top of page

Résultats de votre recherche

319 results found with an empty search

Site web (63)

  • Le site pour parents de jumeaux et triplés | Mamans Pieuvres

    Nouveaux parents de jumeaux. Nouveaux parents de triplés. Grossesse gémellaire. Jumeaux identiques. Jumeaux non-identiques. Mamans Pieuvres. Aide et ressource jumeaux. La référence pour les parents de jumeaux et triplés Accéder à nos cours en ligne Vous êtes un organisme ou intervenant en périnatalité ? Par ici Vous êtes enceinte de jumeaux, triplés ou plus? Par ici Restez informés Inscrivez-vous à notre infolettre pour recevoir nos offres et actualités. Saisissez votre e-mail ici S'inscrire Merci pour votre envoi ! Nous sommes membres de

  • Santé mentale | Mamans Pieuvres

    Prendre soin de sa santé mentale face aux défis des naissances multiples. Santèé mentale avec des jumeaux et triplés. Dépression post-partum jumeaux. Prendre soin de sa santé mentale face aux défis des naissances multiples. Devenir parent de jumeaux, de triplés ou plus, c’est vivre une expérience hors du commun. Dès les premières secondes, l’entourage vous regarde avec fascination. On vous dit que vous êtes « chanceux », que vous avez « gagné le gros lot ». Mais derrière les sourires et les commentaires émerveillés se cachent souvent des réalités plus complexes et parfois plus lourdes que l’on n’ose pas toujours nommer. La parentalité double ou triple nous entraîne dans un quotidien où seule une infime partie de la population peut vivre. B ien que la gémellité soit souvent perçue comme magique ou exceptionnelle, il est essentiel d’en reconnaître aussi les aspects plus sensibles, parfois tabous, surtout au cours des premières années. Le quotidien des parents de multiples est remplit de résilience et de créativité ! La majorité du temps, on y trouve notre rythme. Mais il arrive que certaines périodes soient plus exigeantes, plus fragiles aussi. Le but de cette page est de vous rappeler que ces épreuves font partie de votre parcours et qu’ils sont surmontables. Il est primordial d'énumérer ces défis non pas pour se décourager, mais plutôt pour mieux se préparer, normaliser nos émotions et mettre des mots sur nos épreuves. Voici quelques défis sociaux et émotionnels qui ont un impact direct sur votre santé mentale: La difficulté de créer des liens affectifs et d’attachement avec plusieurs bébés en même temps. L’isolement des parents pendant le congé parental en raison de la réalité organisationnelle. Le manque de sommeil intense et le stress relié à cette nouvelle réalité. La culpabilité ou la tristesse de devoir partager son temps et son énergie entre les enfants. Le risque plus élevé de souffrir d’anxiété ou d’une dépression post-partum. La parentalité en contexte de naissance multiple peut bouleverser aussi les partenaires et la dynamique familiale. Leurs besoins, souvent invisibles, méritent également d’être entendus et soutenus. Votre santé mentale et émotionnelle est aussi importante que votre santé physique. Il est important d'exposer et de nommer ces défis afin de valider ce que plusieurs parents vivent parfois en silence. LES DÉFIS INVISIBLES DU QUOTIDIEN AVEC DES MULTIPLES Les premiers mois à la maison peuvent être mentalement et physiquement exigeants. Ils peuvent également s’accompagner d’une fatigue immense, dû à la charge mentale constante. Si vous vous sentez dépassés, seuls, tristes, anxieux ou coupables… sachez ceci : vous n’êtes pas seuls. La majorité des parents de multiples ne s’attendent pas à un tel bouleversement. Beaucoup disent que la première année est la plus difficile. Il s’agit souvent d’une période de survie, durant laquelle les repères vacillent. Il est facile de se perdre dans son rôle, de douter de soi, de ne pas réussir à se donner autant pour chaque bébé comme on l’avait espéré. Les phrases banales, pourtant bien intentionnées comme « Profitez-en, ça passe vite! » ou « Moi aussi j’étais fatiguée avec mon bébé » peuvent créer un écart douloureux entre ce que vous vivez et ce que les autres perçoivent. UNE RÉALITÉ DOCUMENTÉE Les défis que rencontrent les mères de jumeaux, triplés ou plus ne relèvent pas seulement de l’intuition ou des témoignages. Ils sont également documentés par la recherche, notamment par une étude britannique menée auprès de centaines de mères de multiples. Selon une étude demandée par nos partenaires de l'organisation Twin Trust au Royaume-Uni, la première année de vie avec des jumeaux ou triplés est souvent perçue comme la plus exigeante sur les plans physique, émotionnel et organisationnel (Bryan, 2002). Cette réalité dépasse largement l’impression individuelle : elle est partagée par une majorité de parents de multiples. Ce que l’étude met en lumière : Un niveau d’épuisement généralisé, souvent plus grand que ce que les mères avaient anticipé. Un manque de spontanéité dans la routine familiale, les journées étant dictées par les besoins des bébés sans répit. Un soutien insuffisant, même de la part de l’entourage, qui ne saisit pas toujours l’ampleur de la tâche. Une impression que les soins de base prennent tout l’espace : nourrir, changer, calmer, recommencer… avec peu de place pour autre chose. À cela s’ajoutent d’autres préoccupations fréquentes : inquiétudes financières, séquelles possibles de la prématurité, impacts sur les autres enfants de la fratrie. L’étude conclut que les mamans de multiples ressentent souvent un sentiment d’incompétence, non pas parce qu’elles échouent, mais parce que les attentes internes sont irréalistes face à une réalité qui dépasse tout ce qu’elles avaient imaginé. Bien souvent, l’accent est sur mis sur le bien-être mental des mamans mais celui des papas est tout aussi important. Les frères et sœurs aînés de multiples subissent aussi un changement soudain dans la dynamique familiale, et il est possible qu’ils se sentent négligés lorsque l’attention des autres se porte sur la nouveauté de leurs frères et sœurs qui arrivent en double ou en triple. Une étude danoise de 2022 (Skovlund et al.) s’est penchée sur l’apparition de la dépression post-partum durant la période postnatale chez les parents de jumeaux, comparés aux parents de singletons. Les principales conclusions étaient les suivantes : Les mères de jumeaux ont un risque plus élevé de dépression post-partum, particulièrement au début de la période postnatale et persistant jusqu’à environ six mois après l’accouchement. Les pères de jumeaux ou plus montrent des signes d’un risque légèrement accru de dépression post-partum autour des six mois suivant la naissance. DES DÉFIS MULTIPLES Les défis en lien avec la préservation de notre santé mentale peuvent apparaître dès le tout début de l'annonce de la grossesse gémellaire, et persister pendant la petite enfance des multiples. 01 LA GRANDE ANNONCE : LE CHOC GÉMELLAIRE Cette grande nouvelle a un impact direct sur la santé mentale des parents, ces derniers ressentant des inquiétudes face aux risques associés à une grossesse multiple. La préparation mentale et émotionnelle à accueillir plusieurs bébés à la fois peut être une véritable montagne russe. Anticiper les soins, les nuits, les logistiques et les responsabilités décuplées engendre bien souvent du stress, de l’anxiété, voire de la culpabilité. C’est pourquoi il est essentiel de s’entourer tôt d’un système de soutien solide : professionnel, familial, communautaire. Pour plus de détails sur le choc gémellaire, consulter notre page sur la préparation 101 . 02 LA GROSSESSE À RISQUE Dès le diagnostic, une grossesse gémellaire ou triple est automatiquement considérée comme à haut risque. Cette réalité entraîne un suivi médical plus rapproché, des examens plus fréquents et des inquiétudes constantes concernant la santé maternelle et celle des bébés. Chaque rendez‑vous, chaque résultat d’échographie peut devenir une source d’angoisse, particulièrement dans le cas de grossesse monochorionique. À cette vigilance médicale s’ajoute une vigilance émotionnelle permanente : la peur de l’inconnu, l’impression de ne pas pouvoir contrôler la situation, et parfois la difficulté de se projeter sereinement dans l’avenir. Même lorsque la grossesse se déroule sans incident majeur, la charge mentale est amplifiée par l’anticipation de ce qui s’en vient : plusieurs bébés à accueillir, une logistique complexe à organiser, et la conscience que la suite sera exigeante. Pour plus de détails sur la grossesse à risque, consulter notre page sur le suivi obstétrical . 03 LA PRÉMATURITÉ Il va de soi que plus les bébés naissent tôt, plus leur séjour en néonatalogie sera long. La durée de cette hospitalisation dépend généralement de l'âge gestationnel à la naissance, du poids des bébés et de la présence ou non de complications médicales. Certaines de ces complications peuvent découler de conditions spécifiques liées aux grossesses multiples, telles que le syndrome transfuseur-transfusé (STT) ou d'autres déséquilibres placentaires. Lorsque les bébés doivent affronter des défis médicaux, c’est toute la famille qui se retrouve plongée dans une réalité exigeante, imprévisible et hautement émotionnelle. Pour les parents, cela signifie souvent devoir frapper à plusieurs portes, naviguer entre les systèmes de santé, d’éducation et de soutien communautaire, tout en jonglant avec la logistique du quotidien. Pour plus de détails sur les défis de la prématurité, consulter notre page sur la prématurité. 04 LA PÉRIODE POSTNATALE Après la naissance, les parents de multiples se retrouvent propulsés dans un rythme effréné. Les nuits entrecoupées, l’alimentation en simultané, les pleurs croisés et l’absence de pauses prolongent l’état d’alerte amorcé durant la grossesse. À cela s’ajoutent des préoccupations financières grandissantes et des ajustements professionnels parfois difficiles à concilier. Plusieurs études l’ont démontré : les parents de multiples présentent des taux significativement plus élevés de dépression postnatale, d’épuisement extrême, d’anxiété, et font face à un risque accru de tensions conjugales ou de séparation. Et pourtant, ces difficultés demeurent trop souvent invisibles. Dans ce contexte, l’importance d’un réseau de soutien qui comprend la réalité spécifique des familles multiples est essentielle. Pour plus de détails sur la période postnatale, consulter notre page sur le soutien postnatal. 05 LA PETITE ENFANCE Selon le rapport Multiples Unfiltered de l’Australian Multiple Birth Association ( 2024), les parents de multiples sont 9 fois plus fatigués que les autres parents, et seulement 20 % des mères de multiples retournent au travail avant la troisième année de leurs enfants, en partie à cause du coût et de la disponibilité limitée des services de garde d’enfants. La charge financière est considérable : les coûts pour des jumeaux étant jusqu'à 5 fois plus élevés que pour un enfant unique dans sa première année, et 13 fois plus élevés pour des naissances multiples (triplés et plus). Ce parcours peut être exténuant, tant sur le plan physique qu’émotionnel. La complexité des démarches, le sentiment d’injustice ou d’isolement, et la crainte de ne pas faire suffisamment peuvent peser lourdement sur la santé mentale parentale. Gérer les défis de la petite enfance avec deux ou trois enfants du même âge demande également un niveau de patience remarquable, sans oublier les microbes qui s'installent. Pour plus de détails sur la petite enfance, consulter notre section sur le même sujet. LORSQUE L'ACCOUCHEMENT LAISSE DES SÉQUELLES Eli a toujours rêvé de devenir mère. Active et amoureuse, elle s’imaginait une grossesse à son image… jusqu’à l’annonce d’une grossesse gémellaire. Sa réalité bascule alors : repos complet, quotidien transformé, et plusieurs petits deuils à traverser. L’accouchement, espéré en douceur, se déroule plutôt de façon abrupte et marquante, laissant des traces physiques et émotionnelles. Dans cet épisode, Eli se livre avec vulnérabilité, accompagnée d’Audrey-Anne, travailleuse sociale, qui apporte un regard professionnel et bienveillant. Aujourd’hui, maman et ses jumeaux vont bien. Ce témoignage est pour Eli une façon de guérir, de mettre des mots sur son vécu et sur ces petits deuils parfois présents dans une grossesse gémellaire. L'IMPACT INVISIBLE D'UNE ARRIVÉE PRÉMATURÉE Dans les naissances multiples, il arrive que la naissance des bébés se déroule bien loin du rêve imaginé. Un accouchement déclenché trop tôt, une césarienne d'urgence, des soins médicaux intensifs, des incubateurs, des moniteurs, des séparations rapides, une chambre vide en rentrant à la maison ne sont que quelques exemples. C es débuts difficiles font malheureusement partie du parcours de nombreuses familles de jumeaux, triplés ou plus. Et même si le corps guérit, l’esprit, lui, garde souvent des traces profondes. Les accouchements multiples sont plus souvent marqués par des complications : prééclampsie, retard de croissance, présentations atypiques, syndrome transfuseur-transfusé. Dans bien des cas, les parents vivent ces moments comme une perte de contrôle : certains racontent ne pas avoir compris ce qui se passait, ne pas avoir pu participer aux décisions, ou ne pas avoir eu le temps de rencontrer leurs bébés avant leur transfert en soins intensifs. Ce type d’accouchement peut engendrer ce qu’on appelle un stress post-traumatique périnatal, distinct de la dépression post-partum, mais tout aussi important à reconnaître. Des souvenirs qui reviennent la nuit, une anxiété diffuse, une tendance à éviter certains lieux, certaines conversations. Ce ne sont pas des caprices. Ce sont des cicatrices. Lorsque les bébés doivent être hospitalisés à l'unité des soins intensifs néonatale (USIN), les émotions se bousculent. Joie, peur, vide, soulagement, culpabilité. L'organisation Twin Trust au Royaume-Uni parle ici de « perte ambiguë » : les parents sont devenus parents, mais sans pouvoir vivre ce rôle pleinement. Pas de peau-à-peau. Pas de tétée de bienvenue. Juste des fils, des horaires de visite, et une inquiétude constante. Certains parents se sentent comme des visiteurs dans la vie de leurs propres enfants. Cette expérience peut devenir encore plus difficile si le parent est seul, ou s’il est témoin des progrès des autres bébés alors que les siens luttent pour survivre. L’impression d’être à la fois chanceux et profondément tristes est difficile à verbaliser… et encore plus à faire comprendre. UN ATTACHEMENT DIFFICILE Même une fois les bébés à la maison, le choc n’est pas toujours passé. Certains parents racontent revivre les alarmes du moniteur la nuit. D’autres évitent de retourner à l’hôpital pour les suivis, tant les souvenirs sont lourds. Plusieurs confient avoir eu du mal à créer un lien affectif avec leurs bébés après un tel début. « J’avais l’impression de m’occuper de bébés que je ne connaissais pas. Je les aimais, mais je ne ressentais pas encore ce lien. J’étais encore figée dans ce qu’on avait vécu. » Lorsque le contact peau à peau a été retardé, que les premiers jours ont été rythmés par des soins techniques, ou que les parents ont été séparés de leurs bébés, l’attachement peut se construire plus lentement. Cela ne veut pas dire qu’il ne se construira pas : mais il faut parfois plus de temps, plus de douceur, plus de soutien. Il est important de normaliser cette difficulté sans culpabilité. Ces expériences peuvent laisser des marques profondes. Elles méritent d’être nommées, reconnues, accompagnées. Il n’y a aucune honte à avoir vécu l’accouchement ou les premières semaines comme une épreuve. Parfois, un accompagnement psychologique, un groupe de soutien ou simplement une oreille bienveillante peuvent faire une réelle différence. L'organisme Twin Trust souligne que les parents ayant vécu un accouchement difficile ou un séjour prolongé à l'USIN présentent un risque plus élevé de dépression postnatale, surtout s’ils ne reçoivent pas d’accompagnement émotionnel ou psychologique pendant ou après cette période. Il est essentiel que votre histoire soit reconnue, nommée, et accueillie. Participer à un groupe de soutien, parler à un(e) professionnel(elle), ou simplement avoir quelqu’un de confiance qui comprend votre parcours peut être réparateur. Même si ces débuts n’étaient pas ceux que vous aviez imaginés, ils font aussi partie de votre histoire et celle de vos bébés. AVEC KARINE MIVILLE, PSYCHOLOGUE Psychologue depuis 2007, Karine détient une maîtrise en psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Elle a travaillé durant 14 ans au service de l’équipe de santé mentale adulte, 1ière ligne, dans le réseau de la santé. Elle a développé une approche chaleureuse, accueillante, compétente et proche des besoins de ses clients. Elle est maman de jumeaux. Mamans Pieuvres : Bonjour Karine! Merci beaucoup de nous accorder cette entrevue. Premièrement, nous aimerions savoir comment avez-vous vécu la période postnatale à l'arrivée de vos jumeaux? Les premiers mois ont été extrêmement difficiles pour moi. Mes garçons sont nés à 31 semaines et ont passé les deux premiers mois à l'hôpital où ils devaient prendre un médicament presqu’à tous leurs boires (7 boires sur 8 !). J'ai passé au travers en comptant les minutes avant que l'aide arrive. Plus ils vieillissaient, plus cela devenait facile. Mamans Pieuvres : C'est une période tellement difficile, d'où l'importance de demander de l'aide! Quel genre d'aide avez-vous reçu pendant les premiers mois? Oui vraiment! Pour débuter, j'ai reçu de l'aide d'un organisme qui s’appelle La maison de la famille et grâce à eux, j’avais une bénévole pour m’aider avec les enfants. J'ai eu droit à 3 visites par semaine lorsque mes jumeaux étaient âgés de 3 à 10 mois. Ensuite, j'ai eu une auxiliaire du CLSC qui passait l'aspirateur et faisait les repas. Cette personne m'aidait avec les enfants quand ils étaient réveillés. Il n’y avait pas de livre ni de site Internet! Je n’avais pas le temps de chercher pendant la première année! Mamans Pieuvres: Quel fut votre plus grand défi en tant que nouvelle maman de jumeaux? Définitivement le manque de sommeil. Mais courage! La fatigue est temporaire et le sommeil va revenir même si ce n’est pas instantané … parole d'une maman qui n'a pas dormi plus de 2h consécutives dans les premiers 3 1/2 ans, en plus d'aller travailler! Mamans Pieuvres: En tant que psychologue, y a-t-il des principes que vous avez appliqué dans votre propre démarche personnelle? Oui. Mon travail m'a surtout amené à saisir que chaque jour est différent et que demain sera peut-être plus facile. Cela m’a permis de profiter de tous les beaux petits moments tout en communiquant mes limites de façon claire avec mon entourage. Il y a aussi la normalisation de la détresse face à toutes les difficultés rencontrées. Mamans Pieuvres : En terminant, pourriez-vous nous donner vos meilleurs conseils pour la fameuse période postnatale? Certainement! 1-N ’hésitez pas à demander de l'aide! Dites précisément ce dont vous avez besoin. Cuisiner, faire manger les enfants, vider le lave-vaisselle, lavage ou simplement un moment pour vous retrouver seule. Car c’est aussi ça, respecter sa santé mentale : avoir le courage de demander de l’aide et faire ce qu'il faut pour la garder. 2-Ne vous comparez pas aux autres mères ou aux autres parents! Essayez de ne pas vous laissez affecter par le jugement des autres. Dites vous qu’ils ne peuvent pas comprendre car ils ne l'ont tout simplement pas vécu! Avoir deux ou trois bébés en même temps est une expérience hors du commun. Les gens ne comprendront jamais malgré notre bonne volonté à leur expliquer. De plus, n’oubliez pas que chaque enfant évolue à son propre rythme et que parfois ils ne le font pas nécessairement comme on le voudrait. 3- Faites-vous confiance ! Contrairement à Monsieur et Madame Tout-le-Monde qui se permettent de nous dire comment les élever ou encore de nous dire ce dont ils ont besoin, nous sommes celles qui passons le plus de temps avec eux donc OUI, nous connaissons nos bébés et savons ce qui est le mieux pour eux … Même si c'est grand-maman qui le dit! LA SANTÉ MENTALE PÉRINATALE AVEC DES MULTIPLES Créer des liens avec d'autres parents est essentiel pour préserver sa santé mentale, mais encore faut-il que ces liens soient nourrissants, pertinents, et ancrés dans une compréhension authentique du quotidien avec des multiples. C’est exactement ce que des espaces comme Mamans Pieuvres s’efforcent d’offrir. Quand rien ne va plus, il est important de se rappeler de ne jamais hésiter à aller chercher de l'aide. Nous vous invitons à écouter la capsule vidéo du Dre Nguyen concernant la santé mentale périnatale, qui s'adresse spécifiquement aux parents de multiples. LE RÔLE DES HORMONES Saviez-vous que les niveaux hormonaux peuvent être plus élevés chez les personnes enceintes de jumeaux ou de triplés ? Si les fluctuations hormonales ont souvent été pointées du doigt comme cause d’anxiété ou de dépression pendant la grossesse, elles ne sont pas les seules responsables. Aucune étude n’a démontré que l’hormone hCG à elle seule provoque des changements d’humeur. En fait, certains autres hormones pourraient même avoir un effet protecteur. Il est donc essentiel de ne pas tout attribuer aux hormones : l’anxiété et la dépression prénatales peuvent aussi découler de plusieurs autres facteurs : Le stress général accumulé Des expériences de vie passées ou traumatisantes Les défis physiques et mentaux d’une grossesse multiple Un historique personnel ou familial de troubles de santé mentale Il est normal de se sentir plus émotive, plus irritable ou plus vulnérable pendant la grossesse. Mais il est tout aussi important de rester attentive aux signes plus persistants ou inquiétants, afin de pouvoir demander de l’aide rapidement. SIGNES ET SYMPTÔMES DE LA DÉPRESSION POST-PARTUM Selon une revue d'études publiée dans le Journal of Paediatrics and Child Health, les mères de jumeaux présentent un risque jusqu’à trois fois plus élevé de vivre une dépression postnatale que les parents de singleton, particulièrement au début de la période postnatale et persistant jusqu’à environ six mois après l’accouchement. Pour ce qui est des pères de multiples, ces derniers montrent des signes d’un risque légèrement accru de dépression post-partum autour des six mois suivant la naissance. Parmi les facteurs aggravants : la prématurité, le manque de sommeil, l’isolement, et la charge mentale liée à la gestion de plusieurs nourrissons en même temps. Il est normal de se sentir dépassée, parfois même submergée, face à la maternité de multiples. Ce que vous vivez est immense, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Mais parfois, cette surcharge peut évoluer vers un déséquilibre plus profond, qu’il est important de reconnaître et de nommer. Il faut être capable de reconnaître les signes de détresse psychologique. Ce ne sont pas des signes de faiblesse. Ce sont des signaux d’alarme. Et les repérer, c’est déjà un acte de soin envers soi-même. Voici quelques indicateurs à surveiller en lien avec la dépression post-partum: Une fatigue extrême, persistante, qui ne s’explique pas uniquement par le manque de sommeil Des pleurs fréquents, une irritabilité inhabituelle Une perte de plaisir, même dans des moments censés être heureux Le sentiment de ne pas être une « bonne mère » ou de ne pas y arriver Une anxiété constante ou des attaques de panique Des pensées intrusives ou inquiétantes De l’insomnie, même lorsque les bébés dorment Une difficulté à créer un lien affectif avec l’un ou plusieurs des bébés Ces symptômes ne doivent jamais être minimisés. Il est essentiel de consulter rapidement si l’un ou plusieurs de ces signes sont présents. Un professionnel pourra évaluer la situation et vous proposer des ressources adaptées à votre réalité. COMMENT PRENDRE SOIN DE SOI DANS LE CHAOS Prendre soin de soi lorsqu’on est parent de jumeaux, triplés ou plus peut sembler... impossible. Et c’est normal de ressentir que le temps, l’énergie ou même l’espace mental pour penser à soi sont inexistants. Pourtant, ce n’est pas un luxe, ni un caprice : c’est un besoin fondamental. C’est aussi un acte d’amour envers vos enfants : leurs parents ont de la valeur, autant qu’eux. Dans le chaos, il est primordial de se rappeler que nous ne sommes pas inadéquats dans nos rôles. Ce sont plutôt les conditions dans lesquelles nous exerçons notre parentalité qui sont extrêmes! C'est pour cette raison que chaque petit geste envers soi-même peut faire une différence immense. Il ne s’agit pas ici de trouver du temps pour un spa ou une retraite silencieuse (même si ce serait merveilleux), mais plutôt de se trouver des gestes simples au quotidien qui nous recentrent ! Voici quelques idées qui pourraient faire du bien à votre tête et à votre cœur: S'embarrer dans la salle de bain pour pleurer quelques instants (ça fait du bien!) Une douche récomfortante (même si c'est quelques minutes). Profiter d'un café chaud. Écouter une chanson qui nous fait du bien. Éteindre son téléphone ou autre écran. Se préparer notre collation préférée. Danser dans la cuisine. Pratiquer la respiration profonde. Faire des étirements. Accepter l’aide ... et apprendre à dire oui sans s’excuser. Un petite sieste, même courte. Lire des affirmations positives. Allumer une chandelle. Contacter un(e) ami(e) qui nous comprend. Changer de chandail ou enfiler un vêtement qui fait du bien. BRISER L'ISOLEMENT : FAIRE PARTIE D'UNE COMMUNAUTÉ Une des premières choses qui peut aider c'est d'accepter sa réalité atypique. Donnez-vous le droit de ne pas aller bien tous les jours. Ce que vous vivez n’a rien de banal, après tout, vous faites partie du 1,2 % des parents qui expérimentent l'aventure gémellaire. Vous êtes en train d’accomplir quelque chose de monumental. Vous répondez à des besoins constants, vous traversez des vagues d’émotions : d'un cœur débordant d'amour à du découragement profond. Non, vous n’avez pas à être parfait. Les groupes privés ou les activités spécifiquement dédiées aux parents de multiples sont bien plus que de simples forums de discussion : ce sont des lieux de reconnaissance, de légitimité et de réconfort. Ces communautés permettent de rompre l’isolement, de partager des stratégies concrètes, de rire de l’absurde, de pleurer sans honte, et de poser ses questions sans crainte d’être jugé. C’est aussi un espace où l’on peut rencontrer des familles un peu plus avancées dans le parcours, et en tirer inspiration, espoir et courage. S’entourer de personnes qui comprennent, sans avoir à tout expliquer, c’est un geste profondément réparateur. Cela protège notre équilibre émotionnel, et nous rappelle que nous ne sommes pas seuls. Nous vous encourageons à participer à un groupe de parents de multiples, en ligne ou en personne. On vous souhaite de belles rencontres, et peut-être même, des amitiés durables nées dans le tumulte et la beauté de la parentalité gémellaire. Consultez notre bottin juste ici pour des groupes et des ressources. Visionner notre entrevue en Jessika Brazeau de Ça va maman? , une ressource précieuse pour les mamans d'aujourd'hui! Écouter le vidéo Écouter les épisodes en lien avec la santé mentale et la dépression sur notre balado Entres Mamans Pieuvres. Écouter l'épisode PARENTALITÉ AVEC DES JUMEAUX OU DES TRIPLÉS Je veux m'y préparer ! LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER: Santé mentale et dépression post-partum Source: La société des obstétriciens et gynécologues du Canada Programme pour favoriser la santé mentale et le bien-être des nouveaux parents Source: Toi, Moi, Bébé Le balado Ça va maman ? Source: Ça va maman ? Sources : Australian Multiple Birth Association (AMBA), Multiples Unfiltered. Rapport Multiples Unfiltered, 20 mars 2024 Bryan, E. (2002). Parenting twins and higher multiples: What helps? A study carried out for Tamba (Twins and Multiple Births Association), UK. Fraser, E. (2010). Postnatal Depression: A Guide for Mothers of Multiples. Twins and Multiple Births Association (TAMBA), UK. Multiple Births Canada (2020). Postpartum Wellness and Postpartum Depression/Anxiety (PPD/A). IS# 507. multiplebirths.ca Risk and timing of postpartum depression in parents of twins compared to parents of singletons. https://doi.org/10.1111/acps.13766 Skovlund, C. W., Kessing, L. V., Munk-Olsen, T. (2022). Postpartum depression in parents of twins: A Danish population-based cohort study. Acta Psychiatrica Scandinavica, 145(1), 44–54. https://doi.org/10.1111/acps.13400 Twin Research Australia. (2011). Multiple Perspectives: A Discussion Paper on Multiple Births and Wellbeing in Australia. Consulté à l’adresse : https://icombo.org/wp-content/uploads/2010/12/PPMD-Study-for-website.pdf Twins and Multiple Births Association (TAMBA). Postpartum Depression and Anxiety (PPD/A): A guide for parents of twins, triplets and more. UK, 2020. Wenze, S. J., Battle, C. L., & Tezanos, K. M. (2015). Raising multiples: mental health of mothers and fathers in early parenthood. Archives of Women’s Mental Health, 18(2), 163–176. https://doi.org/10.1007/s00737-014-0484-x

  • Développement | Mamans Pieuvres

    Le dé​veloppement cognitif des jumeaux pendant la petite enfance.  Le dé veloppement cognitif chez les jumeaux pendant la petite enfance. Les jumeaux et les triplés fascinent depuis toujours, et ce partout dans le monde. On les retrouve dans les mythologies anciennes, les œuvres d’art, les romans, les documentaires, les films et même dans les dessins animés. Leur simple présence attire l’attention, y compris la leur. Cette curiosité naturelle de la société peut toutefois influencer leur développement et leur comportement individuels. En tant que parents, notre rôle est d’accompagner chaque enfant dans son propre développement, tout en reconnaissant la relation unique qui unit les co-jumeaux. L’enjeu est d’atteindre un équilibre : respecter leur lien spécial sans le laisser limiter leur évolution personnelle. En favorisant l’individualité de chacun, vous leur offrez les meilleures bases pour devenir des adultes indépendants, confiants et capables de faire leurs propres choix. Investir dans le développement individuel de vos multiples apporte de nombreux bénéfices. Selon Twin Trust (2019), voici quelques impacts positifs observés lorsque chaque enfant est soutenu dans son cheminement personnel : Leurs compétences sociales avec les autres s’améliorent. Ils présentent moins de comportements liés à la rivalité ou la compétition. Leur développement linguistique progresse de manière plus stable. La séparation d’avec leur co-jumeau est plus facile à vivre. Leur cheminement scolaire est généralement plus harmonieux, qu’ils soient dans la même classe ou non. Leur confiance en eux pendant la puberté favorise une transition plus saine vers l’âge adulte. Ils sont plus aptes à développer des relations solides et autonomes à l’âge adulte. Enfin, soutenir l’individualité de chacun apporte également un immense bénéfice aux parents : une parentalité plus satisfaisante, où chaque enfant peut être reconnu, célébré et accompagné pour qui il est réellement. L’équipe de Mamans Pieuvres remercie toutes ses collaboratrices pour leur participation à cette section, notamment Lucie Boulanger et Andréa Dépelteau pour leur révision LE LIEN GÉMELLAIRE Ensemble depuis leur conception, les multiples ont été conçus avec ce lien profond et unique qu’on appelle le lien gémellaire. Source permanente de force et d’affection mutuelle, car « sur le plan émotionnel, les jumeaux développent un lien d’attachement particulier envers leur(s) co-jumeau(x) et ce depuis in utero. Qu’il soit fusionnel ou plus conflictuel, ce lien se développe et se complexifie au cours des années » (Boulanger, 2021). C'est ce lien qui rend les multiples uniques et qui constitue une partie importante de leur identité propre. La gémellité et le statut qu’on lui accorde sont cependant très significatifs dans la vie des enfants issus d’une naissance multiple, particulièrement auprès des parents. La chercheuse italienne Alessandra Piontelli, qui a étudié trente paires de jumeaux depuis la grossesse jusqu'à la petite enfance, explique comment l’attachement entre les jumeaux s’est formé avec une intensité inhabituelle et à un âge précoce, particulièrement chez les monozygotes. Elle précise : « La présence la plus constante et la plus stable dans la vie de tout jumeau est son co-jumeau. Dans bien des cas, tôt ou tard, chacun est nécessairement devenu la figure majeure d’attachement de l’autre. Les jumeaux ont commencé à compter les uns sur les autres pour leur confort, leur compagnie et leur soutien » (Piontelli, 2002). L’étude montre que le lien entre jumeaux et triplés peut être qualifié d’attachement primaire, un terme qui fait référence à la personne avec laquelle un enfant développe son lien affectif le plus fort, généralement sa mère. Il est donc fascinant et rassurant de comprendre que les multiples développent un lien d’attachement entre eux, et ce, dès les premiers instants de vie. Cet aspect est essentiel et vient contredire le mythe selon lequel la séparation favoriserait l’indépendance des multiples. Cette croyance, encore bien présente, peut malheureusement causer davantage de tort que de bien, surtout lorsque les jumeaux sont séparés trop précocement. Le sujet revient d’ailleurs souvent dans les discussions concernant l’entrée scolaire. Pour plus d’informations, visitez la page SCOLARITÉ. LES STADES DE DÉVELOPPEMENT Saviez-vous que les jumeaux ont un développement cognitif distinct? Le fait d’être issus d’une naissance multiple amène des défis supplémentaires dans leur recherche identitaire (Fédération Jumeaux et Plus, 2019). Il est donc essentiel d’accorder une attention particulière aux étapes de développement spécifiques des jumeaux, afin que chacun puisse construire sa personnalité propre. À travers ses nombreuses années de pratique auprès des familles de multiples, le psychologue et gémellologue Fabrice Bak a développé un modèle du développement gémellaire. Son travail définit quatre grandes étapes par lesquelles les multiples évoluent. La fusion gémellaire De la naissance jusqu'à environ 2 ans (bébés) La phase de complémentarité Vers 2 ans jusqu'à 5-6 ans (petite enfance) La première phase d'autonomie Vers 6 ans jusqu'à 11-12 ans (enfance) La deuxième phase d'autonomie De l'adolescence jusqu'à l'âge adulte (début de la puberté) Le comité scientifique de la Fédération Jumeaux et Plus en France précise que certains enfants traverseront ces étapes un peu en avance ou un peu en retard, et que les âges proposés sont indicatifs. LA GÉMELLITÉ PENDANT LA PETITE ENFANCE De la naissance jusqu’à l’entrée à l’école, les multiples traversent les deux premiers stades du développement gémellaire : la fusion gémellaire et la phase de complémentarité. Le premier stade, qui dure jusqu’à environ 2 ans, est marqué par une forte fusion entre les enfants. Il est souvent difficile pour les parents d’entretenir une relation individuelle avec chacun, puisque les besoins des bébés du même âge surviennent en parallèle : boires, changements de couches, sommeil, réconfort. Cette simultanéité renforce naturellement la construction d’une identité gémellaire plutôt que d’une identité personnelle. Cette unification est un phénomène normal et attendu. En effet, il est complexe d’offrir exactement les mêmes réponses parentales à deux bébés en même temps, tout en les différenciant dans les interactions. Les réponses simultanées des adultes peuvent entraîner un léger retard de développement sur certains plans, mais celui-ci se résorbe généralement de lui-même au fil des mois. Vers deux ans, les jumeaux et triplés entrent habituellement dans la phase de complémentarité. Ils commencent à se percevoir comme deux individus distincts. Les apprentissages se poursuivront côte à côte, mais chacun suivra son propre rythme : marche, langage, propreté, autonomie. C’est également à ce moment que les personnalités se précisent. L’environnement familial et les attitudes parentales jouent un rôle clé dans la réussite de cette étape. L’enfant qui présente un retard dans un domaine tend à recevoir davantage d’attention pour rattraper son co-jumeau. Parallèlement, les parents peuvent, sans s’en rendre compte, attribuer à chacun des caractéristiques distinctes pour faciliter la différenciation et soutenir l’individualité. Il est intéressant de noter que cette phase de complémentarité coïncide avec la période de la petite enfance où l’intensité émotionnelle est déjà élevée. Les multiples vivent donc à la fois un développement identitaire complexe et un développement affectif exigeant. Comprendre ces étapes propres aux jumeaux et triplés aide à mieux saisir la profondeur de leur relation. Un accompagnement conscient et réfléchi permet à chaque enfant de développer sa personnalité, sa voix et son sentiment d’unicité, tout en respectant le lien gémellaire. LES DIFFÉRENTS MODÈLES DE RELATIONS GÉMELLAIRES En parallèle des stades de développement, le chercheur français René Zazzo, figure majeure dans l’étude de la gémellité, a identifié plusieurs modèles relationnels observables chez les jumeaux. Ces modèles peuvent varier selon le type de grossesse, le sexe des enfants et leurs tempéraments. Le modèle « fusionnelle » Il est davantage observé chez les jumeaux monozygotes, souvent liés par un effet miroir. C’est ce modèle qui a nourri de nombreux mythes associés à la gémellité, comme la télépathie. Vous pourrez reconnaître ce modèle si : -les enfants se chicanent rarement ou très peu ; -ils recherchent constamment la présence l’un de l’autre ; -la séparation est difficile et leur détente survient au moment des retrouvailles. Le modèle de « dominé-dominant » Plus courant chez les dizygotes, ce modèle peut émerger en raison de différences physiques, de tempéraments ou de développement. L’un peut naturellement prendre plus de place, puis le rôle peut s’inverser selon les situations. Vous pourrez reconnaître ce modèle si : -les enfants se confrontent régulièrement ; -l’un semble souvent prendre le dessus sur l’autre ; -l’un adopte une posture de “parent” ou répond fréquemment à la place de son co-jumeau. Le modèle « relation de couple » Il ne fait pas référence au sexe des enfants, mais au fonctionnement de leur dynamique relationnelle. Vous pourrez reconnaître ce modèle si : -ils semblent se compléter naturellement ; -chacun occupe un rôle défini (par exemple, l’un gère l’extérieur, l’autre l’intérieur) ; -la séparation est difficile pour l’un, car il se sent “incomplet” sans l’autre. Il est essentiel de comprendre que ces modèles ne sont ni figés ni déterminants. Les relations gémellaires évoluent au fil du développement, des contextes de vie, des forces propres à chacun et des expériences personnelles. Les rôles se modifient, se renversent et s’équilibrent au fil du temps. SÉCURITÉ D'ATTACHEMENT CHEZ LES JUMEAUX, COMMENT ÇA SE PASSE? On parle de plus en plus de l’importance de l’attachement lorsqu’il est question du développement des enfants. Brièvement, dès les premiers moments de vie, votre enfant se réfère à vous pour avoir une représentation du monde qui l’entoure. Lorsque vous êtes sensibles aux besoins de votre enfant, c’est-à-dire que vous y répondez de façon adéquate et plaisante, mais aussi dans un délai raisonnable, votre enfant comprend qu’il peut vous faire confiance. C’est à travers votre disponibilité et votre prévisibilité que votre enfant apprend qu’il peut vous utiliser comme base de sécurité. Il sait que vous êtes là pour le protéger lorsqu’il vit de la détresse. Ainsi, au fil du temps, votre enfant deviendra sa propre base de sécurité et utilisera ses ressources personnelles pour s’accomplir et affronter les défis de la vie. Le hic est que l’on aborde souvent ce thème sous la loupe des parents de singletons. Devoir répondre aux besoins de deux ou trois bébés n’est pas une mince tâche, même que cela peut être impossible par moment. Le temps du parent qui est accordé à chaque enfant individuellement est inévitablement réduit, mais rassurez-vous, les jumeaux et les triplés peuvent tout autant développer un attachement sécurisant envers leurs parents. Au-delà de l’attention accordée à chaque enfant, c’est la sensibilité parentale qui joue un rôle important. Concrètement, si un de vos bébés pleure, il vous signale un besoin. Si l’autre est calme, il n’en signale pas. Bien sûr que le plus calme mérite aussi votre attention, mais, dans cet instant précis, nul besoin d’aller au-devant de ses besoins. Faites-lui confiance qu’il saura vous aviser en temps et lieu. La mobilisation du réseau de soutien prend également tout son sens ici pour les moments où vos enfants expriment des besoins simultanément. Pour finir, sachez que vos enfants développeront aussi un lien d’attachement entre eux. Beau plus non? LES RELATIONS FRATERNELLES ET LEUR IMPACT SUR LE DÉVELOPPEMENT Étant moi-même jumelle, je me suis souvent questionnée sur la nature du lien qui unit les jumeaux et sur les raisons pour lesquelles il est si difficile à expliquer pour ceux qui le vivent, mais aussi si complexe à comprendre pour ceux qui l’observent de l’extérieur. Qu’est-ce qui distingue les liens entre jumeaux de ceux qui unissent les autres membres de la fratrie? En quoi le développement des multiples diffère-t-il de celui des singletons? Mes rencontres auprès d’une soixantaine de jumeaux, mes lectures et la collaboration précieuse du psychologue cognitiviste et gémellologue Fabrice Bak m’ont confirmé une chose essentielle : être jumeau ou jumelle, ce n’est pas vivre une enfance comme les autres. Bien qu’on idéalise souvent la relation gémellaire, celle-ci évolue, se transforme et fluctue selon les étapes de vie, les expériences et la manière dont la société perçoit les jumeaux. Cette perception extérieure peut d’ailleurs influencer nos comportements : il arrive que des multiples adoptent inconsciemment une attitude « fusionnelle », répondant aux attentes culturelles, même lorsque cette dynamique ne reflète pas leur vécu réel. LA FRATRIE Le premier lien que nous construisons est celui avec notre mère, pendant la grossesse. Dès la naissance, s’ajoute celui avec nos deux parents, puis, lorsque nous avons des frères et sœurs, la relation fraternelle. Ce lien débute dès l’arrivée de chaque enfant dans la famille et se transforme graduellement en lien d’amitié selon les personnalités, les affinités et les expériences partagées. Les relations fraternelles constituent la base de nos interactions futures. Elles nous enseignent comment prendre notre place, comment partager, comment s’affirmer et comment cohabiter au sein d’un groupe. Le rang dans la fratrie influence aussi le développement : l’aîné sert de modèle et de repère, le cadet bénéficie de sa protection et de ses apprentissages. Dans les premières années de vie, les filles développent en moyenne plus rapidement leurs capacités verbales, tandis que les garçons progressent plus souvent en motricité. Puis, entre 2 et 6 ans, l’enfant s’ouvre aux autres : amis, garderie, école. Cette période marque le début de l’autonomie et des premières relations sociales significatives. LES PARTICULARITÉS DU LIEN GÉMELLAIRE Chez les jumeaux, le lien se tisse avant même la naissance. Ils partagent le même utérus, interagissent dans l’espace intra-utérin et ressentent déjà la présence de l’autre. Cette proximité physique et psychologique crée un terrain propice à une intimité unique. Chez les jumeaux identiques, cette intensité est parfois accentuée par le partage du même bagage génétique, parfois du même sac amniotique ou même du même placenta. Mais qu’ils soient monozygotes, dizygotes ou trizygotes, le lien se développe dès la conception, ce qui renforce naturellement leur relation. Cette proximité peut être facilitante (adaptation à la garderie, transitions, activités), mais aussi déstabilisante puisqu’ils partagent le même âge et la même position familiale. Chaque enfant doit alors trouver sa place à la fois au sein de la famille… et auprès de son co-jumeau. Concernant le développement moteur et verbal, les jumeaux identiques et ceux de même sexe tendent à évoluer en fonction du rythme de l’autre, tandis que les jumeaux non identiques de sexes différents suivent davantage la trajectoire développementale propre à leur sexe. AFFIRMATION DE SOI ET CONSTRUCTION IDENTITAIRE Chez les jumeaux identiques, l’inné (génétique) et l’acquis (expériences, environnement) façonnent deux personnalités distinctes. Leur ressemblance physique renforce autant leur complicité que leur rivalité. Elle les rapproche, mais peut aussi rendre la différenciation plus complexe. Comme dans toute fratrie, une hiérarchie existe aussi chez les jumeaux et influence leur construction identitaire. Celui qui naît en premier peut, dans certains contextes, être perçu comme un modèle. Le cadet s’y ajuste en fonction de sa propre personnalité, parfois en développant plus de dépendance ou au contraire un désir accru de se distinguer. Dans certaines familles, le plus vieux est privilégié dans certaines sphères, volontairement ou non. Cela peut générer : – chez l’aîné : un sentiment de responsabilité ou même de culpabilité ; – chez le cadet : une impression d’être en retrait ou de devoir « compenser » ; – chez les deux : une dynamique dominant-dominé qui n’est pas toujours représentative de leur véritable relation. Dans les trios (triplés), l’enfant du milieu doit souvent s’affirmer davantage. Il peut jouer le rôle de médiateur entre l’aîné et le cadet, alors que des duos temporaires peuvent se former et se défaire selon les intérêts, les affinités ou les étapes du développement. L’objectif essentiel pour les parents est de soutenir la différenciation : permettre à chaque enfant de développer sa personnalité, ses intérêts et son identité propre, sans nier la relation gémellaire particulière qui les unit. DÉVELOPPER LA CONFIANCE PERSONNELLE DE NOS MULTIPLES Il est indéniable que la confiance qu'un enfant développe en bas âge a des répercussions sur sa confiance en lui à l'âge adulte. Cette réalité peut entraîner une pression chez de nombreux parents, surtout lorsqu'il s'agit de créer les conditions nécessaires au développement de cette confiance non pas seulement chez un, mais chez deux ou trois enfants du même âge et au même stade de développement. Ainsi, l'objectif n'est pas d'ajouter au stress parental, mais bien au contraire de transmettre quelques stratégies qui pourront aider à agir au mieux, car c'est finalement ce qui importe le plus. Faire de son mieux avec les ressources dont nous disposons. Chaque situation familiale est unique. Vous allez probablement apprendre des choses dans ce texte, et si vous ne les connaissiez pas auparavant, vous pourrez peut-être agir différemment à partir de maintenant, mais certainement pas à 100 % du temps, car la perfection n'existe pas. Vous pourrez voir qu’il est alors possible de faire de la réparation relationnelle. ÉVITER LES COMPARAISONS Les comparaisons au sein de la fratrie sont souvent présentes dans de nombreuses familles. Il n'est pas rare d'entendre des phrases telles que « Ton frère ne fait pas ça lui, pourquoi ne fais-tu pas comme pas comme lui ? ». Parfois, ces comparaisons viennent de l'extérieur comme à la rentrée scolaire où une enseignante pourra dire à un enfant : « J'ai eu ton frère l'année dernière, j'espère que ce sera aussi facile avec toi! ». Malgré l'intention bienveillante qui se cache derrière ces remarques, ce type de comparaison ne favorise pas la confiance en soi, mais induit plutôt une pression et instaure un climat de compétition entre les membres de la fratrie. Dans le cas des jumeaux ou des triplés, la probabilité qu’ils soient comparés est encore plus élevée. Les parents, les membres de la famille élargie ou d'autres personnes extérieures peuvent avoir tendance à les comparer pour les différencier : « Qui est le plus sportif ? Celle-ci écoute plus les consignes que l’autre, etc. » En tant que parents, il est important de poser des limites vis-à-vis de ces comparaisons pour le bien-être de l'enfant. On peut expliquer que cela génère de la jalousie et de la compétition, et que cela peut affecter leur estime de soi. L'enfant peut être comparé, mais à lui-même. Par exemple, « Regarde comment tu as amélioré ton écriture depuis l'année dernière, peux-tu me dire ce que tu as mis en place pour y arriver ? » Ou encore : « Remarques-tu la différence dans ta gestion de la colère quand tu es avec tes amis et quand tu es avec tes sœurs ? Pourquoi penses-tu que tu communiques à tes amis quand tu es contrarié, mais que tu cries quand tu es avec tes sœurs ? Viens, nous allons regarder cela ensemble ». ÊTRE ÉQUITABLE NE SIGNFIE PAS TOUJOURS IDENTIQUE Avez-vous déjà été dans une situation ou l'un de vos petits crie à l'injustice en vous mentionnant que c'est injuste puisque sa sœur a une nouvelle casquette mais pas lui ? Que faire dans ce genre de situation ? En tant que parents, nous souhaitons que nos enfants aient le sentiment que nous les aimons tous de la même manière et que nous agissons de manière équitable avec chacun d'eux. C'est tout à fait légitime. Cependant, cela suppose que les enfants sont identiques et ont les mêmes besoins. Est-ce vraiment le cas ? Non, puisque chaque enfant est unique et a des besoins spécifiques, incluant les monozygotes. Même en étant au même stade de développement, chacun ont leur tempérament et leurs enjeux. De ce fait, nos interventions en tant que parents seront orientées en fonction de leurs besoins individuels. Par exemple, une de mes jumelles peut accepter qu’on se sépare plus rapidement et de façon différente au dodo, alors que sa co-jumelle a besoin que la routine soit plus longue et surtout plus en douceur, sans quoi, elle s’endort plus difficilement. Ainsi, j’adapte la routine du dodo en fonction de qui elles sont. Il est possible qu'à certains moments, l'un des enfants ait le sentiment de ne pas être privilégié. On peut expliquer aux enfants la différence entre équité et égalité : « Je comprends que tu aies l'impression que ce n'est pas juste, mais ta sœur avait besoin d'une casquette tandis que la tienne est encore en bon état. Souviens-toi de la semaine dernière, tu as eu des pantalons alors que ta sœur n'en avait pas besoin. Cependant, tu as le droit de trouver cela injuste, car je comprends que tu aurais aimé avoir une nouvelle casquette ». On valide les émotions que l'enfant ressent, mais on recadre la situation en mettant en lumière les besoins de chacun. L'enfant devra tolérer un refus à un désir, mais se sentira entendu malgré le refus. Cela ne garantit pas que l'enfant coopérera immédiatement, mais en agissant de cette manière, les réactions auront tendance à être moins vives, car l'enfant reconnaîtra qu'il y a des moments où c'est lui qui reçoit quelque chose et d'autres où c'est son frère ou sa sœur, mais que les émotions ont le droit d'être exprimées. Le piège de vouloir être constamment égal peut conduire à des comparaisons constantes et à une crise d'injustice à la moindre différence de traitement. Ainsi, dans certaines situations, il est préférable de pratiquer la tolérance à la différence. Par exemple, lorsqu'on sert du jus aux enfants et qu'ils n'ont pas tous le même niveau dans leur verre, on peut explorer avec eux leurs ressentis, tolérer leur mécontentement sans chercher à rendre le tout identique, car on veut leur transmettre le message que la différence n'enlève rien à la valeur de la personne. Autrement, on peut les laisser se servir eux-mêmes afin qu'ils contribuent à résoudre leurs propres problèmes, mais sans encourager la recherche de similitude en remplissant les verres de façon identique. Maintenant, si vous choisissez d'intervenir en remplissant les verres de manière équitable, c'est tout à fait acceptable, mais rappelez-vous que ce sont ces petites occasions de la vie quotidienne qui nous permettent d'avoir des discussions enrichissantes sur la comparaison avec les enfants. LA STRATÉGIE DES ROCHES Afin d'aider les enfants à visualiser de manière concrète un concept abstrait tel que « ça ne t'enlève rien quand je complimente ton frère », je vous présente une capsule explicative. L'objectif de cette stratégie est d'enseigner aux enfants, à travers le jeu, que nos forces et nos capacités ne peuvent pas nous être enlevées. Plus nous reconnaissons nos propres forces et nos difficultés, moins les commentaires que les autres reçoivent nous affectent, voire nous rendent fiers et heureux pour eux. Play Video Facebook Twitter Pinterest Tumblr Copy Link Link Copied La comparaison étant fréquente au sein de la fratrie, il est intéressant de réaliser cette activité en famille, ce qui permettra de créer un ancrage pour l'avenir. Ainsi, vous pourrez entendre vos enfants exprimer leurs craintes selon lesquelles un commentaire adressé à un membre de la fratrie les rendrait insécurisés dans leur relation avec vous. Par exemple, l'enfant pourrait vous dire : « Maman, j'ai peur que tu m'enlèves une roche en disant à ma sœur qu'elle est bonne en mathématiques », à quoi vous pourriez répondre : « Tu as bien fait de m'en parler, mon amour. Tu as l’impression que je voulais dire qu’elle était meilleure que toi ? Ce n’est pas ce que je voulais dire, mais je comprends ce que tu ressens. Parfois, on a l'impression d'avoir moins de valeur quand les autres sont récompensés, mais rappelle-toi les roches, est-ce que j’ai pris une de tes roches pour la donner à ta sœur ? » En conclusion, si vous vous trouvez parfois à comparer vos enfants, gardez votre calme ; cela ne signifie pas qu'il est impossible de rectifier le tir. Il est tout à fait possible d'aller vers l'enfant et de faire amende honorable et ainsi faire de la réparation relationnelle. Par exemple, dans une situation où un parent compare les enfants parce qu'un des jumeaux se couche facilement tandis que l'autre a du mal à rester au lit, on pourrait rectifier la comparaison de la manière suivante : « Papa est désolé, cela ne s'est pas passé comme je l'avais prévu. J'ai comparé tes habitudes à celles de ta sœur, et cela n'a probablement pas été utile, n'est-ce pas ? Tu as dû ressentir que tu n'étais pas à la hauteur, et ce n'est pas le cas. J'aimerais qu'on réfléchisse ensemble à ce dont tu as besoin pour que la routine du coucher te convienne mieux, car je vois que c'est difficile pour toi, et c'est tout à fait normal. Nous allons prendre le temps d'adapter ce qui fonctionne pour toi. » La relation de confiance se construit conjointement entre le parent et l'enfant, et le fait d'impliquer l'enfant dans la discussion pour qu'il partage son vécu et ses émotions contribue au développement de son estime de soi, car il se sentira vu et entendu. Q&R AVEC L'ÉQUIPE D'OLIE SUR L'INTIMITÉ CHEZ LES JUMEAUX 1. Jusqu’à quel âge mes multiples devraient prendre leur bain/douche ensemble? Y a-t-il une différence s’ils ne sont pas du même sexe? L'âge auquel vos enfants multiples devraient prendre leur bain ou leur douche ensemble dépend vraiment des enfants. En général, tant que cela reste une expérience positive et confortable pour eux, il n'y a pas vraiment de limite d'âge fixe. Au fur et à mesure que les enfants grandissent et commencent à développer leur propre identité et leur propre intimité, ils peuvent commencer à préférer prendre leur bain ou leur douche séparément. Cela peut se produire à des âges différents pour chaque enfant, et c'est tout à fait normal. Il est essentiel de rester attentif aux signaux de confort ou d’inconfort de vos enfants. Vous pouvez certainement leur demander leur avis, mais soyez également attentif aux signes non verbaux qui pourraient indiquer qu'ils se sentent mal à l'aise. Si l'un des enfants exprime le besoin d'intimité ou montre des signes de malaise, il est important de respecter son intimité et d'adapter les pratiques en conséquence. De même, si vous remarquez des comportements qui pourraient indiquer un manque de respect des limites personnelles, comme des questions ou des touchers inappropriés, il est important d'intervenir et de donner plus d’intimité à chacun. Et si vos enfants sont de sexes différents, cela ne change habituellement pas vraiment la situation. Cependant, il est possible que vous remarquiez des signes d'inconfort plus rapidement entre ceux qui ne sont pas du même sexe, en raison de différences potentielles dans les niveaux de confort ou d'intimité. En résumé, il n'y a pas de règle stricte en matière d'âge pour que les enfants multiples prennent leur bain ou leur douche ensemble. Cela dépend vraiment de leur confort et de leur niveau de développement individuel. 2. Quoi faire lorsque mes petits commencent à découvrir leur corps et celui de leur co-jumeau? L'exploration et la découverte du corps sont des éléments tout à fait naturels dans le développement psychosexuel des enfants. C'est une partie essentielle de leur croissance et de leur compréhension du monde qui les entoure. En tant que parent, il est suggéré de reconnaître et de respecter cette curiosité innée, en offrant un environnement sécuritaire et sans jugement où vos enfants peuvent explorer librement. Permettez-leur de poser des questions et de discuter ouvertement de leurs découvertes avec vous. Encouragez-les à exprimer leurs sentiments et leurs préoccupations, et assurez-leur qu'ils peuvent vous parler en toute confiance. Montrez-leur que vous êtes là pour les soutenir et les guider à mesure qu'ils naviguent à travers cette étape importante de leur développement. Il est également important de comprendre que, dans la plupart des cas, il n'est pas nécessaire d'intervenir activement dans le processus d'exploration de vos enfants. Les laisser découvrir de manière autonome leur propre corps et celui de leur jumeau, dans un environnement d’exploration mutuelle, est souvent la meilleure approche pour favoriser un développement sain et positif. Les jeux d'exploration entre jumeaux ne sont pas plus choquants qu'avec leurs amis, bien au contraire, car ils évoluent dans un environnement où la confiance mutuelle est déjà établie. C'est à travers cette exploration que les enfants apprennent à se connaître intimement, à comprendre les différences entre les corps et à développer une relation positive avec l'anatomie. Permettre aux enfants d'explorer leurs corps contribue également à leur développement émotionnel, où ils apprennent à reconnaître et à gérer leurs émotions, tout en cultivant une relation de respect et d'acceptation envers les autres. C'est aussi une leçon de vie, où les enfants apprennent les bases du consentement et du respect des limites personnelles. C'est reconnaître leur humanité, leur curiosité naturelle et leur besoin de comprendre le monde qui les entoure. C'est leur donner les outils nécessaires pour devenir des adultes confiants, autonomes et respectueux d'eux-mêmes et des autres. Cependant, restez attentif aux signes de malaise ou de comportement inapproprié entre vos enfants tels que mentionnés ci-haut. Si vous remarquez des situations qui pourraient indiquer un manque de respect des limites personnelles ou une gêne, intervenez de manière appropriée. Un comportement d'exploration sain c’est lorsque les enfants sont curieux de leur propre corps et de celui des autres, dans le respect des limites personnelles et du consentement mutuel, sans contrainte ni coercition. En revanche, un comportement inquiétant peut inclure des comportements secrets, des tentatives de cacher leurs actions, des activités qui semblent forcées ou non consensuelles, ou des comportements qui dépassent les limites de l'âge et du développement de l'enfant. 3. Où est la limite de la curiosité et de l’exploration avec la fratrie? Dans le développement psychosexuel des enfants, il doit y avoir des limites claires pour guider leur curiosité et leur exploration, surtout lorsqu'il s'agit de leurs interactions avec leurs frères et sœurs. Ces limites visent à préserver le respect mutuel, la sécurité et le bien-être émotionnel de chacun. Comment savoir si on demeure dans le cadre de comportements exploratoires normaux et appropriés pour leur niveau de développement? Tout simplement l orsque les enfants se sentent à l'aise et que leurs interactions restent empreintes de curiosité saine, sans intention cachée ni motif préoccupant. Cependant, certains comportements peuvent être considérés comme inquiétants s'ils dépassent certaines limites. Par exemple, si les gestes d'exploration deviennent trop fréquents ou envahissants ou s'ils sont associés à des intentions inappropriées ou à une pression exercée sur un frère ou une sœur, cela pourrait indiquer un besoin d'intervention et de clarification des limites. Il est également important de rester attentif à la réciprocité des interactions entre les enfants. Si l'un des enfants semble moins à l'aise ou manifeste des signes de malaise face aux interactions de l'autre, cela peut être un indicateur que les limites sont franchies et qu'une discussion sur le respect mutuel et le consentement est nécessaire. 4. Comment assurer une intimité à mes enfants lorsqu’ils partagent leur chambre? Que ce soit par choix ou par nécessité, partager une chambre peut être une expérience enrichissante, mais cela nécessite une gestion réfléchie pour garantir que chaque enfant se sente respecté et à l'aise dans son propre espace. Tout d'abord, il est important d'établir des limites physiques claires dans la chambre. Cela peut être réalisé en créant des zones définies pour chaque enfant, où ils peuvent avoir leur propre espace personnel pour jouer, étudier et se détendre. Des étagères, des séparateurs d'espace ou même des rideaux peuvent être utilisés pour délimiter visuellement ces zones, offrant ainsi à chaque enfant un sentiment d'intimité et d'autonomie. Il est suggéré de respecter le besoin de chaque enfant d'avoir des moments de solitude. Encouragez-les à communiquer leurs besoins et à convenir de périodes où ils peuvent avoir la chambre pour eux-mêmes. Ensuite, soyez attentif aux signes non verbaux de vos enfants. Même s'ils ne peuvent pas toujours exprimer verbalement leurs besoins, vous pouvez souvent comprendre leur état émotionnel en observant leur langage corporel et leur comportement. Soyez attentif aux signes de malaise ou de frustration, et intervenez si nécessaire pour résoudre les conflits ou répondre à leurs besoins. Assurer l'intimité à vos enfants lorsqu'ils partagent leur chambre est un aspect essentiel de leur bien-être et de leur développement. 5. Avez-vous des conseils lorsque mes jumeaux entrent dans la super phase « pipi-caca-hahaha La clé est souvent de les laisser faire. Après tout, c'est une étape normale du développement des enfants, et ils explorent simplement leur monde avec amusement et curiosité. Plutôt que de réprimer leur enthousiasme, essayez de leur expliquer calmement que ces mots sont tout aussi ordinaires que les autres. Vous pouvez intervenir lorsqu'ils utilisent des mots qui décrivent le corps humain et ses fonctions de façon humoristique en rappelant que celles-ci font partie du quotidien de tous les humains. En adoptant une attitude décontractée et en leur montrant que vous prenez leur fascination avec légèreté, vous pouvez souvent désamorcer la situation. C'est une belle occasion pour les encourager à poser des questions et à explorer leur monde avec curiosité, tout en leur apprenant l'importance du respect et de la décence envers les autres. COMMENT ENCOURAGER L'INDIVIDUALITÉ DE NOS MULTIPLES Les recherches des dernières années nous ont appris que pour aider les jumeaux, triplés et quadruplés à développer leur plein potentiel, il est essentiel de leur offrir l’espace pour exprimer leurs besoins individuels. Favoriser leur autonomie ne signifie pas nier leur lien unique, bien au contraire. Il s’agit plutôt de trouver un équilibre entre leur individualité et leur complicité naturelle. L’objectif est simple : permettre à chaque enfant d’être reconnu comme une personne entière, tout en respectant la relation privilégiée qu’il entretient avec son ou ses co-jumeaux. Voici plusieurs actions concrètes qui peuvent faire une réelle différence dans leur développement identitaire. Utilisez leurs prénoms et encouragez votre entourage à faire de même. Les appellations « les jumeaux » ou « les triplés » sont pratiques, mais elles effacent l’individualité. Nommer chaque enfant renforce leur identité personnelle. Encouragez-les à corriger poliment lorsqu’on les confond. Apprenez-leur à dire : « Moi, c’est X ». Cela développe la confiance en soi et le respect de soi. Prenez des photos individuelles (et notez qui est qui). En plus d’être de doux souvenirs, ces photos permettent aux enfants de se voir comme des individus distincts. Aidez-les à être différenciés visuellement dès le plus jeune âge. Des vêtements, une coiffure, une couleur attitrée… Des petites différences aident vous, mais aussi la famille, les enseignants et les éducateurs. Pratiquez l’exercice du miroir vers 18-24 mois. Regardez le miroir ensemble et nommez : « Voici ta main », « Voici ton chapeau ». Cette activité aide énormément les enfants à comprendre la différence entre être jumeau… et être deux personnes. Encouragez l’expression de leurs préférences. Même si les choix sont identiques, le simple fait de choisir renforce l’autonomie : vêtement du jour, collation, jouet, activité, etc. Célébrez leurs anniversaires individuellement. Chantez deux ou trois fois. Offrez deux petits gâteaux si possible. Un moment pour chacun renforce leur sentiment d’exister par eux-mêmes. Aidez-les à s’affirmer lorsque l’un influence trop l’autre. Simplement dire : « Tu peux choisir quelque chose de différent si tu veux » ouvre la porte au développement personnel. Encouragez la création d’amitiés distinctes. Lorsqu’une occasion se présente (fête d’enfant, visite, activité), laissez-les tisser leurs propres liens. Si possible, proposez des activités différentes. Ce n’est pas toujours simple, mais c’est l’une des meilleures façons de soutenir leur identité propre. Évitez les comparaisons. Remplacez « Lui, il marche déjà » par « Tu progresses très bien à TON rythme ». PASSER DU TEMPS AVEC CHAQUE ENFANT Passer du temps séparément avec chacun de vos enfants est un cadeau précieux… mais soyons honnêtes : ce n’est pas toujours simple dans une famille de multiples! L’important n’est pas la durée, mais la qualité du moment. Voici quelques pistes réalistes pour y parvenir : Offrez un contact visuel et des paroles adressées à un seul enfant à la fois, même quelques secondes. Accueillez l’idée qu’ils n’ont pas besoin d’être ensemble à tout moment. Planifiez un mini moment de qualité avec l’un : une course, une balade, un bain, un jeu rapide. Lorsqu’un enfant est malade, déposez les autres au service de garde : profitez-en pour un moment précieux en tête à tête. Pendant le souper ou la routine du soir, parlez à chacun séparément (« Raconte-moi une chose que toi, tu as aimée aujourd’hui »). Créez un petit rituel personnalisé : une comptine, une blague, un geste, un secret doux à vous deux. Donnez les bains séparément quand c’est possible — même cinq minutes suffisent. N’oubliez pas les aînés : eux aussi ont besoin d’un espace pour exister en dehors de la gémellité. Aidons nos enfants à se voir comme des individus à part entière, qui ont la chance d’être liés par une relation extraordinaire. Ils n’ont pas besoin de recevoir la même chose… mais de recevoir ce dont chacun a besoin. Ne laissons pas la culpabilité guider notre parentalité. Offrons-leur plutôt une présence ajustée, chaleureuse et adaptée à leur personnalité. C’est ainsi que nous les aiderons à devenir des adultes solides, confiants et pleinement eux-mêmes… tout en préservant la magie du lien gémellaire. Qu'en est-il de l'attachement en contexte de naissance multiple? Docteur Lamy élabore sur le sujet dans cette capsule! Regarder la capsule Doit-on s’attendre à ce que le développement des jumeaux soit synchronisé? Et connaissez-vous le langage secret des jumeaux ? Voir la page LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER : Jumeaux : un développement différent des enfants uniques Source: Parents.fr Spécificité de l’attachement chez les jumeaux et impact sur leur mode relationnel Source: louvainmedical.be Les jumeaux et leurs différences Source: Naître et grandir Sources : Bernard, J. et de Becker, E. (2013). La question de la différenciation dans le lien gémellaire: quand les différences ne suffisent pas à les différencier. Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence, 61, 60-65. http://dx.doi.org/10.1016/j.neurenf.2012.11.002 Boulanger, L. (2021). La face cachée de la gémellité : jumeaux, de la conception à la mort. Les éditions de l’Apothéose. Cassidy, J., & Shaver, P. R. (2016). Handbook of attachment: theory, research, and clinical applications (3rd edition). Third edition. The Guilford Press. Zazzo, R. (1985). Le paradoxe des jumeaux. Enfance, 38(1), 99–100. https://www.persee.fr/doc/enfan_0013-7545_1985_num_38_1_2866_t1_0099_0000_2 Friedman, J. A. (2013). Parenthood & twins. Joan A. Friedman, PhD. https://www.joanafriedmanphd.com/parenthood-twins/ Golombok, S., Olivennes, F., Ramogida, C., Rust, J., Freeman, T., & Follow-Up Team (2007). Parenting and the psychological development of a representative sample of triplets conceived by assisted reproduction. Human reproduction (Oxford, England), 22(11), 2896–2902. https://doi.org/10.1093/humrep/dem260 O'Connor, T. G., & Croft, C. M. (2001). A twin study of attachment in preschool children. Child development, 72(5), 1501–1511. https://doi.org/10.1111/1467-8624.00362 Piontelli, A. (2002). Twins: From Fetus to Chils. Routledge. Tancredy, C. M., & Fraley, R. C. (2006). The nature of adult twin relationships: an attachment-theoretical perspective. Journal of personality and social psychology, 90(1), 78–93. https://doi.org/10.1037/0022-3514.90.1.78 Thorpe, K., Greenwood, R., Eivers, A., & Rutter, M. (2001). Prevalence and developmental course of 'secret language'. International journal of language & communication disorders, 36(1), 43–62. Thorpe K. (2006). Twin children's language development. Early human development, 82(6), 387–395. https://doi.org/10.1016/j.earlhumdev.2006.03.012 Witte, A. M., Runze, J., van IJzendoorn, M. H., & Bakermans-Kranenburg, M. J. (2023). Parents' secure base script knowledge predicts observed sensitive caregiving and discipline toward twin children. Journal of family psychology : JFP : journal of the Division of Family Psychology of the American Psychological Association (Division 43), 37(7), 966–976. https://doi.org/10.1037/fam0001091 PARENTALITÉ AVEC DES JUMEAUX OU DES TRIPLÉS Je veux m'y préparer !

View All

Blogue (28)

  • Le Brouhaha des fêtes

    Crédit photos: Wix Un texte de Audrey-Anne Grou, travailleuse sociale et médiatrice familiale chez la clinique Chêne & Roseau. Je débute ce texte en levant mon café presque chaud à vous, chères mères de multiples! Vous êtes passées au travers du brouhaha des fêtes en un seul morceau (ou presque!). Soyons honnêtes, mais quel joyeux calvaire que représente la période de Noël. Entre le chandail rouge avec des sapins verts et des guirlandes dorées exigé par la garderie pour hier, les bisous de matante chose qui trouve que vos petits sont trop mignons et les réunions de famille où chacun vous fait cadeau de son conseil non sollicité sur la façon dont vous devriez élever vos enfants, il est parfois difficile de trouver son souffle et de se connecter avec la magie de Noël. Ah, j’oublie aussi les joyeux virus qui se pointent souvent sans invitation et qui collent aussi longtemps que les lutins coquins. D’ailleurs, qui s’est dit que la période de Noël manquait de charge mentale et que ce serait une bonne idée d’ajouter un intrus qui chaque nuit fait le bordel et ne ramasse pas ses dégâts? Clairement pas un parent de multiples... En ce début d’année, je vous invite non pas à prendre huit nouvelles résolutions mais bien à détendre votre système nerveux qui a été largement surchargé dans les dernières semaines. Votre corps est parfait et vous faites du sport chaque jour en courant autour de la voiture pour attacher vos multiples dans leurs bancs d’auto. Je vous invite à reconnecter avec des petits plaisirs simples qui sont faciles à intégrer dans votre quotidien et qui vont vous permettre de décharger tout le stress accumulé pendant ces semaines ultra chargées. Cela peut se faire en prenant l’air quelques minutes, en buvant un café chaud, en ayant une discussion avec un autre adulte sans interruption constante, en lisant ou en écoutant une série chouchou. Votre thermomètre d’énergie est possiblement près du point de congélation, après autant de semaines avec la charge mentale en ébullition. Prenez un temps pour reconnaître tout ce que vous avez accompli et laissez votre esprit se déposer tranquillement dans un retour à la routine. Vous pouvez être à la fois déçues que les vacances des fêtes soient terminées et heureuses de récupérer votre corps, votre esprit et votre temps. Ces sentiments contradictoires peuvent coexister et il est important de se donner le droit en 2026 de les ressentir mais également de les verbaliser et de les valider. Il se peut également que, pour toutes sortes de raisons propres à chacune, vous ressentiez un sentiment de tristesse, de culpabilité ou de colère qui ne s’apaise pas en buvant un chocolat chaud dans un bain moussant. Si c’est le cas, n’hésitez pas à demander de l’aide à des professionnelles qui sont là pour vous aider et vous accompagner dans cette parentalité hors norme qui est trop souvent banalisée. Ce que vous faites est extraordinaire et vous l’êtes tout autant. Mettre un genou par terre et demander de l'assistance pour se relever n’est pas un signe de faiblesse, mais au contraire une représentation de force et de puissance. Vous avez passé les dernières semaines à penser à tout le monde et je considère qu’il est maintenant temps que vous pensiez un peu à vous. Contactez-nous au info@mamanspieuvres.com si vous désirez publier un blogue ou un article chez Mamans Pieuvres !

  • Découvertes récentes en neurosciences, démographie et développement

    Crédit photos: Wix Grâce à nos partenaires de recherche chez ICOMBO, nous avons accès aux toutes dernières découvertes concernant les grossesses gémellaires ainsi que sur la santé des familles ayant des enfants issus d'une naissance multiple. Ces études permettent non seulement d'en apprendre davantage sur le phénomène de la gémellité, mais aussi de mieux soutenir les parents dans leur quotidien. Pour plus d'informations, visitez le site web de ICOMBO. Les jumeaux grandissent plus lentement que prévu et ce, dès le premier trimestre. On savait déjà que les jumeaux ont une taille et un poids de naissance inférieurs à ceux des enfants uniques. Cependant, de nouvelles données provenant d’échographies 3D montrent qu’ils sont plus petits beaucoup plus tôt qu’on ne le pensait. Points clés de l’étude : dès 15 semaines de grossesse, les jumeaux (dans des grossesses dichorioniques sans complications) ont moins de tissu adipeux et moins de masse musculaire que les singletons; cela contraste avec les études antérieures utilisant l’échographie 2D, qui montraient un ralentissement surtout au troisième trimestre; les scientifiques ne croient pas que ce ralentissement précoce soit dû à un manque de nutriments, car le placenta est normalement suffisant à ce stade. Ces données soutiennent l’hypothèse d’un mécanisme adaptatif : les jumeaux pourraient se développer plus lentement tôt dans la grossesse pour mieux gérer la demande accrue en ressources dans les derniers mois. Si les résultats sont confirmés, ils pourraient orienter de nouveaux protocoles de surveillance prénatale chez les jumeaux. Pour consulter l'étude en entier: Twins grow more slowly in early pregnancy than previously thought | National Institutes of Health (NIH) L'impact de l'affection maternelle sur la personnalité à long terme. Des chercheurs ont suivi 2 232 jumeaux identiques britanniques de la naissance à l’âge de 18 ans dans le cadre de l’Environmental Risk Longitudinal Twins Study. Leur analyse montre que : l’affection maternelle pendant l’enfance est associée au développement de traits positifs tels que l’ouverture, la conscience professionnelle et l’amabilité; ces traits sont eux-mêmes liés à de meilleurs résultats en termes d’éducation, de santé et de réussite socioéconomique; il est souvent plus difficile pour les mères de jumeaux ou de multiples de consacrer ce temps individuel, ce qui renforce l’importance des politiques de soutien aux familles. Les auteurs insistent sur le rôle essentiel des programmes de soutien parental, des politiques financières familiales, et de l’accès à des soins de santé mentale pour les parents en difficulté. Ces résultats ouvrent la voie à des modèles d’intervention parentale visant à réduire les inégalités en matière de développement socio-émotionnel. Pour consulter l'étude en entier: Nurturing now, thriving later: Twin study demonstrates the lasting power of affectionate mothering Vieillissement cérébral et marqueurs biologiques Alors que la population mondiale vieillit, les maladies liées à l’âge deviennent de plus en plus fréquentes. Les études chez les jumeaux permettent aux chercheurs d’estimer l’impact relatif de la génétique et de l’environnement dans le vieillissement du cerveau. Une équipe de la Vrije Universiteit Amsterdam a analysé 254 jumeaux et membres de fratries provenant du Netherlands Twin Register. Les résultats montrent que : les processus de vieillissement du cerveau sont étroitement liés au vieillissement biologique observé dans le sang; les facteurs environnementaux jouent un rôle majeur dans ce lien; des influences telles que l’alimentation, l’activité physique ou des facteurs présents dès la naissance pourraient être déterminantes. Les auteurs concluent que les biomarqueurs de vieillissement pourraient permettre de prédire l’état de santé futur et d’orienter des interventions ciblées visant à ralentir le vieillissement cérébral. Pour consulter l'étude en entier: Twin study reveals new insights into brain aging - Vrije Universiteit Amsterdam Taux de gémellité en Afrique subsaharienne : tendances et variations Une étude doctorale menée par Adama Ouedraogo a examiné l’évolution des taux de jumeaux dans 42 pays d’Afrique subsaharienne entre 1986 et 2016. Principaux résultats : le taux global est de 17,4 jumeaux pour 1000 naissances, il a très peu changé au fil du temps, contrairement à l’augmentation observée dans les pays développés depuis les années 1970, il pourrait légèrement augmenter d’ici 2050 (prévision : 18,4/1000). Les chercheurs soulignent que plusieurs groupes ethniques ayant des taux élevés de jumeaux appartiennent à la grande famille Bantu.L’étude met en lumière les importants défis de santé publique liés aux grossesses multiples en Afrique : prématurité, faible poids de naissance et risques obstétricaux accrus.Elle souligne aussi l’urgence de mettre en place des stratégies de suivi spécialisé pour les grossesses multiples à haut risque. Pour consulter l'étude en entier: Twin Births in 42 Sub-Saharan African Countries from 1986 to 2016: Frequency, Trends and Factors of Variation | Twin Research and Human Genetics | Cambridge Core À retenir: Les jumeaux montrent un ralentissement de croissance dès le premier trimestre, ce qui pourrait représenter une adaptation prénatale plutôt qu’un signe de carence, un élément important pour améliorer la surveillance et la prise en charge prénatale. L’affection maternelle au début de la vie est associée au développement de traits de personnalité bénéfiques à long terme, mais les parents de multiples ont souvent besoin de soutien supplémentaire pour offrir cette présence individualisée. Les études chez les jumeaux permettent de mieux comprendre le rôle respectif de la génétique et de l’environnement dans le vieillissement, le développement et la santé. Le vieillissement du cerveau est étroitement lié aux marqueurs biologiques du sang, et les facteurs environnementaux, alimentation, activité physique, conditions de vie, jouent un rôle majeur dans cette dynamique. En Afrique subsaharienne, le taux de jumeaux est le plus élevé au monde, avec des variations importantes selon les régions et les groupes ethniques, ce qui soulève des besoins en politiques de santé adaptées aux grossesses multiples. Sources et études consultées: Lay article : Twin study reveals new insights into brain aging – Vrije Universiteit Amsterdam Research article : Epigenetic age acceleration in peripheral blood correlates with brain-MRI age acceleration  — Brain (Oxford Academic) Research article : Twin Births in 42 Sub-Saharan African Countries from 1986 to 2016: Frequency, Trends and Factors of Variation  — Twin Research and Human Genetics Lay article : Nurturing now, thriving later: Twin study demonstrates the lasting power of affectionate mothering Research article : Parenting in childhood predicts personality in early adulthood: A longitudinal twin-differences study Lay article : Twins grow more slowly in early pregnancy than previously thought — NIH Research article : Fetal Body Composition in Twins and Singletons

  • Jumeaux et science : les découvertes qui nous concernent

    Crédit photos: Wix Grâce à nos partenaires de recherche chez ICOMBO, nous avons accès aux toutes dernières découvertes concernant les grossesses gémellaires ainsi que sur la santé des familles ayant des enfants issus d'une naissance multiple. Ces études permettent non seulement d'en apprendre davantage sur le phénomène de la gémellité, mais aussi de mieux soutenir les parents dans leur quotidien. Pour plus d'informations, visitez le site web de ICOMBO. Le syndrome du jumeau disparu ( Vanishing Twin Syndrome ) Il arrive parfois, au tout début d’une grossesse multiple, qu’un bébé cesse de se développer et « disparaisse » lors d’une échographie . C’est ce qu’on appelle le syndrome du jumeau disparu. Bien que décrit depuis 1945, il n’existe toujours pas de protocoles clairs pour la prise en charge, ce qui pose des défis en matière de soins, de communication et de soutien émotionnel. Une étude récente met en évidence l’importance de développer des lignes directrices officielles ainsi que des ressources éducatives adaptées, afin d’améliorer le vécu des co-jumeau et de leurs familles. Pour consulter l'étude en entier: https://medrxiv.org/cgi/content/short/2024.10.04.24314916v1 Les grossesses monochorioniques-diamniotiques (mono-di) Les grossesses de type mono-di (un placenta, deux poches amniotiques) sont des grossesses à haut risque nécessitant une surveillance étroite. Une enquête réalisée auprès de 624 participants ayant vécu une grossesse mono-di a exploré l’usage des réseaux sociaux dans le suivi médical. Les résultats démontrent que ces communautés en ligne représentent une source d’information et de soutien précieuse, et qu’elles influencent parfois la prise de décision clinique. Les auteurs recommandent aux professionnels de santé d’intégrer ces réalités dans leur pratique et d’être prêts à répondre aux questions issues de ces groupes. Pour consulter l'étude en entier: Like and share: A mixed-methods cross-sectional survey of social media use during monochorionic diamniotic twin pregnancies - ScienceDirect Le développement psychomoteur des jumeaux Une étude longitudinale menée au Japon, incluant plus de 98 000 enfants uniques et 1 600 jumeaux, a montré que les jumeaux présentent un retard global de développement psychomoteur   durant la petite enfance, comparativement aux singletons. Cet écart diminue progressivement mais reste perceptible à l’âge de 3 ans. Les principaux facteurs identifiés sont la prématurité et le poids de naissance plus faible. Les jumeaux monozygotes affichent un léger retard supplémentaire par rapport aux dizygotes, mais la différence demeure minime. Pour consulter l'étude en entier: Chorionicity and Psychomotor Development From Infancy to Childhood: The Japan Environment and Children's Study - PubMed Les comportements alimentaires chez les multiples Les comportements de suralimentation émotionnelle ont été étudiés chez les jumeaux depuis la petite enfance jusqu’à l’adolescence. Les résultats démontrent que, durant les premières années, ce comportement est principalement influencé par l’environnement familial partagé, et que la génétique ne joue qu’un rôle marginal. En revanche, à l’adolescence, les facteurs héréditaires prennent une importance plus grande. Ces conclusions suggèrent que les interventions de prévention devraient cibler prioritairement la petite enfance, période cruciale pour l’acquisition des habitudes alimentaires. Pour consulter l'étude en entier: The development of emotional overeating: a longitudinal twin study from toddlerhood to early adolescence | International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity | Full Text La santé cardiaque des mamans de jumeaux Les recherches montrent que le risque d’hospitalisation pour maladie cardiovasculaire est doublé dans l’année suivant un accouchement gémellaire, comparativement aux grossesses simples. Ce risque est encore plus marqué en cas d’hypertension gravidique. Toutefois, après un an, la mortalité (toutes causes confondues) est plus élevée chez les mères de grossesses uniques ayant eu des complications d’hypertension que chez celles ayant porté des jumeaux. Ces données soulignent la nécessité d’un suivi prolongé des grossesses multiples, notamment en cardiologie, jusqu’à un an post-partum. Pour consulter l'étude en entier: https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article-abstract/doi/10.1093/eurheartj/ehaf003/7989629 La sclérose en plaques et les études chez les jumeaux Une étude chez les jumeaux a montré qu’un jumeau identique a un risque de 25 % de développer la maladie de la sclérose en plaques, si son frère ou sa sœur est atteint. Les chercheurs ont identifié un rôle clé des lymphocytes T CD8+, dont l’activation précoce et la migration vers le cerveau pourraient contribuer au déclenchement de la SEP. Ces résultats désignent les CD8+ comme une cible thérapeutique prometteuse et ouvrent la voie à des stratégies de dépistage précoce, avant l’apparition de lésions neurologiques irréversibles. Pour consulter l'étude en entier: Twin study identifies early immunological and metabolic dysregulation of CD8+ T cells in multiple sclerosis | Science Immunology À retenir: Les grossesses multiples comportent des défis particuliers, autant pour la maman que pour les bébés. Les recherches avancent et permettent d’adapter le suivi médical et le soutien offert aux familles. L’environnement familial joue un rôle clé dans plusieurs aspects du développement et de la santé des enfants. Les mamans de jumeaux doivent être suivies de près après l’accouchement, notamment pour leur cœur. Sources et études consultées: Vanishing Twin Syndrome – medRxiv Twins at centre of new breast cancer study funded by the National Breast Cancer Foundation – Twins Research Australia Shared Decision Making – TAPS Support Chorionicity and Psychomotor Development From Infancy to Childhood: The Japan Environment and Children's Study – PubMed The development of emotional overeating: a longitudinal twin study from toddlerhood to early adolescence – International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity Hospitalization for cardiovascular disease in the year after delivery of twin pregnancies – European Heart Journal New twin study implicates certain T-cells in early MS inflammation Twin study identifies early immunological and metabolic dysregulation of CD8+ T cells in multiple sclerosis – Science Immunology

View All

Events (8)

View All
bottom of page