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- Séparation et scolarité des jumeaux à l'école | Mamans Pieuvres
La séparation des jumeaux et les difficultés d'apprentissage en milieu scolaire. Jumeaux dans la même classe ou séparé? La séparation des jumeaux et triplés en milieu scolaire. En collaboration avec Élise Laboissonnière, orthop. L’entrée à l’école pour des jumeaux ou des triplés vient souvent avec cette question fort pertinente : Doit-on séparer ou non les enfants de classe? Chaque couple ou trio étant unique, il est impossible d’avoir une réponse universelle à cette question. C’est une décision qui ne doit pas être prise à la légère. Afin d’orienter votre réflexion, nous vous présentons la situation actuelle dans les écoles québécoises, les recommandations de quelques organisations internationales, des données intéressantes sur le développement du lien gémellaire, des résultats de recherches sur le sujet, ainsi que des pours et contres en rafales. Il n'y a pas que la séparation des jumeaux et triplés qui préoccupent les parents de multiples. Au Canada, on estime que 3,2% des enfants d’âge scolaire seraient atteints d’un trouble d’apprentissage (Association canadienne des troubles d'apprentissage, 2022 ). En tant que parent, recevoir un tel diagnostic pour son enfant amène tout un lot de questionnements et d’inquiétudes. Il existe de belles ressources pour vous aider à mieux comprendre le diagnostic de votre enfant et à mieux l’accompagner. Toutefois, si l’enfant est issu d’une naissance multiple, des questionnements additionnels peuvent survenir. PLACEMENT DES JUMEAUX: LA SITUATION ACTUELLE DANS NOS ÉCOLES Dans un premier temps, il est important de comprendre comment fonctionne la formation des groupes-classes. Au Québec, la formation des groupes pour l’année suivante se fait la plupart du temps en fin d’année scolaire. Un comité formé de plusieurs acteurs du milieu scolaire se rencontre pour former les groupes de l’année suivante. Ce comité est constitué de différentes personnes parmi les titulaires actuels, les enseignants spécialistes (musique, anglais, éducation physique, arts dramatiques, etc.) et les professionnels tels que l’orthopédagogue, les éducateurs spécialisés, la direction, etc. Les personnes présentes à la rencontre ainsi que les critères de formation des groupes peuvent varier d’une école à l’autre. En général, on tente de former des groupes équilibrés, donc de ne pas mettre tous les élèves forts ensemble et tous les élèves faibles ensemble. Les comportements des élèves sont aussi pris en compte dans la formation des groupes pour l’année suivante. Dans les cas des jumeaux ou des triplés, les écoles ont aussi différentes manières de faire d’un milieu à l’autre. En effet, après quelques recherches auprès du personnel enseignant travaillant dans différentes écoles à travers la province du Québec, certaines écoles les séparent d'emblée. D’autres écoles les mettent ensemble au préscolaire et réévaluent la situation à chaque année. D’autres milieux préfèrent les mettre ensemble en tout temps. Certaines écoles sont plus ouvertes que d’autres aux demandes des parents de séparer ou non leurs enfants. Certaines écoles préfèrent refuser toute demande en ce sens. Alors, qu’en est-il de la loi? D’abord, la loi sur l’instruction publique ne prévoit rien en lien avec les enfants issus de naissance multiple. Néanmoins, le centre de services scolaires de Montréal (CSSDM) a pour sa part adopté une résolution en ce qui concerne le placement des jumeaux en classe depuis 2003. Selon cette dernière, ce sont les parents qui sont les mieux placés pour prendre cette décision en fonction des besoins de leurs enfants. Cependant, tel que mentionné dans la proposition: «si la direction d’école s’oppose à la volonté des parents, ils ont l’obligation d’apporter des preuves d’ordre pédagogiques des méfaits potentiels du choix des parents, pour faire renverser la décision des parents . » (Lalonde N. et Moisan D, 2003). De l'autre côté de l'océan, le Défenseur des droits en France a rendu une décision importante quant à la séparation des classes en 2021. Cette institution indépendante créée en 2011 a pour mission de défendre les droits de ses citoyens et d'en permettre l'égalité à tous et chacun. Ce litige impliquait la position d'une directrice d'école maternelle sur la séparation d'un couple de jumelles sans évaluation globale de la situation et le choix des parents de garder les enfants ensemble. Voici un extrait de la décision 2021-008 du 29 janvier 2021: « la séparation systématique des jumeaux n’apparaît pas comme une position cohérente (...) l’accueil de jumeaux implique une concertation avec les parents et les enfants, ainsi qu’une évaluation préalable et une analyse des besoins individuels de chaque enfant. » ( D écision 2021-008, Défenseur des droits). Crédit photos: Mamans Pieuvres LE LIEN GÉMELLAIRE Des études recensées par la Fédération Jumeaux et Plus ont démontré que les jumeaux et les triplés ont un développement cognitif distinct de celui des singletons. En effet, le fait qu’ils soient issus d’une naissance multiple amène des défis supplémentaires dans leur recherche identitaire. Certaines croyances populaires nous laissent croire qu’il est important de séparer les jumeaux à la garderie et à l’école afin qu’ils développent chacun une personnalité distincte. Toutefois, cette séparation précoce et non désirée pourrait être néfaste pour le développement des enfants. Toujours selon la Fédération Jumeaux et Plus, «imposer une séparation n’est jamais la solution à une relation jugée trop fusionnelle par l’entourage .» Sur le plan de l’attachement, les jumeaux et les triplés se distinguent aussi des singletons . En fait, tout dépend de leur relation. Sur le plan émotionnel, ils développent un lien d’attachement particulier envers leur(s) cojumeau(x) et ce depuis in utero , en plus de la figure d’attachement principale qui est souvent la mère. Qu’il soit fusionnel ou plus conflictuel, leur lien se développe et se complexifie au cours des années. Le fait d’être ensemble pourrait rendre la transition vers l’école plus douce pour les jumeaux et les triplés (Mayor, 2011). Pour apprendre plus sur le lien gémellaire, visitez la page DÉVELOPPEMENT de la section sur la petite enfance. LES ÉTUDES SCIENTIFIQUES ET LA POSITION DES ORGANISMES Les différentes recherches consultées arrivent toutes au même résultat : le libre-choix des parents est la meilleure approche face à la séparation ou non des jumeaux à l’école. Le fait que les jumeaux/triplés soient ensemble ou séparés n’aurait même aucun effet néfaste sur leur réussite scolaire ( Garon-Carrier, G. et al , 2021 ). Selon une étude menée en 2018, les comportements sociaux négatifs tels que le retrait social, l’agressivité physique ainsi que l’inattention étaient moins présents chez les jumeaux n’ayant pas été séparés de classe. D’ailleurs, selon Madame Gabrielle Garon-Carrier, professeure adjointe à l’université de Sherbrooke, «il est préférable que les directions scolaires adoptent une politique flexible qui respecte la décision et les besoins individuels des parents et des jumeaux .» (White EK. et al, 2018) Le conseil international des organisations de naissances multiples (ICOMBO) préconise également le libre choix des parents et chacun de ses organismes affiliés ont effectué de nombreuses recherches sur le sujet ( Preedy P., Mascazine, J. & Launslage D., 2020). Nous estimons que les décisions concernant le placement en classe des multiples devraient être réévaluées chaque année, en consultation avec les parents des enfants concernés ainsi que les enfants eux-mêmes. De la même façon que chaque enfant est unique, chaque jumeau (triplé et plus) est unique et ses besoins doivent être considérés. Par conséquent, nous croyons que les politiques internes préétablies dans les écoles - que ce soit pour les séparer ou les garder dans la même classe - sont inappropriées. - Conseil international des organisations de naissances multiples (ICOMBO) Au Canada, l'organisme Naissances Multiples Canada (Multiple Birth Canada ) abonde dans le même sens et recommande que le placement des enfants issus d'une naissance multiple soit évalué chaque année scolaire afin de déterminer quelle est la meilleure situation pour eux, c'est-à-dire d'être ensemble ou séparés. La décision finale devrait être prise conjointement par les parents, le(s) enseignant(s), le directeur et, à l’âge approprié, les enfants eux-mêmes. (Griffith, S., 2020). LES POURS ET LES CONTRES Tel que mentionné précédemment, il n’y a pas de solution miracle qui fonctionne pour tous les duos ou trios. Il est donc important de prendre votre décision en fonction de la personnalité de vos enfants. Il se peut également que vous préfériez séparer vos jumeaux une année et ne pas les séparer une autre année. Tout dépend du contexte. Voici une liste de facteurs à considérer pour prendre une décision éclairée: Arguments pour garder les enfants dans le même groupe Crédit photos: Mamans Pieuvres Simplicité au niveau de l’organisation familiale (heure des devoirs et leçons, une seule rencontre de parents, un seul canal de communication avec l’école, etc.) Relation saine entre les jumeaux ou triplés (entraide, confiance, encouragements, etc.) Adaptation plus facile lors de la transition garderie/école ou maison/école Moins de chance de développer des comportements sociaux négatifs Effets néfastes possibles sur le développement de l’enfant si la séparation est précoce et non désirée Aucun impact sur la réussite scolaire Désir des enfants plus vieux d’être dans la même classe Arguments pour séparer les enfants de groupe Crédit photos: Mamans Pieuvres Relations conflictuelles entre les jumeaux ou les triplés à l’école qui peuvent avoir des répercussions sur la vie familiale Compétition malsaine entre les jumeaux ou triplés Tendance d’un des jumeaux ou triplés à dominer le(s) autre(s) Besoin d’un des enfants de fréquenter une classe à effectifs réduits ou de redoubler une année Complicité des jumeaux ou triplés pour tricher ou perturber la classe Aucun impact sur la réussite scolaire Choix de cours ou de programmes différents à l’école secondaire Désir des enfants plus vieux d’être séparés En bref, la recherche préconise le libre-choix aux parents de jumeaux. Peu importe votre décision sur le placement de vos multiples à l'école, il est recommandé d’en discuter avec le personnel scolaire au printemps en vue de la rentrée. Votre avis devrait être prit en compte au moment de la formation des groupes pour l’année suivante, qui a généralement lieu au mois de mai ou juin. RECHERCHE SUR LA SÉPARATION DES JUMEAUX EN CLASSE En 2021, une équipe de chercheurs québécois a publié une étude dans la revue Educational Policy sur la séparation des jumeaux en classe et les effets sur leur cheminement scolaire. L'équipe de Mamans Pieuvres a interviewé Madame Gabrielle Garon-Carrier, professeure adjointe au département de psychoéducation, de l'Université de Sherbrooke sur le sujet. Elle détient un doctorat en psychologie ainsi qu'un postdoctorat en psychologie du développement et s'intéresse au lien gémellaire depuis quelques années déjà. Pour écouter l'entrevue, cliquez ici . Pour consulter l'article paru sur le site du GRISE, cliquez ici LES ÉTAPES POUR VOUS AIDER À FAIRE RESPECTER VOTRE CHOIX L’équipe de Mamans Pieuvres joint officiellement sa voix à celle des organisations internationales et nationales et soutient le libre-choix des parents en ce qui concerne le placement des jumeaux en classe. Si vous habitez en France, nous vous conseillons de contacter la Fédération Jumeaux et Plus pour vous épauler dans votre démarche puisque les instances ci-dessous sont disponible au Canada uniquement. Vous connaissez déjà le lien gémellaire qui unit votre duo ou votre trio. Si vous hésitez encore à les séparer ou à les garder ensemble, n'oubliez pas de demander l'opinion des principaux intéressés. Vous pourriez être surpris! Rien ne vous empêche de les garder ensemble pour la maternelle, et de les séparer une ou deux années plus tard. Avant l'inscription au préscolaire, contactez l'école afin de prendre connaissance de leur politique interne. Si vous connaissez un parent de multiple ou un membre du personnel enseignant, posez lui des questions. Attention! À l'intérieur d'un même centre de service, les écoles ont des approches différentes sur la séparation des jumeaux. Ce sont souvent les professeurs et la direction de l'école qui décident, en donnant différentes raisons parfois non-fondées. Si vous avez eu la confirmation que l'école préconise le libre-choix, vous n'avez pas d'autres démarches à faire. Cependant, nous vous encourageons à suivre de près le dossier de vos enfants en demandant une confirmation écrite car il est parfois possible que votre choix ne soit pas été respecté. Si dans le cas où l'école refuse votre demande, il est important de commencer à noter les réponses (verbales ou écrites) du personnel, particulièrement les commentaires négatifs. Sachez que par vos démarches, vous nous aider à sensibiliser les institutions à la réalité des naissances multiples et à défaire certains mythes qui y sont associés. Demeurez ferme mais courtois en tout temps dans vos échanges par respect pour le personnel mais aussi pour le bien-être de vos enfants puisque c'est eux qui les côtoieront au quotidien! Voici les étapes à entreprendre lorsqu'on ne respecte pas votre choix quant à la formation des groupes de vos jumeaux. Préparation des arguments 01 Fixer un rendez-vous avec la direction ou l'enseignant concerné. Si ce n'est pas déjà fait, lire en entier la première partie de cette page qui porte sur la séparation des jumeaux à l'école (incluant l'entrevue audio). Imprimer notre lettre de sensibilisation disponible dans notre section OUTILS GRATUITS. Au besoin, annexer quelques études ou des articles de journaux les plus pertinents que vous retrouvez sur le web ou encore au bas de cette page. Rencontre officielle avec la direction ou le membre du personnel 02 Exposez vos arguments. Remettez la lettre (et autres documents à l'appui si désiré). Prenez le temps de noter les réponses des personnes concernées (incluant la date et l'heure). Confirmez par écrit le dénouement de la rencontre, dépendamment de la décision: Exemple: Tel que discuté lors de notre rencontre du 01-01-2000, je vous remercie de votre ouverture et de nous avoir accordé le libre-choix quant au placement de nos jumeaux/triplés pour la formation des groupes. Je vous confirme donc par écrit que nos jumeaux seront (ou ne seront pas) dans la même classe pour l'année scolaire 2000. ou Exemple: Tel que discuté lors de notre rencontre du 01-01-2000, je vous confirme que nous désirons toujours que vous nous accordiez le libre choix face au placement de nos jumeaux/triplés pour la formation des groupes. Nous désirons que nos jumeaux/triplés soient dans le même groupe (ou séparés). Suite à votre refus, je vous confirme que nous irons subséquemment de l'avant avec la prochaine étape. Communication avec le comité de parents et la FCPQ 03 Communiquez avec le comité de parent de votre centre scolaire. Ce comité est voué à la défense des intérêts des parents et est a ffilié à la Fédération des comités de parents du Québec. Vous pouvez également communiquer en tout temps avec la Fédération des comités de parents du Québec qui accompagne, soutient et représente les parents d’élèves pour les aider à prendre leur place dans le milieu scolaire et à répondre aux besoins réels de leurs enfants. Si vous avez besoin de support, n'hésitez pas à leur écrire à l'adresse suivante: services-conseils@fcpq.qc.ca Plainte au centre de services scolaire 04 Après avoir constaté l’impasse avec la direction ou le membre du personnel concerné , enclenchez le processus de traitement des plaintes et de résolution de votre centre de services scolaire. Commencer par trouver votre centre de services scolaire: cliquez ici pour accéder au répertoire. Suivez le processus de plaintes existant pour votre centre. Déposer la plainte afin d'expliquer votre insatisfaction. Habituellement, c'est le secrétaire général qui traitera la plainte. Celui-ci tentera de trouver une solution satisfaisante pour le parent et la direction de l’école. Si vous n’êtes pas satisfait du résultat obtenu à la suite du traitement de votre plainte, vous pouvez vous adresser au protecteur de l’élève (étape suivante). Prenez note que tout au long du processus, le plaignant a le droit d’être accompagné de la personne de son choix. Enquête par le Protecteur de l'élève 05 Si vous n'avez pas réussi à faire entendre votre point et que le problème n’a pas pu être réglé lors des étapes précédentes, vous pouvez dès lors vous adresser au Protecteur de l'élève. Celui-ci n'est pas un employé du centre de service mais plutôt une personne désignée par le comité de parents. Il disposera de 30 jours suivant le dépôt de la plainte, pour faire son enquête en rencontrant les personnes concernées. Il présentera ensuite une recommandation au Conseil d’administration. Voici quelques conseils provenant directement du site de la FCPQ , concernant la rédaction de votre plainte auprès du Protecteur de l'élève : Votre plainte doit toutefois être rédigée avec soin. Le texte doit être clair et les termes bien choisis, de manière à ne pas laisser place à l’ambiguïté. En ce sens, prenez bien soin de rédiger la plainte de la manière la plus factuelle possible, en évitant d’émettre des opinions. L’objet de la plainte : vous devez d’abord définir l’objet de votre plainte de la manière la plus précise possible. Des preuves solides : vous devez décrire brièvement le problème, en accompagnant celui-ci de faits précis, de preuves claires ou de témoignages solides, en précisant la circonstance dans laquelle se sont déroulés les faits, la date et le lieu ainsi que les personnes concernées et leurs coordonnées. Vous devez également expliquer pourquoi vous croyez que vos droits ou ceux de votre enfant ont été brimés en décrivant notamment les préjudices subis. Les démarches entreprises : s’il y a lieu, vous devez décrire les démarches que vous avez déjà entreprises, en précisant la date, les personnes contactées ainsi que les résultats obtenus. Une suggestion de solution : suggérez à votre destinataire quelle serait, selon vous, la meilleure solution pour régler le litige D'après nos recherches, il est rare qu'un parent se rendre à cette étape en ce qui concerne un litige sur le placement des jumeaux puisque la situation se règle souvent avec le comité de parents. Q&R SUR LES RÉSULTATS SCOLAIRES AVEC UN ORTHOPÉDAGOGUE 1-Que faire si une compétition s’installe entre mes jumeaux lors de la période des devoirs et leçons? Il est important que la période de devoirs et leçons ne se déroule pas dans un climat de compétition entre vos jumeaux ou vos triplés. Pour ce faire, je vous invite à normaliser l’erreur et les difficultés en utilisant notamment les phrases suivantes : C’est en se trompant qu’on apprend; C’est normal de ne pas tout savoir. C’est vrai que X est meilleur en orthographe. Mais toi, Y, tu es meilleur en mathématiques. Chacun ses forces. Prends ton temps. C’est difficile, mais j’ai confiance que tu vas y arriver. L’erreur est humaine; Il est également possible de leur faire faire leurs devoirs et leçons dans des pièces séparées si le climat de compétition est persistant. 2-Comment éviter qu’une compétition s’installe au niveau des notes? Tout d’abord, je suis d’avis qu’une note est quelque chose de très personnel. Pour certains, un 70% équivaut à beaucoup plus de fierté, d’efforts et de travail acharné qu’un 90% pour d’autres. Il faut aussi être conscient que chacun a des forces spécifiques. Pour certains enfants, le français et les mathématiques sont très ardus, mais le travail manuel est un talent. Pour d’autres, c’est la musique, les arts, la communication, les relations sociales, le ménage ou l’orientation spatiale qui représente leur plus grande force. On ne peut pas être bon dans tout, mais l’important est de faire des efforts et de donner le meilleur de soi-même. À mon avis, il faut conscientiser les enfants à tout cela. C’est important de leur faire nommer leurs talents, leurs forces, leurs intérêts. Cela leur permet non seulement de se connaître davantage en tant qu’individu, mais aussi de développer une saine estime de soi. Plus spécifiquement aux jumeaux ou triplés, je conseille d’encourager un climat d’entraide et de collaboration entre eux à la maison, autant durant la période de devoirs et leçons que lors des tâches de la vie quotidienne. Par exemple, faire une course de celui qui finit de ranger ses blocs en premier peut sembler motivateur, mais c’est une technique qui encourage un climat de compétition entre eux. Si on leur demande plutôt de ranger les blocs ensemble, on encourage un climat de collaboration. Leur attribuer des tâches selon leurs forces respectives peut aussi encourager ce climat de collaboration, tout en mettant de l’avant les talents de chacun. 3-En cas de redoublement d’un seul des jumeaux, comment aborder le sujet avec mes enfants? C’est une question intéressante, car le redoublement est souvent associé à l’échec. Cela peut faire vivre une tempête d’émotions à l’enfant redoubleur. Certains sont soulagés de ne pas passer au niveau supérieur, car ils ne se sentaient pas prêts. D’autres sont inquiets, fâchés ou tristes face à leur échec, mais aussi face au fait de ne plus être avec leurs amis ou avec leur jumeau en classe. Dans un premier temps, c’est important d’adopter une attitude d’écoute et d’ouverture face à l’enfant qui redouble. Il a besoin de se sentir compris. D’autre part, il est important de demeurer optimiste et de lui faire sentir que c’est la bonne décision et que cela lui donnera un coup de pouce pour la suite. Avec la fratrie, j’aborderais le redoublement d’une manière positive également. Tel que mentionné plus haut, chacun a ses forces et ses difficultés. Je parlerais avec eux des belles forces de leur frère/soeur. Puis, je leur expliquerais qu’il/elle a besoin d’un petit coup de pouce à l’école et que la décision de le faire redoubler a été prise pour lui permettre d’apprendre à son rythme. 4-Est-ce que mes jumeaux ou triplés prématurés ont plus de chances de recevoir un diagnostic de trouble d’apprentissage? À ce jour, les causes des troubles spécifiques de l’apprentissage sont encore inconnues. Des recherches se sont penchées à ce sujet et il semblerait que les causes soient génétiques et neurologiques (CENTAM,2022). Ainsi, il demeure difficile de faire un lien entre prématurité et trouble spécifique d’apprentissage. Toutefois, certaines études ( Alterman et al , 2022 ; M cBryde et al, 2020 ) ont démontré qu’un plus grand pourcentage d’enfants grands prématurés présenterait des difficultés scolaires. Ces difficultés, dues à une certaine immaturité cérébrale, causeraient un retard dans les apprentissages qui serait la plupart du temps rattrapé au cours du parcours scolaire de l’enfant, vers le début du secondaire. Nous aurions donc affaires à des difficultés temporaires plutôt que des troubles persistants. 5-Est-ce que mes jumeaux ou triplés recevront tous le même diagnostic? Tel que mentionné plus haut, les causes des troubles d’apprentissage sont encore inconnues. Toutefois, une prédisposition génétique a été établie. Ainsi, si un de vos jumeaux ou triplés reçoit un diagnostic de trouble d’apprentissage, l’autre (les autres) enfant(s) issu(s) de la même grossesse ont plus de chance d’avoir le même diagnostic. Toutefois, il est aussi possible qu’un seul cojumeau présente ce trouble. Les probabilités varient selon le type de jumeaux : c'est environ 70% chez les monozygotes et 45% chez les dizygotes, soit la même probabilité que pour des frères et sœurs issus de grossesses différentes. Pour conclure, la scolarité des jumeaux et triplés est une longue aventure qui vous amènera certainement plusieurs questionnements au fil des années. N’hésitez pas à collaborer avec l’école pour accompagner vos multiples au meilleur de vos capacités. Si quelque chose vous préoccupe en lien avec le bien-être scolaire de vos enfants, faites-en part à leur(s) enseignant(s). Après tout, vous êtes les experts de vos petits ! Avez-vous demandé à vos jumeaux ce qu'ils pensaient sur le fait d’être ensemble ou séparés à l'école ? Nous avons effectué un mini vox pop! Regarder le vox pop! Vous recherchez du soutien et des conseils concernant la séparation des classes au Québec ? Voici un groupe Facebook de parents prônant le libre choix. Adhérer au groupe LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER: Section pour les parents Source: Allo prof Ressources et section pour les parents Source: Fédération des comités de parents du Québec Ressource et outils Source: Institut TA Sources : Alterman, N., Johnson, S., Carson, C., Petrou, S., Kurinzcuk, J. J., Macfarlane, A., Boyle, E., & Quigley, M. A. (2022). Gestational age at birth and academic attainment in primary and secondary school in England: Evidence from a national cohort study. PloS one, 17(8), e0271952. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0271952 Fédération des comités de parents du Québec. (2023). Un nouveau mécanisme de traitement des plaintes — FCPQ. https://www.fcpq.qc.ca/action-parents/un-nouveau-mecanisme-de-traitement-des-plaintes/ fcpq.qc.ca Garon-Carrier, G., Bégin, V., Brendgen, M., Vitaro, F., Ouellet-Morin, I., Dionne, G., & Boivin, M. (2022). Classroom Placement and Twins' Social Behaviors in Elementary School: Providing Empirical Evidence to Inform Educational Policy. Educational policy (Los Altos, Calif.), 36(7), 1850–1875. https://doi.org/10.1177/08959048211015626 Griffith, J.S. (2020). ICOMBO’S School Placement of Multiples Study. ICOMBO. https://icombo.org/wp-content/uploads/2010/12/PPMD-Study-for-website.pdf icombo.org Hamann, J. (2021). Séparer ou non les jumeaux à l’école: aux parents de choisir. Université Laval. https://nouvelles.ulaval.ca/2021/06/30/separer-ou-non-les-jumeaux-a-l'ecole:-aux-parents-de-choisir-bd05868f-84b6-4eb6-a61e-086618dafcef Jumeaux et Plus. (s.d.). La scolarité des multiples. Jumeaux et Plus. https://www.jumeaux-et-plus.fr/carnet-pratique/la-scolarite-des-multiples/ jumeaux-et-plus.fr Lalonde N. et Moisan D, 2003. Le placement des jumeaux en classe. Résolution des commissaires de la CSDM. Avril 2003 Magazine Vies de famille. (2025). Jumeaux : ensemble ou séparés en classe. Caisse d’Allocations Familiales. https://www.caf.fr/allocataires/vies-de-famille/articles/jumeaux-ensemble-ou-separes-en-classe Mayor, M. (2011). La séparation et le maintien des jumeaux à l’école. [PDF]. Haute école pédagogique. https://patrinum.ch/record/17353/files/mp_bp_p18433_2011.pdf McBryde, M., Fitzallen, G. C., Liley, H. G., Taylor, H. G., & Bora, S. (2020). Academic Outcomes of School-Aged Children Born Preterm: A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA network open, 3(4), e202027. https://doi.org/10.1001/jamanetworkopen.2020.2027 Séguin, G. (2019). Jumeaux : mission possible (2e éd.). Édition Chu Sainte-Justine. White, E. K., Garon-Carrier, G., Tosto, M. G., Malykh, S. B., Li, X., Kiddle, B., Riglin, L., Byrne, B., Dionne, G., Brendgen, M., Vitaro, F., Tremblay, R. E., Boivin, M., & Kovas, Y. (2018). Twin classroom dilemma: To study together or separately?. Developmental psychology, 54(7), 1244–1254. https://doi.org/10.1037/dev0000519
- Réduction embryonnaire | Mamans Pieuvres
La réduction embryonnaire et l'interruption volontaire en contexte de grossesse multiple. Jumeaux, triplés, réduction embryonnaire. La réduction embryonnaire et l'interruption volontaire en contexte de grossesse multiple. En collaboration avec Shanie Lapointe, B.Sc. Une certaine facilité d'accès aux traitements de fertilité et l'augmentation des grossesses à un âge plus avancé ont significativement fait croître le nombre de grossesses de jumeaux et de triplés au cours des 40 dernières années. En fait, les personnes ayant eu recours à une clinique de fertilité pour concevoir ont 20 fois plus de chances de vivre une grossesse multiple comparativement à celles ayant conçu naturellement. Cette augmentation entraîne un plus grand nombre de situations où des parents doivent réfléchir à la possibilité d'une réduction embryonnaire : une procédure qui consiste à interrompre volontairement le développement d'un ou de plusieurs fœtus dans le cadre d'une grossesse multiple. Réalisée au premier trimestre de la grossesse, cette intervention vise à réduire les risques médicaux associés à une grossesse de haut rang (trois fœtus ou plus), tant pour la santé de la mère que celle des bébés. On distingue deux contextes principaux : La réduction embryonnaire (RE) : lorsque l'intervention est pratiquée en raison du nombre élevé de bébés conçus. L'interruption sélective de grossesse (ISG) : lorsque l'un ou plusieurs des fœtus présentent une malformation congénitale grave ou une condition incompatible avec la vie. Bien que ses bienfaits médicaux soient documentés, la réduction embryonnaire demeure une procédure émotionnellement éprouvante. Elle peut avoir un impact psychologique important pour les parents qui la considèrent ou qui y ont recours. L'équipe tient à remercier Shanie Lapointe et Jean Kollantai de l'organisme CLIMB pour leur précieuse collaboration dans l’élaboration de cette page. COMMENT PRENDRE MA DÉCISION: QUELS SONT MES CHOIX? Afin de prendre la décision qui fera du sens pour vous, votre couple et votre famille, il faut d'abord prendre le temps d'absorber la nouvelle. Lorsqu'elle est inattendue, l'annonce d'une grossesse multiple peut représenter un choc, car elle bouleverse les attentes que vous aviez pour votre vie familiale. Cela est encore plus vrai lorsque la grossesse est le fruit de longs mois, voire d'années de démarches en clinique de fertilité. Ensuite, il est important de rassembler toutes les informations propres à votre situation. Certains parents sont confrontés à une combinaison de RE et d'ISG, par exemple lorsqu'ils attendent des quadruplés dont deux partagent le même sac amniotique et présentent une anomalie grave comme l'anencéphalie. D'autres ont dû prendre la décision difficile d'interrompre la grossesse complète, lorsque les deux bébés présentaient une malformation létale ou une condition menaçant la vie de la mère. Dans tous les cas, préparez votre rencontre avec l'équipe médicale pour bien comprendre toutes les options qui s'offrent à vous, ainsi que les risques, les avantages et les conséquences de chaque choix — y compris celui de ne rien faire. Exprimez vos limites et les valeurs qui influencent votre réflexion : cela facilitera le dialogue avec les professionnel·le·s. Il est également essentiel d'écouter votre intuition. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse : il y a une décision qui fait du sens pour vous. Chaque centre hospitalier a ses propres protocoles. Mais quelle que soit la procédure recommandée, elle touche à votre histoire personnelle et doit être abordée avec respect, dans toutes ses dimensions : émotionnelle, éthique, médicale et familiale. Voici les options qui peuvent s'offrir aux parents dans une grossesse de trois fœtus ou plus : LES IMPACTS D'UNE TELLE DÉCISION La réduction embryonnaire peut être un événement difficile à vivre. Pour arriver à prendre une décision, il est important de prendre en compte les risques et les avantages d’y avoir recours. Les risques: Le taux de fausse couche est légèrement augmenté en bas de 24 semaines de grossesse et varie selon l’expérience de la personne responsable de la manœuvre. Vivre une détresse psychologique suite à l’intervention: culpabilité, tristesse, regret, deuil, etc. Les avantages: Diminue le risque de perte de grossesse, de complications périnatales, d’accouchement prématuré, de césarienne, de bébé de petit poids à la naissance et de décès néonatal. Évidemment, faire un choix ne se résume pas à faire le décompte et à choisir la liste la plus courte. Il est important de prendre en compte l’aspect émotif de ses avantages et risques afin de mesurer les éléments qui sont les plus significatifs pour vous et ceux qui auront le moins d’effet négatif sur vous et votre situation. Afin de prendre la décision qui fera du sens pour vous, votre couple et votre famille, il faut tout d’abord prendre le temps d’absorber la nouvelle. C’est un choc puisque c’est un déséquilibre de ce que vous vous étiez imaginés comme déroulement. Particulièrement lorsque l’aboutissement de cette grossesse multiple est le fruit de longs mois, voire d’années de démarches en clinique de fertilité. Ensuite, il est important de prendre toutes les informations reliées à votre situation. Certains sont confrontés à une combinaison de la réduction embryonnaire (RE) et de l'interruption sélective de grossesse (ISG). Par exemple, un couple qui attend des quadruplés dont deux partagent le même sac amniotique et et qui sont atteints d’une anomalie telle que l’anencéphalie. Dans d'autres cas, certains ont dû prendre la décision difficile d’interrompre la grossesse au complet, lorsque les deux bébés présentaient une malformation létale, ou lorsqu’une condition menaçait non seulement la viabilité des bébés, mais aussi la vie de la mère. Dans tous les cas, préparez votre rencontre avec l’infirmière ou la-le médecin pour bien comprendre toutes les options qui s’offrent à vous, ainsi que les risques et avantages de chaque méthode et les conséquences entraînées par le choix de rien faire. De cette façon, vous aurez un portrait complet de la situation. Si vous vous en sentez à l’aise, exprimez vos limites et de ce qui influence votre choix afin de bien faire comprendre au professionnel-le que votre décision est le fruit d’une réflexion et pour faciliter le dialogue avec celui-ci. Il est également essentiel que vous vous posiez les bonnes questions et surtout d’écouter la réponse que votre petite voix intérieure murmure ... il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, mais bien une décision qui fait du sens pour vous et votre situation. Chaque lieu qui pratique la réduction embryonnaire a ses protocoles et ses façons de faire en tenant compte du personnel, la rapidité d’action et le bien-être corporel des patient-e-s. Toutefois, cet évènement fait partie de votre histoire, de votre vécu et ne s’inscrit pas uniquement sous une perspective biomédicale. C’est dans votre droit de poser vos questions et demander à être respecté-e selon vos choix, vos valeurs et ce que vous déterminez être le mieux pour vous. Même si la perte a lieu durant la grossesse ou peu après l’accouchement, il n’est pas rare que les parents aient déjà créé un lien affectif très fort avec leur bébé et que la perte soit dévastatrice et ce, peu importe le stade de la grossesse. -Shanie Lapointe, doula à la fertilité, deuil périnatal et interruption de grossesse Enfin, le manque de reconnaissance sociale du deuil périnatal, ainsi que le malaise d’aborder ce sujet délicat font en sorte que les parents ne savent pas à qui s’adresser et ressentent un grand sentiment d’isolement. Cela étant dit, il est possible de vivre une gamme d’émotions contradictoires suite à la réduction embryonnaire. En effet, il peut y avoir un sentiment de perte pour un ou des bébés, tout en conservant la joie de porter ou d’avoir mis au monde un ou des bébés. La montagne russe d’émotions peut également être due au changement du projet parental: passer d’une marmaille composée de jumeaux plutôt que de triplés ou d’un enfant unique au lieu d’un couple de jumeaux modifie drastiquement la projection de sa famille et ce, de façon positive pour certains aspects et plus difficile pour d’autres. Enfin, même lorsque la réduction embryonnaire est faite volontairement, elle peut être difficile à assumer. Il est important de trouver le temps de le vivre et de s’occuper des émotions que la perte suscite en vous. Pour beaucoup de personnes, parler du foetus/du bébé disparu avec une personne de confiance et faire un rituel sont des façons qui aident à traverser cette période difficile. Les rituels sont très différents selon les valeurs, croyances et personnalités de chacun-e: un tatouage, une cérémonie, un enterrement, planter un arbre, écrire une lettre à son bébé sont quelques exemples. RECEVOIR L'ANNONCE D'UN DIAGNOSTIC DE MALFORMATION Sous un regard médical, les grossesses multiples sont jugées à risques pour les bébés, entre autres à cause des taux plus élevés de décès intra et extra-utérin. Par exemple, le taux de fausse couche est jusqu’à deux fois plus élevé que lors des grossesses uniques. Aussi, les bébés sont plus susceptibles d’être porteurs de malformations congénitales, qui impactent la santé de l’autre ou des autres bébés qui partagent le même utérus. D’ailleurs, ces diagnostics de malformations expliquent la grande majorité des arrêts de grossesse provoqués de 2e et 3e trimestre, dits tardifs. Certaines complications possibles énumérées sur la page SUIVI OBSTÉTRICAL , pourraient malheureusement survenir pendant votre grossesse gémellaire ou multiple. Dans ces situations, l'équipe médicale pourrait vous proposer l'interruption sélective de grossesse afin de protéger un des bébés. Il est aussi fréquent que la grossesse multiple soit le fruit de longs mois ou d’années de parcours en clinique de fertilité ou d’une grossesse tardive longuement attendue. De ce fait, l’arrêt spontané ou provoqué de la grossesse ne sera pas vécu de la même manière selon lequel elle s’est concrétisée ou vécue par la femme enceinte et le couple. -Shanie Lapointe, doula à la fertilité, deuil périnatal et interruption de grossesse L'INTERRUPTION SÉLÉCTIVE DE GROSSESSE Le choix de recourir à une interruption sélective est profondément personnel, lié à ses valeurs et au contexte de vie. En dernier ressort, il revient toujours à la personne enceinte de prendre la décision. Une fois la décision prise, il peut être aidant de préparer un plan d'interruption de grossesse, à l'image d'un plan de naissance. Celui-ci peut préciser les interventions souhaitées ou à éviter, les personnes présentes, ou encore la possibilité de voir et de toucher le bébé. Il est démontré que la présence d'une personne de soutien (physique et/ou émotionnel) diminue la douleur perçue, parfois même sans recours aux médicaments. Chaque centre a ses protocoles, mais ce vécu ne se limite pas au biomédical : il fait partie de votre histoire. Vous avez le droit de poser des questions, de faire valoir vos choix et de demander du respect. Suite à une interruption de grossesse, plusieurs émotions sont possibles telles que l'euphorie, le deuil, le soulagement, la colère, le déni, la tristesse, incluant de l'inquiétude pour le ou les autres bébés. Pour les interruptions tardives, les émotions seront les mêmes que pour la personne enceinte, mais les démonstrations seront souvent différentes. Beaucoup de partenaires se réfugient dans le travail, le sport ou d'autres façons de se changer les idées face au deuil. Enfin, il arrive souvent qu’ils se sentent coupable face à la détresse de sa conjointe de ne pas avoir pu protéger les bébés ou sa conjointe. Il est important de trouver le temps de le vivre et de s’occuper des émotions que la perte suscite en vous. Pour beaucoup de personnes, parler de l’être/des bébés disparus avec une personne de confiance et faire un rituel sont des façons qui aident à traverser cette période difficile. Les rituels sont très différents selon les valeurs, croyances et personnalités de chacun-e: un tatouage, passer du temps avec une amie qui a un bébé, planter un arbre, écrire une lettre au foetus en sont quelques exemples. Dans certains cas, l'interruption sélective ne concerne qu'un des bébés, et l'autre poursuit la grossesse. Cela peut entraîner un tourbillon d'émotions et demande un accompagnement spécialisé. Orientation vers un centre spécialisé : pour un suivi périnatal adapté Surveillance du jumeau survivant : échographies, Doppler, parfois IRM Moment de l'accouchement : selon la stabilité fœtale Soutien émotionnel : le deuil d'un bébé est réel, même quand l'autre vit Cette réalité touche de nombreux parents de jumeaux ou triplés. Parlez-en à votre équipe de soins. Si vous avez besoin de soutien ou de ressources spécifiques, nous vous recommandons notre page sur le DEUIL PÉRINATAL , qui traite sur la perte d'un bébé pendant une grossesse gémellaire ou multiple. reduc 1- Conserver l'ensemble des foetus 2- Réduire à une grossesse unique ou gémellaire 3- Interrompre la grossesse PRISE EN CHARGE LORS DE LA PERTE D'UN JUMEAU PENDANT LA GROSSESSE Pendant votre grossesse gémellaire ou multiple, il est possible que vous ayez recours à l'interruption sélective dû à une anomalie chez un des bébés, et que seulement un bébé poursuit la grossesse. Cette situation peut entraîner un mélange d’émotions intenses et nécessite souvent un accompagnement médical et psychologique attentif. Assurez-vous d'être bien entourés et voici quelques pistes de ce qui se passera dans les prochaines semaines. Notez vos questions avant les rendez-vous médicaux pour ne rien oublier Entourez-vous d'au moins une personne de confiance (famille, ami-e, accompagnante) Créez un espace de mémoire : lettre, photo, dessin, bijou, plantation, etc. Exprimez-vous : écrivez, parlez, criez si nécessaire Recherchez un groupe de soutien, virtuel ou présentiel Donnez-vous le droit d'aller bien un jour, et mal le lendemain Lorsqu’un jumeau décède, cela peut affecter directement le jumeau survivant, notamment par des variations de pression ou d’oxygène dans le placenta, pouvant causer des séquelles neurologiques. Un suivi rapproché permet de limiter les risques et de planifier les soins adaptés. LES IMPACTS ÉMOTIONNELS À LONG TERME La réduction embryonnaire peut être traumatisante pour la mère et son ou sa partenaire. Le retentissement psychologique varie d'une personne à l'autre, mais un soutien professionnel est souvent utile. Au sein du couple, les réactions peuvent être très différentes. D'où l'importance d'une communication ouverte et régulière. Si vous avez d'autres enfants, il peut être aidant de leur expliquer, selon leur niveau de compréhension, ce que vous traversez. Cela les aide à comprendre que votre tristesse n'est pas de leur faute. Des livres pour enfants abordent le thème du deuil périnatal. Le deuil périnatal est souvent minimisé socialement, car il est "invisible". Pourtant, il touche au cœur de l'identité parentale. La réduction modifie le projet familial. On passe d'une vision à trois enfants à deux, ou d'un couple de jumeaux à un enfant unique. Cela a un impact. Même choisie, la réduction peut être difficile à assumer. Et il faut du temps pour apprivoiser cette réalité. Parler, pleurer, ritualiser : chaque chemin est légitime et personnel. Saviez-vous que la réduction embryonnaire peut mener à un deuil périnatal? Voir des témoignages Connaissez-vous bien votre type de grossesse gémellaire? Consulter la page LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER: Triplés et autres bébés multiples Source: Hopital d'Ottawa Qu'est-ce que la réduction embryonnaire? Source: La maison des maternelles Grossesse multiple : supprimer un embryon pour assurer la santé des autres Source: Radio-Canada Sources : Evans, M.I., Goldberg, J.D., Horenstein, J. et al. (1999). Selective reduction of multifetal pregnancies: a review of the procedure and clinical outcomes. American Journal of Obstetrics and Gynecology, 181(2), 463-468. Practice Committee of the American Society for Reproductive Medicine (ASRM). (2017). Multifetal pregnancy reduction: Practice Committee Opinion. Fertility and Sterility, 107(4), 927-934.
- Le site pour parents de jumeaux et triplés | Mamans Pieuvres
Nouveaux parents de jumeaux. Nouveaux parents de triplés. Grossesse gémellaire. Jumeaux identiques. Jumeaux non-identiques. Mamans Pieuvres. Aide et ressource jumeaux. La référence pour les parents de jumeaux et triplés Accéder à nos cours en ligne Vous êtes un organisme ou intervenant en périnatalité ? Par ici Vous êtes enceinte de jumeaux, triplés ou plus? Par ici Restez informés Inscrivez-vous à notre infolettre pour recevoir nos offres et actualités. Saisissez votre e-mail ici S'inscrire Merci pour votre envoi ! Nous sommes membres de
Blogue (29)
- Génétique ou environnement ? Ce que les études de jumeaux nous révèlent
Crédit photos: Wix Grâce à nos partenaires de recherche chez ICOMBO, nous avons accès aux toutes dernières découvertes concernant les grossesses gémellaires ainsi que sur la santé des familles ayant des enfants issus d'une naissance multiple. Ces études permettent non seulement d'en apprendre davantage sur le phénomène de la gémellité, mais aussi de mieux soutenir les parents dans leur quotidien. Pour plus d'informations, visitez le site web de ICOMBO. Les jumeaux nés petits restent-ils petits ? Une étude apporte des réponses rassurantes De nombreux parents de jumeaux s'inquiètent de voir leurs bébés naître plus petits que la moyenne et se demandent si cet écart persistera tout au long de leur enfance. Une récente étude menée à São Paulo a suivi la croissance de jumeaux de la naissance jusqu'à l'âge scolaire afin de mieux comprendre l'évolution de leur poids et de leur taille au fil du temps. Les chercheurs ont constaté que, à la naissance, la grande majorité des jumeaux présentaient un poids et une taille inférieurs à ceux des enfants uniques. Toutefois, la plupart ont connu une importante phase de croissance de rattrapage (« catch-up growth ») au cours des premières années de vie. L'étude a également révélé que l'influence de la chorionicité (partage ou non du placenta) est surtout importante pendant la grossesse et la période néonatale. Les jumeaux monochoriaux, qui partagent un même placenta, avaient généralement un poids de naissance plus faible que les jumeaux dichoriaux. Cependant, à mesure que les enfants grandissent, c'est davantage la zygosité (le fait d'être jumeaux identiques ou fraternels) qui influence leur croissance. Les chercheurs ont observé que les jumeaux identiques deviennent progressivement plus semblables l'un à l'autre en termes de taille et de poids que les jumeaux fraternels. La bonne nouvelle est qu'à l'âge scolaire, la taille moyenne des jumeaux se situait dans les normes attendues pour les enfants uniques du même âge. Ces résultats sont rassurants pour les familles : même si les jumeaux commencent souvent leur vie avec un poids plus faible, la majorité rattrapent une grande partie de cet écart au cours de l'enfance. Pour consulter l'étude en entier: Monochorionic-twin-on-a-chip for investigating fetal organ growth and metabolism | Microsystems & Nanoengineering Les loisirs pourraient-ils protéger contre les symptômes dépressifs ? Une vaste étude regroupant plus de 31 000 jumeaux adultes provenant de plusieurs pays s'est intéressée au lien entre les activités de loisirs et les symptômes dépressifs. Les chercheurs ont examiné la participation à différents types d'activités : les activités sociales (rencontres, activités communautaires, sorties) ; les activités physiques (sport, marche, exercice) ; les activités intellectuelles (lecture, apprentissage, jeux de réflexion, etc.). Les résultats montrent que la génétique exerce une influence modérée sur notre tendance à participer à ces activités. En revanche, l'environnement familial partagé semble jouer un rôle relativement faible. La majorité des différences observées entre les participants étaient associées à leurs expériences de vie individuelles. Fait particulièrement intéressant, lorsque les chercheurs comparaient deux jumeaux d'une même paire, ils constataient que celui qui participait davantage à des activités de loisirs rapportait généralement moins de symptômes dépressifs que son frère ou sa sœur. Bien que cette étude ne puisse pas démontrer un lien de cause à effet, elle suggère que le maintien d'activités sociales, physiques et intellectuelles pourrait contribuer à protéger la santé mentale au fil du temps. Ces résultats rappellent également l'importance de préserver des espaces pour soi, même dans les périodes particulièrement exigeantes de la vie, comme celles vécues par de nombreux parents de multiples. Pour consulter l'étude en entier: Leisure activity engagement and depressive symptoms: meta-analysis of 11 studies of middle-aged and older twins aged 32-99 - PubMed Nos goûts musicaux influencent-ils réellement notre bien-être ? La musique occupe une place importante dans la vie de nombreuses personnes. Mais certaines préférences musicales sont-elles associées à un meilleur bien-être psychologique ? Pour répondre à cette question, des chercheurs suédois ont étudié plus de 8 800 jumeaux adultes et analysé leurs préférences pour 19 styles musicaux différents, ainsi que leur niveau de bien-être émotionnel. À première vue, les résultats semblaient montrer que certaines préférences musicales étaient associées à un niveau de bien-être plus élevé ou plus faible. Cependant, lorsque les chercheurs ont comparé des jumeaux identiques ayant des goûts musicaux différents, ces associations ont disparu. Cette approche est particulièrement intéressante puisque les jumeaux identiques partagent pratiquement le même patrimoine génétique. Les résultats suggèrent donc que les liens observés entre certains styles musicaux et le bien-être seraient davantage expliqués par des facteurs génétiques ou environnementaux communs que par la musique elle-même. En d'autres mots, aimer le jazz, le rock, la musique classique ou la musique populaire ne semble pas, à lui seul, améliorer ou détériorer le bien-être psychologique. Cette étude rappelle l'importance de distinguer une simple association statistique d'un véritable lien de cause à effet, un aspect que les recherches auprès des jumeaux permettent d'explorer de façon particulièrement rigoureuse. Pour consulter l'étude en entier: Music style preferences and well-being: A genetic perspective - ScienceDirect Une étude chez les jumeaux révèle une composante génétique de l’entérocolite nécrosante L’entérocolite nécrosante (ECN) est une maladie intestinale grave qui touche principalement les bébés très prématurés. Bien que plusieurs facteurs environnementaux aient été associés à cette maladie, notamment l’alimentation, le microbiote intestinal et les processus inflammatoires, ses causes exactes demeurent encore mal comprises. Une récente étude menée auprès de jumeaux apporte toutefois de nouvelles pistes de réflexion en démontrant que la génétique pourrait jouer un rôle important dans le risque de développer cette maladie. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont comparé les taux d’entérocolite nécrosante chez des jumeaux identiques et fraternels nés très prématurément. Comme les jumeaux identiques partagent la totalité de leur patrimoine génétique, alors que les jumeaux fraternels n’en partagent qu’environ la moitié, cette approche permet d’estimer l'influence respective des facteurs génétiques et environnementaux. Les résultats ont montré que les jumeaux identiques étaient plus susceptibles de présenter un risque similaire d’ECN que les jumeaux fraternels. Cette observation suggère qu'une partie importante de la vulnérabilité à la maladie serait héréditaire. Selon les chercheurs, cette susceptibilité génétique pourrait être liée à plusieurs gènes impliqués dans : la réponse immunitaire ; les mécanismes inflammatoires ; l’intégrité de la barrière intestinale. Ces facteurs pourraient rendre certains nourrissons plus sensibles aux stress environnementaux auxquels ils sont exposés après la naissance. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles approches en néonatalogie, notamment : le développement d'outils de dépistage génétique ; l'identification précoce des bébés les plus à risque ; des stratégies de prévention personnalisées ; des protocoles d'alimentation adaptés ; une surveillance clinique ciblée chez les nourrissons vulnérables. Les auteurs soulignent également l'importance de poursuivre les recherches afin d'identifier des biomarqueurs fiables qui permettraient de mieux prédire le risque de maladie et de développer de nouveaux traitements préventifs. Pour consulter l'étude en entier: Genetic susceptibility to necrotizing enterocolitis in very preterm infants: evidence from twin data | Pediatric Research À retenir: La plupart des jumeaux naissent plus petits que les enfants uniques, mais connaissent généralement une importante croissance de rattrapage au cours de l’enfance et atteignent des tailles comparables à celles de leurs pairs à l’âge scolaire. Participer régulièrement à des activités sociales, physiques ou intellectuelles est associé à moins de symptômes dépressifs, même si les chercheurs ne peuvent pas conclure à un lien de cause à effet direct. Contrairement à certaines croyances populaires, les préférences pour un style musical particulier ne semblent pas influencer directement le bien-être psychologique. Les liens observés seraient davantage liés à des facteurs génétiques et environnementaux communs. Une étude chez les jumeaux très prématurés suggère qu’une partie du risque d’entérocolite nécrosante (ECN) est d’origine génétique, ouvrant la voie à des approches de prévention et de surveillance plus personnalisées. Sources et études consultées: Research article: Monochorionic-twin-on-a-chip for investigating fetal organ growth and metabolism | Microsystems & Nanoengineering Research article: Leisure activity engagement and depressive symptoms: meta-analysis of 11 studies of middle-aged and older twins aged 32-99 - PubMed Lay article: Do your musical tastes affect your well-being? Scientists now have an answer Research article: Music style preferences and well-being: A genetic perspective - ScienceDirect Lay article: Twin Study Reveals Genetic Risk for Preterm NEC Research article: Genetic susceptibility to necrotizing enterocolitis in very preterm infants: evidence from twin data | Pediatric Research
- Le Brouhaha des fêtes
Crédit photos: Wix Un texte de Audrey-Anne Grou, travailleuse sociale et médiatrice familiale chez la clinique Chêne & Roseau. Je débute ce texte en levant mon café presque chaud à vous, chères mères de multiples! Vous êtes passées au travers du brouhaha des fêtes en un seul morceau (ou presque!). Soyons honnêtes, mais quel joyeux calvaire que représente la période de Noël. Entre le chandail rouge avec des sapins verts et des guirlandes dorées exigé par la garderie pour hier, les bisous de matante chose qui trouve que vos petits sont trop mignons et les réunions de famille où chacun vous fait cadeau de son conseil non sollicité sur la façon dont vous devriez élever vos enfants, il est parfois difficile de trouver son souffle et de se connecter avec la magie de Noël. Ah, j’oublie aussi les joyeux virus qui se pointent souvent sans invitation et qui collent aussi longtemps que les lutins coquins. D’ailleurs, qui s’est dit que la période de Noël manquait de charge mentale et que ce serait une bonne idée d’ajouter un intrus qui chaque nuit fait le bordel et ne ramasse pas ses dégâts? Clairement pas un parent de multiples... En ce début d’année, je vous invite non pas à prendre huit nouvelles résolutions mais bien à détendre votre système nerveux qui a été largement surchargé dans les dernières semaines. Votre corps est parfait et vous faites du sport chaque jour en courant autour de la voiture pour attacher vos multiples dans leurs bancs d’auto. Je vous invite à reconnecter avec des petits plaisirs simples qui sont faciles à intégrer dans votre quotidien et qui vont vous permettre de décharger tout le stress accumulé pendant ces semaines ultra chargées. Cela peut se faire en prenant l’air quelques minutes, en buvant un café chaud, en ayant une discussion avec un autre adulte sans interruption constante, en lisant ou en écoutant une série chouchou. Votre thermomètre d’énergie est possiblement près du point de congélation, après autant de semaines avec la charge mentale en ébullition. Prenez un temps pour reconnaître tout ce que vous avez accompli et laissez votre esprit se déposer tranquillement dans un retour à la routine. Vous pouvez être à la fois déçues que les vacances des fêtes soient terminées et heureuses de récupérer votre corps, votre esprit et votre temps. Ces sentiments contradictoires peuvent coexister et il est important de se donner le droit en 2026 de les ressentir mais également de les verbaliser et de les valider. Il se peut également que, pour toutes sortes de raisons propres à chacune, vous ressentiez un sentiment de tristesse, de culpabilité ou de colère qui ne s’apaise pas en buvant un chocolat chaud dans un bain moussant. Si c’est le cas, n’hésitez pas à demander de l’aide à des professionnelles qui sont là pour vous aider et vous accompagner dans cette parentalité hors norme qui est trop souvent banalisée. Ce que vous faites est extraordinaire et vous l’êtes tout autant. Mettre un genou par terre et demander de l'assistance pour se relever n’est pas un signe de faiblesse, mais au contraire une représentation de force et de puissance. Vous avez passé les dernières semaines à penser à tout le monde et je considère qu’il est maintenant temps que vous pensiez un peu à vous. Contactez-nous au info@mamanspieuvres.com si vous désirez publier un blogue ou un article chez Mamans Pieuvres !
- Découvertes récentes en neurosciences, démographie et développement
Crédit photos: Wix Grâce à nos partenaires de recherche chez ICOMBO, nous avons accès aux toutes dernières découvertes concernant les grossesses gémellaires ainsi que sur la santé des familles ayant des enfants issus d'une naissance multiple. Ces études permettent non seulement d'en apprendre davantage sur le phénomène de la gémellité, mais aussi de mieux soutenir les parents dans leur quotidien. Pour plus d'informations, visitez le site web de ICOMBO. Les jumeaux grandissent plus lentement que prévu et ce, dès le premier trimestre. On savait déjà que les jumeaux ont une taille et un poids de naissance inférieurs à ceux des enfants uniques. Cependant, de nouvelles données provenant d’échographies 3D montrent qu’ils sont plus petits beaucoup plus tôt qu’on ne le pensait. Points clés de l’étude : dès 15 semaines de grossesse, les jumeaux (dans des grossesses dichorioniques sans complications) ont moins de tissu adipeux et moins de masse musculaire que les singletons; cela contraste avec les études antérieures utilisant l’échographie 2D, qui montraient un ralentissement surtout au troisième trimestre; les scientifiques ne croient pas que ce ralentissement précoce soit dû à un manque de nutriments, car le placenta est normalement suffisant à ce stade. Ces données soutiennent l’hypothèse d’un mécanisme adaptatif : les jumeaux pourraient se développer plus lentement tôt dans la grossesse pour mieux gérer la demande accrue en ressources dans les derniers mois. Si les résultats sont confirmés, ils pourraient orienter de nouveaux protocoles de surveillance prénatale chez les jumeaux. Pour consulter l'étude en entier: Twins grow more slowly in early pregnancy than previously thought | National Institutes of Health (NIH) L'impact de l'affection maternelle sur la personnalité à long terme. Des chercheurs ont suivi 2 232 jumeaux identiques britanniques de la naissance à l’âge de 18 ans dans le cadre de l’Environmental Risk Longitudinal Twins Study. Leur analyse montre que : l’affection maternelle pendant l’enfance est associée au développement de traits positifs tels que l’ouverture, la conscience professionnelle et l’amabilité; ces traits sont eux-mêmes liés à de meilleurs résultats en termes d’éducation, de santé et de réussite socioéconomique; il est souvent plus difficile pour les mères de jumeaux ou de multiples de consacrer ce temps individuel, ce qui renforce l’importance des politiques de soutien aux familles. Les auteurs insistent sur le rôle essentiel des programmes de soutien parental, des politiques financières familiales, et de l’accès à des soins de santé mentale pour les parents en difficulté. Ces résultats ouvrent la voie à des modèles d’intervention parentale visant à réduire les inégalités en matière de développement socio-émotionnel. Pour consulter l'étude en entier: Nurturing now, thriving later: Twin study demonstrates the lasting power of affectionate mothering Vieillissement cérébral et marqueurs biologiques Alors que la population mondiale vieillit, les maladies liées à l’âge deviennent de plus en plus fréquentes. Les études chez les jumeaux permettent aux chercheurs d’estimer l’impact relatif de la génétique et de l’environnement dans le vieillissement du cerveau. Une équipe de la Vrije Universiteit Amsterdam a analysé 254 jumeaux et membres de fratries provenant du Netherlands Twin Register. Les résultats montrent que : les processus de vieillissement du cerveau sont étroitement liés au vieillissement biologique observé dans le sang; les facteurs environnementaux jouent un rôle majeur dans ce lien; des influences telles que l’alimentation, l’activité physique ou des facteurs présents dès la naissance pourraient être déterminantes. Les auteurs concluent que les biomarqueurs de vieillissement pourraient permettre de prédire l’état de santé futur et d’orienter des interventions ciblées visant à ralentir le vieillissement cérébral. Pour consulter l'étude en entier: Twin study reveals new insights into brain aging - Vrije Universiteit Amsterdam Taux de gémellité en Afrique subsaharienne : tendances et variations Une étude doctorale menée par Adama Ouedraogo a examiné l’évolution des taux de jumeaux dans 42 pays d’Afrique subsaharienne entre 1986 et 2016. Principaux résultats : le taux global est de 17,4 jumeaux pour 1000 naissances, il a très peu changé au fil du temps, contrairement à l’augmentation observée dans les pays développés depuis les années 1970, il pourrait légèrement augmenter d’ici 2050 (prévision : 18,4/1000). Les chercheurs soulignent que plusieurs groupes ethniques ayant des taux élevés de jumeaux appartiennent à la grande famille Bantu.L’étude met en lumière les importants défis de santé publique liés aux grossesses multiples en Afrique : prématurité, faible poids de naissance et risques obstétricaux accrus.Elle souligne aussi l’urgence de mettre en place des stratégies de suivi spécialisé pour les grossesses multiples à haut risque. Pour consulter l'étude en entier: Twin Births in 42 Sub-Saharan African Countries from 1986 to 2016: Frequency, Trends and Factors of Variation | Twin Research and Human Genetics | Cambridge Core À retenir: Les jumeaux montrent un ralentissement de croissance dès le premier trimestre, ce qui pourrait représenter une adaptation prénatale plutôt qu’un signe de carence, un élément important pour améliorer la surveillance et la prise en charge prénatale. L’affection maternelle au début de la vie est associée au développement de traits de personnalité bénéfiques à long terme, mais les parents de multiples ont souvent besoin de soutien supplémentaire pour offrir cette présence individualisée. Les études chez les jumeaux permettent de mieux comprendre le rôle respectif de la génétique et de l’environnement dans le vieillissement, le développement et la santé. Le vieillissement du cerveau est étroitement lié aux marqueurs biologiques du sang, et les facteurs environnementaux, alimentation, activité physique, conditions de vie, jouent un rôle majeur dans cette dynamique. En Afrique subsaharienne, le taux de jumeaux est le plus élevé au monde, avec des variations importantes selon les régions et les groupes ethniques, ce qui soulève des besoins en politiques de santé adaptées aux grossesses multiples. Sources et études consultées: Lay article : Twin study reveals new insights into brain aging – Vrije Universiteit Amsterdam Research article : Epigenetic age acceleration in peripheral blood correlates with brain-MRI age acceleration — Brain (Oxford Academic) Research article : Twin Births in 42 Sub-Saharan African Countries from 1986 to 2016: Frequency, Trends and Factors of Variation — Twin Research and Human Genetics Lay article : Nurturing now, thriving later: Twin study demonstrates the lasting power of affectionate mothering Research article : Parenting in childhood predicts personality in early adulthood: A longitudinal twin-differences study Lay article : Twins grow more slowly in early pregnancy than previously thought — NIH Research article : Fetal Body Composition in Twins and Singletons
Events (8)
- 25 février 2025 | 00 h 00
- 29 novembre 2024 | 01 h 00
- Webinaire sur l'allaitement de jumeauxTickets: 60,00 $4 avril 2024 | 23 h 00











