples subissent aussi un changement soudain dans la dynamique familiale, et il est possible qu’ils se sentent négligés lorsque l’attention des autres se porte sur la nouveauté de leurs frères et sœurs qui arrivent en double ou en triple. Une étude danoise de 2022 (Skovlund et al.) s’est penchée sur l’apparition de la dépression post-partum durant la période postnatale chez les parents de jumeaux, comparés aux parents de singletons. Les principales conclusions étaient les suivantes : Les mères de jumeaux ont un risque plus élevé de dépression post-partum, particulièrement au début de la période postnatale et persistant jusqu’à environ six mois après l’accouchement. Les pères de jumeaux ou plus montrent des signes d’un risque légèrement accru de dépression post-partum autour des six mois suivant la naissance. DES DÉFIS MULTIPLES Les défis en lien avec la préservation de notre santé mentale peuvent apparaître dès le tout début de l'annonce de la grossesse gémellaire, et persister pendant la petite enfance des multiples. 01 LA GRANDE ANNONCE : LE CHOC GÉMELLAIRE Cette grande nouvelle a un impact direct sur la santé mentale des parents, ces derniers ressentant des inquiétudes face aux risques associés à une grossesse multiple. La préparation mentale et émotionnelle à accueillir plusieurs bébés à la fois peut être une véritable montagne russe. Anticiper les soins, les nuits, les logistiques et les responsabilités décuplées engendre bien souvent du stress, de l’anxiété, voire de la culpabilité. C’est pourquoi il est essentiel de s’entourer tôt d’un système de soutien solide : professionnel, familial, communautaire. Pour plus de détails sur le choc gémellaire, consulter notre page sur la préparation 101 . 02 LA GROSSESSE À RISQUE Dès le diagnostic, une grossesse gémellaire ou triple est automatiquement considérée comme à haut risque. Cette réalité entraîne un suivi médical plus rapproché, des examens plus fréquents et des inquiétudes constantes concernant la santé maternelle et celle des bébés. Chaque rendez‑vous, chaque résultat d’échographie peut devenir une source d’angoisse, particulièrement dans le cas de grossesse monochorionique. À cette vigilance médicale s’ajoute une vigilance émotionnelle permanente : la peur de l’inconnu, l’impression de ne pas pouvoir contrôler la situation, et parfois la difficulté de se projeter sereinement dans l’avenir. Même lorsque la grossesse se déroule sans incident majeur, la charge mentale est amplifiée par l’anticipation de ce qui s’en vient : plusieurs bébés à accueillir, une logistique complexe à organiser, et la conscience que la suite sera exigeante. Pour plus de détails sur la grossesse à risque, consulter notre page sur le suivi obstétrical . 03 LA PRÉMATURITÉ Il va de soi que plus les bébés naissent tôt, plus leur séjour en néonatalogie sera long. La durée de cette hospitalisation dépend généralement de l'âge gestationnel à la naissance, du poids des bébés et de la présence ou non de complications médicales. Certaines de ces complications peuvent découler de conditions spécifiques liées aux grossesses multiples, telles que le syndrome transfuseur-transfusé (STT) ou d'autres déséquilibres placentaires. Lorsque les bébés doivent affronter des défis médicaux, c’est toute la famille qui se retrouve plongée dans une réalité exigeante, imprévisible et hautement émotionnelle. Pour les parents, cela signifie souvent devoir frapper à plusieurs portes, naviguer entre les systèmes de santé, d’éducation et de soutien communautaire, tout en jonglant avec la logistique du quotidien. Pour plus de détails sur les défis de la prématurité, consulter notre page sur la prématurité. 04 LA PÉRIODE POSTNATALE Après la naissance, les parents de multiples se retrouvent propulsés dans un rythme effréné. Les nuits entrecoupées, l’alimentation en simultané, les pleurs croisés et l’absence de pauses prolongent l’état d’alerte amorcé durant la grossesse. À cela s’ajoutent des préoccupations financières grandissantes et des ajustements professionnels parfois difficiles à concilier. Plusieurs études l’ont démontré : les parents de multiples présentent des taux significativement plus élevés de dépression postnatale, d’épuisement extrême, d’anxiété, et font face à un risque accru de tensions conjugales ou de séparation. Et pourtant, ces difficultés demeurent trop souvent invisibles. Dans ce contexte, l’importance d’un réseau de soutien qui comprend la réalité spécifique des familles multiples est essentielle. Pour plus de détails sur la période postnatale, consulter notre page sur le soutien postnatal. 05 LA PETITE ENFANCE Selon le rapport Multiples Unfiltered de l’Australian Multiple Birth Association ( 2024), les parents de multiples sont 9 fois plus fatigués que les autres parents, et seulement 20 % des mères de multiples retournent au travail avant la troisième année de leurs enfants, en partie à cause du coût et de la disponibilité limitée des services de garde d’enfants. La charge financière est considérable : les coûts pour des jumeaux étant jusqu'à 5 fois plus élevés que pour un enfant unique dans sa première année, et 13 fois plus élevés pour des naissances multiples (triplés et plus). Ce parcours peut être exténuant, tant sur le plan physique qu’émotionnel. La complexité des démarches, le sentiment d’injustice ou d’isolement, et la crainte de ne pas faire suffisamment peuvent peser lourdement sur la santé mentale parentale. Gérer les défis de la petite enfance avec deux ou trois enfants du même âge demande également un niveau de patience remarquable, sans oublier les microbes qui s'installent. Pour plus de détails sur la petite enfance, consulter notre section sur le même sujet. LORSQUE L'ACCOUCHEMENT LAISSE DES SÉQUELLES Eli a toujours rêvé de devenir mère. Active et amoureuse, elle s’imaginait une grossesse à son image… jusqu’à l’annonce d’une grossesse gémellaire. Sa réalité bascule alors : repos complet, quotidien transformé, et plusieurs petits deuils à traverser. L’accouchement, espéré en douceur, se déroule plutôt de façon abrupte et marquante, laissant des traces physiques et émotionnelles. Dans cet épisode, Eli se livre avec vulnérabilité, accompagnée d’Audrey-Anne, travailleuse sociale, qui apporte un regard professionnel et bienveillant. Aujourd’hui, maman et ses jumeaux vont bien. Ce témoignage est pour Eli une façon de guérir, de mettre des mots sur son vécu et sur ces petits deuils parfois présents dans une grossesse gémellaire. L'IMPACT INVISIBLE D'UNE ARRIVÉE PRÉMATURÉE Dans les naissances multiples, il arrive que la naissance des bébés se déroule bien loin du rêve imaginé. Un accouchement déclenché trop tôt, une césarienne d'urgence, des soins médicaux intensifs, des incubateurs, des moniteurs, des séparations rapides, une chambre vide en rentrant à la maison ne sont que quelques exemples. C es débuts difficiles font malheureusement partie du parcours de nombreuses familles de jumeaux, triplés ou plus. Et même si le corps guérit, l’esprit, lui, garde souvent des traces profondes. Les accouchements multiples sont plus souvent marqués par des complications : prééclampsie, retard de croissance, présentations atypiques, syndrome transfuseur-transfusé. Dans bien des cas, les parents vivent ces moments comme une perte de contrôle : certains racontent ne pas avoir compris ce qui se passait, ne pas avoir pu participer aux décisions, ou ne pas avoir eu le temps de rencontrer leurs bébés avant leur transfert en soins intensifs. Ce type d’accouchement peut engendrer ce qu’on appelle un stress post-traumatique périnatal, distinct de la dépression post-partum, mais tout aussi important à reconnaître. Des souvenirs qui reviennent la nuit, une anxiété diffuse, une tendance à éviter certains lieux, certaines conversations. Ce ne sont pas des caprices. Ce sont des cicatrices. Lorsque les bébés doivent être hospitalisés à l'unité des soins intensifs néonatale (USIN), les émotions se bousculent. Joie, peur, vide, soulagement, culpabilité. L'organisation Twin Trust au Royaume-Uni parle ici de « perte ambiguë » : les parents sont devenus parents, mais sans pouvoir vivre ce rôle pleinement. Pas de peau-à-peau. Pas de tétée de bienvenue. Juste des fils, des horaires de visite, et une inquiétude constante. Certains parents se sentent comme des visiteurs dans la vie de leurs propres enfants. Cette expérience peut devenir encore plus difficile si le parent est seul, ou s’il est témoin des progrès des autres bébés alors que les siens luttent pour survivre. L’impression d’être à la fois chanceux et profondément tristes est difficile à verbaliser… et encore plus à faire comprendre. UN ATTACHEMENT DIFFICILE Même une fois les bébés à la maison, le choc n’est pas toujours passé. Certains parents racontent revivre les alarmes du moniteur la nuit. D’autres évitent de retourner à l’hôpital pour les suivis, tant les souvenirs sont lourds. Plusieurs confient avoir eu du mal à créer un lien affectif avec leurs bébés après un tel début. « J’avais l’impression de m’occuper de bébés que je ne connaissais pas. Je les aimais, mais je ne ressentais pas encore ce lien. J’étais encore figée dans ce qu’on avait vécu. » Lorsque le contact peau à peau a été retardé, que les premiers jours ont été rythmés par des soins techniques, ou que les parents ont été séparés de leurs bébés, l’attachement peut se construire plus lentement. Cela ne veut pas dire qu’il ne se construira pas : mais il faut parfois plus de temps, plus de douceur, plus de soutien. Il est important de normaliser cette difficulté sans culpabilité. Ces expériences peuvent laisser des marques profondes. Elles méritent d’être nommées, reconnues, accompagnées. Il n’y a aucune honte à avoir vécu l’accouchement ou les premières semaines comme une épreuve. Parfois, un accompagnement psychologique, un groupe de soutien ou simplement une oreille bienveillante peuvent faire une réelle différence. L'organisme Twin Trust souligne que les parents ayant vécu un accouchement difficile ou un séjour prolongé à l'USIN présentent un risque plus élevé de dépression postnatale, surtout s’ils ne reçoivent pas d’accompagnement émotionnel ou psychologique pendant ou après cette période. Il est essentiel que votre histoire soit reconnue, nommée, et accueillie. Participer à un groupe de soutien, parler à un(e) professionnel(elle), ou simplement avoir quelqu’un de confiance qui comprend votre parcours peut être réparateur. Même si ces débuts n’étaient pas ceux que vous aviez imaginés, ils font aussi partie de votre histoire et celle de vos bébés. AVEC KARINE MIVILLE, PSYCHOLOGUE Psychologue depuis 2007, Karine détient une maîtrise en psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Elle a travaillé durant 14 ans au service de l’équipe de santé mentale adulte, 1ière ligne, dans le réseau de la santé. Elle a développé une approche chaleureuse, accueillante, compétente et proche des besoins de ses clients. Elle est maman de jumeaux. Mamans Pieuvres : Bonjour Karine! Merci beaucoup de nous accorder cette entrevue. Premièrement, nous aimerions savoir comment avez-vous vécu la période postnatale à l'arrivée de vos jumeaux? Les premiers mois ont été extrêmement difficiles pour moi. Mes garçons sont nés à 31 semaines et ont passé les deux premiers mois à l'hôpital où ils devaient prendre un médicament presqu’à tous leurs boires (7 boires sur 8 !). J'ai passé au travers en comptant les minutes avant que l'aide arrive. Plus ils vieillissaient, plus cela devenait facile. Mamans Pieuvres : C'est une période tellement difficile, d'où l'importance de demander de l'aide! Quel genre d'aide avez-vous reçu pendant les premiers mois? Oui vraiment! Pour débuter, j'ai reçu de l'aide d'un organisme qui s’appelle La maison de la famille et grâce à eux, j’avais une bénévole pour m’aider avec les enfants. J'ai eu droit à 3 visites par semaine lorsque mes jumeaux étaient âgés de 3 à 10 mois. Ensuite, j'ai eu une auxiliaire du CLSC qui passait l'aspirateur et faisait les repas. Cette personne m'aidait avec les enfants quand ils étaient réveillés. Il n’y avait pas de livre ni de site Internet! Je n’avais pas le temps de chercher pendant la première année! Mamans Pieuvres: Quel fut votre plus grand défi en tant que nouvelle maman de jumeaux? Définitivement le manque de sommeil. Mais courage! La fatigue est temporaire et le sommeil va revenir même si ce n’est pas instantané … parole d'une maman qui n'a pas dormi plus de 2h consécutives dans les premiers 3 1/2 ans, en plus d'aller travailler! Mamans Pieuvres: En tant que psychologue, y a-t-il des principes que vous avez appliqué dans votre propre démarche personnelle? Oui. Mon travail m'a surtout amené à saisir que chaque jour est différent et que demain sera peut-être plus facile. Cela m’a permis de profiter de tous les beaux petits moments tout en communiquant mes limites de façon claire avec mon entourage. Il y a aussi la normalisation de la détresse face à toutes les difficultés rencontrées. Mamans Pieuvres : En terminant, pourriez-vous nous donner vos meilleurs conseils pour la fameuse période postnatale? Certainement! 1-N ’hésitez pas à demander de l'aide! Dites précisément ce dont vous avez besoin. Cuisiner, faire manger les enfants, vider le lave-vaisselle, lavage ou simplement un moment pour vous retrouver seule. Car c’est aussi ça, respecter sa santé mentale : avoir le courage de demander de l’aide et faire ce qu'il faut pour la garder. 2-Ne vous comparez pas aux autres mères ou aux autres parents! Essayez de ne pas vous laissez affecter par le jugement des autres. Dites vous qu’ils ne peuvent pas comprendre car ils ne l'ont tout simplement pas vécu! Avoir deux ou trois bébés en même temps est une expérience hors du commun. Les gens ne comprendront jamais malgré notre bonne volonté à leur expliquer. De plus, n’oubliez pas que chaque enfant évolue à son propre rythme et que parfois ils ne le font pas nécessairement comme on le voudrait. 3- Faites-vous confiance ! Contrairement à Monsieur et Madame Tout-le-Monde qui se permettent de nous dire comment les élever ou encore de nous dire ce dont ils ont besoin, nous sommes celles qui passons le plus de temps avec eux donc OUI, nous connaissons nos bébés et savons ce qui est le mieux pour eux … Même si c'est grand-maman qui le dit! LA SANTÉ MENTALE PÉRINATALE AVEC DES MULTIPLES Créer des liens avec d'autres parents est essentiel pour préserver sa santé mentale, mais encore faut-il que ces liens soient nourrissants, pertinents, et ancrés dans une compréhension authentique du quotidien avec des multiples. C’est exactement ce que des espaces comme Mamans Pieuvres s’efforcent d’offrir. Quand rien ne va plus, il est important de se rappeler de ne jamais hésiter à aller chercher de l'aide. Nous vous invitons à écouter la capsule vidéo du Dre Nguyen concernant la santé mentale périnatale, qui s'adresse spécifiquement aux parents de multiples. LE RÔLE DES HORMONES Saviez-vous que les niveaux hormonaux peuvent être plus élevés chez les personnes enceintes de jumeaux ou de triplés ? Si les fluctuations hormonales ont souvent été pointées du doigt comme cause d’anxiété ou de dépression pendant la grossesse, elles ne sont pas les seules responsables. Aucune étude n’a démontré que l’hormone hCG à elle seule provoque des changements d’humeur. En fait, certains autres hormones pourraient même avoir un effet protecteur. Il est donc essentiel de ne pas tout attribuer aux hormones : l’anxiété et la dépression prénatales peuvent aussi découler de plusieurs autres facteurs : Le stress général accumulé Des expériences de vie passées ou traumatisantes Les défis physiques et mentaux d’une grossesse multiple Un historique personnel ou familial de troubles de santé mentale Il est normal de se sentir plus émotive, plus irritable ou plus vulnérable pendant la grossesse. Mais il est tout aussi important de rester attentive aux signes plus persistants ou inquiétants, afin de pouvoir demander de l’aide rapidement. SIGNES ET SYMPTÔMES DE LA DÉPRESSION POST-PARTUM Selon une revue d'études publiée dans le Journal of Paediatrics and Child Health, les mères de jumeaux présentent un risque jusqu’à trois fois plus élevé de vivre une dépression postnatale que les parents de singleton, particulièrement au début de la période postnatale et persistant jusqu’à environ six mois après l’accouchement. Pour ce qui est des pères de multiples, ces derniers montrent des signes d’un risque légèrement accru de dépression post-partum autour des six mois suivant la naissance. Parmi les facteurs aggravants : la prématurité, le manque de sommeil, l’isolement, et la charge mentale liée à la gestion de plusieurs nourrissons en même temps. Il est normal de se sentir dépassée, parfois même submergée, face à la maternité de multiples. Ce que vous vivez est immense, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Mais parfois, cette surcharge peut évoluer vers un déséquilibre plus profond, qu’il est important de reconnaître et de nommer. Il faut être capable de reconnaître les signes de détresse psychologique. Ce ne sont pas des signes de faiblesse. Ce sont des signaux d’alarme. Et les repérer, c’est déjà un acte de soin envers soi-même. Voici quelques indicateurs à surveiller en lien avec la dépression post-partum: Une fatigue extrême, persistante, qui ne s’explique pas uniquement par le manque de sommeil Des pleurs fréquents, une irritabilité inhabituelle Une perte de plaisir, même dans des moments censés être heureux Le sentiment de ne pas être une « bonne mère » ou de ne pas y arriver Une anxiété constante ou des attaques de panique Des pensées intrusives ou inquiétantes De l’insomnie, même lorsque les bébés dorment Une difficulté à créer un lien affectif avec l’un ou plusieurs des bébés Ces symptômes ne doivent jamais être minimisés. Il est essentiel de consulter rapidement si l’un ou plusieurs de ces signes sont présents. Un professionnel pourra évaluer la situation et vous proposer des ressources adaptées à votre réalité. COMMENT PRENDRE SOIN DE SOI DANS LE CHAOS Prendre soin de soi lorsqu’on est parent de jumeaux, triplés ou plus peut sembler... impossible. Et c’est normal de ressentir que le temps, l’énergie ou même l’espace mental pour penser à soi sont inexistants. Pourtant, ce n’est pas un luxe, ni un caprice : c’est un besoin fondamental. C’est aussi un acte d’amour envers vos enfants : leurs parents ont de la valeur, autant qu’eux. Dans le chaos, il est primordial de se rappeler que nous ne sommes pas inadéquats dans nos rôles. Ce sont plutôt les conditions dans lesquelles nous exerçons notre parentalité qui sont extrêmes! C'est pour cette raison que chaque petit geste envers soi-même peut faire une différence immense. Il ne s’agit pas ici de trouver du temps pour un spa ou une retraite silencieuse (même si ce serait merveilleux), mais plutôt de se trouver des gestes simples au quotidien qui nous recentrent ! Voici quelques idées qui pourraient faire du bien à votre tête et à votre cœur: S'embarrer dans la salle de bain pour pleurer quelques instants (ça fait du bien!) Une douche récomfortante (même si c'est quelques minutes). Profiter d'un café chaud. Écouter une chanson qui nous fait du bien. Éteindre son téléphone ou autre écran. Se préparer notre collation préférée. Danser dans la cuisine. Pratiquer la respiration profonde. Faire des étirements. Accepter l’aide ... et apprendre à dire oui sans s’excuser. Un petite sieste, même courte. Lire des affirmations positives. Allumer une chandelle. Contacter un(e) ami(e) qui nous comprend. Changer de chandail ou enfiler un vêtement qui fait du bien. BRISER L'ISOLEMENT : FAIRE PARTIE D'UNE COMMUNAUTÉ Une des premières choses qui peut aider c'est d'accepter sa réalité atypique. Donnez-vous le droit de ne pas aller bien tous les jours. Ce que vous vivez n’a rien de banal, après tout, vous faites partie du 1,2 % des parents qui expérimentent l'aventure gémellaire. Vous êtes en train d’accomplir quelque chose de monumental. Vous répondez à des besoins constants, vous traversez des vagues d’émotions : d'un cœur débordant d'amour à du découragement profond. Non, vous n’avez pas à être parfait. Les groupes privés ou les activités spécifiquement dédiées aux parents de multiples sont bien plus que de simples forums de discussion : ce sont des lieux de reconnaissance, de légitimité et de réconfort. Ces communautés permettent de rompre l’isolement, de partager des stratégies concrètes, de rire de l’absurde, de pleurer sans honte, et de poser ses questions sans crainte d’être jugé. C’est aussi un espace où l’on peut rencontrer des familles un peu plus avancées dans le parcours, et en tirer inspiration, espoir et courage. S’entourer de personnes qui comprennent, sans avoir à tout expliquer, c’est un geste profondément réparateur. Cela protège notre équilibre émotionnel, et nous rappelle que nous ne sommes pas seuls. Nous vous encourageons à participer à un groupe de parents de multiples, en ligne ou en personne. On vous souhaite de belles rencontres, et peut-être même, des amitiés durables nées dans le tumulte et la beauté de la parentalité gémellaire. Consultez notre bottin juste ici pour des groupes et des ressources. Visionner notre entrevue en Jessika Brazeau de Ça va maman? , une ressource précieuse pour les mamans d'aujourd'hui! Écouter le vidéo Écouter les épisodes en lien avec la santé mentale et la dépression sur notre balado Entres Mamans Pieuvres. Écouter l'épisode PARENTALITÉ AVEC DES JUMEAUX OU DES TRIPLÉS Je veux m'y préparer ! LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER: Santé mentale et dépression post-partum Source: La société des obstétriciens et gynécologues du Canada Programme pour favoriser la santé mentale et le bien-être des nouveaux parents Source: Toi, Moi, Bébé Le balado Ça va maman ? Source: Ça va maman ? Sources : Australian Multiple Birth Association (AMBA), Multiples Unfiltered. Rapport Multiples Unfiltered, 20 mars 2024 Bryan, E. (2002). Parenting twins and higher multiples: What helps? A study carried out for Tamba (Twins and Multiple Births Association), UK. Fraser, E. (2010). Postnatal Depression: A Guide for Mothers of Multiples. Twins and Multiple Births Association (TAMBA), UK. Multiple Births Canada (2020). Postpartum Wellness and Postpartum Depression/Anxiety (PPD/A). IS# 507. multiplebirths.ca Risk and timing of postpartum depression in parents of twins compared to parents of singletons. https://doi.org/10.1111/acps.13766 Skovlund, C. W., Kessing, L. V., Munk-Olsen, T. (2022). Postpartum depression in parents of twins: A Danish population-based cohort study. Acta Psychiatrica Scandinavica, 145(1), 44–54. https://doi.org/10.1111/acps.13400 Twin Research Australia. (2011). Multiple Perspectives: A Discussion Paper on Multiple Births and Wellbeing in Australia. Consulté à l’adresse : https://icombo.org/wp-content/uploads/2010/12/PPMD-Study-for-website.pdf Twins and Multiple Births Association (TAMBA). Postpartum Depression and Anxiety (PPD/A): A guide for parents of twins, triplets and more. UK, 2020. Wenze, S. J., Battle, C. L., & Tezanos, K. M. (2015). Raising multiples: mental health of mothers and fathers in early parenthood. Archives of Women’s Mental Health, 18(2), 163–176. https://doi.org/10.1007/s00737-014-0484-x

  • Développement | Mamans Pieuvres

    Le dé​veloppement cognitif des jumeaux pendant la petite enfance.  Le dé veloppement cognitif chez les jumeaux pendant la petite enfance. Les jumeaux et les triplés fascinent depuis toujours, et ce partout dans le monde. On les retrouve dans les mythologies anciennes, les œuvres d’art, les romans, les documentaires, les films et même dans les dessins animés. Leur simple présence attire l’attention, y compris la leur. Cette curiosité naturelle de la société peut toutefois influencer leur développement et leur comportement individuels. En tant que parents, notre rôle est d’accompagner chaque enfant dans son propre développement, tout en reconnaissant la relation unique qui unit les co-jumeaux. L’enjeu est d’atteindre un équilibre : respecter leur lien spécial sans le laisser limiter leur évolution personnelle. En favorisant l’individualité de chacun, vous leur offrez les meilleures bases pour devenir des adultes indépendants, confiants et capables de faire leurs propres choix. Investir dans le développement individuel de vos multiples apporte de nombreux bénéfices. Selon Twin Trust (2019), voici quelques impacts positifs observés lorsque chaque enfant est soutenu dans son cheminement personnel : Leurs compétences sociales avec les autres s’améliorent. Ils présentent moins de comportements liés à la rivalité ou la compétition. Leur développement linguistique progresse de manière plus stable. La séparation d’avec leur co-jumeau est plus facile à vivre. Leur cheminement scolaire est généralement plus harmonieux, qu’ils soient dans la même classe ou non. Leur confiance en eux pendant la puberté favorise une transition plus saine vers l’âge adulte. Ils sont plus aptes à développer des relations solides et autonomes à l’âge adulte. Enfin, soutenir l’individualité de chacun apporte également un immense bénéfice aux parents : une parentalité plus satisfaisante, où chaque enfant peut être reconnu, célébré et accompagné pour qui il est réellement. L’équipe de Mamans Pieuvres remercie toutes ses collaboratrices pour leur participation à cette section, notamment Lucie Boulanger et Andréa Dépelteau pour leur révision LE LIEN GÉMELLAIRE Ensemble depuis leur conception, les multiples ont été conçus avec ce lien profond et unique qu’on appelle le lien gémellaire. Source permanente de force et d’affection mutuelle, car « sur le plan émotionnel, les jumeaux développent un lien d’attachement particulier envers leur(s) co-jumeau(x) et ce depuis in utero. Qu’il soit fusionnel ou plus conflictuel, ce lien se développe et se complexifie au cours des années » (Boulanger, 2021). C'est ce lien qui rend les multiples uniques et qui constitue une partie importante de leur identité propre. La gémellité et le statut qu’on lui accorde sont cependant très significatifs dans la vie des enfants issus d’une naissance multiple, particulièrement auprès des parents. La chercheuse italienne Alessandra Piontelli, qui a étudié trente paires de jumeaux depuis la grossesse jusqu'à la petite enfance, explique comment l’attachement entre les jumeaux s’est formé avec une intensité inhabituelle et à un âge précoce, particulièrement chez les monozygotes. Elle précise : « La présence la plus constante et la plus stable dans la vie de tout jumeau est son co-jumeau. Dans bien des cas, tôt ou tard, chacun est nécessairement devenu la figure majeure d’attachement de l’autre. Les jumeaux ont commencé à compter les uns sur les autres pour leur confort, leur compagnie et leur soutien » (Piontelli, 2002). L’étude montre que le lien entre jumeaux et triplés peut être qualifié d’attachement primaire, un terme qui fait référence à la personne avec laquelle un enfant développe son lien affectif le plus fort, généralement sa mère. Il est donc fascinant et rassurant de comprendre que les multiples développent un lien d’attachement entre eux, et ce, dès les premiers instants de vie. Cet aspect est essentiel et vient contredire le mythe selon lequel la séparation favoriserait l’indépendance des multiples. Cette croyance, encore bien présente, peut malheureusement causer davantage de tort que de bien, surtout lorsque les jumeaux sont séparés trop précocement. Le sujet revient d’ailleurs souvent dans les discussions concernant l’entrée scolaire. Pour plus d’informations, visitez la page SCOLARITÉ. LES STADES DE DÉVELOPPEMENT Saviez-vous que les jumeaux ont un développement cognitif distinct? Le fait d’être issus d’une naissance multiple amène des défis supplémentaires dans leur recherche identitaire (Fédération Jumeaux et Plus, 2019). Il est donc essentiel d’accorder une attention particulière aux étapes de développement spécifiques des jumeaux, afin que chacun puisse construire sa personnalité propre. À travers ses nombreuses années de pratique auprès des familles de multiples, le psychologue et gémellologue Fabrice Bak a développé un modèle du développement gémellaire. Son travail définit quatre grandes étapes par lesquelles les multiples évoluent. La fusion gémellaire De la naissance jusqu'à environ 2 ans (bébés) La phase de complémentarité Vers 2 ans jusqu'à 5-6 ans (petite enfance) La première phase d'autonomie Vers 6 ans jusqu'à 11-12 ans (enfance) La deuxième phase d'autonomie De l'adolescence jusqu'à l'âge adulte (début de la puberté) Le comité scientifique de la Fédération Jumeaux et Plus en France précise que certains enfants traverseront ces étapes un peu en avance ou un peu en retard, et que les âges proposés sont indicatifs. LA GÉMELLITÉ PENDANT LA PETITE ENFANCE De la naissance jusqu’à l’entrée à l’école, les multiples traversent les deux premiers stades du développement gémellaire : la fusion gémellaire et la phase de complémentarité. Le premier stade, qui dure jusqu’à environ 2 ans, est marqué par une forte fusion entre les enfants. Il est souvent difficile pour les parents d’entretenir une relation individuelle avec chacun, puisque les besoins des bébés du même âge surviennent en parallèle : boires, changements de couches, sommeil, réconfort. Cette simultanéité renforce naturellement la construction d’une identité gémellaire plutôt que d’une identité personnelle. Cette unification est un phénomène normal et attendu. En effet, il est complexe d’offrir exactement les mêmes réponses parentales à deux bébés en même temps, tout en les différenciant dans les interactions. Les réponses simultanées des adultes peuvent entraîner un léger retard de développement sur certains plans, mais celui-ci se résorbe généralement de lui-même au fil des mois. Vers deux ans, les jumeaux et triplés entrent habituellement dans la phase de complémentarité. Ils commencent à se percevoir comme deux individus distincts. Les apprentissages se poursuivront côte à côte, mais chacun suivra son propre rythme : marche, langage, propreté, autonomie. C’est également à ce moment que les personnalités se précisent. L’environnement familial et les attitudes parentales jouent un rôle clé dans la réussite de cette étape. L’enfant qui présente un retard dans un domaine tend à recevoir davantage d’attention pour rattraper son co-jumeau. Parallèlement, les parents peuvent, sans s’en rendre compte, attribuer à chacun des caractéristiques distinctes pour faciliter la différenciation et soutenir l’individualité. Il est intéressant de noter que cette phase de complémentarité coïncide avec la période de la petite enfance où l’intensité émotionnelle est déjà élevée. Les multiples vivent donc à la fois un développement identitaire complexe et un développement affectif exigeant. Comprendre ces étapes propres aux jumeaux et triplés aide à mieux saisir la profondeur de leur relation. Un accompagnement conscient et réfléchi permet à chaque enfant de développer sa personnalité, sa voix et son sentiment d’unicité, tout en respectant le lien gémellaire. LES DIFFÉRENTS MODÈLES DE RELATIONS GÉMELLAIRES En parallèle des stades de développement, le chercheur français René Zazzo, figure majeure dans l’étude de la gémellité, a identifié plusieurs modèles relationnels observables chez les jumeaux. Ces modèles peuvent varier selon le type de grossesse, le sexe des enfants et leurs tempéraments. Le modèle « fusionnelle » Il est davantage observé chez les jumeaux monozygotes, souvent liés par un effet miroir. C’est ce modèle qui a nourri de nombreux mythes associés à la gémellité, comme la télépathie. Vous pourrez reconnaître ce modèle si : -les enfants se chicanent rarement ou très peu ; -ils recherchent constamment la présence l’un de l’autre ; -la séparation est difficile et leur détente survient au moment des retrouvailles. Le modèle de « dominé-dominant » Plus courant chez les dizygotes, ce modèle peut émerger en raison de différences physiques, de tempéraments ou de développement. L’un peut naturellement prendre plus de place, puis le rôle peut s’inverser selon les situations. Vous pourrez reconnaître ce modèle si : -les enfants se confrontent régulièrement ; -l’un semble souvent prendre le dessus sur l’autre ; -l’un adopte une posture de “parent” ou répond fréquemment à la place de son co-jumeau. Le modèle « relation de couple » Il ne fait pas référence au sexe des enfants, mais au fonctionnement de leur dynamique relationnelle. Vous pourrez reconnaître ce modèle si : -ils semblent se compléter naturellement ; -chacun occupe un rôle défini (par exemple, l’un gère l’extérieur, l’autre l’intérieur) ; -la séparation est difficile pour l’un, car il se sent “incomplet” sans l’autre. Il est essentiel de comprendre que ces modèles ne sont ni figés ni déterminants. Les relations gémellaires évoluent au fil du développement, des contextes de vie, des forces propres à chacun et des expériences personnelles. Les rôles se modifient, se renversent et s’équilibrent au fil du temps. SÉCURITÉ D'ATTACHEMENT CHEZ LES JUMEAUX, COMMENT ÇA SE PASSE? On parle de plus en plus de l’importance de l’attachement lorsqu’il est question du développement des enfants. Brièvement, dès les premiers moments de vie, votre enfant se réfère à vous pour avoir une représentation du monde qui l’entoure. Lorsque vous êtes sensibles aux besoins de votre enfant, c’est-à-dire que vous y répondez de façon adéquate et plaisante, mais aussi dans un délai raisonnable, votre enfant comprend qu’il peut vous faire confiance. C’est à travers votre disponibilité et votre prévisibilité que votre enfant apprend qu’il peut vous utiliser comme base de sécurité. Il sait que vous êtes là pour le protéger lorsqu’il vit de la détresse. Ainsi, au fil du temps, votre enfant deviendra sa propre base de sécurité et utilisera ses ressources personnelles pour s’accomplir et affronter les défis de la vie. Le hic est que l’on aborde souvent ce thème sous la loupe des parents de singletons. Devoir répondre aux besoins de deux ou trois bébés n’est pas une mince tâche, même que cela peut être impossible par moment. Le temps du parent qui est accordé à chaque enfant individuellement est inévitablement réduit, mais rassurez-vous, les jumeaux et les triplés peuvent tout autant développer un attachement sécurisant envers leurs parents. Au-delà de l’attention accordée à chaque enfant, c’est la sensibilité parentale qui joue un rôle important. Concrètement, si un de vos bébés pleure, il vous signale un besoin. Si l’autre est calme, il n’en signale pas. Bien sûr que le plus calme mérite aussi votre attention, mais, dans cet instant précis, nul besoin d’aller au-devant de ses besoins. Faites-lui confiance qu’il saura vous aviser en temps et lieu. La mobilisation du réseau de soutien prend également tout son sens ici pour les moments où vos enfants expriment des besoins simultanément. Pour finir, sachez que vos enfants développeront aussi un lien d’attachement entre eux. Beau plus non? LES RELATIONS FRATERNELLES ET LEUR IMPACT SUR LE DÉVELOPPEMENT Étant moi-même jumelle, je me suis souvent questionnée sur la nature du lien qui unit les jumeaux et sur les raisons pour lesquelles il est si difficile à expliquer pour ceux qui le vivent, mais aussi si complexe à comprendre pour ceux qui l’observent de l’extérieur. Qu’est-ce qui distingue les liens entre jumeaux de ceux qui unissent les autres membres de la fratrie? En quoi le développement des multiples diffère-t-il de celui des singletons? Mes rencontres auprès d’une soixantaine de jumeaux, mes lectures et la collaboration précieuse du psychologue cognitiviste et gémellologue Fabrice Bak m’ont confirmé une chose essentielle : être jumeau ou jumelle, ce n’est pas vivre une enfance comme les autres. Bien qu’on idéalise souvent la relation gémellaire, celle-ci évolue, se transforme et fluctue selon les étapes de vie, les expériences et la manière dont la société perçoit les jumeaux. Cette perception extérieure peut d’ailleurs influencer nos comportements : il arrive que des multiples adoptent inconsciemment une attitude « fusionnelle », répondant aux attentes culturelles, même lorsque cette dynamique ne reflète pas leur vécu réel. LA FRATRIE Le premier lien que nous construisons est celui avec notre mère, pendant la grossesse. Dès la naissance, s’ajoute celui avec nos deux parents, puis, lorsque nous avons des frères et sœurs, la relation fraternelle. Ce lien débute dès l’arrivée de chaque enfant dans la famille et se transforme graduellement en lien d’amitié selon les personnalités, les affinités et les expériences partagées. Les relations fraternelles constituent la base de nos interactions futures. Elles nous enseignent comment prendre notre place, comment partager, comment s’affirmer et comment cohabiter au sein d’un groupe. Le rang dans la fratrie influence aussi le développement : l’aîné sert de modèle et de repère, le cadet bénéficie de sa protection et de ses apprentissages. Dans les premières années de vie, les filles développent en moyenne plus rapidement leurs capacités verbales, tandis que les garçons progressent plus souvent en motricité. Puis, entre 2 et 6 ans, l’enfant s’ouvre aux autres : amis, garderie, école. Cette période marque le début de l’autonomie et des premières relations sociales significatives. LES PARTICULARITÉS DU LIEN GÉMELLAIRE Chez les jumeaux, le lien se tisse avant même la naissance. Ils partagent le même utérus, interagissent dans l’espace intra-utérin et ressentent déjà la présence de l’autre. Cette proximité physique et psychologique crée un terrain propice à une intimité unique. Chez les jumeaux identiques, cette intensité est parfois accentuée par le partage du même bagage génétique, parfois du même sac amniotique ou même du même placenta. Mais qu’ils soient monozygotes, dizygotes ou trizygotes, le lien se développe dès la conception, ce qui renforce naturellement leur relation. Cette proximité peut être facilitante (adaptation à la garderie, transitions, activités), mais aussi déstabilisante puisqu’ils partagent le même âge et la même position familiale. Chaque enfant doit alors trouver sa place à la fois au sein de la famille… et auprès de son co-jumeau. Concernant le développement moteur et verbal, les jumeaux identiques et ceux de même sexe tendent à évoluer en fonction du rythme de l’autre, tandis que les jumeaux non identiques de sexes différents suivent davantage la trajectoire développementale propre à leur sexe. AFFIRMATION DE SOI ET CONSTRUCTION IDENTITAIRE Chez les jumeaux identiques, l’inné (génétique) et l’acquis (expériences, environnement) façonnent deux personnalités distinctes. Leur ressemblance physique renforce autant leur complicité que leur rivalité. Elle les rapproche, mais peut aussi rendre la différenciation plus complexe. Comme dans toute fratrie, une hiérarchie existe aussi chez les jumeaux et influence leur construction identitaire. Celui qui naît en premier peut, dans certains contextes, être perçu comme un modèle. Le cadet s’y ajuste en fonction de sa propre personnalité, parfois en développant plus de dépendance ou au contraire un désir accru de se distinguer. Dans certaines familles, le plus vieux est privilégié dans certaines sphères, volontairement ou non. Cela peut générer : – chez l’aîné : un sentiment de responsabilité ou même de culpabilité ; – chez le cadet : une impression d’être en retrait ou de devoir « compenser » ; – chez les deux : une dynamique dominant-dominé qui n’est pas toujours représentative de leur véritable relation. Dans les trios (triplés), l’enfant du milieu doit souvent s’affirmer davantage. Il peut jouer le rôle de médiateur entre l’aîné et le cadet, alors que des duos temporaires peuvent se former et se défaire selon les intérêts, les affinités ou les étapes du développement. L’objectif essentiel pour les parents est de soutenir la différenciation : permettre à chaque enfant de développer sa personnalité, ses intérêts et son identité propre, sans nier la relation gémellaire particulière qui les unit. DÉVELOPPER LA CONFIANCE PERSONNELLE DE NOS MULTIPLES Il est indéniable que la confiance qu'un enfant développe en bas âge a des répercussions sur sa confiance en lui à l'âge adulte. Cette réalité peut entraîner une pression chez de nombreux parents, surtout lorsqu'il s'agit de créer les conditions nécessaires au développement de cette confiance non pas seulement chez un, mais chez deux ou trois enfants du même âge et au même stade de développement. Ainsi, l'objectif n'est pas d'ajouter au stress parental, mais bien au contraire de transmettre quelques stratégies qui pourront aider à agir au mieux, car c'est finalement ce qui importe le plus. Faire de son mieux avec les ressources dont nous disposons. Chaque situation familiale est unique. Vous allez probablement apprendre des choses dans ce texte, et si vous ne les connaissiez pas auparavant, vous pourrez peut-être agir différemment à partir de maintenant, mais certainement pas à 100 % du temps, car la perfection n'existe pas. Vous pourrez voir qu’il est alors possible de faire de la réparation relationnelle. ÉVITER LES COMPARAISONS Les comparaisons au sein de la fratrie sont souvent présentes dans de nombreuses familles. Il n'est pas rare d'entendre des phrases telles que « Ton frère ne fait pas ça lui, pourquoi ne fais-tu pas comme pas comme lui ? ». Parfois, ces comparaisons viennent de l'extérieur comme à la rentrée scolaire où une enseignante pourra dire à un enfant : « J'ai eu ton frère l'année dernière, j'espère que ce sera aussi facile avec toi! ». Malgré l'intention bienveillante qui se cache derrière ces remarques, ce type de comparaison ne favorise pas la confiance en soi, mais induit plutôt une pression et instaure un climat de compétition entre les membres de la fratrie. Dans le cas des jumeaux ou des triplés, la probabilité qu’ils soient comparés est encore plus élevée. Les parents, les membres de la famille élargie ou d'autres personnes extérieures peuvent avoir tendance à les comparer pour les différencier : « Qui est le plus sportif ? Celle-ci écoute plus les consignes que l’autre, etc. » En tant que parents, il est important de poser des limites vis-à-vis de ces comparaisons pour le bien-être de l'enfant. On peut expliquer que cela génère de la jalousie et de la compétition, et que cela peut affecter leur estime de soi. L'enfant peut être comparé, mais à lui-même. Par exemple, « Regarde comment tu as amélioré ton écriture depuis l'année dernière, peux-tu me dire ce que tu as mis en place pour y arriver ? » Ou encore : « Remarques-tu la différence dans ta gestion de la colère quand tu es avec tes amis et quand tu es avec tes sœurs ? Pourquoi penses-tu que tu communiques à tes amis quand tu es contrarié, mais que tu cries quand tu es avec tes sœurs ? Viens, nous allons regarder cela ensemble ». ÊTRE ÉQUITABLE NE SIGNFIE PAS TOUJOURS IDENTIQUE Avez-vous déjà été dans une situation ou l'un de vos petits crie à l'injustice en vous mentionnant que c'est injuste puisque sa sœur a une nouvelle casquette mais pas lui ? Que faire dans ce genre de situation ? En tant que parents, nous souhaitons que nos enfants aient le sentiment que nous les aimons tous de la même manière et que nous agissons de manière équitable avec chacun d'eux. C'est tout à fait légitime. Cependant, cela suppose que les enfants sont identiques et ont les mêmes besoins. Est-ce vraiment le cas ? Non, puisque chaque enfant est unique et a des besoins spécifiques, incluant les monozygotes. Même en étant au même stade de développement, chacun ont leur tempérament et leurs enjeux. De ce fait, nos interventions en tant que parents seront orientées en fonction de leurs besoins individuels. Par exemple, une de mes jumelles peut accepter qu’on se sépare plus rapidement et de façon différente au dodo, alors que sa co-jumelle a besoin que la routine soit plus longue et surtout plus en douceur, sans quoi, elle s’endort plus difficilement. Ainsi, j’adapte la routine du dodo en fonction de qui elles sont. Il est possible qu'à certains moments, l'un des enfants ait le sentiment de ne pas être privilégié. On peut expliquer aux enfants la différence entre équité et égalité : « Je comprends que tu aies l'impression que ce n'est pas juste, mais ta sœur avait besoin d'une casquette tandis que la tienne est encore en bon état. Souviens-toi de la semaine dernière, tu as eu des pantalons alors que ta sœur n'en avait pas besoin. Cependant, tu as le droit de trouver cela injuste, car je comprends que tu aurais aimé avoir une nouvelle casquette ». On valide les émotions que l'enfant ressent, mais on recadre la situation en mettant en lumière les besoins de chacun. L'enfant devra tolérer un refus à un désir, mais se sentira entendu malgré le refus. Cela ne garantit pas que l'enfant coopérera immédiatement, mais en agissant de cette manière, les réactions auront tendance à être moins vives, car l'enfant reconnaîtra qu'il y a des moments où c'est lui qui reçoit quelque chose et d'autres où c'est son frère ou sa sœur, mais que les émotions ont le droit d'être exprimées. Le piège de vouloir être constamment égal peut conduire à des comparaisons constantes et à une crise d'injustice à la moindre différence de traitement. Ainsi, dans certaines situations, il est préférable de pratiquer la tolérance à la différence. Par exemple, lorsqu'on sert du jus aux enfants et qu'ils n'ont pas tous le même niveau dans leur verre, on peut explorer avec eux leurs ressentis, tolérer leur mécontentement sans chercher à rendre le tout identique, car on veut leur transmettre le message que la différence n'enlève rien à la valeur de la personne. Autrement, on peut les laisser se servir eux-mêmes afin qu'ils contribuent à résoudre leurs propres problèmes, mais sans encourager la recherche de similitude en remplissant les verres de façon identique. Maintenant, si vous choisissez d'intervenir en remplissant les verres de manière équitable, c'est tout à fait acceptable, mais rappelez-vous que ce sont ces petites occasions de la vie quotidienne qui nous permettent d'avoir des discussions enrichissantes sur la comparaison avec les enfants. LA STRATÉGIE DES ROCHES Afin d'aider les enfants à visualiser de manière concrète un concept abstrait tel que « ça ne t'enlève rien quand je complimente ton frère », je vous présente une capsule explicative. L'objectif de cette stratégie est d'enseigner aux enfants, à travers le jeu, que nos forces et nos capacités ne peuvent pas nous être enlevées. Plus nous reconnaissons nos propres forces et nos difficultés, moins les commentaires que les autres reçoivent nous affectent, voire nous rendent fiers et heureux pour eux. Play Video Facebook Twitter Pinterest Tumblr Copy Link Link Copied La comparaison étant fréquente au sein de la fratrie, il est intéressant de réaliser cette activité en famille, ce qui permettra de créer un ancrage pour l'avenir. Ainsi, vous pourrez entendre vos enfants exprimer leurs craintes selon lesquelles un commentaire adressé à un membre de la fratrie les rendrait insécurisés dans leur relation avec vous. Par exemple, l'enfant pourrait vous dire : « Maman, j'ai peur que tu m'enlèves une roche en disant à ma sœur qu'elle est bonne en mathématiques », à quoi vous pourriez répondre : « Tu as bien fait de m'en parler, mon amour. Tu as l’impression que je voulais dire qu’elle était meilleure que toi ? Ce n’est pas ce que je voulais dire, mais je comprends ce que tu ressens. Parfois, on a l'impression d'avoir moins de valeur quand les autres sont récompensés, mais rappelle-toi les roches, est-ce que j’ai pris une de tes roches pour la donner à ta sœur ? » En conclusion, si vous vous trouvez parfois à comparer vos enfants, gardez votre calme ; cela ne signifie pas qu'il est impossible de rectifier le tir. Il est tout à fait possible d'aller vers l'enfant et de faire amende honorable et ainsi faire de la réparation relationnelle. Par exemple, dans une situation où un parent compare les enfants parce qu'un des jumeaux se couche facilement tandis que l'autre a du mal à rester au lit, on pourrait rectifier la comparaison de la manière suivante : « Papa est désolé, cela ne s'est pas passé comme je l'avais prévu. J'ai comparé tes habitudes à celles de ta sœur, et cela n'a probablement pas été utile, n'est-ce pas ? Tu as dû ressentir que tu n'étais pas à la hauteur, et ce n'est pas le cas. J'aimerais qu'on réfléchisse ensemble à ce dont tu as besoin pour que la routine du coucher te convienne mieux, car je vois que c'est difficile pour toi, et c'est tout à fait normal. Nous allons prendre le temps d'adapter ce qui fonctionne pour toi. » La relation de confiance se construit conjointement entre le parent et l'enfant, et le fait d'impliquer l'enfant dans la discussion pour qu'il partage son vécu et ses émotions contribue au développement de son estime de soi, car il se sentira vu et entendu. Q&R AVEC L'ÉQUIPE D'OLIE SUR L'INTIMITÉ CHEZ LES JUMEAUX 1. Jusqu’à quel âge mes multiples devraient prendre leur bain/douche ensemble? Y a-t-il une différence s’ils ne sont pas du même sexe? L'âge auquel vos enfants multiples devraient prendre leur bain ou leur douche ensemble dépend vraiment des enfants. En général, tant que cela reste une expérience positive et confortable pour eux, il n'y a pas vraiment de limite d'âge fixe. Au fur et à mesure que les enfants grandissent et commencent à développer leur propre identité et leur propre intimité, ils peuvent commencer à préférer prendre leur bain ou leur douche séparément. Cela peut se produire à des âges différents pour chaque enfant, et c'est tout à fait normal. Il est essentiel de rester attentif aux signaux de confort ou d’inconfort de vos enfants. Vous pouvez certainement leur demander leur avis, mais soyez également attentif aux signes non verbaux qui pourraient indiquer qu'ils se sentent mal à l'aise. Si l'un des enfants exprime le besoin d'intimité ou montre des signes de malaise, il est important de respecter son intimité et d'adapter les pratiques en conséquence. De même, si vous remarquez des comportements qui pourraient indiquer un manque de respect des limites personnelles, comme des questions ou des touchers inappropriés, il est important d'intervenir et de donner plus d’intimité à chacun. Et si vos enfants sont de sexes différents, cela ne change habituellement pas vraiment la situation. Cependant, il est possible que vous remarquiez des signes d'inconfort plus rapidement entre ceux qui ne sont pas du même sexe, en raison de différences potentielles dans les niveaux de confort ou d'intimité. En résumé, il n'y a pas de règle stricte en matière d'âge pour que les enfants multiples prennent leur bain ou leur douche ensemble. Cela dépend vraiment de leur confort et de leur niveau de développement individuel. 2. Quoi faire lorsque mes petits commencent à découvrir leur corps et celui de leur co-jumeau? L'exploration et la découverte du corps sont des éléments tout à fait naturels dans le développement psychosexuel des enfants. C'est une partie essentielle de leur croissance et de leur compréhension du monde qui les entoure. En tant que parent, il est suggéré de reconnaître et de respecter cette curiosité innée, en offrant un environnement sécuritaire et sans jugement où vos enfants peuvent explorer librement. Permettez-leur de poser des questions et de discuter ouvertement de leurs découvertes avec vous. Encouragez-les à exprimer leurs sentiments et leurs préoccupations, et assurez-leur qu'ils peuvent vous parler en toute confiance. Montrez-leur que vous êtes là pour les soutenir et les guider à mesure qu'ils naviguent à travers cette étape importante de leur développement. Il est également important de comprendre que, dans la plupart des cas, il n'est pas nécessaire d'intervenir activement dans le processus d'exploration de vos enfants. Les laisser découvrir de manière autonome leur propre corps et celui de leur jumeau, dans un environnement d’exploration mutuelle, est souvent la meilleure approche pour favoriser un développement sain et positif. Les jeux d'exploration entre jumeaux ne sont pas plus choquants qu'avec leurs amis, bien au contraire, car ils évoluent dans un environnement où la confiance mutuelle est déjà établie. C'est à travers cette exploration que les enfants apprennent à se connaître intimement, à comprendre les différences entre les corps et à développer une relation positive avec l'anatomie. Permettre aux enfants d'explorer leurs corps contribue également à leur développement émotionnel, où ils apprennent à reconnaître et à gérer leurs émotions, tout en cultivant une relation de respect et d'acceptation envers les autres. C'est aussi une leçon de vie, où les enfants apprennent les bases du consentement et du respect des limites personnelles. C'est reconnaître leur humanité, leur curiosité naturelle et leur besoin de comprendre le monde qui les entoure. C'est leur donner les outils nécessaires pour devenir des adultes confiants, autonomes et respectueux d'eux-mêmes et des autres. Cependant, restez attentif aux signes de malaise ou de comportement inapproprié entre vos enfants tels que mentionnés ci-haut. Si vous remarquez des situations qui pourraient indiquer un manque de respect des limites personnelles ou une gêne, intervenez de manière appropriée. Un comportement d'exploration sain c’est lorsque les enfants sont curieux de leur propre corps et de celui des autres, dans le respect des limites personnelles et du consentement mutuel, sans contrainte ni coercition. En revanche, un comportement inquiétant peut inclure des comportements secrets, des tentatives de cacher leurs actions, des activités qui semblent forcées ou non consensuelles, ou des comportements qui dépassent les limites de l'âge et du développement de l'enfant. 3. Où est la limite de la curiosité et de l’exploration avec la fratrie? Dans le développement psychosexuel des enfants, il doit y avoir des limites claires pour guider leur curiosité et leur exploration, surtout lorsqu'il s'agit de leurs interactions avec leurs frères et sœurs. Ces limites visent à préserver le respect mutuel, la sécurité et le bien-être émotionnel de chacun. Comment savoir si on demeure dans le cadre de comportements exploratoires normaux et appropriés pour leur niveau de développement? Tout simplement l orsque les enfants se sentent à l'aise et que leurs interactions restent empreintes de curiosité saine, sans intention cachée ni motif préoccupant. Cependant, certains comportements peuvent être considérés comme inquiétants s'ils dépassent certaines limites. Par exemple, si les gestes d'exploration deviennent trop fréquents ou envahissants ou s'ils sont associés à des intentions inappropriées ou à une pression exercée sur un frère ou une sœur, cela pourrait indiquer un besoin d'intervention et de clarification des limites. Il est également important de rester attentif à la réciprocité des interactions entre les enfants. Si l'un des enfants semble moins à l'aise ou manifeste des signes de malaise face aux interactions de l'autre, cela peut être un indicateur que les limites sont franchies et qu'une discussion sur le respect mutuel et le consentement est nécessaire. 4. Comment assurer une intimité à mes enfants lorsqu’ils partagent leur chambre? Que ce soit par choix ou par nécessité, partager une chambre peut être une expérience enrichissante, mais cela nécessite une gestion réfléchie pour garantir que chaque enfant se sente respecté et à l'aise dans son propre espace. Tout d'abord, il est important d'établir des limites physiques claires dans la chambre. Cela peut être réalisé en créant des zones définies pour chaque enfant, où ils peuvent avoir leur propre espace personnel pour jouer, étudier et se détendre. Des étagères, des séparateurs d'espace ou même des rideaux peuvent être utilisés pour délimiter visuellement ces zones, offrant ainsi à chaque enfant un sentiment d'intimité et d'autonomie. Il est suggéré de respecter le besoin de chaque enfant d'avoir des moments de solitude. Encouragez-les à communiquer leurs besoins et à convenir de périodes où ils peuvent avoir la chambre pour eux-mêmes. Ensuite, soyez attentif aux signes non verbaux de vos enfants. Même s'ils ne peuvent pas toujours exprimer verbalement leurs besoins, vous pouvez souvent comprendre leur état émotionnel en observant leur langage corporel et leur comportement. Soyez attentif aux signes de malaise ou de frustration, et intervenez si nécessaire pour résoudre les conflits ou répondre à leurs besoins. Assurer l'intimité à vos enfants lorsqu'ils partagent leur chambre est un aspect essentiel de leur bien-être et de leur développement. 5. Avez-vous des conseils lorsque mes jumeaux entrent dans la super phase « pipi-caca-hahaha La clé est souvent de les laisser faire. Après tout, c'est une étape normale du développement des enfants, et ils explorent simplement leur monde avec amusement et curiosité. Plutôt que de réprimer leur enthousiasme, essayez de leur expliquer calmement que ces mots sont tout aussi ordinaires que les autres. Vous pouvez intervenir lorsqu'ils utilisent des mots qui décrivent le corps humain et ses fonctions de façon humoristique en rappelant que celles-ci font partie du quotidien de tous les humains. En adoptant une attitude décontractée et en leur montrant que vous prenez leur fascination avec légèreté, vous pouvez souvent désamorcer la situation. C'est une belle occasion pour les encourager à poser des questions et à explorer leur monde avec curiosité, tout en leur apprenant l'importance du respect et de la décence envers les autres. COMMENT ENCOURAGER L'INDIVIDUALITÉ DE NOS MULTIPLES Les recherches des dernières années nous ont appris que pour aider les jumeaux, triplés et quadruplés à développer leur plein potentiel, il est essentiel de leur offrir l’espace pour exprimer leurs besoins individuels. Favoriser leur autonomie ne signifie pas nier leur lien unique, bien au contraire. Il s’agit plutôt de trouver un équilibre entre leur individualité et leur complicité naturelle. L’objectif est simple : permettre à chaque enfant d’être reconnu comme une personne entière, tout en respectant la relation privilégiée qu’il entretient avec son ou ses co-jumeaux. Voici plusieurs actions concrètes qui peuvent faire une réelle différence dans leur développement identitaire. Utilisez leurs prénoms et encouragez votre entourage à faire de même. Les appellations « les jumeaux » ou « les triplés » sont pratiques, mais elles effacent l’individualité. Nommer chaque enfant renforce leur identité personnelle. Encouragez-les à corriger poliment lorsqu’on les confond. Apprenez-leur à dire : « Moi, c’est X ». Cela développe la confiance en soi et le respect de soi. Prenez des photos individuelles (et notez qui est qui). En plus d’être de doux souvenirs, ces photos permettent aux enfants de se voir comme des individus distincts. Aidez-les à être différenciés visuellement dès le plus jeune âge. Des vêtements, une coiffure, une couleur attitrée… Des petites différences aident vous, mais aussi la famille, les enseignants et les éducateurs. Pratiquez l’exercice du miroir vers 18-24 mois. Regardez le miroir ensemble et nommez : « Voici ta main », « Voici ton chapeau ». Cette activité aide énormément les enfants à comprendre la différence entre être jumeau… et être deux personnes. Encouragez l’expression de leurs préférences. Même si les choix sont identiques, le simple fait de choisir renforce l’autonomie : vêtement du jour, collation, jouet, activité, etc. Célébrez leurs anniversaires individuellement. Chantez deux ou trois fois. Offrez deux petits gâteaux si possible. Un moment pour chacun renforce leur sentiment d’exister par eux-mêmes. Aidez-les à s’affirmer lorsque l’un influence trop l’autre. Simplement dire : « Tu peux choisir quelque chose de différent si tu veux » ouvre la porte au développement personnel. Encouragez la création d’amitiés distinctes. Lorsqu’une occasion se présente (fête d’enfant, visite, activité), laissez-les tisser leurs propres liens. Si possible, proposez des activités différentes. Ce n’est pas toujours simple, mais c’est l’une des meilleures façons de soutenir leur identité propre. Évitez les comparaisons. Remplacez « Lui, il marche déjà » par « Tu progresses très bien à TON rythme ». PASSER DU TEMPS AVEC CHAQUE ENFANT Passer du temps séparément avec chacun de vos enfants est un cadeau précieux… mais soyons honnêtes : ce n’est pas toujours simple dans une famille de multiples! L’important n’est pas la durée, mais la qualité du moment. Voici quelques pistes réalistes pour y parvenir : Offrez un contact visuel et des paroles adressées à un seul enfant à la fois, même quelques secondes. Accueillez l’idée qu’ils n’ont pas besoin d’être ensemble à tout moment. Planifiez un mini moment de qualité avec l’un : une course, une balade, un bain, un jeu rapide. Lorsqu’un enfant est malade, déposez les autres au service de garde : profitez-en pour un moment précieux en tête à tête. Pendant le souper ou la routine du soir, parlez à chacun séparément (« Raconte-moi une chose que toi, tu as aimée aujourd’hui »). Créez un petit rituel personnalisé : une comptine, une blague, un geste, un secret doux à vous deux. Donnez les bains séparément quand c’est possible — même cinq minutes suffisent. N’oubliez pas les aînés : eux aussi ont besoin d’un espace pour exister en dehors de la gémellité. Aidons nos enfants à se voir comme des individus à part entière, qui ont la chance d’être liés par une relation extraordinaire. Ils n’ont pas besoin de recevoir la même chose… mais de recevoir ce dont chacun a besoin. Ne laissons pas la culpabilité guider notre parentalité. Offrons-leur plutôt une présence ajustée, chaleureuse et adaptée à leur personnalité. C’est ainsi que nous les aiderons à devenir des adultes solides, confiants et pleinement eux-mêmes… tout en préservant la magie du lien gémellaire. Qu'en est-il de l'attachement en contexte de naissance multiple? Docteur Lamy élabore sur le sujet dans cette capsule! Regarder la capsule Doit-on s’attendre à ce que le développement des jumeaux soit synchronisé? Et connaissez-vous le langage secret des jumeaux ? Voir la page LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER : Jumeaux : un développement différent des enfants uniques Source: Parents.fr Spécificité de l’attachement chez les jumeaux et impact sur leur mode relationnel Source: louvainmedical.be Les jumeaux et leurs différences Source: Naître et grandir Sources : Bernard, J. et de Becker, E. (2013). La question de la différenciation dans le lien gémellaire: quand les différences ne suffisent pas à les différencier. Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence, 61, 60-65. http://dx.doi.org/10.1016/j.neurenf.2012.11.002 Boulanger, L. (2021). La face cachée de la gémellité : jumeaux, de la conception à la mort. Les éditions de l’Apothéose. Cassidy, J., & Shaver, P. R. (2016). Handbook of attachment: theory, research, and clinical applications (3rd edition). Third edition. The Guilford Press. Zazzo, R. (1985). Le paradoxe des jumeaux. Enfance, 38(1), 99–100. https://www.persee.fr/doc/enfan_0013-7545_1985_num_38_1_2866_t1_0099_0000_2 Friedman, J. A. (2013). Parenthood & twins. Joan A. Friedman, PhD. https://www.joanafriedmanphd.com/parenthood-twins/ Golombok, S., Olivennes, F., Ramogida, C., Rust, J., Freeman, T., & Follow-Up Team (2007). Parenting and the psychological development of a representative sample of triplets conceived by assisted reproduction. Human reproduction (Oxford, England), 22(11), 2896–2902. https://doi.org/10.1093/humrep/dem260 O'Connor, T. G., & Croft, C. M. (2001). A twin study of attachment in preschool children. Child development, 72(5), 1501–1511. https://doi.org/10.1111/1467-8624.00362 Piontelli, A. (2002). Twins: From Fetus to Chils. Routledge. Tancredy, C. M., & Fraley, R. C. (2006). The nature of adult twin relationships: an attachment-theoretical perspective. Journal of personality and social psychology, 90(1), 78–93. https://doi.org/10.1037/0022-3514.90.1.78 Thorpe, K., Greenwood, R., Eivers, A., & Rutter, M. (2001). Prevalence and developmental course of 'secret language'. International journal of language & communication disorders, 36(1), 43–62. Thorpe K. (2006). Twin children's language development. Early human development, 82(6), 387–395. https://doi.org/10.1016/j.earlhumdev.2006.03.012 Witte, A. M., Runze, J., van IJzendoorn, M. H., & Bakermans-Kranenburg, M. J. (2023). Parents' secure base script knowledge predicts observed sensitive caregiving and discipline toward twin children. Journal of family psychology : JFP : journal of the Division of Family Psychology of the American Psychological Association (Division 43), 37(7), 966–976. https://doi.org/10.1037/fam0001091 PARENTALITÉ AVEC DES JUMEAUX OU DES TRIPLÉS Je veux m'y préparer !

  • Organisation 101 | Mamans Pieuvres

    Trucs et astuces pour l'organisation de la routine avec les jumeaux et triplés Trucs et astuces pour l'organisation de la routine avec les jumeaux et triplés. Il n'y a pas un livre ou un site web abordant l'arrivée de multiples qui ne parlent pas d'organisation! Mais pourquoi donc ? Tout simplement parce que c'est la clé du succès pour réussir à souffler un peu! Si la routine est plus difficile à établir au début, vous verrez que celle-ci prendra de l’importance au fur et à mesure que les bébés grandissent. Le partage des tâches en lien avec les corvées de la maison ainsi que les soins reliés aux enfants favorise la capacité d'adaptation de chaque parent et rend l’organisation familiale moins difficile. Peut-être avez-vous déjà d'autres enfants et vous savez déjà les combats auxquels vous tenez! Si vos bébés ne sont pas encore parmi vous, nous vous invitons à visiter la page PRÉPARATION 101 où l'on vous suggère plusieurs conseils avant leur arrivée. Ceci facilitera grandement votre quotidien lors des premiers mois. Puisque chaque période du développement des bébés et des tout-petits comporte des particularités qui leurs sont propres, nous vous présenterons des trucs et des astuces par tranche d’âge afin de vous aider avec votre organisation. ÉTABLIR SA ROUTINE FAMILIALE Que ce soit pour alléger votre charge mentale ou pour vous aider à organiser votre quotidien familial, l’établissement d’une routine est primordial. Les routines contribuent à donner aux enfants un sentiment de sécurité et de stabilité. La stabilité est importante pour les enfants de tous âges et contribue à les préparer à d’autres périodes de leur vie, comme la scolarité et l’âge adulte. Les routines peuvent également aider à développer diverses compétences au fil du temps, telles que la patience, la compréhension et l’organisation. Les routines sont également bénéfiques pour vous en tant que parents, car elles vous aident à rester organisé et à vous concentrer également sur votre santé et votre bien-être. En d'autres mots, u ne routine et une organisation bien rodées nous aide à garder le cap mais nous procurent également un sentiment de confiance et de sécurité. QUAND COMMENCER À ADOPTER UNE ROUTINE ? Si vous vous demandez quand est le meilleur moment pour débuter une routine, sachez qu'il n'y a pas de temps idéal. Ceci étant dit, certaines situations pourraient vous obliger à en instaurer une rapidement, comme devoir sortir tous les matins pour aller porter les plus vieux à la garderie. Chaque famille a son contexte unique et l'organisation familiale en sera grandement imprégnée. Règle générale : vous aurez plus de faciliter à intégrer un horaire vers 4-5 mois lorsque les cycles de sommeil de vos bébés se précisent et l'introduction des aliments peut ou sera sur le point de débuter. Avant ce stade, la routine dépend des boires, des changements de couches, des rots et des dodos (administration de médicaments s'il y a lieu). En ce qui concerne la routine du dodo, vous pouvez la pratiquer dès le retour à la maison car elle peut favoriser la mise en place du jour et de la nuit, mais c'est un processus neurologique qui ne nécessite pas d'apprentissage. Pendant le 4e trimestre, il est normal que les bébés soient plus actifs la nuit que le jour, car c'était ainsi dans le ventre de maman. Il faut donc adapter ce mode de vie autour de cette particularité. Il est primordial d’établir une belle et solide routine au coucher en s’assurant de laisser à nos petits un environnement propice au sommeil. Pour d'autres conseils sur la routine du dodo et l'organisation des nuits, cliquez ici. Pour ce qui est de votre propre routine d'hygiène personnelle (manger, boire, dormir), elle est à intégrer immédiatement puisque votre santé est primordiale. Si vous n'allez pas à vos rendez-vous postnataux, si votre alimentation est déficiente ou si vous touchez le fond du baril, qui prendra soins des bébés ? La ou les personnes qui tiennent le fort doivent s'assurer d'avoir un minimum d'oxygène pour continuer le marathon! Il est important de se rappeler que les routines doivent être flexibles et refléter les besoins de vos bébés. Il se peut que vous ayez à prendre un peu plus de temps pour développer ce qui fonctionne pour votre famille, car tenir compte des besoins de plus d'un bébé à la fois! DIFFÉRENCIER SES BÉBÉS La peur de ne pas reconnaître nos bébés est bien réelle, surtout lorsqu'il s'agit de jumeaux ou triplés identiques. Pour vous aider à les reconnaître dès les premiers jours de vie, certains parents optent pour les trucs suivants: Attribuer une couleur de vêtements ou d'accessoires pour chaque bébé (suce, doudou, etc.). Mettre du vernis de couleur différente sur un de leurs ongles d'orteils Garder les bracelets de l'hôpital et les échanger éventuellement par des bracelets personnalisés sécuritaires Regarder les signes distinctifs de chaque bébé telle une tâche de naissance par exemple Faire des initiales sur les couches GÉRER L'AIDE ET LA VISITE EXTÉRIEURE Les nouveaux bébés, encore plus lorsqu'ils arrivent en duo ou en trio, monopolisent l'attention. Il est donc possible que plusieurs visiteurs curieux vous demandent de passer à la maison. Si vous êtes d'accord (et l'autre parent aussi), profitez de leur désir de voir les bébés pour que cela joue en votre faveur! Demandez-leur de vous apporter un plat ou présentez-leur le panier de linge propre à plier! Il se passera deux choses: cette visite reviendra en sachant à quoi s'attendre la prochaine fois ou elle ne reviendra pas ! Les premières années sont éprouvantes : le fait de demander de l’aide (ou d'en accepter) n’est pas un signe de faiblesse, mais bien de sagesse! Cela ne signifie pas que vous êtes incapables de prendre soin de vos petits, bien au contraire. Vous êtes seulement prévoyants et désirez continuer le marathon ... car c’est en restant hydraté qu’on réussit à avancer, même avec notre bonne vieille paire d'espadrilles usées! Apprenez l'art de déléguer. Il est difficile pour vos proches (avec qui vous êtes le plus à l'aise) de comprendre comment vous aider et de quelle façon si personne ne leur dit quoi faire exactement (ex: vider le lave-vaisselle, surveiller les enfants le temps d'une petite course, passer du temps avec la fratrie ... )? Voici quelques points qui pourraient vous donner un coup de main avec la gestion de la visite extérieure: 1- Établissez des règles claires 2- Décidez de l'heure d'arrivée et de départ 3- Mettez votre horaire à porter de vue 4- Parlez de l'importance de garder la routine familiale 5- Acceptez que la tâche ne soit pas exécutée exactement comme voulue Vous rêvez d'un peu de fantaisie dans votre routine et vous voulez déroger un peu de l'horaire habituel ? Pourquoi ne pas aller visiter un membre de votre famille ou un(e) ami(e) pour quelques heures ? Il faut bien sûr choisir le moment propice et s'assurer que cette personne ne soit pas malade. C'est un peu déstabilisant lorsqu'on réalise l'équipement que cela nous prend pour sortir de la maison, mais c'est parfois nécessaire pour notre santé mentale! Le changement d'environnement et le fait de s'adresser à d'autres humains autre que nos propres bébés vous fera sans doute apprécier cette petite escapade. NOS 5 MEILLEURS CONSEILS POUR FACILITER VOTRE ORGANISATION Crédits photos: Mamans Pieuvres 01 Établir un poste de commandement. A fin de vous aider à suivre les progrès de vos bébés, nous suggérons fortement aux parents de se doter d'un grand tableau (voir photo ci-dessus). Nous aimons dé signer cet endroit comme étant le poste de commandement. Celui-ci évoluera au fil du temps et des besoins de vos bébés. Vous pouvez y déposer vos cahiers, aide-mémoire, listes et autres, avec votre tableau bien à la vue et une horloge ou un autre dispositif avec l'heure. Bien que vous pouvez opter pour une application mobile, nous croyons qu'il est préférable d'investir dans un outil visuel, à la portée de tous, ce qui facilitera la tâche des autres personnes qui viendront vous aider. Nous vous recommandons l'achat d'un grand tableau aimanté se fixant au mur auquel vous pourriez y inscrire l'horaire des boires, les heures d'administration des médicaments, la surveillance des urines et des selles, la prise de poids (un des aspect le plus important), etc. Il vous suffit de prendre une photo du tableau du jour pour garder en mémoire les données. Autrement, vous pouvez imprimer des feuilles de routine quotidienne et les remplir à la main. Le fait de tenir un journal quotidien pour chaque bébé vous aidera à suivre leur progrès. 02 Établir un quartier général. Nous savons tous que les boires et les changements de couches monopolisent la plupart de notre temps dans les premiers mois. Rassembler l'essentiel au même endroit vous aidera à rester organisé et à minimiser vos pas. À vous de rendre votre quartier général confortable et efficace selon le ou les types d'alimentation (gavage, allaitement, tire-allaitement, biberons, PCN). Voici des idées des indispensables à y mettre: Une chaise berçante TRÈS confortable puisque vous allez y passer beaucoup de temps Un coussin d’allaitement Une table de chevet pour y déposer tout le matériel nécessaire pour les boires (incluant le gavage ou l'allaitement). Un patère qui vous servira de tige d'hôpital pour accrocher votre pompe de gavage et le sac de gavage (si nécessaire) Une station avec plusieurs débarbouillettes propres et un endroit où déposer les débarbouillettes et vêtements souillés (surtout si vos bébés font du reflux) Une bouteille d'eau et des collations saines à porter de main pour soutenir les parents. Idéalement, assurez-vous que votre poste de commandement est bien à vue, ou très près de votre quartier général pour y noter les boires, les selles, les médicaments et autres informations importantes. 03 Réorganiser votre espace en fonction de vos besoins. Organiser votre maison de manière à ce que toutes les fournitures dont vous avez besoin au quotidien soient à portée de main afin de gagner du temps précieux. Pendant les premiers mois, il faut penser à l'efficacité et votre confort car vous répéterez souvent les mêmes actions. Vous constaterez assez rapidement que les changements de couches multiples se feront directement au sol, un peu partout dans la maison. Il sera donc plus pratique d’avoir au moins une station supplémentaire par étage par exemple ou un petit bac avec les fournitures nécessaires que vous pouvez déplacer dans la maison. Pour ce qui est de la période des petits explorateurs qui videront les tiroirs, donnez leur accès au même meuble sécuritaire qui contient des jouets et des accessoires adapté à leur âge. Pendant la petite enfance, il est normal d'adapter la maison une fois de plus pour éviter les blessures supplémentaires. Lorsque vos petits auront atteint une étape bien précise de leur développement, vous pourrez changer tranquillement votre environnement. Dans tous les cas, n'ayez pas peur de déplacer des meubles ou de remplacer des tiroirs complets avec les choses des enfants (jouets, matériel de bricolage, couches, serviettes). 04 Anticiper et se faire des réserves. Avoir des réserves adéquates via le stockage est un essentiel avec des multiples. Vous serez étonnés à quel point les quantités de couches, d'ibuprofen et des collations préférées vont s'écouler rapidement. Le stockage est un beau cadeau à se faire, surtout quand nos articles les plus populaires sont en rabais. Misez sur la livraison et les commandes en ligne (comme Amazon Prime) qui peuvent vous dépanner avec leur livraison le lendemain! Autrement, il est possible d'activer des commandes automatiques à chaque mois pour certains articles. Le but étant de sortir le moins souvent possible pour le nécessaire, mais le plus souvent possible pour le plaisir! On vous conseille également d'avoir l'esprit tranquille et de programmer la facturation automatique des différentes comptes à payer (chauffage, téléphone, permis et plaques, etc). 05 Apprivoiser la charge mentale. M ettez tout ce que vous avez à faire par écrit et gardez cette liste à jour (incluant les tâches et corvées saisonnières). Faites une liste et priorisez (vous pouvez le faire par catégorie). Débarrassez vous des choses moins importantes ou qui ne vous tiennent plus à cœur (ex: donner en cadeau votre plante qui sera plus heureuse dans une autre maison!) Parlez de votre charge mentale avec l'autre parent ou une personne qui est significative dans votre vie. Répartissez les tâches en citant directement vos besoins (pas de sous-entendus !) Demandez à un proche de s'occuper d'une tâche précise pendant une période de temps ou à long terme (c'est un beau cadeau!) Faire le même exercice à plus petite échelle lorsqu'on part pour une escapade, un voyage ou lors d'un évènement comme une fête d'enfant. Pour vous aidez, écrivez votre routine quotidienne dans un cahier et modifiez-là au fur et à mesure. Que ce soit pour un rendez-vous médical ou pour une urgence, prenez l'habitude d'y inscrire également la routine de vos enfants (incluant la fratrie). De cette façon, les personnes qui resteront à la maison garderont le cap pendant votre absence et vous aurez une chose de moins à vous soucier. Ceci inclut une liste de contact d'urgence, une liste des allergies, l'heure et la posologie d'un médicament. Finalement , on pratique le lâchez-prise, même quand la tâche n'est pas exécutée comme on l'aurait souhaité. UNE ROUTINE ADAPTÉE À VOS BESOINS! L’ensemble des parents de multiples vous le diront, la routine est essentielle à votre survie! En effet, avoir des jumeaux ou des triplés comporte son lot d’enjeux quotidiens que seuls d’autres parents de multiples peuvent comprendre. Les changements de couche à répétition, les boires qui reviennent rapidement, s’occuper de bébé 1 puis refaire la même chose avec bébé 2 ensuite. Bref, avoir une routine stable, simple et efficace vous permettra une meilleure gestion du temps. En tant que maman de jumeaux, je vous suggère fortement de vous créer une routine simple, que vous êtes en mesure de reproduire en solo et que vous puissiez transposer dans divers contextes. L’objectif est d’avoir un plan de match pour la gestion des besoins de vos bébés, afin de vous faciliter la vie! De plus, les multiples grandiront et rapidement, ils trouveront du confort dans cette routine. Pour les enfants, tout ce qui est prévisible et connu est excessivement rassurant. En créant une routine, vous contribuez à un cadre sécurisant pour vos tout-petits. Le lâchez prise est la bienvenue dans votre quotidien. Ne vous comparez pas avec le congé de maternité de votre premier, ou encore avec vos couples d’amis qui n’ont qu’un seul enfant. Oui, les parents de multiples acceptent certaines choses dans le quotidien qui ne font pas de sens pour d’autres parents n’ayant pas de multiple. Personnellement, je me répète constamment : est-ce vraiment grave ? Est-ce qu’il y a un risque ? Si la réponse est non, je laisse aller. Car, vous allez voir, les interventions sont tellement nombreuses que si vous ne vous mettez pas de limite, vous n’arriverez pas à faire autres choses que vous occupez des bébés! Finalement, j’ai envie de vous dire que chaque famille à son mode de vie et qu’il est important que votre routine fonctionne avec votre quotidien. Vous allez vivre avec cette routine, il est donc primordial que cela fonctionne pour vous, au détriment des opinions de matante Jocelyne et mononcle Alain. L'ÉQUIPEMENT POUR SE LIBÉRER LES MAINS LE LANDEAU ET LE MOÏSE N'est pas obligatoire mais peut être très pratique pour séparer les petits d'une chambre à l'autre ou les déposer rapidement lorsqu'ils font dodo et que vous désirez les avoir près de vous. Leur point négatif est qu'ils deviennent petit très rapidement, contrairement au parc. LE PORTE-BÉBÉ Il est possible de porter plus d'un bébé à la fois. Il existe des porte-bébé double mais ils ne servent que pour quelques semaines. Vous pouvez très bien vous procurer un porte-bébé par enfant (il y a de bons modèles à petit prix). Assurez vous d'appliquer les bonnes techniques de portage pour la sécurité de vos petits et votre confort. LA BALANCOIRE Même si la balançoire occupe de l'espace (dépendemment du modèle), elle peut être très utile pour calmer un de vos bébés. Il peut donc être intéressant d'ajouter cet équipement dans votre rotation. Nous déconseillons les appareils de type Mamaroo car ils sont dispendieux et ne servent que pour quelques semaines. CENTRE D'ACTIVITÉ Plusieurs modèles existent sur le marché mais nous préférons la chaise 360 car les petits peuvent se tourner complètement pour vous voir. Un seul centre d'activité dans votre rotation peut suffire. Nous vous rappelons que les marchettes pour bébé (baby walker) sont interdits au Canada. CHAISE VIBRANTE Cette chaise est super pratique pour donner les boires ou plier du linge dans le salon en écoutant une émission. Les petits auront maman ou papa dans leur champ de vision. Nous vous conseillons d'avoir une chaise par bébé. LE PARC Un incontournable pour les siestes de vos bébés lors de vos sorties à l’extérieur. Il est aussi très utile lorsque vous devez faire patienter les bébés ou encore les sécuriser temporairement (sortir des plats du four, répondre à la porte, etc). Un parc double contient plus d'espace, mais n'est pas obligatoire. COUSSIN TWIN Z PILLOW Un classique dans l'équipement pour jumeaux! Ce coussin double est hybride puisqu'il servira autant aux mamans qui allaitent que celles qui donnent le biberon. Vous pouvez également y pratiquer le temps sur le ventre ou encore pour les asseoir. CONSEILS PENDANT LA PREMIÈRE ANNÉE (0-12 MOIS) Cliquez ici pour nos trucs et astuces pendant votre séjour aux soins intensifs néonataux. Si vos bébés sont de grands prématurés, les soins de développement pourraient devoir se continuer à la maison. Assurez-vous d'être à l'aise pour effectuer votre routine seule, sans personnel médical avant la sortie de l'hôpital. Cliquez ici pour nos trucs et astuces pour la transition de l'hôpital vers le retour à la maison. Assurez-vous que les personnes qui viennent vous visiter et vous aider (à l'hôpital comme à la maison) ne sont pas malades et qu'ils se protègent adéquatement lorsqu'ils sont dans votre environnement. ÉQUIPEMENT QUI FACILITE LA VIE: Un tire-lait électrique double de qualité. Mettez toujours le focus sur les mêmes étapes: BOIRE-ROT-DODO-COUCHES. Si les bébés pleurent, revisitez ces 4 étapes! Idéalement, on synchronise les bébés pour maximiser son temps. Vérifiez si les coliques ou les inconforts de vos bébés sont en lien avec une allergie ou une intolérance (que vous donniez du lait maternel ou de la préparation). Pour plus d'information, visitez notre page Biberons. Prenez le temps de prendre une douche. Nous savons que c'est une chose difficile à faire au début. La vérité c'est que c'est faisable, même quand on est seul(e). On déplace les petits transats dans la salle de bain et hop! Même si un bébé pleure pendant quelques minutes, ils sont en sécurité et dans votre champ de vision. Cliquez ici pour nos trucs et astuces pendant la période postnatale. Cliquez ici pour quelques idées concernant les fameux shifts de nuits. ÉQUIPEMENT QUI FACILITE LA VIE: Le porte-bébé ou une variation. Beaucoup de pyjama à fermeture éclair! Sortir et respirer l'air frais , et ce peu importe la température. Aller se promener au centre d'achat pour ne pas rester enfermé dans cette routine redondante. Prévoyez de l'aide pour vous donner un peu de répit. Cette période est particulièrement éprouvante avec la régression du sommeil et la première poussée dentaire. Vers 4 mois, contactez un-e nutritionniste dans le but de vous aider éventuellement avec l'introduction des solides. Ce professionnel vous aidera à définir un horaire pour les collations, les repas et les boires. Un cours RCR pour les bébés et les jeunes enfants est un incontournable. Selon les recommandations de l'OMS et de l'UNICEF, il est fortement recommandé d'attendre à 6 mois pour débuter l'alimentation solide. Considérant le contexte de prématurité souvent présent avec les multiples, utilisez l'âge corrigé. Vers 5-6 mois, débutez une routine stable pour le sommeil de vos bébés. Consultez au besoin des professionnels et des ressources fiables qui vous sécuriseront dans vos approches. Soyez conscient(e)s que vos bébés et vos enfants peuvent se passer de vous de temps en temps (pour un moment seul ou en couple). Un des privilèges d'avoir des jumeaux/triplés, c'est qu'ils ont non seulement développé une relation avec leur parent, mais également une connexion unique avec leur(s) co-jumeau(x). Ils ne sont jamais seuls! ÉQUIPEMENT QUI FACILITE LA VIE: Un transat ou chaise vibrante pour chaque bébé. Des accessoires pour préparer les biberons rapidement (distributeur automatique, gros pichet, doseur ...). C'est à vous de décider si vous contenez les petits dans un endroit délimité par des barrières ou encore si vous sécurisez l'étage en entier. Vers 9 mois, les bébés sont capables de tenir leur biberon! Pratiquez cette habileté et cela pourra vous libérer les mains un peu, en gardant un oeil sur eux en tout temps. Trouvez un bon tapis de sol qui va amortir les chocs des petits qui tomberont à coup sûr lors des prochains mois. Procédez à une inspection visuelle des coins de meubles et tables, quitte à les déplacer temporairement. Prévoyez votre retour au travail et votre nouvelle routine. Quelques semaines avant votre retour, pratiquez déjà votre nouvelle routine avec les enfants. Pensez à la livraison de votre épicerie, une aide pour le ménage, etc. Bref, tout ce qui peut vous enlever une charge mentale supplémentaire. N'hésitez pas à consulter pour le sommeil de vos petits avec la transition de 3 à 2 siestes, ainsi que l'entrée à la garderie. C'est un changement important dans la vie de nos bébés qui auront un impact sur leur sommeil. ÉQUIPEMENT QUI FACILITE LA VIE: Un parc ou un endroit délimité pour sécuriser les bébés. Autrement, une piscine gonflable à 30-40$ que l'on installe à l'intérieur en y mettant des jouets pourrait servir de petit centre d'amusement à bon prix! CONSEILS PENDANT LA DEUXIÈME ANNÉE (12-24 MOIS) L'intégration à la garderie et le retour au travail apportent de nouveaux défis en ce qui concerne l'organisation. Sortez les vêtements la veille ou le dimanche pour toute la semaine et p riorisez la préparation des repas à l'avance. Gardez un semblant de routine la fin de semaine (routine du matin, jeux libre, jeux guidés, temps de lecture, siestes et moments calmes) pour assurer une constance chez les tout-petits. Réfléchissez à des activités qui feront bouger petits et grands, consultez les calendriers d’activités de votre ville ou organismes du coin, découvrez les parcs de votre quartier! Achetez la paix d'esprit et assurez vous que votre environnement est sécuritaire. Vos petits explorateurs vont se promener partout et tomberont souvent. ÉQUIPEMENT QUI FACILITE LA VIE: Une chaise style Pop N Sit avec un plateau pour les temps de collation ou le temps de créativité. La période des microbes bat son plein. Faites vous une station SOS qui inclut de l'acetaminophen et Ibuprofen liquide, vos produits naturels préférés, de la vitamine D, bâtons glacés fait de solution electrolyte, des accessoires pour l'hygiène nasale, etc. Consultez vos professionnels pour des questions en lien avec leur système immunitaire. C'est le début de la gestion des émotions donc armez vous de BEAUCOUP de patience et rappelez vous constamment que les cerveaux des nos petits sont trop immatures pour s'autoréguler. Ils ont besoin de nous pour les accompagner. Les petits peuvent perdent rapidement l'intérêt lors du temps libre de jeux, il est donc intéressant de pratiquer la fameuse rotation de bacs de jouets. ÉQUIPEMENT QUI FACILITE LA VIE: Une tour d'apprentissage assez grande pour vos multiples. CONSEILS PENDANT LA TROISIÈME ANNÉE (24-36 MOIS) Il est possible que pendant cette période, vous ne reconnaissiez plus vos enfants, qui se transforment en tornades incontrôlables. Puisque nous ne sommes pas des saints, demandez de l'aide (comme au début avec les relevailles) pour souffler un peu. La patience devient une denrée rare et nous sommes avant tout des humains. Divisez pour mieux régner pendant les courses ou lors d'un rendez-vous. Si vous sentez qu'un des enfants a besoin de temps seul à seul, demandez à vos proches de garder les autres. Avec un seul enfant, vous aurez l'impression d'être en vacances lors de l'épicerie ou de votre sortie. En prime, les petits vont avoir le temps de s'ennuyer un peu de leur fratrie. Après tout, ils sont ensemble depuis toujours. Se détendre de toutes les manières possibles: pourquoi ne pas pendre un verre de vin ou une bière après la routine du soir? Se faire livrer une petite bouffe quand les petits sont couchés, ça aussi fait du bien au coeur! Quand les situations et les mauvais coups semblent trop ridicules pour être vrais, riez en et gardez ces anecdotes dignes des films d'Hollywood pour les raconter à vos amis et vos familles plus tard. ÉQUIPEMENT QUI FACILITE LA VIE: Un grand calendrier familial à la portée de tous. Les petits vont apprécier aider avec les tâches ménagères, surtout quand cela devient un jeu et qu'il y ait du plaisir, de la bonne humeur et de la musique! L'intégration des routines sécurisent les enfants et lorsqu'on les inclut, non seulement on les occupe mais en prime on avance un peu dans nos tâches! Lorsque votre réservoir d'énergie est vide (plus vide que la normale!), prenez un moment pour planifier une sortie ou une petite escapade dernière minute seule ou en couple. Quand on réalise combien de mois et d'années se sont écoulés depuis la dernière fois, il est temps de se ressourcer et de se récompenser. Utilisation de pictogrammes pour votre routine (matin, souper, dodo). Bonus si vous prenez des photos de vos enfants en train de faire l'action afin qu'ils se retrouvent eux-mêmes sur les images! ÉQUIPEMENT QUI FACILITE LA VIE: Une minuterie (Time timer, tableau de récompense) SORTIR DE LA MAISON AVEC DES MULTIPLES C’est déjà un défi en soi de sortir avec deux ou trois bébés pendant leur première année de vie. Peut-être que vous serez déçus de réaliser que la spontanéité d’une activité ou d’une sortie avec des multiples est maintenant plus difficile. L’organisation est donc primordiale pour passer un moment pour le moins agréable! Nous vous encourageons néanmoins à le faire pour votre bien-être physique et mentale. Que ce soit des promenades à l'extérieur en poussette, en chariot, en traineau ou encore un petit tour au centre commercial pour débuter, l'important est de ne pas s'isoler complètement. Voici quelques astuces lorsque vous sortez avec toute la famille: Ayez toujours un sac prêt-à-partir pour les sorties rapides ou encore les urgences. Ce sac devrait contenir des collations (tant pour bébés que pour maman), du linge de rechange et des sous-vêtements, couches/lingettes et idéalement quelques activités simples comme 2-3 petits jouets, des pots de pâtes à modeler, etc. N'oubliez pas la bouteille d'eau! Tenez un petit sac d'urgence à laisser dans la vo iture qui contient des lingettes d'extra, des rechanges et une trousse de premiers soins par exemple. Lorsque vous sortez faire une activité, pour une occasion spéciale ou une plus longue période, faites-vous une petite liste ou une aide-mémoire (sur papier ou dans votre téléphone) et repassez dans votre tête ce que vous aurez besoin. Rajoutez un minimum de 30-45 minutes pour votre heure de départ afin de prévenir les imprévus de dernière minute (changement de couches ou de vêtements dernière minute, crise ou non-coopération!) Pour les endroits plus calmes, prévoyez un élément « nouveauté » pour les enfants et évitez les heures achalandées dans la mesure du possible. Pensez à inviter un autre adulte pour vous accompagner pendant les sorties (ou une autre famille). Lors d'évènements ou d'activités spécifiques, tentez d'arriver dès l'heure d'ouverture. Vous profiterez ainsi d'un peu de quiétude avant l'arrivée des autres visiteurs. Laissez des articles de seconde main chez les personnes que vous visitez le plus souvent pour vous simplifier la vie lors de vos déplacements (ex: parcs ou chaises-hautes chez les grands-parents). Pour des petits trucs en lien avec l'organisation des boires lors des sorties, visitez notre page BIBERONS. L'HEURE DU BAIN AVEC PLUS D'UN BÉBÉ Il n'est pas recommandé pour les nouveau-nés d’avoir un bain à tous les jours, mais plutôt deux ou trois fois par semaine. Faites attention à leur peau fragile et soyez au courant des soins de bases spécifiques comme par exemple le soin du cordon. Pour plus d'informations sur les petits soins des bébés naissants, visitez le site de Naître et Grandir juste ici . Avant de commencer votre routine pour le bain, assurez-vous d'avoir tout à votre disposition (produits pour les soins, serviettes, pyjamas …) vous pouvez aussi avoir une air d’attente comme un transat dans la salle de bain. Autrement, vous pouvez déplacer le parc près de la porte avec quelques jouets à la disposition du bébé ou des bébés qui patientent. Voici quelques idées à explorer concernant l'heure du bain: Si vos bébés sont encore tout petits, peut-être serait-il plus facile de les laver directement dans le lavabo ou la cuve de votre cuisine/salle de bain. Cette opportunité ne durera pas éternellement ! Pensez à partir le chauffage dans la salle de bain avant de donner les bains ou mettre les serviettes/robes de chambres quelques minutes dans la sécheuse pour garder vos enfants bien au chaud à leur sortie. Bien sûr, assurez-vous que le tout soit à une température adaptée à vos bébés. Avant d’acheter des gadgets comme des bancs qui vont dans la baignoire, informez-vous afin de voir si ces achats sont nécessaires et sécuritaires. Se faciliter la vie en alternant le bain de bébés (chacun son soir). Chaque bébé peut ainsi profiter d'un temps seul avec chaque parent. Autrement, certains décident de donner le bain la même journée mais à des moments différents. Prendre sa douche avec un bébé à la fois (plus facile avec un deuxième parent). Intégrer dans la routine de fin de soirée au moins un moment où l'on nettoie le derrière des oreilles, les plis du cou, le visage, les aisselles et les fesses des bébés avec une débarbouillette mouillée ou une bouteille style Péri si vous ne donnez pas de bain. Le temps du bain deviendra plus agréable lorsque les bébés se tiendront par eux-mêmes. Dans tous les cas, ne laissez JAMAIS un bébé dans le bain SANS SURVEILLANCE, ne serait-ce qu’un moment, et ce même si il y a peu d'eau. Assurez-vous d'avoir tout ce dont vous aurez besoin (cellulaire, vêtements propres, savons, etc) AVANT de mettre les bébés dans le bain. Limitez les distractions durant le bain des bébés. OCCUPER LA FRATRIE Si tel est le cas, le fait d'accueillir des frères et des sœurs en même temps est un changement important dans leur vie. Si leur routine est complètement chamboulée, il se peut que l'adaptation soit plus difficile pour eux. Voici quelques trucs pour organiser vos journées si vous avez déjà des enfants: Impliquez les dans vos tâches au quotidien. Ceci aidera à leur montrer que vous les aimez et qu’ils sont une personne importante dans la maison. La grande majorité des enfants (tout âge confondu) apprécient aider les adultes avec l'hygiène et les petits soins des bébés, incluant les boires. Demandez leur ce qu'ils p réfèrent faire pour aider papa ou maman quand il s'agit de prendre soin des bébés! La préparation des plats est encore plus importante si vous avez des plus vieux. Des fruits ou légumes déjà lavés, coupés ou même le petit déjeuner du lendemain déjà (ex: mini-crêpes congelées à mettre au grille-pain). Laissez les plus vieux décider quels jouets sortir aujourd’hui et encourager les à organiser des jeux. Si possible, prévoyez des zones distinctes pour la fratrie. Ils apprécieront un espace où leurs propres jouets ne seront pas à la portée des jumeaux. Un panier ou un coffre à jouet par enfant peut être utile lorsque tout le monde a besoin de temps pour jouer loin les uns des autres ! Chaque petite attention comptera avec vos autres enfants. N'hésitez pas à leur faire beaucoup de câlins et de bisous. On recherche la qualité dans nos échanges, plutôt que la quantité à tout prix! Privilégiez les phrases telles : « Maman va venir jouer avec toi dans un instant, quel livre veux-tu qu'on lise ensemble ?» plutôt que de dire : « Maman ne peut pas jouer avec toi car je nourris les bébés ». Vous pouvez continuer à leur parler et à s'adresser à eux pendant la routine des bébés. Vos mains sont peut-être pleines mais vous pouvez leur raconter des histoires ou leur poser des questions. Assurez-vous que vos autres enfants soient allés aux toilettes ou aient mangé leur collation avant de débuter les boires. Gardez le temps d'écran pendant une portion de la routine où vous avez vraiment besoin de porter attention aux bébés et d'avoir les mains libres . N'ayez pas peur de demander services à des gens qui sont moins proches de vous. Ceci pourrait grandement faciliter votre quotidien pour les parties plus compliquées de votre routine quotidienne. L'éducatrice du service de garde accompagnera-t-elle les enfants plus âgés jusqu'à la voiture à votre place ? Un membre de la famille ou un voisin de confiance peut-il venir les porter à l'école ? Avoir une boîte spéciale uniquement pour les plus vieux peut être un bon moyen de les occuper et de les amuser lors des boires ou d'un autre moment important dans la routine des multiples. Celle-ci peut contenir des nouveaux objets que vous sortirez seulement à des moments spécifiques. Ces objets ou jouets peuvent être peu coûteux, tels des crayons spéciaux, des livres, des casse-têtes, etc. Pour ce qui est de l'aide extérieure, vous pouvez faire participer la famille et les amis. Selon vos besoins et vos désirs, vos proches peuvent surveiller les bébés afin que vous puissiez passer du temps avec vos enfants plus âgés. Autrement, ils peuvent aller se dégourdir au parc avec ou sans vous, (pendant que les bébés sont encore bien tranquilles dans la poussette!) ou encore faire une sortie spéciale avec la fratrie. Pour consulter quelques trucs pour économiser, visitez notre page sur les finances. Voir la page Pour des conseils en lien avec l'organisation des repas, visitez notre page ALIMENTATION. Voir la page LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER: L'importance des routines chez l'enfant Source: Naître et Grandir Blogue FLO Organisation Source: FLO Organisation Section Organiser le quotidien Source: Les belles combines Sources : HERBERT, M. Jumeaux de 0 à 7 ans - Le grand livre. LEDUC ÉDITIONS - 2022 BONICELLI, J & HERTZFELDT M. You can two ! The essential twins preparation guide. Rockridge press. 2018. MUSSY-MASUCCI, C. Accueillir les jumeaux. Guide pour se préparer, s'organiser et gérer le quotidien. Éditions Eyrolles, 2ième édition. 2020 PARENTALITÉ AVEC DES JUMEAUX OU DES TRIPLÉS Je veux m'y préparer !

  • Deuil périnatal | Mamans Pieuvres

    Perdre un ou des bébés pendant ou après une grossesse multiple. Deuil périnatal de jumeaux ou triplés. Deuil périnatal de grossesse gémellaire. Perte et décès de jumeaux ou triplés. Perdre un ou des bébés issus d'une grossesse multiple. En collaboration avec l'organisme CLIMB et Parents Orphelins. Au nom de toute l'équipe de Mamans Pieuvres et de ses collaboratrices, nous voulons vous présenter nos sincères condoléances pour votre perte. Si vous êtes un membre de la famille ou un proche, nous vous invitons à faire preuve d'empathie, d'amour et de soutien. Le décès d’un ou de tous les bébés lors d'une grossesse multiple est une tragédie que seuls les parents endeuillés peuvent comprendre. Grâce à l'avancement de la science et la technologie de pointe, les parents savent très tôt durant la grossesse lorsqu'ils attendent plus d'un bébé. Un lien d’attachement très fort se développe donc avec chacun d'entre eux et ce même avant l’accouchement grâce aux monitorings et échographies, qui sont de meilleure qualité. Il est vrai que beaucoup de futurs parents éprouvent des sentiments ambivalents reliés aux différentes réalités de devoir s'occuper de plusieurs enfants à la fois: l’accouchement, les soins à donner pendant les premiers mois, les finances ... Il n'en demeure pas moins que tôt ou tard, la plupart d'entre eux sont très enthousiastes à l’idée de devenir parents de multiples, de par le statut particulier que celui-ci procure. Personne ne peut vraiment imaginer la désolation que provoque la mort d'un de ses bébés ou de tous ses bébés et ce peu importe la période de temps où les décès surviennent. La perte de jumeaux ou triplés est particulière puisque les probabilités de retomber enceinte à nouveau de plus d'un bébé sont très minces. L'équipe de Mamans Pieuvres tient à remercier Madame Jean Kollantai de l'organisme CLIMB (Center for Loss in Multiple Birth ), basé à Anchorage, en Alaska pour ses recherches et son immense implication dans le deuil spécifique aux grossesses multiples. Les textes ont été adaptés et révisés par l'équipe de Mamans Pieuvres. VOUS N'ÊTES PAS SEUL À priori, il semble inconcevable de revenir les bras vides à la maison, lorsqu'on attend l'arrivée de plusieurs bébés. Malheureusement, c'est une tragédie que plusieurs parents ont à vivre, dû aux risques élevés de complications médicales chez les grossesses gémellaires et multiples (ex: prématurité, STT, malformations congénitales. La première chose que nous souhaitons que vous sachiez, c’est que vous n’êtes pas seul. En effet, le taux de fausse couche entre la 11e et la 23e semaine sont deux fois plus élevés chez les jumeaux que chez les bébés issus d’une grossesse simple. Ils sont cinq fois plus élevés chez les jumeaux qui partagent un cordon ombilical (Agence de la santé publique du Canada, 2013). Si vous désirez avoir des enfants depuis des années et que vous êtes en traitement de fertilité, une grossesse multiple s’avère un événement très spécial, soit l'équivalent d'avoir gagné le billet gagnant à la loterie. Cette grande annonce était peut-être l'une des journées les plus mémorables de votre vie. Plusieurs ont passé à travers des mois voire d es années de lutte contre l’infertilité ; l a colère et la déception s'installent alors car tout est à recommencer. Après la perte, vous vous demander peut-être si vous serez parent un jour (ou si vous aurez d'autres enfants). Il faut avoir rêvé, espéré et aimé deux ou trois bébés à la fois afin de pouvoir comprendre l’étendue et la dévastation de la perte. - Jean Kollantai, Organisme CLIMB UN BÉBÉ SURVIVANT Que les bébés décèdent au même moment ou à des intervalles différents, les parents ont besoin d'avoir l'opportunité de voir leurs bébés et d’avoir des souvenirs d’eux. Célébrer la vie d'un bébé et pleurer la perte d'un autre simultanément est une épreuve inexplicable. Le deuil se passe à plusieurs niveaux soit la perte de votre précieux bébé (ou bébés), la perte d'une parentalité spéciale (statut social) et la perte d’un frère ou d’une sœur unique pour le bébé survivant. Les parents apprécient énormément ces moments précieux pour des années à venir, même si au moment même où ils le vivent, la douleur est immense. C’est aussi primordial pour les parents de ne pas être bousculés dans les prises de décisions qui peuvent être accablantes. Il pourrait être bon pour la famille de se choisir une personne de confiance pour les aider et les guider dans la prise de décision finale qui leur reviendra. L'organisme CLIMB offrent quelques conseils aux parents ayant perdu un ou des jumeau(x)/triplé(s): 1. Obtenir plusieurs photos votre ou vos bébé(s) Ils peuvent se toucher les mains, être dans les bras des parents ou encore porter des vêtements choisis par les parents. Ces photos peuvent être prises par les membres de la famille et/ou le personnel hospitalier et le développement des photos devrait nécessiter une attention toute particulière. L’enregistrement d’un vidéo est grandement recommandé. Si vous avez un bébé survivant, vous pouvez les réunir le temps d'une photo par exemple. 2. Prendre du temps avec votre ou vos bébé(s) Vous pouvez les bercer, leur chanter des mélodies, les cajoler. Les parents ne devraient jamais se sentir pressés lorsqu’il s’agit de faire leurs adieux. C'est vos droits fondamentaux de prendre vos bébés, ensemble si possible, aussi souvent et aussi longtemps que vous le désirez. 3. Donner un nom à votre-vos bébé(s) Donner un nom à votre (vos) bébé(s) est très significatif, et ce peu importe le nombre de semaine de gestation. Certains parents choisiront de garder les noms prévus durant la grossesse tandis que d’autres préfèreront garder les noms choisis pour des enfants vivants qui naîtront lors de prochaines grossesses. 4. Demander une autopsie Il est important pour les parents de connaître la cause du décès et d’obtenir des réponses aux questions qu’ils se posent dans la mesure du possible. Le fait de savoir si les bébés étaient identiques ou non aident les parents à se faire « une image » de leurs bébés. Une demande à ce sujet doit être faite rapidement, car il sera généralement impossible de le déterminer plus tard. Il faut même parfois insister, lorsque ces bébés sont de même sexe. 5. Présenter votre ou vos (bébés) à vos proches Si vous êtes à l'aise, vous pouvez présenter votre ou vos bébés aux grands-parents, fratrie, parrain/marraine ou encore à un guide spirituel. 6. S'informer sur les arrangements funéraires Il est important de s'accorder sur les décisions entourant les arrangements funéraires (inhumer ou incinérer les bébés ensemble). Plusieurs parents ont trouvé du réconfort sachant que leurs jumeaux étaient, d’une certaine façon, réunis. Même si un des bébés est déjà enterré, il peut être possible de les réunir par la suite. L’enterrement et/ou le service commémoratif peuvent être faits à l’extérieur d’une maison funéraire, à l’église, dans la maison familiale ou chez la parenté, dans un parc, etc. 7. Exprimer vos besoins à votre entourage Il est important de parler avec les membres de la famille et les amis pour leur donner l’opportunité de pouvoir vous comprendre et d’être supportant. S’ils en sont incapables, alors tournez-vous vers des gens qui le seront. Si vous êtes incapables d'en parler verbalement, vous pouvez honorer la mémoire de leurs bébés à travers des faire-part permettant du même coup d’informer les gens de ce qui s’est passé, des sentiments vécus par les parents ainsi que leurs besoins. 8. Trouver une façon de se remémorer votre ou vos bébé(s) Des parents ont trouvés plusieurs façons d'honorer leurs jumeaux ou triplés afin de les inclure dans leur famille à jamais. Il est important pour chaque famille de se trouver une façon bien à elle qui sera significative. 9. Adhérer à un groupe de soutien Les groupes de soutien au deuil périnatal peuvent être très aidants, n’hésitez pas à contacter la personne responsable de ces groupes virtuelles ou en présentiel. Trouver un ou des ami(s) ayant vécu la perte d'un ou des jumeau(x)/triplé(s) ou plus est un moyen qui aide plusieurs parents. 10. Obtenir du soutien psychologique Consulter des professionnels est une excellente façon de s’aider. Il n’est pas nécessaire d’avoir l’impression de « perdre la carte » pour bénéficier de ces services; le décès d'un ou plusieurs bébés est une raison suffisante pour s'occuper adéquatement de votre santé mentale. carnet deuil LE PROCESSUS DE DEUIL Il n’existe aucun mot pour décrire le sentiment de vide et la dévastation que l’on ressent en revenant à la maison sans son bébé. Après les premiers jours, parfois les premières semaines, le choc et le déni s’estompent pour laisser place à un vide immense. Et pourtant, c’est souvent à ce moment que l’entourage s’attend à ce que les parents « reviennent à la normale ». C’est aussi, pour plusieurs mères, le moment où elles doivent reprendre le travail, alors qu’elles avaient planifié un congé parental pour s’occuper de leurs bébés. Le retour au travail et les obligations quotidiennes peuvent distraire momentanément, mais ils ne diminuent en rien la douleur du deuil. Les pères aussi peuvent vivre une grande détresse. Certains se sentent coupables de ne pas avoir pu « protéger » leurs bébés. D’autres ressentent un profond sentiment d’échec envers leur conjointe. Souvent, ils essaient de ne pas parler de leurs enfants ou de cacher leurs émotions, espérant ainsi alléger la peine. Les deux parents doivent apprendre à dire au revoir. À un, deux, parfois plusieurs bébés. Et chacun a besoin d’occasions, seul et en couple, pour passer du temps avec leurs enfants, vivants ou décédés. Exprimer les émotions qui les traversent — culpabilité, colère, peur, frustration — est essentiel. Parler de l’enfant décédé, même un peu, même rarement, a des effets positifs prouvés : diminution de l’anxiété, apaisement du deuil, meilleur accueil des besoins du bébé survivant. AMBIVALENCE DES SENTIMENTS Les parents en deuil vivent souvent un mélange contradictoire d’émotions : joie et tristesse, amour et souffrance. Ces sentiments opposés s’entremêlent dans les jours, semaines et mois suivant la perte d’un jumeau. Aimer et s’occuper d’un bébé vivant tout en pleurant son jumeau décédé est une épreuve unique. Ce n’est pas seulement un deuil d’enfant, c’est aussi le deuil de la gémellité. Voir d’autres jumeaux peut raviver la douleur pendant des années. Certains parents deviennent très investis auprès du bébé survivant, même en parfaite santé. Ils le sentent vulnérable, craignent qu’il lui arrive quelque chose, et ressentent le besoin d’être constamment présents. Le moment viendra où vous aurez à expliquer à votre enfant qu’il avait un frère ou une sœur avec lui, dans votre ventre. Cette révélation amène souvent une tristesse douce, mais surtout un lien spécial. Un lien invisible mais réel, qui ne devient pas un fardeau. EN SOUVENIRS DE VOS BÉBÉS Voici quelques idées qui pourraient vous inspirer: Un bijou avec leurs noms, date de naissance ou des pierres de naissance. Une sculpture avec les empreintes de pieds. Une peinture à partir des photos ou des souvenirs. Un arrangement de photos ou un travail d’artisanat comme décoration dans la maison. Un tatou. Planter des arbres côte à côte et les regarder grandir à travers les années. Délimiter un endroit spécial où déposer les urnes ou une boîte souvenir. Préparer un livre personnalisé de souvenirs pour bébés. Créer une étampe avec les empreintes de bébés. Commander un ourson en peluche avec Tenir un événement à chaque année avec les autres enfants ou des proches. Si vous voulez soutenir un(e) ami(e) ou un proche ayant vécu la perte d'un ou plusieurs bébés, voici quelques conseils importants à ce sujet. COMMENTAIRES À ÉVITER: «Tu te reprendras: tu es encore jeune!» «C’est pas si grave puisque tu ne connaissais pas tes bébés!» «Compte-toi chanceuse, au moins tu as encore un autre bébé!» RÉACTIONS APPROPRIÉES ET BÉNÉFIQUES: -Ne rien dire si rien ne vous vient en tête, mais écouter avec empathie et sans jugement, -Être présent-e et disponible pour votre ami ou proche -Demander ce dont elle-il a besoin -Accompagner son ami-e à ses rendez-vous -Organiser les démarches pour le rituel funéraire (s’il y a lieu) -Coordonner les visites de l’entourage -Préparer des plats, faire le ménage, s’occuper de la fratrie (s’il y a lieu) INTERRUPTION DE LA MONTÉE LAITEUSE Plusieurs situations peuvent justifier une interruption pharmacologique de la montée laiteuse chez la femme. Un problème de santé chez la mère (par exemple VIH), une adoption de l’enfant, un problème de santé chez le nourrisson ou le décès de celui-ci. Bien que la montée laiteuse puisse être supprimée à l’aide de méthodes non médicamenteuses (port d’une brassière ajustée, absence de stimulation des seins, application de glace), celles-ci sont efficaces dans environ 70% des cas et peuvent s’avérer douloureuses/inconfortables chez la femme. De plus, chez la mère en deuil de son enfant, la détresse psychologique associée au drame qu’elle vit justifie le recours à un traitement pharmacologique pour stopper sa montée laiteuse. La cabergoline (DostinexR) est un médicament utilisé dans le traitement de l’hyperprolactinémie (sécrétion excessive de prolactine par la glande hypophysaire). Elle est donc capable de supprimer la production lactée. Une dose unique de 1mg est à prendre par la bouche la première journée du post partum. Son effet débute rapidement, soit 3h après l’ingestion de la dose, et dure de 14 à 21 jours. La cabergoline est habituellement bien tolérée, les effets secondaires rapportés incluent une diminution de la pression artérielle, des maux de tête et des étourdissements. Il est préférable de le prendre en mangeant afin d’augmenter sa tolérabilité au niveau digestif. Mamans Pieuvres et leurs étoiles est un groupe de soutien qui offre du support aux familles de jumeaux ou triplés ayant vécu la perte de leur(s) bébé(s) Rejoindre le groupe Capsules vidéos pour les parents ayant vécu un deuil périnatal. En collaboration avec l'organisme Parents Orphelins. Voir les capsules Connaissez-vous la Fondation Portraits d’Étincelles ? Cet organisme soutien des milliers de parents endeuillés à travers le Québec par l’intermédiaire de ses services en fournissant, tout à fait gratuitement, des photographies et retouches professionnelles dans un contexte de deuil périnatal dans tous les hôpitaux de la province et ce, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. La Fondation Portraits d’Étincelles compte plus d’une centaine de bénévoles répartis aux quatre coins du Québec. Visitez le site web RESSOURCES POUR VOUS : Revenir les bras vides Source: CHU Sainte-Justine Ressources diverses Source: Parents Orphelins Boîte à outils Source: Les Perséides Sources : Pamphlet Lost of both or All, Lost of a Twin - Center for Loss in Multiples Birth Lactation suppression treatment B.C. Women's Hospital & Health Up to date (page consultée le 17 septembre 2021). Monographies de produit (en ligne) General Twin Loss - Twinless Twins Support Group International (page consulté le 2 mai 2022)

  • Prématurité et soins intensifs néonataux | Mamans Pieuvres

    Les soins de vos bébés prématurés et votre séjour à l'unité des soins intensifs néonatals. Les soins de vos bébés prématurés et votre séjour à l'unité des soins intensifs néonatals. En raison des nombreuses complications possibles, il se peut que vos bébés prématurés soient hospitalisés pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, à l’unité néonatale de l’hôpital après leur naissance. Au Canada, c'est environ 6,2 % des enfants uniques qui naissent avant terme (37 semaines). Ce chiffre grimpe à 57 % chez les jumeaux et à près de 95 % chez les triplés (Hôpital d'Ottawa, 2022). Si vos bébés ne sont pas encore arrivés, nous vous encourageons à vous renseigner sur ce qui pourrait vous attendre durant les premières semaines et mois. Les statistiques d'accouchement prématuré étant élevées dans les grossesses multiples, mieux vaut s'y préparer. Voici quelques défis auxquels vous pourriez être confrontés en lien avec la prématurité : L’organisation en cas d’hospitalisation à l’unité néonatale de soins intensifs. Prendre soin des enfants à besoins particuliers (souvent présents lors de prématurité). Les complications graves liées aux virus et aux microbes. Les impacts sur la famille, comme le stress et la difficulté d'attachement. Vivre son postnatal et le fameux 4ᵉ trimestre à l'hôpital. Les parents qui doivent rester plusieurs semaines en néonatalogie sont confrontés à de l'inconnu. Les circonstances dans lesquelles les bébés arrivent peuvent parfois être éprouvantes. Cela étant dit, les difficultés courantes qui ressortent le plus pendant le séjour à l'hôpital sont le fait de ne pas connaître le futur et de ressentir un sentiment d'impuissance face à l'arrivée précoce de vos enfants. Sachez que les émotions que vous vivez sont toutes légitimes. Nous vous invitons à en parler avec des personnes qui ont déjà traversé le même chemin que vous, que ce soit des parents à votre hôpital ou via des groupes de soutien. Nous vous encourageons aussi à transformer votre tristesse et votre culpabilité en une énergie positive et à une participation active envers les soins de vos bébés. LES STADES DE LA PRÉMATURITÉ Le séjour à l'unité des soins intensifs néonatals n’est pas systématique, mais les statistiques parlent d’elles-mêmes. Il est fréquent que les parents passent plusieurs semaines à l’hôpital, plutôt que de pouvoir profiter du confort de leur foyer. Le tableau ci-dessous illustre la durée moyenne de gestation selon le nombre de bébés attendus. La durée de votre séjour à l’hôpital dépendra de la précocité de la naissance, du poids de vos bébés et de la présence ou non de complications médicales. Il va de soi que plus vos prématurés naissent tôt, plus leur séjour en néonatalogie sera long, puisqu’ils auront besoin de soins intensifs prolongés. Le site About Kids Health explique la prématurité de cette façon : « En général, plus l’âge gestationnel est jeune, moins le bébé est préparé au monde extérieur. Souvent, les bébés légèrement prématurés, qui ont presque complété le temps de gestation habituel dans l’utérus, n’auront pas besoin de soutien particulier à la naissance. (…) À l’opposé, les grands prématurés, qui n’ont passé que 25 semaines dans l’utérus, par exemple, nécessitent un soutien très intensif dès la naissance. » (About Kids Health, 2023). En ce qui concerne le suivi du développement, il est évalué en fonction de l’âge corrigé (AC) plutôt que de l’âge réel (AR). L’âge réel correspond au temps écoulé depuis la naissance de l’enfant, tandis que l’âge corrigé correspond à l’âge qu’aurait l’enfant s’il était né à 40 semaines de grossesse (date prévue d’accouchement, ou DPA). Cette référence est utilisée jusqu’à l’âge de deux ans par les différents spécialistes, à l’exception des rendez-vous de vaccination, qui se basent toujours sur l’âge réel. L'ENVIRONNEMENT EN SOINS INTENSIFS NÉONATALS Selon votre pays ou votre région, vous entendrez peut-être des termes différents pour désigner le service où vos bébés seront pris en charge. Il existe différents niveaux de soins qui peuvent évoluer en fonction de leurs besoins. L'unité des soins intensifs néonatals, celle-ci est composée de néonatalogistes et d'infirmières spécialement formés. On y retrouve également différents spécialistes tels que : Néonatalogiste Infirmière-chef et a ssistante infirmière-chef Infirmière praticienne en soins néonataux Infirmière en néonatalogie Résident Fellow Psychologue et t ravailleur social Inhalothérapeute Technicien de laboratoire Consultante en lactation Ergothérapeute et p hysiothérapeute Pharmacien hospitalier Pour plus d'informations et une description des rôles de chaque professionnel , visitez la page de Préma-Québec . À l'intérieur de l'u nité, préparez-vous à entendre et voir différents appareils q ui aideront vos bébés à respirer et à se nourrir. Ces machines, parfois très bruyantes, peuvent remplir plusieurs fonctions, notamment : Maintenir leur température corporelle à l'intérieur d'un incubateur. Vos bébés peuvent avoir un moniteur de température fixé sur leur peau. Aider leur respiration par un ventilateur. Certains bébés ont besoin d’oxygène, tandis que d’autres peuvent souffrir d’apnée. Par mesure de sécurité, de nombreux bébés dorment sur des tapis qui déclenchent une alarme si le mouvement s'arrête. Ces dispositifs, très sensibles, peuvent aussi provoquer de fausses alarmes . Les alimenter par perfusion intraveineuse ou au moyen d'une sonde d'alimentation. Cette sonde est un tube inséré par la narine et descend jusqu'à l’estomac, fixé sur la joue (voir ci-dessous pour des explications des différentes sondes.) Voici quelques appareils que vous pourriez retrouver dans leur chambre: ALIMENTATION ET GAVAGE Il existe un mode d'alimentation appelé gavage, qui peut être administré au moyen de différentes sondes : Sonde nasogastrique (tube est inséré par le nez jusqu’à l’estomac) Sonde orogastrique (tube est inséré par la bouche jusqu’à l’estomac) Sonde nasoduodénale (tube est inséré par le nez jusqu’à la 1ère partie de l’intestin grêle) Sonde nasojéjunale (tube est inséré par le nez jusqu’à la 2ème partie de l’intestin grêle, appelé le jéjunum). Pour ces quatre types de sondes d’alimentation, il n’est pas nécessaire de recourir à une chirurgie. Toutefois, selon la santé du bébé prématuré et la durée prévue du gavage, il pourrait être nécessaire d'installer une sonde gastrostomie endoscopique percutanée (GEP) ou de jéjunostomie endoscopique percutanée (JEP). Pour plus de détails sur ces deux dernières sondes, nous vous invitons à consulter le lien du CHU Sainte-Justine juste ici. Le gavage peut être utilisé pour des bébés prématurés nés avant 34 semaines de gestation, pour des enfants malades ou qui sont dépendants de la ventilation assistée et dont le réflexe de succion ou de déglutition est absent ou diminué. Même si les signaux de faim d’un bébé prématuré sont semblables à ceux d'un bébé à terme, il ne les manifestera pas aussi souvent qu’il le faudrait pour boire et grandir. C’est pour cette raison que le gavage est employé : ces bébés n’ont pas encore atteint la maturité nécessaire pour se réveiller et téter à chaque boire lorsqu’ils ont faim. Le but du gavage est d’alimenter le bébé et de favoriser sa croissance ainsi que son développement optimal. Il peut aussi être un complément à l’allaitement ou au biberon si le bébé se fatigue rapidement lors des boires. À l’unité néonatale, on apprend également aux parents la méthode appelée pacing ou pace feeding . C'est une façon d'offrir le biberon aux bébés prématurés. Si vous souhaitez allaiter, il est possible d’offrir le lait maternel exprimé par la maman de cette manière, jusqu’au jour où les bébés seront en mesure de prendre le sein. APPRIVOISER LA MONTAGNE RUSSE D'ÉMOTIONS Séjourner à l'unité néonatale peut être déstabilisant, surtout au tout début. Vos bébés ne seront pas les seuls à être fragiles : vous serez également confrontés à une montagne d'émotions — culpabilité, colère, choc, impuissance, injustice ou tristesse. Vous pourriez être surpris de voir à quel point vos bébés sont petits lorsque vous les rencontrez pour la première fois. Ils peuvent sembler très fragiles, avec des poils fins et des vaisseaux sanguins visibles. Si l'un de vos bébés est très malade ou dans une situation précaire, il se peut que vous ne puissiez pas le tenir dans vos bras avant que son état soit plus stable. Au fur et à mesure qu’ils grandissent et se développent, le personnel néonatal pourra vous aider à les tenir, les réconforter et les. nourrir. Parfois, l’état de santé ou les besoins médicaux de l’un de vos bébés peuvent changer. Cela peut signifier qu'un bébé soit admis dans l'unité néonatale ou transféré dans une autre unité, tandis que le ou les autres bébés restent à la pouponnière ou obtiennent leur congé de l'hôpital. Cette situation peut être difficile pour l'organisation familiale. N'hésitez pas à alterner les heures des boires et à partager les soins entre vous, votre partenaire ou d’autres membres de la famille. Cela vous aidera à passer du temps avec vos bébés (et vos autres enfants), tout en permettant à d’autres de participer à leurs soins. Tire-allaitement Voyez comment vous pouvez vous préparer à donner votre lait à vos bébés Cliquez ici! Allaitement Saviez-vous qu'il est possible d'allaiter vos bébés prématurés, et ce peu importe leur stade? Cliquez ici! Biberons Connaissez-vous la méthode pacing avec le biberon pour vos prématurés ? Cliquez ici! NOS 10 CONSEILS POUR FACILITER VOTRE PASSAGE À L'USIN 01 S'informer. Pendant votre grossesse, demandez à visiter l’unité néonatale de l’hôpital où vous accoucherez. Cela vous permettra de rencontrer les professionnels et de vous familiariser avec l’environnement ainsi qu’avec les différents appareils. Les soins intensifs néonatals peuvent être impressionnants en raison du bruit et des machines : mieux vaut donc avoir une idée de ce qui vous attend avant l’accouchement ! 02 S'impliquer . Soyez présents lors de la tournée médicale quotidienne, moment où le plan de soins de vos nouveau-nés est établi. Vous pourriez parfois ressentir de l’impuissance et avoir l’impression de ne rien pouvoir faire pour vos bébés, mais n’oubliez pas que VOUS êtes leurs parents et leurs meilleurs protecteurs. Restez en contact avec eux et visitez-les dès que possible après la naissance, même si cela doit se faire depuis votre lit ou en fauteuil roulant. Essayez aussi de participer à leurs soins lorsque c’est possible : les infirmières sauront vous guider et vous montrer comment. 03 Poser des questions. N’hésitez jamais à demander des explications ou des clarifications. Chaque question est pertinente ! 04 Demander à avoir un médecin primaire et quelques infirmières primaires. Il peut y avoir beaucoup de roulement de personnel en néonatalogie. Demander à ce qu’un médecin principal et quelques infirmières soient attitrés à vos bébés permet un meilleur suivi et une continuité des soins. Ces professionnels, qui connaîtront bien vos enfants, pourront poser des interventions plus adaptées. 05 Parler à d’autres parents de prématurés. Demandez à votre médecin de vous présenter une autre famille vivant une situation semblable. Échanger avec des parents qui comprennent vos défis peut être réconfortant et vous préparer à la suite du séjour. 06 Tenir un journal quotidien pour chaque bébé. Notez chaque jour les progrès de vos bébés, vos questions et les informations données par l’équipe médicale. Ce journal vous aidera à suivre l’évolution de chacun et à mieux vous sentir outillés lors du retour à la maison. Notez-y également chaque étapes importantes en téléchargeant ces petits cartons. 07 Prendre un jour à la fois . Il peut être très difficile d'apprendre à devenir parents devant deux ou trois incubateurs. Avoir un bébé prématuré est difficile, en avoir deux ou trois d’un coup l’est encore plus! Être parents de multiples prématurés est un immense défi, surtout lorsqu’un bébé va mieux et que l’autre traverse des difficultés. Les émotions peuvent être intenses et changeantes. Tâchez de rester forts auprès de vos bébés, car ils ressentent vos états d’âme et ont besoin de votre énergie positive. 08 Avoir un bon réseau de support. Acceptez l’aide de vos proches. Chaque geste, petit ou grand, compte. Cette période est exigeante mais temporaire, et vous n’avez pas à la traverser seuls. 09 Se reposer. Profitez des moments où vos bébés sont pris en charge pour récupérer. Vos enfants auront besoin de parents reposés et en forme une fois de retour à la maison. 10 Protéger vos bébés des infections. Les bébés prématurés sont très vulnérables. Lavez-vous toujours les mains, portez des vêtements propres et, si vous êtes malades, évitez de les visiter ou portez un masque. Prendre soin de vous (repos, hygiène, alimentation) est aussi une manière de les protéger. CONSEILS NICU QUAND IL FAUT RENCONTRER SES BÉBÉS PLUTÔT QUE PRÉVUE Elliot et Nathan sont nés par césarienne d’urgence un samedi matin : 8 h 33 pour mon bébé 1, 8 h 34 pour bébé 2. Ils avaient 35 semaines et 0 jour de gestation. Ils ont été amenés directement en néonatalité, puisque l’état de Nathan nécessitait des soins. En raison de la médication donnée pour effectuer la césarienne d’urgence, j’ai finalement rencontré mes bébés aux alentours de 17 h, le soir de l’accouchement. Je me souviens encore très bien de Nathan, dans l’incubateur, branché à une panoplie de machines qui vérifiaient chaque changement dans son état général. Il avait de l’aide respiratoire, un tube de gavage, un capteur au pied, des fils partout. Les machines sonnaient pratiquement tout le temps. Bref, aucun contact physique n’était possible à ce moment. Juste ma main, qui prend la sienne, si petite, dans un trou d’incubateur. C’est ainsi que je me suis présentée à mon bébé, complètement perdue dans ce monde inconnu de la parentalité et de la néonatalité. Nathan a finalement passé 4 semaines en néonatalité à Trois-Rivières avant d’être transféré au CHUL de Québec pour 1 semaine. La veille de la fête des Mères, nous avons enfin quitté le CHUL avec notre bébé, après 5 semaines dans les rouages de la néonatalogie. Ce n’était pas ce que j’imaginais pour ma première rencontre avec mes jumeaux, ni pour nos premiers moments en famille. J’aurais tellement aimé qu’on m’y prépare, qu’on aborde le sujet avec moi, qu’on m’explique à quoi m’attendre si un séjour en néonatalogie était envisagé. Encore aujourd’hui, 2 ans et demi plus tard, c’est un sujet sensible, difficile à aborder pour moi. En tant que maman de jumeaux ayant vécu le passage par la néonatalité et travailleuse sociale en périnatalité, j’ai envie de vous dire que ce ne sera pas facile. Vous allez vivre une panoplie d’émotions contradictoires, vous oscillerez entre l’espoir et le désespoir. Toutes ces émotions sont normales et légitimes. Heureusement, vous serez accompagnés par des professionnels attentionnés, qui ont à cœur le bien-être de vos bébés. N’ayez pas peur de prendre votre place. Vous aurez parfois l’impression que le personnel connaît mieux vos enfants que vous, mais ce sont tout de même vous les parents. Posez des questions, immiscez-vous dans les discussions médicales qui concernent vos bébés. Demandez des explications et des clarifications, exprimez votre point de vue, vos désirs, vos inquiétudes. Prenez le temps de lire vos droits : ils sont tellement importants et vous aideront à prendre des décisions. Informez-vous pour connaître les services à votre disposition (travailleur social, psychologues, consultante en lactation, etc.). Plus vous serez outillés et informés, plus il vous sera facile de prendre votre place dans ce monde et d’accompagner vos bébés ! Télécharger le livret LES SOINS DU DÉVELOPPEMENT Les soins du développement constituent une approche de soins individualisés visant le développement optimal des nouveau-nés malades ou prématurés admis en unité néonatale. Ils regroupent un ensemble de techniques environnementales et comportementales mises en place pour réduire le stress du nouveau-né et assurer sa neuroprotection. Leur objectif est d'offrir aux bébés les meilleures conditions possibles pour poursuivre leur développement, dans un contexte de soins centrés sur la famille. VOTRE PARTICIPATION EST PRIMORDIALE Pour favoriser la création du lien, les parents peuvent participer activement, en partenariat avec l’infirmière, aux changements de couches, au bain et au positionnement de leurs bébés. Pour plus de détails sur ces soins et leurs méthodes, se référer aux liens des fiches explicatives pour les parents (juste ici) . Voici quelques exemples de bénéfices des soins du développement chez les bébés : . À court terme : -Diminution des bradycardies, des tachycardies et des apnées. -Diminution des mouvements de trémulations (tremblements) et des signes d’irritabilité. -Stabilisation de la tension artérielle et de la saturation en oxygène. -Amélioration de la qualité du sommeil. À moyen terme : -Diminution de la durée d’hospitalisation, de la durée de ventilation et de la durée d’oxygénation. -Réduction des complications médicales et du nombre de jours avec une sonde gastrique. -Amélioration de la croissance et du sommeil. -Amélioration des comportements et du neurodéveloppement : meilleure tolérance au stress, capacité d’attention accrue et fonctionnement moteur optimisé. À long terme (3 à 15 ans) : -Amélioration du développement neurologique, de l’attachement parent-enfant et de la qualité de vie des enfants et de leur famille. -Diminution de la sévérité des dommages cérébraux et des handicaps majeurs. Il existe aussi des bénéfices pour les parents ! On observe notamment une diminution du stress familial, une amélioration de l’interaction mère-enfant, du lien d’attachement, du contact visuel et physique, ainsi qu’un renforcement de la confiance des parents dans leurs compétences parentales. Voici un résumé de Madame Mathilde Lenoir, infirmière clinicienne au NICU du Montreal Children’s Hospital (Québec, Canada), en lien avec le développement des sens et les stratégies de protection : LE TOUCHER C’est le premier sens à se développer dans le ventre maternel. Le fœtus est enveloppé d’une pression constante exercée par le liquide amniotique et les parois de l’utérus. Il découvre le toucher en agrippant le cordon ombilical ou en portant ses mains à son visage. Une fois admis à l’unité néonatale, l’équipe soignante cherche à reproduire, autant que possible, les conditions apaisantes de la vie intra-utérine : Création d’un « cocon » qui entoure le bébé; Imitation de la position fœtale, avec les membres regroupés et les mains près du visage; Offrir au bébé la possibilité d’agripper le doigt d’un parent ou une doudou; Poser une main ferme et stable sur son corps pour reproduire la pression rassurante du liquide amniotique, plutôt que de caresser sa peau — une sensation encore nouvelle et parfois inconfortable pour lui. L'ÉQUILIBRE L’équilibre est le deuxième sens à se développer pendant la grossesse. Le fœtus, baignant en apesanteur dans le liquide amniotique, perçoit déjà les mouvements et les changements de position. Ce sens atteint sa maturité à la fin de la grossesse, ce qui explique pourquoi le nouveau-né prématuré peut être particulièrement sensible aux déplacements brusques, par exemple, lorsqu’on le soulève du matelas pour la pesée ou pour l’installer dans les bras du parent. Méthodes de protection : Effectuer les changements de position en roulant doucement le bébé à l’aide des draps; Lors de la méthode kangourou, venir chercher son enfant directement contre son torse, puis s’installer lentement dans le fauteuil, uniquement si le parent se sent à l’aise et en confiance. L'ODORAT L’odorat est déjà bien développé dès la 24ᵉ semaine de grossesse. Le fœtus apprécie l’odeur familière du liquide amniotique. À la naissance, il reconnaît naturellement l’odeur du lait maternel et celle du corps de sa mère, qui lui rappellent cet environnement rassurant. Ces odeurs jouent un rôle essentiel dans le lien d’attachement et le sentiment de sécurité du nouveau-né. Méthodes de protection/ stimulations positives : Privilégier la méthode kangourou ou le peau à peau; Éviter les parfums, qui sont des odeurs étrangères et souvent trop fortes pour le nouveau-né; Déposer un foulard portant l’odeur naturelle du parent (sans parfum) près du visage du bébé, afin qu’il puisse la reconnaître lors de ses périodes d’éveil; Placer une compresse imbibée de lait maternel à proximité du visage du bébé, pour lui offrir une odeur familière et apaisante. LE GOÛT Le goût devient pleinement mature vers la 30ᵉ semaine de grossesse. En avalant le liquide amniotique, le fœtus découvre déjà les quatre saveurs universelles : sucré, salé, amer et acide. Ces saveurs varient selon l’alimentation de la mère, mais le fœtus manifeste une préférence naturelle pour le sucré, ce qui contribue plus tard à l’acceptation du lait maternel. Méthodes de protection/ stimulations positives : Déposer une à deux gouttes de lait maternel sur la suce : associée au goût sucré du lait ou du sucrose (solution sucrée), elle contribue à diminuer la douleur du nouveau-né grâce à la libération d’endorphines dans le cerveau; Lors de l’initiation de l’allaitement, le goût du lait maternel rappelle au bébé celui du liquide amniotique, renforçant ainsi le lien entre plaisir, sécurité et alimentation. L'OUÏE Autour de la 32ᵉ semaine de grossesse, le fœtus commence à percevoir les sons extérieurs, comme la voix de sa mère, celle de son père, et les bruits environnants. Depuis le tout début, il est bercé par les sons internes du corps maternel: le battement du cœur, les bruits digestifs et circulatoires qui forment pour lui une trame sonore constante et rassurante. Méthodes de protection/ stimulations positives : La méthode kangourou (peau à peau) permet au bébé de retrouver ces sons familiers du cœur et du corps de sa mère, favorisant un sentiment de sécurité. Il reconnaît également la voix grave du père, qui traverse plus facilement les parois utérines et continue de l’apaiser après la naissance; Parler doucement ou chuchoter à proximité du bébé, même lorsqu’il est dans un incubateur, afin d’éviter la surstimulation auditive. L’incubateur n’atténue pas les bruits aussi efficacement que le ventre maternel. LA VUE La vue est le dernier sens à se développer. Entre la 32ᵉ et la 37ᵉ semaine de grossesse, les structures nécessaires à la vision deviennent progressivement fonctionnelles. Même un bébé né à terme ne voit encore qu’en noir et blanc, et seulement à une distance d’environ 20 cm, soit la distance parfaite pour observer le visage du parent lors des contacts rapprochés. Chez le prématuré, la vision est encore floue, mais il est déjà attiré par les formes et contrastes, particulièrement ceux des visages familiers. Il est donc important de se placer tout près de lui pour qu’il puisse reconnaître et fixer les traits de ses proches. Méthodes de protection : Protéger les yeux du bébé avec une main ou une couverture lors des soins ou des examens pour réduire l’exposition à la lumière; Placer un couvre-isolette sur l’incubateur afin de maintenir un environnement sombre et de reproduire les conditions intra-utérines; Tamiser l’éclairage durant les périodes de peau à peau, pour permettre au bébé d’ouvrir les yeux sans inconfort et d’entrer en contact visuel avec son parent, renforçant ainsi le lien d’attachement. LE DÉVELOPPEMENT DES MUSCLES Il existe deux types de muscles : les muscles extenseurs, qui permettent de tendre un membre, et les muscles fléchisseurs, qui permettent de le plier. Pendant la grossesse, les muscles extenseurs se développent en premier. Le fœtus, ayant beaucoup d’espace dans l’utérus, peut alors garder les bras et les jambes tendus. Au troisième trimestre, il commence à se sentir plus à l’étroit et s’exerce à plier ses membres, ce qui stimule le développement de ses muscles fléchisseurs. Le bébé prématuré, lui, n’a pas eu le temps de renforcer ces muscles fléchisseurs autant qu’un bébé né à terme. Il a donc besoin d’un soutien externe pour maintenir la position fœtale (mains près du visage, genoux repliés vers l’abdomen). Des rouleaux de couverture sont alors disposés autour de lui pour l’aider à conserver cette position. Ces appuis procurent aussi un enveloppement rassurant, semblable à la sensation de contenance qu’il ressentait dans le ventre maternel. À noter qu’un bébé né à terme, mais hospitalisé en néonatalogie, peut lui aussi avoir besoin de ces limites physiques : il consacre une grande partie de son énergie à stabiliser ses signes vitaux, et non à maintenir une posture fléchie. LE SAVIEZ-VOUS ? Les jumeaux et triplés sont plus à risque de développer une plagiocéphalie (aplatissement du crâne). Découvrez les problématiques pédiatriques sous-jacentes qui peuvent influencer l’allaitement juste ici. LA MÉTHODE KANGOUROU La méthode kangourou est le seul soin relevant exclusivement de la compétence parentale. Elle consiste à placer le bébé en peau à peau contre le torse du parent, le plus tôt possible après la naissance, et à répéter ces moments aussi souvent et aussi longtemps que l’état du bébé le permet. Cette méthode est recommandée pour tous les nouveau-nés, qu’ils soient à terme ou prématurés, et peut être poursuivie à la maison. En peau à peau contre sa mère (ou son père), le bébé retrouve des sensations familières : la chaleur corporelle, l’odeur, les battements du cœur et la voix parentale. La méthode kangourou apaise le nouveau-né tout en lui permettant de maintenir sa température. Chaque séance devrait durer au moins 60 minutes, afin de permettre au bébé d’atteindre le sommeil profond, essentiel à son développement et à sa récupération. Les bienfaits de la méthode kangourou: Amélioration des signes vitaux (rythme cardiaque, respiration, diminution des apnées et besoins en oxygène); Meilleure tolérance digestive (si possible, combiner la séance avec les repas, même en cas d’alimentation par sonde gastrique); Amélioration du sommeil et du repos; Réduction du stress et de la douleur lors de procédures (par exemple, une prise de sang effectuée pendant le peau à peau); Diminution de la durée d’hospitalisation; Renforcement du lien parent-enfant et du sentiment de compétence parentale; Stimulation de la production de lait maternel. LA COMMUNICATION AVEC SES BÉBÉS Parler à ses bébés est essentiel au développement du langage et du lien affectif. Pourtant, en contexte de prématurité, il n’est pas toujours facile de savoir quoi dire ou comment interagir. Plusieurs programmes de lecture et de stimulation du langage sont maintenant offerts dans les unités néonatales. Ils permettent aux parents de lire des histoires à leur bébé, favorisant ainsi un contact vocal doux et familier. Entendre la voix de ses parents, celle qu’il reconnaît depuis la vie intra-utérine, apaise le bébé, tout en stimulant ses capacités d’écoute et d’attention. UNE TRANSITION IMPORTANTE Lorsqu’on commence à vous parler d’un congé possible pour vos deux ou trois bébés, cela peut susciter une foule d’émotions contradictoires. Vous avez peut-être passé plusieurs jours, semaines, voire des mois à l’hôpital, à rêver du moment où vous serez enfin réunis à la maison, dans le confort et l’intimité de votre foyer. Mais il est aussi tout à fait normal de ressentir de l’inquiétude à l’idée de quitter un environnement où vous étiez entourés, soutenus et rassurés. Même si votre séjour en néonatalogie a été exigeant, vous étiez accompagnés à chaque étape. Le personnel des soins intensifs néonatals ne donnera jamais congé tant que ce ne sera pas sécuritaire et que les parents ne se sentent pas prêts. Vous faites désormais partie intégrante de l’équipe de soins, et votre confiance est essentielle à cette nouvelle étape. Voici quelques conseils pour adoucir la transition : Échangez avec le personnel de l’unité. Il pourra vous aider à vous familiariser avec la nouvelle routine et à mieux comprendre comment partager du temps de qualité avec chacun de vos bébés. Sorties échelonnées : il arrive souvent que les multiples soient prêts à sortir à des moments différents. Si l’écart est court, l’équipe pourra peut-être prolonger le séjour du premier bébé pour un départ simultané. N’hésitez pas à exprimer vos préférences. Planifiez votre organisation. Fixez un horaire pour les visites en néonatalogie, la prise en charge de la fratrie, et vos périodes de repos. Laisser un bébé à l’hôpital tout en rentrant à la maison avec un autre peut être déchirant, c’est normal de le vivre difficilement. Profitez des moments seuls avec un bébé. Même si cela semble contre-intuitif, une courte séparation peut être l’occasion de lui offrir une attention unique et bienfaisante. Pratiquez la routine avant le congé. Essayez d’effectuer les soins quotidiens sans l’aide des infirmières avant de quitter l’hôpital. Cela vous permettra d’être plus à l’aise et de renforcer votre confiance. Préparez votre environnement. Si vos bébés nécessitent des soins particuliers (médicaments, gavage, oxygène, moniteur de saturation, etc.), organisez un espace clair et fonctionnel. Identifiez les bacs, les appareils et les horaires pour éviter toute confusion. LE GRAND RETOUR À LA MAISON Avant le retour, aérez bien les pièces et assurez-vous d’avoir tout le nécessaire. Prévoyez une protection supplémentaire pour vos coussins et fauteuils, ou retirez les tapis si besoin : cela simplifiera le ménage en cas de reflux ou de petits accidents. L’équipe hospitalière vous remettra un horaire des boires et des médicaments à suivre. Il est souvent recommandé de réveiller les bébés à la même heure, afin de préserver des périodes de sommeil cohérentes pour tous (y compris vous!). Vous pourrez ajuster cette routine progressivement selon les besoins de vos bébés. Pour la médication, préparez les doses à l’avance lorsque possible, en les conservant au réfrigérateur selon les conseils du pharmacien. Utilisez un bac ou un plateau identifié pour chaque bébé, puisque les dosages peuvent varier. LES SUIVIS MÉDICAUX Même après le congé, il est fréquent de devoir retourner à l’hôpital ou à la clinique néonatale pour des suivis (pédiatre, physiothérapeute, ergothérapeute, nutritionniste, ophtalmologue, etc.). N’hésitez pas à demander de l’aide pour vous accompagner à ces rendez-vous : cela facilitera la logistique et vous permettra d’être plus attentif aux informations données. Bon à savoir : un nouveau vaccin à dose unique contre le virus respiratoire syncytial (VRS) est offert gratuitement à tous les bébés nés à 37 semaines et moins. Il peut être administré directement à l’unité néonatale pendant la saison du virus, ou sur rendez-vous le reste de l’année. Pour les résidents du Québec : cliquez ici pour plus d'informations. Les premiers mois peuvent être éprouvants, entre la fatigue, les émotions intenses et l’adaptation à la vie à la maison. N’oubliez pas : vous n’êtes pas seuls. Consultez nos pages sur le soutien postnatal et la vie de couple , et découvrez notre cours en ligne sur le sommeil des bébés prématurés pour vous outiller concrètement. Saviez-vous que Préma-Québec offre du soutien financier aux familles d’enfants prématurés?Pour plus de détails et pour déposer une demande, cliquez ici! Il faut tout un village pour élever un enfant, et tout un réseau pour soutenir les familles d'enfant prématuré. L'Atelier Préma-Québec est un espace où naissent ces liens bienveillants entre enfants prématurés, parents, professionnels de la santé, intervenants psychosociaux et autres personnes-ressources. trucs et astuces FAVORISER LE SOMMEIL DE MES BÉBÉS PRÉMATURÉS Je veux m'y préparer ! Écoutez le témoignage d'Aliona, maman de triplées mono-di nées à 24 semaines de gestation ayant séjournées plusieurs semaines en néonatalogie. Voir la chaîne vidéo Saviez vous qu'il existe de l'aide financière pour les bébés prématurés qui pourraient s'appliquer à votre situation? Vor la page LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER: Livret destiné aux parents d'un prématuré Source: Hôpital Général Juif de Montréal L’unité néonatale de soins intensifs : introduction par et pour des parents Source: Fondation pour Bébés Prématurés Canadiens Qu'est-ce la prématurité ? Source: SOS Préma et bébés hospitalisés Prendre soin de votre bébé prématuré tardif Source: Centre universitaire de santé McGill Sources : Hôpital d’Ottawa. (2021). Grossesse multiple. https://www.ottawahospital.on.ca/fr/services-cliniques/deptpgrmcs/departements/obstetrique-gynecologie-et-soins-aux-nouveau-nes/grossesse-multiple/ottawahospital.on.ca Ladewig, P. W., London, M., & Davidson, M. (2019). Soins infirmiers en périnatalité (5ᵉ éd.). ERPI. ISBN: 9782766100149 Louis, S. (2010). Le grand livre du bébé prématuré (2e édition). Éditions du CHU Sainte-Justine. ISBN 9782896191949 Martel., M. et Milette, I. (2017). Être parent à l’unité néonatale. Éditions du CHU Sainte-Justine. ISBN 9782896198290 Milette, I., Martiel, M. et Ribeiro da Silva, M. (2019). Les soins du développement : Assurer la neuroprotection des nouveau-nés (2e édition). Éditions du CHU Sainte-Justine. ISBN 9782896199068 Personnel de SickKids. (2025). À propos des bébés prématurés. AboutKidsHealth. https://www.aboutkidshealth.ca/-propos-des-bebes-prematures Préma-Québec. (2022). Préma-Québec. https://premaquebec.com/ Twin Trust. A parent's guide to neonatal care for twins, triplets and more.

  • Motricité & langage | Mamans Pieuvres

    Motricité fine et globale jumeaux multiple. Compétences langages chez les jumeaux. Retard de langage chez les jumeaux. Développement de la motricité et du langage chez les jumeaux. Les enfants franchissent toutes les étapes clés de leur développement à des rythmes différents. Le moment et la façon d’acquérir de nouvelles habiletés,qu’il s’agisse de motricité fine ou de motricité globale, sont propres à chacun, y compris chez les jumeaux, qu’ils soient monozygotes ou dizygotes. C’est toujours un bonheur d’observer nos tout-petits grandir, faire leurs découvertes et devenir de véritables petites personnes, chacune avec sa propre identité malgré leurs similitudes. En ce qui concerne le développement du langage, il est reconnu que les multiples peuvent présenter un léger délai d’environ six mois par rapport aux singletons. Il ne s’agit pas forcément d’un « retard », mais plutôt d’une variation normale de leur développement. L’apparition du « je » est une étape marquante : elle témoigne du fait que l’enfant prend conscience de son existence comme individu distinct. Chez les singletons, cela se produit souvent autour de 18 mois. Comme on s’adresse fréquemment aux jumeaux en utilisant le « vous », ils auront parfois tendance à adopter d’abord le « nous » avant de passer au « je ». Sur cette page, nous abordons également les troubles alimentaires, plus fréquents chez les jumeaux et triplés en raison du facteur de prématurité. Le degré d’immaturité du système gastro-intestinal dépend directement de la durée de gestation. Ainsi, un bébé prématuré est plus à risque de présenter certains défis digestifs, notamment au niveau du transit, de la digestion ou de l’absorption des aliments. L’équipe tient à remercier Madame Gisèle Séguin pour sa collaboration spéciale, ainsi qu’Andréa Dépelteau pour la révision. LES JUMEAUX : SYNCHROS OU NON ? Le développement des tout-petits est déjà un univers fascinant… mais il devient encore plus intrigant lorsqu’il s’agit de multiples ! La gémellité peut influencer certaines étapes du développement, et plusieurs parents se demandent si leurs jumeaux évolueront « en même temps ». De manière générale, les enfants font leur première dent autour de 6 mois, marchent vers 12 mois, commencent à dire des mots vers 10-13 mois et jouent vraiment ensemble autour de 3 ans. Mais qu’en est-il des jumeaux ? Sont-ils synchronisés ? La réponse courte : ça dépend du type de multiples… et de plusieurs facteurs individuels ! Prenons l’exemple de la poussée dentaire. La génétique joue un rôle important dans l’apparition de la première dent. Chez les jumeaux identiques, il est fréquent que la première dent perce presque au même moment, parfois avec seulement un ou deux jours de différence. Chez les jumeaux non identiques, tout est possible : ensemble, à quelques semaines d’écart, ou même à plusieurs mois de différence. Bref, partager une naissance ne signifie pas suivre le même rythme dans toutes les étapes. Vous êtes inquiets ? Pas de panique. Il est tout à fait normal de comparer les enfants qui ont exactement le même âge et qui évoluent dans le même environnement. Souvenons-nous toutefois que pour établir une « moyenne », il faut considérer les extrêmes. Certaines dents sortent à 6 mois, d’autres à 10-11 mois… et dans de rares cas, certains bébés naissent même avec une dent ! Cet écart est normal, et les moyennes, bien qu’utiles, peuvent rassurer ou parfois inquiéter selon notre expérience. À la naissance, les jumeaux ont souvent un poids plus faible que les singletons, et la prématurité peut aussi influencer certaines étapes. Un bébé prématuré peut mettre un peu plus de temps à atteindre certains jalons, ce qui est attendu et non un signe d’anomalie. La grande majorité des multiples rattraperont cet écart en enfance, avec ou sans soutien professionnel. Si vous avez des préoccupations, n’hésitez pas à en parler à votre médecin ou aux éducateurs et éducatrices de vos enfants. Les professionnels de la santé devraient tenir compte du facteur de gémellité dans leurs évaluations (et vous avez parfaitement le droit de le leur rappeler si ce n’est pas le cas). Il est tentant de comparer, mais rappelez-vous que vos jumeaux restent avant tout des enfants à part entière, chacun avec son propre rythme. Ce n’est pas une course. S’occuper de multiples peut être plus complexe à certains égards, mais ils vous surprendront souvent par leur efficacité… comme lorsqu’ils s’unissent pour grimper partout, parfois bien avant de maîtriser leurs premiers mots ! Quant à l’autonomie, elle peut sembler un peu plus lente aux yeux de l’entourage, simplement parce qu’elle implique une dynamique particulière chez les multiples. Enfin, évitez que l’un prenne systématiquement en charge certaines tâches pour l’autre. L’entraide est saine, mais il est important d’encourager chacun à développer ses propres compétences, surtout en ce qui concerne la motricité fine et globale. HABILETÉS MOTRICES CHEZ NOS TOUT-PETITS Le développement psychomoteur des jumeaux et des triplés peut être influencé par plusieurs facteurs, ce qui fait en sorte que les « attentes » ou la « norme » sont souvent irréalistes pour des bébés multiples. Cela ne signifie absolument pas qu’ils sont « en retard ». L’essentiel, c’est qu’ils finissent par franchir chacune des étapes… à leur rythme. Et pour les accompagner, certaines stratégies simples peuvent grandement favoriser un développement harmonieux. Le développement de l’enfant suit une séquence d’étapes, et chacune prépare la suivante. L’ordre dans lequel ces étapes sont franchies est souvent plus important que l’âge exact auquel elles le sont. Certaines habiletés qui semblent anodines sont en réalité essentielles pour d’autres apprentissages plus tard. Par exemple, la marche à quatre pattes développe la force autour de l’épaule, ce qui sera utile des années plus tard… pour tenir un crayon et écrire. Chaque enfant progresse à son propre rythme. Par exemple, même si la moyenne pour la marche est autour de 12 mois, il n’y a aucune raison de s’inquiéter avant 18 mois, surtout si les étapes précédentes sont bien acquises. À titre d’exemple : mes garçons ont marché à 15 mois (13 mois corrigés), ce qui était parfait pour eux… et tout à fait normal ! Naître et Grandir résume bien les grandes étapes de la motricité 0-8 ans, juste ici. LE DÉVELOPPEMENT PSYCHOMOTEUR DES MULTIPLES On entend souvent dire qu’un enfant est plus « moteur » qu’un autre. C’est vrai que certains développent la motricité plus vite, alors que d’autres excellent d’abord sur le plan du langage. Ce n’est pas un retard : c’est simplement leur rythme naturel. Plusieurs facteurs peuvent influencer le développement, dont la prématurité, très fréquente chez les multiples. Dans ce cas, on utilise l’âge corrigé (et non l’âge réel) jusqu’à environ 2 ans. Cela fait une grande différence dans l’interprétation du développement. Et surtout : Aucune culpabilité à avoir. Avec des jumeaux ou triplés, il est parfaitement normal qu’un bébé soit parfois « stationné » dans une balançoire pendant qu’on s’occupe de l’autre. L’important est qu’ils aient des moments d'exploration et de jeu suffisants au quotidien. Voici des façons simples de soutenir leur développement psychomoteur : Planifier des périodes de jeu au sol, sur un tapis ou une couverture Offrir des jouets variés et adaptés à leur âge Favoriser le jeu libre… ou des jeux plus dirigés lorsque nécessaire Les multiples bénéficient aussi énormément de leur interaction entre eux : les observer, les imiter et explorer ensemble est déjà un moteur puissant de développement. L’enfant développe ses habiletés à travers le jeu. L’adulte peut orienter cette exploration pour stimuler une compétence précise. Par exemple, placer un jouet un peu plus loin encourage le déplacement autonome plutôt que de remettre l’objet dans les mains de l’enfant. La création d’un espace sécuritaire où les jumeaux peuvent bouger ensemble est un immense atout… et un superbe terrain d’apprentissage naturel. LA CONSULTATION EN ERGOTHÉRAPIE Les suivis en pédiatrie permettent de vérifier les grandes étapes du développement. Si tout n’est pas « coché » au moment du rendez-vous, ce n’est pas dramatique. Et si un jumeau évolue plus rapidement que l’autre, cela ne signifie pas qu’il y a un problème. La comparaison est inévitable… mais rarement utile ! Voici quelques situations où une consultation en ergothérapie peut être bénéfique : L’enfant n’a toujours pas acquis une habileté plusieurs mois après l’âge attendu Plusieurs sphères semblent affectées (motricité globale + motricité fine + langage + cognition) Une étape importante a été « sautée » (ex. : absence de marche à quatre pattes) Il est aussi possible de consulter de manière préventive, simplement pour être guidés ou rassurés. LES TENSIONS CERVICALES Durant les premiers mois de vie, il n’est pas rare d’observer chez les jumeaux qu’un des bébés présente davantage de tensions au niveau du cou ou du dos. Cela s’explique facilement : dans les dernières semaines de grossesse, les bébés sont très serrés dans l’utérus et adoptent parfois des positions moins ergonomiques… surtout lorsque l’un est placé tout près du col ou coincé par la position de son co-jumeau. Je l’ai vécu avec l’une de mes jumelles. Bébé A tournait presque toujours sa tête vers la gauche et négligeait son côté droit. Les tensions étaient bien présentes et influençaient même ses mouvements. Consulter un professionnel certifié physiothérapeute pédiatrique, ostéopathe ou chiropraticien formé en périnatalité peut faire une grande différence dans ces situations, particulièrement chez les jumeaux. En parallèle, voici quelques petits trucs très simples qui m’ont été utiles au quotidien pour l’aider à récupérer une mobilité complète : Pendant les périodes d’éveil, je déposais toujours ses jouets du côté qu’elle tournait moins pour encourager la rotation de sa tête et stimuler sa mobilité. La nuit, je plaçais son petit aquarium musical du côté plus « faible ». Elle s’endormait souvent en le regardant, ce qui lui faisait pratiquer cette amplitude sans effort… et me donnait quelques heures d’exercices cumulés ! Dans le bain, je lui permettais une petite baignade thérapeutique : je soutenais doucement sa tête pendant qu’elle pouvait bouger librement ses bras, ses jambes et son tronc. L’eau l’aidait énormément à relâcher les tensions. Pendant les boires, je portais attention à la façon dont je la positionnais pour l’encourager à tourner sa tête du côté qu’elle travaillait moins. En promenade, je repositionnais doucement sa tête au besoin et j’utilisais une petite doudou mince pour l’aider à garder un bon alignement. Ces petites interventions quotidiennes, combinées au suivi professionnel, ont fait toute la différence : en quelques semaines, elle avait retrouvé une belle amplitude de mouvement. ET SI UN CASQUE DEVIENT NÉCESSAIRE ? Si l’un de vos bébés doit porter un casque pour corriger une plagiocéphalie, surtout… ne voyez pas cela comme un échec. Vous faites déjà du mieux que vous le pouvez, avec amour et patience. Les bébés s’adaptent généralement très bien au casque, beaucoup mieux que nous l’imaginons. C’est une courte période dans leur vie, eux ne s’en souviendront même plus une fois grands ! SAVIEZ-VOUS QUE ? Les jumeaux et triplés sont plus à risque de développer une plagiocéphalie en raison de la position intra-utérine et de la prématurité plus fréquente. Pour en savoir davantage sur les problématiques pédiatriques pouvant influencer l’allaitement et le développement, cliquez ici. LE RETARD DE LANGAGE CHEZ LES JUMEAUX Dès les premiers mois de vie de nos enfants, on a hâte aux premières fois. Comme orthophoniste, j’avais particulièrement hâte aux premiers signes de communication : les premiers indices de compréhension, les premiers échanges, les premiers mots, les premières phrases, etc. Comme c’est le cas pour plusieurs parents, cette anticipation était accompagnée de questionnements, et parfois, d’inquiétudes. Avec des jumeaux ou des triplés, des questions supplémentaires et particulières surviennent. Est-ce que les complications à leur naissance auront un impact dans les années à venir? Est-ce que je stimule suffisamment le langage avec chacun de mes bébés? Est-ce que leur relation aura un impact sur leur manière de communiquer? CRYPTOPHASIE : UN LANGAGE SECRET ENTRE JUMEAUX? Ce phénomène du langage secret se nomme la cryptophasie ( cryptophasia en anglais). Crypto signifie secret tandis que phasia signifie parole. Vous avez sans doute déjà vu à la télévision ou sur internet (ou dans votre salon!), des scènes de poupons jumeaux qui semblent être en grande conversation, avec une gestuelle et des intonations pareilles à leur langue maternelle. L’idée de la cryptophasie, un langage propre à un couple de jumeaux, existe dans la culture populaire depuis longtemps. Les dernières études portant sur ce phénomène remettent toutefois en cause l’explication populaire. Plutôt qu’une langue spéciale et unique, il s’agirait d’une imitation de leur langue maternelle, avec des erreurs et des mots inventés qui ressemblent à la langue parlée autour d’eux. Comme les jumeaux tendent à s’imiter, ils reprendraient les erreurs et les «mots» produits par l’autre et, parfois, se comprendraient. Ils se renforceraient, s’encourageraient, par le fait même. Notons que la recherche semble démontrer que l’utilisation prolongée d’un langage jargon entre jumeaux serait un facteur de risque pour des difficultés langagières persistantes. Un singleton passe également par une phase d’imitation, pendant laquelle il produit un jargon qui ressemble à sa langue maternelle. Toutefois, il n’aura pas tendance à prolonger cette phase puisque son jargon n’est pas renforcé par les adultes qui l’entourent. Pour mettre en place une bonne stimulation langagière, la première étape est d’offrir de bons modèles verbaux. Or, ce qui rend la situation plus complexe pour un parent de jumeaux, lorsqu’on parle de stimulation du langage, c’est la fameuse triade : alors qu’un parent de singleton passe la majorité du temps en 1 à 1 (ou même en avantage numérique lorsque les deux parents sont là!) avec son bébé, le parent de jumeaux se retrouve souvent à parler, jouer, chanter (bref, à interagir), avec deux bébés en même temps. C’est un peu comme être constamment en conversation à trois et le parent doit constamment partager son attention. La dynamique pendant l’échange à trois est bien différente : le contact visuel est moins soutenu avec chacun des enfants, les phrases sont souvent adressées aux deux enfants en même temps, on laisse tomber les «tu» et on utilise le «vous», on est parfois moins en mesure de répondre rapidement aux tentatives de communication de chaque bébé, etc. Une autre particularité du contexte langagier avec des jumeaux/triplés est que l’interlocuteur premier du jumeau/jumelle est souvent... son jumeau/jumelle! Ils auront donc tendance à s’imiter, à se donner des modèles erronés et à se renforcer mutuellement. Ceci est bien différent des enfants qui ont un parent ou un frère ou une sœur plus vieux comme interlocuteur préférentiel. En effet, ceux-ci bénéficient habituellement de modèles plus riches, de modèles qui «tirent vers le haut». LE FACTEUR « GÉMELLITÉ » La recherche est plutôt claire en ce qui concerne le développement du langage chez les jumeaux et les triplés : ils sont plus à risque de développer des difficultés langagières que les enfants singleton. L’une des raisons principales pour cette probabilité plus élevée est que les expériences communicatives de multiples tendent à être un peu différentes de celles vécues chez les singletons. Bien que la gémellité constitue un facteur de risque pour les difficultés langagières, il est important de connaître les autres éléments ayant un impact sur l'apprentissage, soit : la p rématurité, le petit poids à la naissance, l'historique familial et le sexe de l'enfant. Heureusement, la plupart des jumeaux/triplés vont rattraper leurs pairs avant l’entrée à l’école. Toutefois, les difficultés langagières, même si elles sont temporaires, peuvent faire vivre des émotions négatives aux enfants. DES GESTES SIMPLES AU QUOTIDIEN POUR LA STIMULER DU LANGAGE En tant que parents, nous avons l’opportunité, voire le pouvoir, de prendre action pour enrichir les expériences communicatives de nos jumeaux/triplés et de favoriser un bon développement langagier. Voici quelques conseils pour stimuler le langage de vos jumeaux/triplés : Si possible, profitez des moments passés avec un seul des jumeaux : donner le bain en solo peut, par exemple, devenir un moment privilégié pour la stimulation du langage. Essayez de répondre aux tentatives de communication de chaque jumeau le plus souvent possible (je le sais, c’est du sport!). En obtenant une réponse (un regard, un geste, un « oui, mon bébé », une répétition de ce qu’il a produit/dit), l’enfant est encouragé à essayer de nouveau et/ou à continuer de communiquer. Profitez de la gémellité! Vous avez accès à des acteurs supplémentaires pour votre narration du quotidien et pouvez décrire une variété de situations ou d’actions : « Regarde Émile, Justine croque son éléphant! », « Oh! As-tu vu, Olivia? Rose flatte le chat ». Parlez à vos enfants de manière indépendante, quitte à répéter la même phrase à chacun. Dites le nom de l’enfant à qui vous vous adressez et parlez au « tu » : « Lucas, tu vas mettre tes bottes. Maintenant, William, tu mets tes bottes ». Développez un intérêt pour les livres et regardez souvent les mêmes. Plutôt que de poser des questions sur les images ou l’histoire, faites des commentaires, en les adressant à chaque enfant. « Oh, Nathan, il y a de belles mitaines! On en a des mitaines mauves comme ça, Charlie ». L’implication d’un coparent présent et actif est bénéfique puisqu’il permet des échanges 1 adulte – 1 bébé. On réduit donc l’impact de la triade. Évitez de comparer vos jumeaux/triplés (oui, c’est peut-être plus facile à dire qu’à faire). Bien qu’ils évoluent dans le même environnement, ils ont leur propre personnalité, leur propre perception et leur propre rythme. Il est totalement normal qu’ils n’évoluent pas de manière identique. Pour en apprendre davantage sur le développement physique et moteur chez les jumeaux, regardez notre capsule sur le sujet avec une physiothérapeute ! Regarder la capsule Saviez-vous que les multiples ont un développement cognitif distinct des singletons ? Voir la page LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER : ABCdaire stimulation du langage Source: CHU Ste-Justine Syndrome de la tête plate: la physiothérapie pour aider mon bébé Source: OOPQ Guide de référence sur le développement 0-5 ans Source: Naître et grandir Sources : Multiple Births Canada. (2020). Speech & Language Development for Multiples. Multiple Births Canada. https://f88422d3-b28a-4f5f-8534-3f8282f03e0f.filesusr.com/ugd/fadf76_4cecc724a70441c48e8a33d7509e6506.pdf Pınar, E., Ozturk, S., Ketrez, F. N., & Özçalışkan, Ş. (2021). Parental speech and gesture input to girls versus boys in singletons and twins. Journal of Nonverbal Behavior, 45(2), 297–318. https://doi.org/10.1007/s10919-020-00356-w Séguin, G. (2019). Jumeaux : mission possible (2e éd.). Édition Chu Sainte-Justine. Séguin, G. (2011). Questions de jumeaux: multiples réponses. Questions réponses pour les parents. Éditions du CHU Sainte-Justine. PARENTALITÉ AVEC DES JUMEAUX OU DES TRIPLÉS Je veux m'y préparer !

  • Séparation et scolarité des jumeaux à l'école | Mamans Pieuvres

    La séparation des jumeaux et les difficultés d'apprentissage en milieu scolaire. Jumeaux dans la même classe ou séparé? La séparation des jumeaux et triplés en milieu scolaire. En collaboration avec Élise Laboissonnière, orthop. L’entrée à l’école pour des jumeaux ou des triplés vient souvent avec cette question fort pertinente : Doit-on séparer ou non les enfants de classe? Chaque couple ou trio étant unique, il est impossible d’avoir une réponse universelle à cette question. C’est une décision qui ne doit pas être prise à la légère. Afin d’orienter votre réflexion, nous vous présentons la situation actuelle dans les écoles québécoises, les recommandations de quelques organisations internationales, des données intéressantes sur le développement du lien gémellaire, des résultats de recherches sur le sujet, ainsi que des pours et contres en rafales. Il n'y a pas que la séparation des jumeaux et triplés qui préoccupent les parents de multiples. Au Canada, on estime que 3,2% des enfants d’âge scolaire seraient atteints d’un trouble d’apprentissage (Association canadienne des troubles d'apprentissage, 2022 ). En tant que parent, recevoir un tel diagnostic pour son enfant amène tout un lot de questionnements et d’inquiétudes. Il existe de belles ressources pour vous aider à mieux comprendre le diagnostic de votre enfant et à mieux l’accompagner. Toutefois, si l’enfant est issu d’une naissance multiple, des questionnements additionnels peuvent survenir. PLACEMENT DES JUMEAUX: LA SITUATION ACTUELLE DANS NOS ÉCOLES Dans un premier temps, il est important de comprendre comment fonctionne la formation des groupes-classes. Au Québec, la formation des groupes pour l’année suivante se fait la plupart du temps en fin d’année scolaire. Un comité formé de plusieurs acteurs du milieu scolaire se rencontre pour former les groupes de l’année suivante. Ce comité est constitué de différentes personnes parmi les titulaires actuels, les enseignants spécialistes (musique, anglais, éducation physique, arts dramatiques, etc.) et les professionnels tels que l’orthopédagogue, les éducateurs spécialisés, la direction, etc. Les personnes présentes à la rencontre ainsi que les critères de formation des groupes peuvent varier d’une école à l’autre. En général, on tente de former des groupes équilibrés, donc de ne pas mettre tous les élèves forts ensemble et tous les élèves faibles ensemble. Les comportements des élèves sont aussi pris en compte dans la formation des groupes pour l’année suivante. Dans les cas des jumeaux ou des triplés, les écoles ont aussi différentes manières de faire d’un milieu à l’autre. En effet, après quelques recherches auprès du personnel enseignant travaillant dans différentes écoles à travers la province du Québec, certaines écoles les séparent d'emblée. D’autres écoles les mettent ensemble au préscolaire et réévaluent la situation à chaque année. D’autres milieux préfèrent les mettre ensemble en tout temps. Certaines écoles sont plus ouvertes que d’autres aux demandes des parents de séparer ou non leurs enfants. Certaines écoles préfèrent refuser toute demande en ce sens. Alors, qu’en est-il de la loi? D’abord, la loi sur l’instruction publique ne prévoit rien en lien avec les enfants issus de naissance multiple. Néanmoins, le centre de services scolaires de Montréal (CSSDM) a pour sa part adopté une résolution en ce qui concerne le placement des jumeaux en classe depuis 2003. Selon cette dernière, ce sont les parents qui sont les mieux placés pour prendre cette décision en fonction des besoins de leurs enfants. Cependant, tel que mentionné dans la proposition: «si la direction d’école s’oppose à la volonté des parents, ils ont l’obligation d’apporter des preuves d’ordre pédagogiques des méfaits potentiels du choix des parents, pour faire renverser la décision des parents . » (Lalonde N. et Moisan D, 2003). De l'autre côté de l'océan, le Défenseur des droits en France a rendu une décision importante quant à la séparation des classes en 2021. Cette institution indépendante créée en 2011 a pour mission de défendre les droits de ses citoyens et d'en permettre l'égalité à tous et chacun. Ce litige impliquait la position d'une directrice d'école maternelle sur la séparation d'un couple de jumelles sans évaluation globale de la situation et le choix des parents de garder les enfants ensemble. Voici un extrait de la décision 2021-008 du 29 janvier 2021: « la séparation systématique des jumeaux n’apparaît pas comme une position cohérente (...) l’accueil de jumeaux implique une concertation avec les parents et les enfants, ainsi qu’une évaluation préalable et une analyse des besoins individuels de chaque enfant. » ( D écision 2021-008, Défenseur des droits). Crédit photos: Mamans Pieuvres LE LIEN GÉMELLAIRE Des études recensées par la Fédération Jumeaux et Plus ont démontré que les jumeaux et les triplés ont un développement cognitif distinct de celui des singletons. En effet, le fait qu’ils soient issus d’une naissance multiple amène des défis supplémentaires dans leur recherche identitaire. Certaines croyances populaires nous laissent croire qu’il est important de séparer les jumeaux à la garderie et à l’école afin qu’ils développent chacun une personnalité distincte. Toutefois, cette séparation précoce et non désirée pourrait être néfaste pour le développement des enfants. Toujours selon la Fédération Jumeaux et Plus, «imposer une séparation n’est jamais la solution à une relation jugée trop fusionnelle par l’entourage .» Sur le plan de l’attachement, les jumeaux et les triplés se distinguent aussi des singletons . En fait, tout dépend de leur relation. Sur le plan émotionnel, ils développent un lien d’attachement particulier envers leur(s) cojumeau(x) et ce depuis in utero , en plus de la figure d’attachement principale qui est souvent la mère. Qu’il soit fusionnel ou plus conflictuel, leur lien se développe et se complexifie au cours des années. Le fait d’être ensemble pourrait rendre la transition vers l’école plus douce pour les jumeaux et les triplés (Mayor, 2011). Pour apprendre plus sur le lien gémellaire, visitez la page DÉVELOPPEMENT de la section sur la petite enfance. LES ÉTUDES SCIENTIFIQUES ET LA POSITION DES ORGANISMES Les différentes recherches consultées arrivent toutes au même résultat : le libre-choix des parents est la meilleure approche face à la séparation ou non des jumeaux à l’école. Le fait que les jumeaux/triplés soient ensemble ou séparés n’aurait même aucun effet néfaste sur leur réussite scolaire ( Garon-Carrier, G. et al , 2021 ). Selon une étude menée en 2018, les comportements sociaux négatifs tels que le retrait social, l’agressivité physique ainsi que l’inattention étaient moins présents chez les jumeaux n’ayant pas été séparés de classe. D’ailleurs, selon Madame Gabrielle Garon-Carrier, professeure adjointe à l’université de Sherbrooke, «il est préférable que les directions scolaires adoptent une politique flexible qui respecte la décision et les besoins individuels des parents et des jumeaux .» (White EK. et al, 2018) Le conseil international des organisations de naissances multiples (ICOMBO) préconise également le libre choix des parents et chacun de ses organismes affiliés ont effectué de nombreuses recherches sur le sujet ( Preedy P., Mascazine, J. & Launslage D., 2020). Nous estimons que les décisions concernant le placement en classe des multiples devraient être réévaluées chaque année, en consultation avec les parents des enfants concernés ainsi que les enfants eux-mêmes. De la même façon que chaque enfant est unique, chaque jumeau (triplé et plus) est unique et ses besoins doivent être considérés. Par conséquent, nous croyons que les politiques internes préétablies dans les écoles - que ce soit pour les séparer ou les garder dans la même classe - sont inappropriées. - Conseil international des organisations de naissances multiples (ICOMBO) Au Canada, l'organisme Naissances Multiples Canada (Multiple Birth Canada ) abonde dans le même sens et recommande que le placement des enfants issus d'une naissance multiple soit évalué chaque année scolaire afin de déterminer quelle est la meilleure situation pour eux, c'est-à-dire d'être ensemble ou séparés. La décision finale devrait être prise conjointement par les parents, le(s) enseignant(s), le directeur et, à l’âge approprié, les enfants eux-mêmes. (Griffith, S., 2020). LES POURS ET LES CONTRES Tel que mentionné précédemment, il n’y a pas de solution miracle qui fonctionne pour tous les duos ou trios. Il est donc important de prendre votre décision en fonction de la personnalité de vos enfants. Il se peut également que vous préfériez séparer vos jumeaux une année et ne pas les séparer une autre année. Tout dépend du contexte. Voici une liste de facteurs à considérer pour prendre une décision éclairée: Arguments pour garder les enfants dans le même groupe Crédit photos: Mamans Pieuvres Simplicité au niveau de l’organisation familiale (heure des devoirs et leçons, une seule rencontre de parents, un seul canal de communication avec l’école, etc.) Relation saine entre les jumeaux ou triplés (entraide, confiance, encouragements, etc.) Adaptation plus facile lors de la transition garderie/école ou maison/école Moins de chance de développer des comportements sociaux négatifs Effets néfastes possibles sur le développement de l’enfant si la séparation est précoce et non désirée Aucun impact sur la réussite scolaire Désir des enfants plus vieux d’être dans la même classe Arguments pour séparer les enfants de groupe Crédit photos: Mamans Pieuvres Relations conflictuelles entre les jumeaux ou les triplés à l’école qui peuvent avoir des répercussions sur la vie familiale Compétition malsaine entre les jumeaux ou triplés Tendance d’un des jumeaux ou triplés à dominer le(s) autre(s) Besoin d’un des enfants de fréquenter une classe à effectifs réduits ou de redoubler une année Complicité des jumeaux ou triplés pour tricher ou perturber la classe Aucun impact sur la réussite scolaire Choix de cours ou de programmes différents à l’école secondaire Désir des enfants plus vieux d’être séparés En bref, la recherche préconise le libre-choix aux parents de jumeaux. Peu importe votre décision sur le placement de vos multiples à l'école, il est recommandé d’en discuter avec le personnel scolaire au printemps en vue de la rentrée. Votre avis devrait être prit en compte au moment de la formation des groupes pour l’année suivante, qui a généralement lieu au mois de mai ou juin. RECHERCHE SUR LA SÉPARATION DES JUMEAUX EN CLASSE En 2021, une équipe de chercheurs québécois a publié une étude dans la revue Educational Policy sur la séparation des jumeaux en classe et les effets sur leur cheminement scolaire. L'équipe de Mamans Pieuvres a interviewé Madame Gabrielle Garon-Carrier, professeure adjointe au département de psychoéducation, de l'Université de Sherbrooke sur le sujet. Elle détient un doctorat en psychologie ainsi qu'un postdoctorat en psychologie du développement et s'intéresse au lien gémellaire depuis quelques années déjà. Pour écouter l'entrevue, cliquez ici . Pour consulter l'article paru sur le site du GRISE, cliquez ici LES ÉTAPES POUR VOUS AIDER À FAIRE RESPECTER VOTRE CHOIX L’équipe de Mamans Pieuvres joint officiellement sa voix à celle des organisations internationales et nationales et soutient le libre-choix des parents en ce qui concerne le placement des jumeaux en classe. Si vous habitez en France, nous vous conseillons de contacter la Fédération Jumeaux et Plus pour vous épauler dans votre démarche puisque les instances ci-dessous sont disponible au Canada uniquement. Vous connaissez déjà le lien gémellaire qui unit votre duo ou votre trio. Si vous hésitez encore à les séparer ou à les garder ensemble, n'oubliez pas de demander l'opinion des principaux intéressés. Vous pourriez être surpris! Rien ne vous empêche de les garder ensemble pour la maternelle, et de les séparer une ou deux années plus tard. Avant l'inscription au préscolaire, contactez l'école afin de prendre connaissance de leur politique interne. Si vous connaissez un parent de multiple ou un membre du personnel enseignant, posez lui des questions. Attention! À l'intérieur d'un même centre de service, les écoles ont des approches différentes sur la séparation des jumeaux. Ce sont souvent les professeurs et la direction de l'école qui décident, en donnant différentes raisons parfois non-fondées. Si vous avez eu la confirmation que l'école préconise le libre-choix, vous n'avez pas d'autres démarches à faire. Cependant, nous vous encourageons à suivre de près le dossier de vos enfants en demandant une confirmation écrite car il est parfois possible que votre choix ne soit pas été respecté. Si dans le cas où l'école refuse votre demande, il est important de commencer à noter les réponses (verbales ou écrites) du personnel, particulièrement les commentaires négatifs. Sachez que par vos démarches, vous nous aider à sensibiliser les institutions à la réalité des naissances multiples et à défaire certains mythes qui y sont associés. Demeurez ferme mais courtois en tout temps dans vos échanges par respect pour le personnel mais aussi pour le bien-être de vos enfants puisque c'est eux qui les côtoieront au quotidien! Voici les étapes à entreprendre lorsqu'on ne respecte pas votre choix quant à la formation des groupes de vos jumeaux. Préparation des arguments 01 Fixer un rendez-vous avec la direction ou l'enseignant concerné. Si ce n'est pas déjà fait, lire en entier la première partie de cette page qui porte sur la séparation des jumeaux à l'école (incluant l'entrevue audio). Imprimer notre lettre de sensibilisation disponible dans notre section OUTILS GRATUITS. Au besoin, annexer quelques études ou des articles de journaux les plus pertinents que vous retrouvez sur le web ou encore au bas de cette page. Rencontre officielle avec la direction ou le membre du personnel 02 Exposez vos arguments. Remettez la lettre (et autres documents à l'appui si désiré). Prenez le temps de noter les réponses des personnes concernées (incluant la date et l'heure). Confirmez par écrit le dénouement de la rencontre, dépendamment de la décision: Exemple: Tel que discuté lors de notre rencontre du 01-01-2000, je vous remercie de votre ouverture et de nous avoir accordé le libre-choix quant au placement de nos jumeaux/triplés pour la formation des groupes. Je vous confirme donc par écrit que nos jumeaux seront (ou ne seront pas) dans la même classe pour l'année scolaire 2000. ou Exemple: Tel que discuté lors de notre rencontre du 01-01-2000, je vous confirme que nous désirons toujours que vous nous accordiez le libre choix face au placement de nos jumeaux/triplés pour la formation des groupes. Nous désirons que nos jumeaux/triplés soient dans le même groupe (ou séparés). Suite à votre refus, je vous confirme que nous irons subséquemment de l'avant avec la prochaine étape. Communication avec le comité de parents et la FCPQ 03 Communiquez avec le comité de parent de votre centre scolaire. Ce comité est voué à la défense des intérêts des parents et est a ffilié à la Fédération des comités de parents du Québec. Vous pouvez également communiquer en tout temps avec la Fédération des comités de parents du Québec qui accompagne, soutient et représente les parents d’élèves pour les aider à prendre leur place dans le milieu scolaire et à répondre aux besoins réels de leurs enfants. Si vous avez besoin de support, n'hésitez pas à leur écrire à l'adresse suivante: services-conseils@fcpq.qc.ca Plainte au centre de services scolaire 04 Après avoir constaté l’impasse avec la direction ou le membre du personnel concerné , enclenchez le processus de traitement des plaintes et de résolution de votre centre de services scolaire. Commencer par trouver votre centre de services scolaire: cliquez ici pour accéder au répertoire. Suivez le processus de plaintes existant pour votre centre. Déposer la plainte afin d'expliquer votre insatisfaction. Habituellement, c'est le secrétaire général qui traitera la plainte. Celui-ci tentera de trouver une solution satisfaisante pour le parent et la direction de l’école. Si vous n’êtes pas satisfait du résultat obtenu à la suite du traitement de votre plainte, vous pouvez vous adresser au protecteur de l’élève (étape suivante). Prenez note que tout au long du processus, le plaignant a le droit d’être accompagné de la personne de son choix. Enquête par le Protecteur de l'élève 05 Si vous n'avez pas réussi à faire entendre votre point et que le problème n’a pas pu être réglé lors des étapes précédentes, vous pouvez dès lors vous adresser au Protecteur de l'élève. Celui-ci n'est pas un employé du centre de service mais plutôt une personne désignée par le comité de parents. Il disposera de 30 jours suivant le dépôt de la plainte, pour faire son enquête en rencontrant les personnes concernées. Il présentera ensuite une recommandation au Conseil d’administration. Voici quelques conseils provenant directement du site de la FCPQ , concernant la rédaction de votre plainte auprès du Protecteur de l'élève : Votre plainte doit toutefois être rédigée avec soin. Le texte doit être clair et les termes bien choisis, de manière à ne pas laisser place à l’ambiguïté. En ce sens, prenez bien soin de rédiger la plainte de la manière la plus factuelle possible, en évitant d’émettre des opinions. L’objet de la plainte : vous devez d’abord définir l’objet de votre plainte de la manière la plus précise possible. Des preuves solides : vous devez décrire brièvement le problème, en accompagnant celui-ci de faits précis, de preuves claires ou de témoignages solides, en précisant la circonstance dans laquelle se sont déroulés les faits, la date et le lieu ainsi que les personnes concernées et leurs coordonnées. Vous devez également expliquer pourquoi vous croyez que vos droits ou ceux de votre enfant ont été brimés en décrivant notamment les préjudices subis. Les démarches entreprises : s’il y a lieu, vous devez décrire les démarches que vous avez déjà entreprises, en précisant la date, les personnes contactées ainsi que les résultats obtenus. Une suggestion de solution : suggérez à votre destinataire quelle serait, selon vous, la meilleure solution pour régler le litige D'après nos recherches, il est rare qu'un parent se rendre à cette étape en ce qui concerne un litige sur le placement des jumeaux puisque la situation se règle souvent avec le comité de parents. Q&R SUR LES RÉSULTATS SCOLAIRES AVEC UN ORTHOPÉDAGOGUE 1-Que faire si une compétition s’installe entre mes jumeaux lors de la période des devoirs et leçons? Il est important que la période de devoirs et leçons ne se déroule pas dans un climat de compétition entre vos jumeaux ou vos triplés. Pour ce faire, je vous invite à normaliser l’erreur et les difficultés en utilisant notamment les phrases suivantes : C’est en se trompant qu’on apprend; C’est normal de ne pas tout savoir. C’est vrai que X est meilleur en orthographe. Mais toi, Y, tu es meilleur en mathématiques. Chacun ses forces. Prends ton temps. C’est difficile, mais j’ai confiance que tu vas y arriver. L’erreur est humaine; Il est également possible de leur faire faire leurs devoirs et leçons dans des pièces séparées si le climat de compétition est persistant. 2-Comment éviter qu’une compétition s’installe au niveau des notes? Tout d’abord, je suis d’avis qu’une note est quelque chose de très personnel. Pour certains, un 70% équivaut à beaucoup plus de fierté, d’efforts et de travail acharné qu’un 90% pour d’autres. Il faut aussi être conscient que chacun a des forces spécifiques. Pour certains enfants, le français et les mathématiques sont très ardus, mais le travail manuel est un talent. Pour d’autres, c’est la musique, les arts, la communication, les relations sociales, le ménage ou l’orientation spatiale qui représente leur plus grande force. On ne peut pas être bon dans tout, mais l’important est de faire des efforts et de donner le meilleur de soi-même. À mon avis, il faut conscientiser les enfants à tout cela. C’est important de leur faire nommer leurs talents, leurs forces, leurs intérêts. Cela leur permet non seulement de se connaître davantage en tant qu’individu, mais aussi de développer une saine estime de soi. Plus spécifiquement aux jumeaux ou triplés, je conseille d’encourager un climat d’entraide et de collaboration entre eux à la maison, autant durant la période de devoirs et leçons que lors des tâches de la vie quotidienne. Par exemple, faire une course de celui qui finit de ranger ses blocs en premier peut sembler motivateur, mais c’est une technique qui encourage un climat de compétition entre eux. Si on leur demande plutôt de ranger les blocs ensemble, on encourage un climat de collaboration. Leur attribuer des tâches selon leurs forces respectives peut aussi encourager ce climat de collaboration, tout en mettant de l’avant les talents de chacun. 3-En cas de redoublement d’un seul des jumeaux, comment aborder le sujet avec mes enfants? C’est une question intéressante, car le redoublement est souvent associé à l’échec. Cela peut faire vivre une tempête d’émotions à l’enfant redoubleur. Certains sont soulagés de ne pas passer au niveau supérieur, car ils ne se sentaient pas prêts. D’autres sont inquiets, fâchés ou tristes face à leur échec, mais aussi face au fait de ne plus être avec leurs amis ou avec leur jumeau en classe. Dans un premier temps, c’est important d’adopter une attitude d’écoute et d’ouverture face à l’enfant qui redouble. Il a besoin de se sentir compris. D’autre part, il est important de demeurer optimiste et de lui faire sentir que c’est la bonne décision et que cela lui donnera un coup de pouce pour la suite. Avec la fratrie, j’aborderais le redoublement d’une manière positive également. Tel que mentionné plus haut, chacun a ses forces et ses difficultés. Je parlerais avec eux des belles forces de leur frère/soeur. Puis, je leur expliquerais qu’il/elle a besoin d’un petit coup de pouce à l’école et que la décision de le faire redoubler a été prise pour lui permettre d’apprendre à son rythme. 4-Est-ce que mes jumeaux ou triplés prématurés ont plus de chances de recevoir un diagnostic de trouble d’apprentissage? À ce jour, les causes des troubles spécifiques de l’apprentissage sont encore inconnues. Des recherches se sont penchées à ce sujet et il semblerait que les causes soient génétiques et neurologiques (CENTAM,2022). Ainsi, il demeure difficile de faire un lien entre prématurité et trouble spécifique d’apprentissage. Toutefois, certaines études ( Alterman et al , 2022 ; M cBryde et al, 2020 ) ont démontré qu’un plus grand pourcentage d’enfants grands prématurés présenterait des difficultés scolaires. Ces difficultés, dues à une certaine immaturité cérébrale, causeraient un retard dans les apprentissages qui serait la plupart du temps rattrapé au cours du parcours scolaire de l’enfant, vers le début du secondaire. Nous aurions donc affaires à des difficultés temporaires plutôt que des troubles persistants. 5-Est-ce que mes jumeaux ou triplés recevront tous le même diagnostic? Tel que mentionné plus haut, les causes des troubles d’apprentissage sont encore inconnues. Toutefois, une prédisposition génétique a été établie. Ainsi, si un de vos jumeaux ou triplés reçoit un diagnostic de trouble d’apprentissage, l’autre (les autres) enfant(s) issu(s) de la même grossesse ont plus de chance d’avoir le même diagnostic. Toutefois, il est aussi possible qu’un seul cojumeau présente ce trouble. Les probabilités varient selon le type de jumeaux : c'est environ 70% chez les monozygotes et 45% chez les dizygotes, soit la même probabilité que pour des frères et sœurs issus de grossesses différentes. Pour conclure, la scolarité des jumeaux et triplés est une longue aventure qui vous amènera certainement plusieurs questionnements au fil des années. N’hésitez pas à collaborer avec l’école pour accompagner vos multiples au meilleur de vos capacités. Si quelque chose vous préoccupe en lien avec le bien-être scolaire de vos enfants, faites-en part à leur(s) enseignant(s). Après tout, vous êtes les experts de vos petits ! Avez-vous demandé à vos jumeaux ce qu'ils pensaient sur le fait d’être ensemble ou séparés à l'école ? Nous avons effectué un mini vox pop! Regarder le vox pop! Vous recherchez du soutien et des conseils concernant la séparation des classes au Québec ? Voici un groupe Facebook de parents prônant le libre choix. Adhérer au groupe LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER: Section pour les parents Source: Allo prof Ressources et section pour les parents Source: Fédération des comités de parents du Québec Ressource et outils Source: Institut TA Sources : Alterman, N., Johnson, S., Carson, C., Petrou, S., Kurinzcuk, J. J., Macfarlane, A., Boyle, E., & Quigley, M. A. (2022). Gestational age at birth and academic attainment in primary and secondary school in England: Evidence from a national cohort study. PloS one, 17(8), e0271952. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0271952 Fédération des comités de parents du Québec. (2023). Un nouveau mécanisme de traitement des plaintes — FCPQ. https://www.fcpq.qc.ca/action-parents/un-nouveau-mecanisme-de-traitement-des-plaintes/ fcpq.qc.ca Garon-Carrier, G., Bégin, V., Brendgen, M., Vitaro, F., Ouellet-Morin, I., Dionne, G., & Boivin, M. (2022). Classroom Placement and Twins' Social Behaviors in Elementary School: Providing Empirical Evidence to Inform Educational Policy. Educational policy (Los Altos, Calif.), 36(7), 1850–1875. https://doi.org/10.1177/08959048211015626 Griffith, J.S. (2020). ICOMBO’S School Placement of Multiples Study. ICOMBO. https://icombo.org/wp-content/uploads/2010/12/PPMD-Study-for-website.pdf icombo.org Hamann, J. (2021). Séparer ou non les jumeaux à l’école: aux parents de choisir. Université Laval. https://nouvelles.ulaval.ca/2021/06/30/separer-ou-non-les-jumeaux-a-l'ecole:-aux-parents-de-choisir-bd05868f-84b6-4eb6-a61e-086618dafcef Jumeaux et Plus. (s.d.). La scolarité des multiples. Jumeaux et Plus. https://www.jumeaux-et-plus.fr/carnet-pratique/la-scolarite-des-multiples/ jumeaux-et-plus.fr Lalonde N. et Moisan D, 2003. Le placement des jumeaux en classe. Résolution des commissaires de la CSDM. Avril 2003 Magazine Vies de famille. (2025). Jumeaux : ensemble ou séparés en classe. Caisse d’Allocations Familiales. https://www.caf.fr/allocataires/vies-de-famille/articles/jumeaux-ensemble-ou-separes-en-classe Mayor, M. (2011). La séparation et le maintien des jumeaux à l’école. [PDF]. Haute école pédagogique. https://patrinum.ch/record/17353/files/mp_bp_p18433_2011.pdf McBryde, M., Fitzallen, G. C., Liley, H. G., Taylor, H. G., & Bora, S. (2020). Academic Outcomes of School-Aged Children Born Preterm: A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA network open, 3(4), e202027. https://doi.org/10.1001/jamanetworkopen.2020.2027 Séguin, G. (2019). Jumeaux : mission possible (2e éd.). Édition Chu Sainte-Justine. White, E. K., Garon-Carrier, G., Tosto, M. G., Malykh, S. B., Li, X., Kiddle, B., Riglin, L., Byrne, B., Dionne, G., Brendgen, M., Vitaro, F., Tremblay, R. E., Boivin, M., & Kovas, Y. (2018). Twin classroom dilemma: To study together or separately?. Developmental psychology, 54(7), 1244–1254. https://doi.org/10.1037/dev0000519

  • Podcast Entre Mamans Pieuvres | Mamans Pieuvres

    Balado sur le quotidien des parents de jumeaux et triplés. Podcast Entre Mamans Pieuvres.

  • Rabais jumeaux/triplés | Mamans Pieuvres

    Pour ceux et celles qui manquent de temps ou encore d'inspiration, vous apprécierez nos listes et doucuments téléchargeables version Mamans Pieuvres. Voici une liste de rabais pour les parents de jumeaux, triplés et plus chez des détaillants et entreprises canadiennes uniquement. N'hésitez pas à nous contacter afin d'y apporter des modifications ou des ajouts!

  • Outils gratuits | Mamans Pieuvres

    Pour ceux et celles qui manquent de temps ou encore d'inspiration, vous apprécierez nos listes et doucuments téléchargeables version Mamans Pieuvres. Pour ceux et celles qui manquent de temps ou d'inspiration, téléchargez nos listes et aide-mémoires ci-dessous. Étapes préparation jumeaux et triplés Télécharger Liste pour la valise d'hôpital Télécharger Fiches informatives de symptômes Télécharger Modèle de plan de naissance Télécharger Besoins nutritionnels grossesse jumeaux Télécharger Mon plan postnatal Télécharger Suggestions des essentiels pour bébés Télécharger Contraception postpartum Télécharger Carnet de suivi en néonat Télécharger Ebook témoignages Nourrir ses bébés Télécharger Routine quotidienne triplés Télécharger Document gardien version triplés Télécharger Livret histoires prématurité Télécharger Les positions d'allaitement et de biberons Télécharger Heures de sommeil bébés et enfants Télécharger SOS J'ai besoin d'aide! Télécharger Tableau de conservation de lait Télécharger Quoi mettre dans le sac à couches Télécharger Aide-mémoire documentation Télécharger Routine quotidienne jumeaux Télécharger Document gardien version jumeaux Télécharger Calendrier des repas hebdomadaire Télécharger Prévention de l'étouffement Télécharger Recettes coups de coeur de l'équipe Télécharger Détermination de la zygosité Télécharger Fiche informative troubles apprentissage Télécharger 10 règles d'or des nouveaux parents Télécharger Exercice Ma place au sein de ma famille Télécharger Réactions des enfants et séparation Télécharger Affiches pour la baignade Télécharger Lettre de sensibilisation école Télécharger

  • Chaîne vidéos | Mamans Pieuvres

    Entrevues avec des professionnels sur la gémellité et témoignages de parents de jumeaux et triplés. Découvrez différentes ressources pour vous aider dans votre quotidien de parents. Bienvenue sur notre chaîne! Nous vous proposons des capsules vidéo avec des invités dont des professionnels qui traitent sur des sujets reliés aux jumeaux et triplés, ainsi qu'à la grossesse gémellaire et multiple. Vous y retrouverez également notre série de café témoignage où des parents vous partagent leur admirable parcours et leur histoire touchante. Bon visionnement! Café témoignage Café témoignage Play Video Share Whole Channel This Video Facebook Twitter Pinterest Tumblr Copy Link Link Copied Search videos Search video... Now Playing Café Témoignage (avec Jessika Brazeau de Ça Va Maman) 30:38 Play Video Now Playing Café Témoignage: des jumeaux mono-di (identiques) GARS-FILLE 22:38 Play Video Now Playing Café Témoignage: Des triplées identiques mono-di (partie 2) 21:29 Play Video Now Playing Café Témoignage: Des triplées identiques mono-di (partie 2) 17:26 Play Video Grossesse et accouchement Grossesse et accouchement Play Video Share Whole Channel This Video Facebook Twitter Pinterest Tumblr Copy Link Link Copied Search videos Search video... Now Playing Yoga prénatal MP 27:44 Play Video Now Playing Le suivi de grossesse 13:09 Play Video Now Playing Sexualité et grossesse multiple 27:29 Play Video Now Playing La rééducation périnéale et pelvienne 33:56 Play Video Santé maternelle Santé maternelle Play Video Share Whole Channel This Video Facebook Twitter Pinterest Tumblr Copy Link Link Copied Search videos Search video... Now Playing L'attachement en contexte de naissance multiple - Dre Celine Lamy 16:46 Play Video Now Playing Bien vivre avec les changements corporels (avec F. Marchessault et M. Larivière) 01:07:24 Play Video Now Playing Le momshaming (avec Marie Eve Gaudreau) 54:33 Play Video Allaitement et biberons Allaitement et biberons Play Video Share Whole Channel This Video Facebook Twitter Pinterest Tumblr Copy Link Link Copied Search videos Search video... Now Playing L’impact de la plagiocéphalie et du torticolis sur l’allaitement, par Cigonia 06:55 Play Video Now Playing LIVE Allaitement et obstacles en lien avec la géméllité 01:01:57 Play Video Now Playing Les biberons et la proximité 08:44 Play Video Sommeil Sommeil Play Video Share Whole Channel This Video Facebook Twitter Pinterest Tumblr Copy Link Link Copied Search videos Search video... Now Playing Les mythes du sommeil chez les jumeaux (partie 2) 10:10 Play Video Now Playing Les mythes du sommeil chez les jumeaux (partie 1) 11:30 Play Video Now Playing Rediffusion - Le sommeil avec Ann Renaud 01:02:20 Play Video Now Playing Rediffusion - Le sommeil et les vacances (avec Ann Renaud) 01:06:59 Play Video Vie familiale Vie familiale Play Video Share Whole Channel This Video Facebook Twitter Pinterest Tumblr Copy Link Link Copied Search videos Search video... Now Playing La stratégie des roches 05:18 Play Video Now Playing Rediffusion avec Lydia Cyr, Pharmacienne 33:50 Play Video Now Playing Agrandir la famille après des jumeaux triplés 49:32 Play Video Now Playing Développement physique et moteur chez les jumeaux et triplés (partie 1) 19:23 Play Video Prévention & sécurité Prévention & sécurité Play Video Share Whole Channel This Video Facebook Twitter Pinterest Tumblr Copy Link Link Copied Search videos Search video... Now Playing Les dangers et accidents fréquents à la maison 15:26 Play Video Now Playing Sécurité en voiture avec une technicienne certifiée 11:59 Play Video Now Playing Baignade sécuritaire avec des enfants du même âge 26:55 Play Video Alimentation Alimentation Play Video Share Whole Channel This Video Facebook Twitter Pinterest Tumblr Copy Link Link Copied Search videos Search video... Now Playing L'alimentation des tout-petits (une nutritionniste répond à vos questions!) 57:24 Play Video Now Playing Comportements à table: “Ark, j’aime pas ça!” 08:36 Play Video Now Playing Comportements à table: "Lance pas ta nourriture par terre!" 08:26 Play Video Now Playing Comportements à table: "assis-toi!" 08:44 Play Video Deuil périnatal Deuil périnatal Play Video Share Whole Channel This Video Facebook Twitter Pinterest Tumblr Copy Link Link Copied Search videos Search video... Now Playing Deuil périnatal: ce qu'on ne devrait pas dire 04:32 Play Video Now Playing Café Témoignage: Perdre une jumelle - Le deuil périnatal lors d’une grossesse multiple 39:20 Play Video Now Playing Rediffusion - Le deuil périnatal, avec Essia Morellon de l'Association Maëlys 01:05:33 Play Video

  • Poussettes doubles pour jumeaux

    Guide de la poussette pour jumeaux. Guide la pousette pour triplés. Guide de la pousette double et triple. Découvrez différentes ressources pour vous aider dans votre quotidien de parents. Ce guide de la poussette double est un projet collectif constamment en évolution grâce à notre communauté. Si vous désirez ajouter un modèle et participer à ce guide, écrivez-nous juste ici. L'achat de la poussette est sans doute ce qui suscite le plus de réflexions auprès des parents de multiples après le changement de la voiture familiale. A cheter une poussette est une dépense considérable. Pas seulement financièrement, mais aussi parce que c’est un équipement que vous allez utiliser pendant plusieurs mois. Il y a tellement de choix sur le marché. Par où commencer ? Tout d'abbord, v oici les principaux types de poussettes disponible sur le marché qui convient a plus d'un bébé/enfant: Face à face Elle pas se généralement mieux dans les cadres de porte et corridors. La conduite est plus facile. Elle permet une séparation entre les petits et certains auront une vue obstruée vers l'avant. Côte à côte Elle permet aux petits d'être prêts l'un de l'autre et l'inclinaison est habituellement plus prolongée. Elle est plus compacte une fois pliée. La navigation peut être plus difficile à cause de sa largeur. Ce type de poussette étant plus large, vous pourriez avoir des difficultés à les faire entrer et sortir de certains endroits. Si vous vivez dans un immeuble ou dans des endroits fréquents avec de petites portes, cela peut devenir un problème. Les poussettes côte à côte peuvent également attirer beaucoup l’attention en public en raison de l’espace qu’elles occupent. Triple et quadruple Elle est pratique pour les parents de triplé(e)s mais aussi pour les familles avec un singleton en âge rapproché des jumeaux. Elle peut faciliter la vie des parents qui voudraient sortir en solo avec les minis. Chariot de style wagon Ce type de chariot gagne en popularité auprès des familles puisqu'il est idéal pour les activités extérieures comme la plage, le parc et le plein air. Certains modèles sont pliables tandis que d’autres offrent 4 places. DÉTERMINER VOS BESOINS Afin de faire un choix éclairé, nous vous encourageons à rédiger une liste qui ciblera vos besoins et votre budget. Mais attention ! La plus dispendieuse ne signifie pas nécessairement la meilleure option. N'oubliez pas que certaines boutiques ou magasins pour enfants offrent un rabais jumeaux qui peut être appliquer sur l'équipement de bébés. Avant de commencer à magasiner, voici quelques questions pertinentes à se poser: -Sur quel(s) type(s) de surface allez-vous utiliser votre poussette et dans quel environnement? Les roues seront-elles capables de résister aux endroits que vous visiterez ? -Avez-vous d'autres enfants qui pourraient avoir besoin d'un accessoire de type scooter installé sur la poussette ? -Allez-vous acquérir une nouvelle voiture ou utiliserez-vous celle que vous possédez actuellement ? L'espace de coffre peut être un problème avec une poussette double ou triple. -Voulez-vous utiliser des coquilles pour la voiture ? Si vous envisagez d'utiliser une poussette qui accueillera des coquilles, assurez-vous de la compatibilité entre les deux équipements. Lorsque vous ciblerez deux ou trois modèles, demandez des recommandations aux parents sur différents groupes de naissances multiples. Bon magasinage ! *Les modèles présentés dans le guide ci-dessous sont disponibles au Canada.

  • Soutien postnatal | Mamans Pieuvres

    Soutien postnatal et support pour les parents de jumeaux et triplés. Récupération. Soins postnataux. Soins postpartum. Récupération et soins de la maman après la naissance des bébés. Félicitations ! Vos bébés sont enfin parmi vous! Revenir à la maison avec vos jumeaux, triplés ou plus est un moment à la fois extraordinaire et bouleversant pour tous les nouveaux parents. Il est tout à fait normal de ressentir un mélange d’excitation et d’inquiétude en quittant l’hôpital : c’est une grande étape, une transition vers votre nouvelle vie de famille. Il se peut que tous vos bébés ne rentrent pas à la maison en même temps, surtout s’ils ont passé du temps à l’unité des soins intensifs néonataux. Cela est fréquent dans les naissances multiples, en particulier lorsqu’elles surviennent prématurément. Si c’est votre situation, nous vous invitons à consulter notre page Prématurité pour des conseils adaptés. Peut-être auriez-vous souhaité qu’ils restent encore un peu au chaud, et c’est un sentiment parfaitement légitime. Souvenez-vous : vous n’aviez aucun contrôle sur leur date d’arrivée ni sur la façon dont la naissance s’est déroulée. Ne laissez pas la culpabilité s’installer : elle peut facilement ternir les premières semaines, déjà fragiles avec les bouleversements hormonaux et le manque de sommeil. Accordez-vous de la bienveillance : vous faites du mieux que vous pouvez, et c’est déjà énorme. S’adapter à la vie avec des jumeaux ou des multiples, avec le manque de sommeil et l’épuisement, a des effets significatifs sur le bien-être mental, augmentant les risques de dépression et d’anxiété, y compris la dépression post-partum. Cet enjeu est d'une importance cruciale puisqu'une récente enquête de Twins Trust a démontré que 84 % des familles furent confrontés à des défis d’ordre émotionnels ou psychologiques au cours de la première année de vie des bébés. Voici quelques défis logistiques que vous pourriez vivre pendant les premiers mois: La mobilité réduite de la maman à la suite de la césarienne ; L’organisation en cas d’hospitalisation à l’unité néonatale de soins intensifs ; Le manque de sommeil avec les boires plus nombreux et les cycles de sommeil irréguliers et différents pour chaque enfant ; Prendre soin des enfants à besoins particuliers (souvent présents lors de prématurité) ; Allaiter, nourrir et consoler plus d’un bébé à la fois ; Les sorties pour les multiples rendez-vous médicaux ou de suivis avec les professionnels. La période postnatale, souvent appelée le quatrième trimestre, est synonyme de changements intenses, d’adaptation et d’émotions fortes pour toute la famille : maman, papa, bébés, et fratrie comprise. Rappelez-vous : cette période est temporaire. Concentrez-vous sur l’essentiel : vous nourrir, nourrir vos bébés, vous reposer, et effectuer les petits soins de base. Tout le reste peut attendre ou être délégué. Il n’y a aucune honte à laisser tomber le superflu pour préserver votre équilibre. C’est une étape importante qui demande de la préparation, de la patience et surtout… de la confiance en vous. N’hésitez pas à poser toutes vos questions concernant : le sommeil, les boires, les médicaments ou les soins particuliers à vos bébés. Et rappelez-vous : personne ne connaît mieux vos enfants que vous. Toute l’équipe de Mamans Pieuvres vous souhaite un retour à la maison empreint de douceur, de fierté et de confiance. SOULAGEMENT DE LA DOULEUR La période post-partum débute avec la naissance de l’enfant et se terminerait de 8 à 12 semaines plus tard. Dans les heures/jours suivant l’accouchement (autant vaginal que via césarienne), jusqu’à 50% des femmes auront des douleurs qui nécessiteront l’usage d’un médicament. Acetaminophene (Tylenolᴿ) 500mg : 1 à 2 comprimés aux 4 à 6 heures si besoin (maximum de 8 comprimés/24h). Compatible avec l’allaitement. Ibuprofene (Advilᴿ/Motrinᴿ) 200mg : 1 à 2 comprimés aux 6 à 8 heures (en mangeant) si besoin. Compatible avec l’allaitement. Pour douleurs plus sévères dues à la césarienne : Narcotiques. Sur prescription. Cette catégorie de médicaments a le potentiel d’avoir un impact chez le nourrisson allaité (sédation), mais certains choix sont mieux documentés (morphine, hydromorphone). Peuvent causer de la constipation chez la mère, un laxatif est souvent nécessaire. Compresses froides appliquées sur la région périnéale pendant 10 à 20 minutes (glace concassée ou ice pack enveloppé dans serviette propre, serviette hygiénique non parfumée imbibée d’eau et placée au congélateur). Aucune étude supporte l’usage de compresses d’hamamélis mais puisqu’elles sont bien tolérées, elles pourraient être utilisées. Les multivitamines prénatales et/ou les suppléments de fer (anémie) devraient être poursuivis jusqu’à 8 semaines en post-partum (surtout chez la femme qui allaite). CONSEILS SPÉCIFIQUES SUITE À VOTRE CÉSARIENNE Une fois la plaie guérie (2 à 3 semaines), des massages de 5 à 10 minutes, 1 à 2 fois par jour peuvent être effectués pour assouplir la peau et diminuer les adhérences qui se seront formées. Des pansements en gel/silicone peuvent être appliqués sur la cicatrice pour en améliorer l’apparence. Il est déconseillé de soulever plus que le poids de vos bébés pendant un mois afin d'éviter des complications (ceci inclut de soulever les coquilles de vos bébés). Montez les marches le moins possible pour les premières semaines. Les saignements rosés peuvent durer jusqu'à deux mois après la césarienne. Reprenez vos activités tranquillement comme des marches à l’extérieur. Si vous êtes épuisée après un effort, cela signifie que vous en avez trop fait! Ralentissez la cadence ou la durée (incluant les activités de la vie quotidienne comme faire le ménage, le lavage, cuisiner, etc.) L’apparence de la cicatrice post césarienne dépend de plusieurs facteurs, dont certains sont non modifiables (génétique, âge, problèmes de santé préexistants). Vous n’aurez pas de suivi avec le chirurgien si tout se passe bien. Vous devez prendre un rendez-vous avec votre médecin 2 mois après la naissance de vos enfants. Ce rendez-vous est fait par prévention, quelques mois après la naissance. QU'EN EST-IL DE LA MASSOTHÉRAPIE POST-ACCOUCHEMENT? Pour profiter pleinement des bienfaits du massage post-accouchement, il est recommandé d’attendre entre 6 et 8 semaines après la naissance avant de prendre rendez-vous. Pour que ce moment soit réellement détente et recentrage, confiez vos bébés à une personne de confiance, ce temps pour vous est précieux. Sachez que plusieurs massothérapeutes se déplacent à domicile, ce qui peut grandement faciliter l’organisation avec des jumeaux ou triplés. Le massage postnatal est une belle façon de se réapproprier son corps après la grossesse. Il favorise la détente musculaire, la circulation, et aide aussi à reconnecter avec soi après une période de grands bouleversements physiques et émotionnels. Il ne faut pas se le cacher : le corps change après une grossesse gémellaire. La massothérapie peut devenir un moyen doux et bienveillant d’apprendre à accueillir ces transformations à travers le toucher et la présence à soi. L'ACUPUNCTURE POST-ACCOUCHEMENT L’acupuncture est un véritable coup de pouce pour le corps et le mental de la nouvelle maman de jumeaux, triplés ou plus. Après l’accouchement, elle peut aider à soulager les tranchées utérines, à réduire les œdèmes, à favoriser la récupération après une perte de sang importante, et à accélérer la cicatrisation suivant une césarienne ou une déchirure, tout en prévenant les adhérences. Le passage d’une grossesse multiple laisse parfois des traces plus marquées sur le corps. L’acupuncture devient alors un allié précieux en cas d’hémorroïdes, de prolapsus, ou d’incontinence urinaire, particulièrement lorsqu’elle est combinée à un suivi en physiothérapie périnéale. Elle soulage également les douleurs pelviennes, dorsales ou aux bras, souvent causées par le port fréquent de plusieurs bébés et le risque accru de tendinites. Les changements hormonaux du post-partum peuvent aussi être apaisés grâce à cette approche douce et naturelle, sans effet secondaire. L’acupuncture aide à : Réduire l’anxiété et l’agitation mentale; Diminuer les transpirations nocturnes et l’insomnie; Augmenter le niveau d’énergie et la vitalité; Soulager les symptômes du baby blues, de la dépression post-partum, ou de l’irritabilité si elle est amorcée précocement. Elle soutient aussi les mamans qui allaitent : Favorise la montée laiteuse, parfois retardée après un accouchement prématuré; Améliore la production de lait; Soulage les inconforts liés à la mastite ou à un abcès. Pour les mamans qui choisissent de ne pas allaiter, l’acupuncture aide au contraire à diminuer la production de lait et à prévenir les douleurs mammaires. Enfin, au-delà de ses bienfaits physiques, une séance d’acupuncture est avant tout un moment pour soi. Dans cette période où l’on donne tout à ses merveilleux bébés, s’offrir cet espace de calme et d’équilibre est une façon douce de reprendre contact avec son corps et de se recentrer. Q&R SUR LA PÉRIODE POSTNATALE AVEC UNE NUTRITIONNISTE 1-De quelle(s) façon(s) un(e) nutritionniste peut m'aider en période postnatale ? Le rôle d’un(e) nutritionniste dépasse largement la simple planification alimentaire. En période postnatale, son accompagnement vise d’abord à favoriser une image corporelle saine et à normaliser les changements physiques et émotionnels qui accompagnent la maternité. Avant même d’aborder les apports nutritionnels, le nutritionniste aide la nouvelle maman à rediriger son énergie vers ce qui a un réel impact : bien se nourrir, bouger par plaisir et se reposer quand c’est possible. Le poids et l’apparence physique ne sont pas des comportements : on ne peut pas les “corriger” directement. En revanche, on peut apprendre à écouter son corps, à répondre à ses besoins et à respecter ses envies, tout en accueillant ses émotions sans culpabilité. Les nutritionnistes offrent également un soutien spécifique à : L’allaitement et la production lactée; Le choix et la préparation des formules commerciales pour nourrissons. Pour plus de détails, consultez les pages ALLAITEMENT et BIBERONS . 2- Est-ce qu’il y a des aliments qui peuvent nous aider à mieux vivre les changements physiques et psychologiques que ressentent les nouvelles mamans? Oui… et non. Tous les aliments peuvent faire partie d’une alimentation variée et équilibrée, et les recommandations demeurent globalement similaires à celles de la grossesse. Lors d’une rencontre, la nutritionniste commence souvent par observer vos envies : ce que vous avez envie de manger en dit long sur vos besoins réels. Ensuite, elle vous aide à bonifier ces choix afin que le plaisir, la satiété et la satisfaction soient au cœur de votre alimentation. On cherche un équilibre entre : Le corps (signaux de faim et de rassasiement); La tête (notions d’équilibre, combinaisons alimentaires, collations équilibrées); L’intuition (envies du moment, émotions). C’est ce qu’on appelle le facteur satisfaction, essentiel à une relation saine avec la nourriture. 3- Quels sont les meilleurs conseils pour aider une nouvelle maman à avoir plus d’énergie au quotidien? Écoutez votre corps. Dans le meilleur des cas, essayez de dormir 7 à 9 heures/jour, pas besoin d’être consécutif. Faire des siestes est tout aussi efficace pour récupérer une partie de notre sommeil manquant. Je compare souvent le sommeil à notre chargeur de cellulaire, c’est essentiel si vous ne souhaitez pas que votre batterie tombe à plat. Si vous ne dormez pas suffisamment, vous ne serez pas en mesure de prendre soin de vous et vous n'aurez pas l’énergie nécessaire pour vous occuper de vos bébés et de vous-même. C’est l’aspect de votre vie qui est à la base de tout le reste quand on est une nouvelle maman. Je sais que ce n’est pas toujours facile à mettre en pratique mais vous devez remettre ce besoin vital au centre de vos habitudes. Se reposer et ne rien faire, ça aussi c’est prendre soin de soi en écoutant son corps. Il y aura de bons et des moins bons jours puis, ça aussi, c’est NORMAL. 4- Est-ce qu’il y a des aliments qui peuvent nous aider à mieux vivre les changements physiques et psychologiques que ressentent les nouvelles mamans? Voici quelques repères simples pour soutenir votre énergie: Mangez plus souvent, même en plus petites quantités; Hydratez-vous tout au long de la journée; Vous pouvez consommer de la caféine, mais limitez-vous à 2 tasses par jour (café, thé, chocolat chaud, cola), car une petite partie passe dans le lait maternel; Les tisanes sans caféine sont d’excellentes alternatives, privilégiez le tilleul, la menthe, le framboisier ou les tisanes de fruits. Crédit photo: Wix 5- Est-ce normal d'avoir de la difficulté à bien me sentir dans mon nouveau corps? Absolument. La période postnatale est un moment de grande vulnérabilité sur le plan de l’image corporelle. Les changements physiques, hormonaux et émotionnels peuvent bouleverser la perception que l’on a de soi. Les recherches le confirment : une image corporelle fragilisée peut mener à une préoccupation excessive envers le poids, ce qui risque ensuite d’influencer notre relation avec la nourriture… et avec notre propre corps. Il est important de normaliser ces ressentis. La majorité des nouvelles mamans ne se reconnaissent pas dans ce qu’elles voient sur les réseaux sociaux : des femmes coiffées, souriantes, affichant une apparente sérénité et des repas parfaits. On se demande parfois : « Comment a-t-elle déjà retrouvé sa taille d’avant ? ». Mais rappelons-le : ce que l’on voit dans les médias représente à peine 5 % de la diversité corporelle réelle. La plupart des corps postnataux — avec leurs cicatrices, leurs rondeurs, leurs traces de vécu sont simplement absents des écrans. Ne vous imposez pas cette pression. Votre valeur ne se mesure pas à votre apparence, ni à ce que vous mangez. Vos bébés ont besoin d’une maman présente, bienveillante envers elle-même et en paix avec son rythme. Protéger votre santé mentale est le plus beau cadeau que vous puissiez leur offrir, c’est ainsi que vous serez en mesure de répondre à leurs besoins avec douceur et stabilité. AVEC CYNTHIA GIRARD, PSYCHOÉDUCATRICE, MÉDIATRICE FAMILIALE ET PSYCHOTHÉRAPEUTE COPARENTAL Cynthia est une professionnelle dévouée et impliquée pour les familles. Elle a travaillé plus de 10 ans en protection de l’enfance et elle est maintenant en pratique privée. Elle se spécialise aussi auprès des familles séparées afin de régler leur séparation conjugale et assurer une coparentalité saine et fonctionnelle. Elle est elle-même maman de trois jeunes enfants, dont des jumelles identiques et elle peut donc bien comprendre le déséquilibre qu’apporte parfois la vie de famille. Mamans Pieuvres : Bonjour Cynthia ! Merci beaucoup de nous accorder cette entrevue. Premièrement, nous aimerions savoir comment as-tu vécu ton expérience en tant que maman à l’arrivée de tes bébés? Je me suis préparée à aller à la guerre quand j’ai appris que j’avais des jumelles. Nous avons organisé notre vie en fonction de leur venue au monde. Notre vie a tourné autour d’elles durant les premiers six mois. L’expérience a été fabuleuse. J’ai allaité les poulettes durant 7 mois et mon conjoint et moi avons mis notre vie de couple sur pause le temps d’apprendre à nous découvrir dans le rôle de la parentalité. Nous avons été chercher l’aide et le support nécessaire pour que la vie de famille soit agréable. Mamans Pieuvres : Parlant d’aide, peux-tu nous expliquer les ressources auxquelles tu as eu recours? Bien sur, la plus grande a été notre réseau de soutien personnel. Ma belle-mère a été avec nous durant les premières semaines. Ma mère a fait des petits plats pour nos repas. Nous avons aussi pris aux mots les gens qui venaient à la maison et qui nous disaient « dis-le-moi si tu je peux faire quelque chose ». Je répondais, par exemple « bien, justement, pourrais-tu faire un lavage avant de partir ». Nous avons aussi écouté nos limites et si tu savais combien de fois j’ai dit à des gens venus en visites « merci d’être venus, mais maintenant je vais me reposer donc je vais vous inviter à quitter ». Avec toute mon amour, les gens comprenaient. Ensuite, j’ai eu une marraine d’allaitement que je pouvais appeler n’importe quand…je me souviens d’ailleurs d’un soir durant le temps des fêtes où je pleurais à chaude larmes car j’avais l’impression d’être une vache à lait…je n’en pouvais plus tellement j’étais fatiguée et elle m’a dit « tu sais que tu peux prendre une pause de ton allaitement pour quelques heures si tu le souhaites ». C’est comme si elle m’avait donné le droit. Ensuite, nous avons eu une nounou à la maison qui venait aider quand les jumelles étaient un peu plus vieilles. Elle m’aidait avec le ménage et les filles, à ce moment j’avais ma troisième avec moi. Mamans Pieuvres: Qu’as-tu trouvé le plus difficile en tant que nouvelle maman de jumelles? Que papa retourne au travail. Je me sentais tellement bien dans notre bulle familiale, j’avais peur quand il quittait, surtout le soir. Je me souviens que le gouvernement à cette époque ne donnait rien de plus pour les parents de jumeaux. Nous avons appris dans ces moments et j’ai accueilli mes larmes tellement de fois. La confiance s’est installée de fois en fois. Mamans Pieuvres: En tant que psychoéducatrice, y-a-t-il des principes que tu as appliqués dans ta propre démarche personnelle? Absolument, la résolution de problème : voir le problème pour ce qu’il est sans attaquer l’autre comme étant le responsable. On trouve des solutions pas un coupable. Ensuite, l’accueil des émotions : pour nous comme parent, mais aussi pour mes bébés. Quand elles pleuraient, je n’avais pas peur de leurs pleurs et je ne m’inquiétais pas. Je savais qu’elles avaient besoin de moi, tout simplement. Enfin, l’affirmation de soi : mettre nos limites avec les autres, dire non, demander de l’aide avant d’être au bout du rouleau. Mamans Pieuvres : Pour terminer, aimerais-tu nous partager des conseils afin de prendre soin de notre santé mentale ? Oui bien sûr! Voici trois conseils pour vous, chers parents! 1-Travailler en équipe avec l’autre parent : Vous avez fait les enfants ensemble, alors on en prend soin ensemble. Si les bébés ne sont pas encore arrivés, prenez le temps d’explorer comment vous souhaitez départager les tâches. Quand les bébés sont là et ce à tous les âges, faites des bilans régulièrement pour évaluer où vous en êtes. Nommez ce qui fonctionne bien et ce qui doit être amélioré avec respect : « j’aurais besoin de…, car je me sens …dans cette situation ». 2-Vaut mieux prévenir que guérir, dit l’adage. Elle est tellement vraie cette citation. Soyez en mode prévention. N’attendez pas d’être trop fatigué, trop triste, trop fâché pour parler et communiquer avec l’autre parent. Plus vous allez accumuler de frustrations, plus tous les problèmes vont s’enchevêtrés et occasionner des conflits entre vous. Demandez de l’aide aux gens en qui vous avez confiance et osez demander! Cela ne fait pas de vous un parent moins compétent. Au contraire, la capacité à utiliser son réseau est démontrer comme un facteur de protection à l’épanouissement des compétences parentales. Alors, GO ! demandons de l’aide ! 3- Soyez bienveillant envers vous comme pour vos enfants Dès que vous vous surprenez à vous dire des choses négatives - TIME OUT – cessez de faire cela, car votre cerveau ne fait pas la différence entre ce qui est vrai et faux, il le croit si c’est dit. Alors, vous pouvez vous dire « ok, je me trouve pas super aujourd’hui ». Ensuite, identifiez l’émotion qui est présent en vous ex : « je me sens en perte de contrôle, je doute de moi, je suis triste ». Par la suite, une fois que j’ai accueilli cette émotion, je vais me sentir mieux car vous ne l’avez pas ruminé en répétant sans cesse les mêmes phrases qui briment votre confiance. Vous ne la refoulez pas non plus, ce qui permet à l'émotion d’être exprimée. La dernière étape consiste à regarder ce que je peux faire pour régler mon problème, exemple : « bon, je crois que je suis fatigué pour gérer la maison en ce moment alors je vais me reposer durant la soirée et je vais reprendre demain avec une meilleure attitude ». BOUGER APRÈS L'ARRIVÉE DES BÉBÉS Suis-je prête à reprendre l'entraînement après mon accouchement ? C’est une question que beaucoup de mamans me posent… et la réponse n’est jamais la même pour toutes. Le moment idéal pour reprendre l’entraînement après un accouchement varie énormément d’une femme à l’autre. Il dépend de plusieurs facteurs qui influencent ta guérison et ta réadaptation : -T on âge -Ton niveau d’activité physique pendant la grossesse (alitée ? as-tu pu poursuivre l’entraînement ?) -Ton accouchement (type, durée, instrumentation, poussée, déchirures, etc.) -Ta situation postnatale (as-tu pu te reposer ? as-tu dû rester à l’hôpital avec les bébés ?) COMMENCE PAR BOUGER DOUCEMENT Avant même de parler d’entraînement, l’objectif est simplement de reprendre le mouvement de façon progressive. Chaque jour, essaie d’augmenter un peu : la durée de ta marche extérieure, le temps passé debout, et la durée pendant laquelle tu portes un ou deux bébés. Lorsque tu arrives à bouger sans douleur ni inconfort majeur, tu peux graduellement intégrer des exercices de renforcement au sol, puis, des mouvements debout avec le poids de ton corps. Et enfin, au fil des semaines, augmenter la fréquence, la durée et l’intensité de tes séances. QUELQUES IDÉES SIMPLES POUR BOUGER AVEC LES BÉBÉS Marche inclinée : choisis une rue en pente et monte-la quelques fois, ton cardio va te remercier ! Banc d’exercice : pendant ta marche, fais une pause pour quelques squats, montées, ou push-ups inclinés. Journée grise ? Installe-toi au sol avec les bébés et fais deux ou trois séries d’exercices musculaires simples. PETITS RAPPELS IMPORTANTS: 1. Même si tu manques de temps, prends soin de ton plancher pelvien ! (Tu peux lire notre chronique complète sur le sujet juste ici. 2. Plusieurs courtes séances de 5 à 10 minutes peuvent s’additionner pour un entraînement efficace, sans tout faire d’un coup. 3. Et surtout… bouger, c’est aussi bon pour la tête que pour le corps. Ce moment pour toi te permettra d’avoir plus d’énergie et de mieux profiter de tes petits au quotidien. Bon retour à l’entraînement, à ton rythme et selon ton corps ! GARE AUX INFECTIONS! Les premières semaines à la maison avec des bébés prématurés demandent énormément d’énergie et de précautions. Pour vous aider à traverser cette période en toute sécurité, voici quelques conseils simples mais essentiels. Limitez les visites et soyez intransigeants sur l’hygiène Demandez à toute personne qui entre dans votre environnement de se laver soigneusement les mains dès son arrivée. Avant chaque visite ou aide extérieure, assurez-vous que ces personnes ne présentent aucun symptôme de maladie, même léger. La charge de travail avec des nouveau-nés prématurés est déjà immense : réduisez au maximum les contacts pour minimiser les risques d’infections pendant les premiers mois. Évitez les lieux achalandés Les festivals, centres commerciaux et fêtes de famille peuvent sembler tentants, surtout lorsque vos proches veulent rencontrer vos bébés. Mais il est préférable d’attendre que leur système immunitaire soit plus fort avant de les exposer à de grands rassemblements. Pensez à la prévention Un nouveau vaccin à dose unique est maintenant disponible gratuitement pour les bébés nés à 37 semaines et moins. Ce vaccin protège contre les infections causées par le virus respiratoire syncytial (VRS), une cause fréquente d’hospitalisation chez les nourrissons. Il est offert directement à l’unité néonatale durant la saison du VRS, et sur rendez-vous le reste de l’année. Pour les résidants du Québec: cliquez ici pour plus d'informations. L'IMPORTANCE DU SOUTIEN POSTNATAL Il se peut qu’au tout début, vous ressentiez une certaine adrénaline ou un surplus d’énergie. Par contre, cette énergie fera rapidement place à la fatigue mentale et physique qui s’installera sournoisement pour de multiples raisons. Les premiers mois peuvent être très éprouvants. Le fait de demander de l’aide (ou d’en accepter) n’est pas un signe de faiblesse, mais bien de sagesse. Cela ne signifie pas que vous êtes incapables de prendre soin de vos petits, bien au contraire. La fameuse synchronisation vous laissera aussi des minutes précieuses pour subvenir à vos propres besoins : manger, vous reposer ou simplement prendre une douche. Voici quelques conseils de l’équipe pendant cette période particulière : Faites le ménage dans vos réseaux sociaux. Coupez tout ce qui vous fait sentir coupable ou stressé. Écoutez des balados qui vous font du bien, qui vous font rire et qui vous déculpabilisent. Regardez des séries pendant qu’un dort dans vos bras et que l’autre se berce dans son transat. Oui, on a les mains pleines, mais on peut joindre l’utile à l’agréable. Rappelez-vous que les premiers mois, vous répétez les mêmes gestes : nourrir, changer, laver, apaiser. Profitez-en pour faire le strict minimum, d’où l’importance de bien préparer votre plan postnatal. Essayez d’inclure une petite sortie extérieure chaque jour, ne serait-ce que cinq minutes pour respirer un peu. Même sortir sur le balcon avec les bébés peut faire toute la différence. N’hésitez pas à accepter de l’aide. Même si tante Monique vous tape un peu sur les nerfs, elle peut peut-être donner un coup de main avec la vaisselle qui s’accumule. N’attendez pas d’être au bout du rouleau. Plusieurs organismes offrent des services de relevailles et de l’aide gratuite ou payante aux parents de multiples. Inscrivez-vous le plus tôt possible. Si votre budget le permet, combinez les deux. Misez sur les organismes communautaires, souvent plus disponibles que les CLSC. Soyez conscients des statistiques plus élevées de dépression post-partum chez les parents de multiples. Plusieurs facteurs peuvent accélérer la détresse et l’anxiété menant à la dépression ou à l’épuisement. N’ayez pas honte et demandez de l’aide. Échangez avec d’autres parents de jumeaux ou de triplés. Ils comprendront vos émotions intenses autant que vos petites victoires. Ne négligez pas vos rendez-vous postnataux, tout aussi importants que ceux de vos bébés. La santé physique et mentale de maman et papa est primordiale. Vous pouvez vous faire accompagner ou faire garder les bébés pour ces rendez-vous. Misez sur les soins de base plutôt que sur les projets ou activités que vous aimeriez faire. Si vous avez sauté votre promenade du jour ou n’avez pas rangé la pile de vêtements, ce n’est pas grave. Vous avez nourri, changé et cajolé vos bébés ? C’est déjà beaucoup. Le reste, c’est du bonus. Ne comparez pas votre quotidien à celui des familles ayant un seul bébé. Certaines stratégies ou conseils ne s’appliquent pas quand on a plus d’un enfant à la fois. Reconnaissez-le, acceptez-le et rappelez-vous que votre réalité est simplement différente ... et tout aussi valable. En apprendre davantage sur la reprise des activités sexuelles, les moyens contraceptifs et la libido. Voir la page L'équipe de Mamans Pieuvres est heureuse de vous offrir une séance de yoga postnatal gratuite adaptée. Visionner la séance LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER: Les clés d'un post-partum réussi avec Stéphanie Bourbonnais (Hors série - Épisode 3) Source: Balado les ÉphéMères Récupération après la naissance et soins postpartum Source: About Kids Health Plan de sommeil pour maman (Ebook gratuit) Source: Ça va maman? Sources : Berens, P. (2024). Overview of the postpartum period: Disorders and complications. UpToDate. https://www.uptodate.cn/contents/overview-of-the-postpartum-period-disorders-and-complications scribd.com+2uptodate.com+2 Centre Hospitalier Universitaire de Montréal. (2015). Prendre soin de mes cicatrices par le massage. Centre de littératie en santé du CHUM. https://www.chumontreal.qc.ca/sites/default/files/2021-09/137-3-prendre-soin-de-mes-cicatrices-par-le-massage.pdf Centre Hospitalier Universitaire Sainte Justine. (). Traitement aux feuilles de silicone pour les cicatrices hypertrophiques et chéloïdes. CHU Sainte-Justine. https://www.chusj.org/getmedia/3b43b1ea-e248-4584-8199-adf869a52676/F-1301_Traitement-aux-feuilles-de-silicone_web.pdf.aspx?ext=.pdf Ferreira, E., Martin, B., & Morin, C. (2013). Grossesse et allaitement : Guide thérapeutique (2ᵉ éd.). Éditions du CHU Sainte-Justine. ISBN 978-2-89619-606-7. Griffith, J.S. (2014). ICOMBO’SPost-Partum Mood Disorder (Depression) study. ICOMBO. https://icombo.org/wp-content/uploads/2010/12/PPMD-Study-for-website.pdf icombo.org conseil postnatal FAVORISER LE SOMMEIL DE MES BÉBÉS Je veux m'y préparer !

  • Vie familiale | Mamans Pieuvres

    La vie de famille avec des jumeaux et triplés. Découvrez des conseils et des recommandations adaptés à votre quotidien à l'aide de professionnelles qui ont votre famille à coeur. Crédit: Kathleen Bird Photographie Organisation 101 Trucs et astuces pour l'organisation de la routine avec les jumeaux et triplés. Sexualité Fertilité et sexualité pendant et après la grossesse gémellaire. Vie de couple Prendre soin de son couple lorsqu'on devient une famille. Parentalité S'adapter à son nouveau rôle de parents ou de nouveau coparent. Finances Défis financiers et conseils pour économiser avec des multiples. Santé mentale Prendre soin de sa santé mentale face aux défis des naissances multiples.

bottom of page