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Le dé​veloppement cognitif chez les jumeaux pendant la petite enfance. 

Les jumeaux et triplés sont fascinants pour tout le monde, même pour eux-mêmes. Ils captivent la population depuis toujours, et ce, peu importe la culture. Il en est d’ailleurs question dans la plupart des mythologies, dans de nombreux livres, documentaires, films, œuvres d’art, bandes-dessinées et dessins animés. Cet attrait pour les multiples peut toutefois avoir un impact important sur leur développement et leur comportement en tant qu’individu.

Notre rôle en tant que parents consiste non seulement à respecter le développement naturel de chacun des enfants, sans toutefois nier cette relation unique et particulière. Un équilibre de notre part s’impose donc afin de reconnaître le lien gémellaire qui les unit sans toutefois laisser celui-ci empiéter sur le développement individuel de chacun d'entre eux. C'est avec cette approche que vous pourrez aider vos petits à devenir des adultes indépendants, capables de faire leurs propres choix.

 

Investir dans l'individualité et le développement de vos multiples aura un impact positif et indéniable tout au long de leur vie. Voici une liste de bienfaits propres au développement des jumeaux lorsqu'on supporte chacun d'entre eux dans leur cheminement personnel (Twin Trust, 2019) :

  • Leurs compétences sociales avec l'entourage s'améliorent;

  • Leurs comportements sont moins axés sur la compétition et la rivalité;

  • Leurs compétences linguistiques progressent davantage;

  • La séparation avec leur(s) co-jumeau(x) est moins difficile à supporter;

  • Leur cheminement scolaire est plus facile (qu'ils soient ensemble ou séparés);

  • Leur niveau de confiance en eux pendant la puberté améliore leur transition vers la vie adulte;

  • Leur indépendance vers l'âge adulte leur permettra de tisser des relations plus solides avec les autres.

Finalement, votre parentalité sera plus satisfaisante car vous pourrez vous identifier à chaque enfant en tant qu'individu. L'équipe tient à remercier toutes les collaboratrices de Mamans Pieuvres pour leur contribution à cette page, spécialement Lucie Boulanger et Andréa Dépelteau à la révision.

LE DÉVELOPPEMENT COGNITIF DES MULTIPLES

Les enfants franchissent toutes les étapes clés de leur développement à des rythmes différents. Le moment et la façon d’acquérir de nouvelles habiletés, comme la motricité fine et la motricité globale, sont propres à chacun de nos enfants, incluant les jumeaux (monozygotes et dizygotes).

À la naissance, les jumeaux sont généralement plus petits en termes de poids que les singletons. De plus, les bébés nés prématurément peuvent prendre davantage de temps à atteindre certaines étapes importantes de leur développement comparativement à un bébé né à terme. Cela étant dit, la grande majorité des enfants vont rattraper le petit écart pendant l'enfance avec ou sans aide professionnelle. Si vous avez des inquiétudes, faites-en part à votre médecin ou encore aux éducateurs.trices de vos enfants. 
 

Les professionnels de la santé tiendront compte du facteur de gémellité lors de leur suivi (ou rappelez-leur quand cela ne semble pas être le cas!). 

 

Puisque nos enfants du même âge grandissent côte à côte, il est impossible pour la famille, principalement les parents, de ne pas les comparer. Ensembles depuis leur naissance, nous avons deux ou trois enfants qui se développent chaque jour devant nos yeux. Rappelons-nous au quotidien que leur rythme d'apprentissage est différent. Ce n'est pas une compétition !

LIEN GÉMELLAIRE

 

Ensemble depuis leur conception, les multiples ont été conçus avec ce lien profond et unique qu'on appelle le lien gémellaire. Source permanente de force et d’affection mutuelle, car « sur le plan émotionnel, les jumeaux développent un lien d’attachement particulier envers leur(s) co-jumeau(x) et ce depuis in utero. Qu’il soit fusionnel ou plus conflictuel, ce lien se développe et se complexifie au cours des années » (Boulanger, 2021).

C'est ce lien qui rend les multiples encore plus uniques et qui constitue une partie importante de leur identité propre. La gémellité et le statut qu'on lui accorde sont cependant très significatifs dans la vie des enfants issus d'une naissance multiple, particulièrement auprès des parents.

 

La chercheuse italienne Alessandra Piontelli, qui a étudié trente paires de jumeaux depuis la grossesse jusqu'à la petite enfance, explique comment l'attachement entre les jumeaux s'est formé avec une intensité inhabituelle et à un âge précoce, particulièrement chez les monozygotes.

 

La chercheuse explique : « La présence la plus constante et la plus stable dans la vie de tout jumeau est son co-jumeau. Dans bien des cas, tôt ou tard, chacun est nécessairement devenu la figure majeure d’attachement de l’autre. Les jumeaux ont commencé à compter les uns sur les autres pour leur confort, leur compagnie et leur soutien. » (Piontelli, 2002).

L’étude précise qu'on peut qualifier le lien entre jumeaux et triplés d'attachement primaire, un terme qui fait référence à la personne avec laquelle un enfant développe son lien émotionnel le plus fort, généralement étant la mère. C'est donc fascinant (et à la fois rassurant!) de comprendre que les multiples développent un lien d'attachement entre eux, et ce, dès le plus jeune âge. 

Cet aspect est primordial et vient défaire le mythe que la séparation physique favorise l’indépendance des multiples. Cette fausse croyance peut causer plus de tort que de bien, surtout lorsque les jumeaux sont séparés trop précocement. Le fameux sujet de la séparation des multiples revient à tout coup, particulièrement en contexte scolaire. Pour plus d'informations à ce sujet, visitez la page SCOLARITÉ.

 

LES STADES DE DÉVELOPPEMENT 

Saviez-vous que les jumeaux ont un développement cognitif distinct? En effet, le fait qu’ils soient issus d’une naissance multiple amène des défis supplémentaires dans leur recherche identitaire (Fédération Jumeaux et Plus, 2019). Il est primordial d'accorder une attention particulière aux étapes du développement des jumeaux pour que chacun puisse développer sa personnalité unique. 

Pendant ses nombreuses années de recherche et de travail auprès des familles de multiples, le psychologue et gémellologue Fabrice Bak a développé un modèle développemental gémellaire. Il fut défini que leur développement s’effectuait en 4 étapes spécifiques :

La fusion gémellaire

De la naissance jusqu'à environ 2 ans (bébés)

La phase de complémentarité

Vers 2 ans jusqu'à 5-6 ans

 (petite enfance)

La première phase d'autonomie

Vers 6 ans jusqu'à 11-12 ans

(enfance)

La deuxième phase d'autonomie

De l'adolescence jusqu'à l'âge adulte (début de la puberté)

Le comité scientifique de la Fédération Jumeaux et Plus en France spécifie que certains enfants vont passer ces étapes en avance ou en retard et que les âges sont à titre indicatif. 

 

LA GÉMELLITÉ PENDANT LA PETITE ENFANCE 
 

De la naissance jusqu'à l'entrée à l'école, les multiples vont expérimenter les deux premiers stades, soit la fusion gémellaire et la phase de complémentarité. 

 

Le premier stade, qui s'étend jusqu'à environ 2 ans, fera en sorte que les multiples seront fusionnels au départ. Difficile pour le parent d’entretenir une relation individuelle avec chacun des bébés, les multiples sont souvent sollicités en même temps (boires, changements de couche, etc.), renforçant leur développement en tant qu’entité gémellaire plutôt qu’en tant qu’individu.

 

Cette unification amplifie d’ailleurs encore plus la relation gémellaire. Ce stade de fusion gémellaire est donc une phase tout à fait naturelle et normale car il est difficile de s’occuper de bébés et de tout-petits du même âge en leur accordant la même attention ainsi qu'en leur répondant de façon différente et individuelle. Ces réponses apportées en simultané peuvent donc provoquer un léger retard de développement, qui se comblera tout à fait naturellement, dans la plupart des cas. 

Puis, vers l'âge de deux ans, les multiples vont entrer dans le deuxième stade soit la phase de complémentarité. Les petits vont se rendre compte qu’ils sont des individus à part entière. Ils continueront leurs apprentissages côte à côte, mais chacun à leur vitesse (ex.: marche, langage, propreté). C’est aussi à ce stade que chacun développera leur caractère respectif. L’éducation des parents serait en partie responsable de la réussite de cette étape.

 

L’enfait qui accusera d’un retard dans un domaine sera alors sur-sollicité naturellement par ses parents afin de rattraper son co-jumeau. Puisque leur personnalité se construit pendant la petite enfance, il est plus facile pour les parents de leur attribuer des caractéristiques propres pour les différencier.


Remarquez bien que la phase de complémentarité chez les jumeaux, occupant la majeure partie de la petite enfance, coïncide en plein avec cette période intense où la gestion des émotions est difficile pour les tout-petits.

Les étapes de développement propres aux multiples sont importantes car elles expliquent en majeure partie l’intensité des relations entre jumeaux et jumelles. Il faut donc y porter une attention particulière afin que chacun puisse développer sa personnalité et se sentir unique. L’important est d’en parler avec chacun d'entre eux pour éviter des conséquences importantes sur leur vie respective.

LES DIFFÉRENTS MODÈLES DE RELATIONS GÉMELLAIRES

En plus des stades de développement, le chercheur français René Zazzo, qui a consacré une grande partie de sa vie à étudier la gémellité, semble identifier des modèles de relations gémellaires que l'on peut attribuer aux jumeaux. Ces modèles sont caractérisés par le type de grossesse, le sexe, mais aussi par les personnalités bien distinctes de chaque enfant. 

  • Le modèle « fusionnelle »

Il est plus souvent aperçu chez les monozygotes dû à l'effet miroir. C'est souvent ce type de relation que la société attribue à tous les jumeaux, renforçant les mythes telle la télépathie. Vous pourrez reconnaître ce modèle chez vos jumeaux si :

- Ils ne se chicanent pas ou très peu souvent ;

- Ils cherchent constamment à être dans la présence de l'un et l'autre ;

- La séparation est très problématique et ils s'apaisent lorsqu'ils se retrouvent.

  • Le modèle de « dominé-dominant »

Il est plus souvent attribué aux dizygotes, car ils peuvent être physiquement très différents. La force et la taille d'un des jumeaux peuvent exercer une grande influence, surtout pendant la petite enfance.  Selon les circonstances, il y aura donc alternance entre le dominant et le dominé. Vous pourrez reconnaître ce modèle chez vos jumeaux si :

- Ils se confrontent régulièrement ;

- Le même semble prendre le dessus sur l’autre ou les autres ;

- Un semble materner l'autre ou les autres, et parler à sa-leur place.

  • Le modèle « relation de couple »

Attention, ici on ne parle pas d’un couple de jumeaux de sexes différents, mais vraiment de la façon dont vos multiples interagissent entre eux. Vous pourrez reconnaître ce modèle chez vos jumeaux si:

-Ils semblent se compléter ;

-Ils assurent chacun un rôle particulier (comme un ministre de l'intérieur et de l'extérieur) ;

-Il semble être plus difficile pour un co-jumeau de se séparer. 

Peu importe le modèle de relation dans lequel vos multiples semblent évoluer, sachez que cette relation n’est toutefois pas figée dans le temps et, au fil de leur développement, les rôles changeront en fonction des forces, des faiblesses et des intérêts de chacun.

SÉCURITÉ D'ATTACHEMENT CHEZ LES JUMEAUX, COMMENT ÇA SE PASSE?

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On parle de plus en plus de l’importance de l’attachement lorsqu’il est question du développement des enfants. Brièvement, dès les premiers moments de vie, votre enfant se réfère à vous pour avoir une représentation du monde qui l’entoure. Lorsque vous êtes sensibles aux besoins de votre enfant, c’est-à-dire que vous y répondez de façon adéquate et plaisante, mais aussi dans un délai raisonnable, votre enfant comprend qu’il peut vous faire confiance.

C’est à travers votre disponibilité et votre prévisibilité que votre enfant apprend qu’il peut vous utiliser comme base de sécurité. Il sait que vous êtes là pour le protéger lorsqu’il vit de la détresse. Ainsi, au fil du temps, votre enfant deviendra sa propre base de sécurité et utilisera ses ressources personnelles pour s’accomplir et affronter les défis de la vie. Le hic est que l’on aborde souvent ce thème sous la loupe des parents de singletons.

Devoir répondre aux besoins de deux ou trois bébés n’est pas une mince tâche, même que cela peut être impossible par moment. Le temps du parent qui est accordé à chaque enfant individuellement est inévitablement réduit, mais rassurez-vous, les jumeaux et les triplés peuvent tout autant développer un attachement sécurisant envers leurs parents.

 

Au-delà de l’attention accordée à chaque enfant, c’est la sensibilité parentale qui joue un rôle important. Concrètement, si un de vos bébés pleure, il vous signale un besoin. Si l’autre est calme, il n’en signale pas. Bien sûr que le plus calme mérite aussi votre attention, mais, dans cet instant précis, nul besoin d’aller au-devant de ses besoins. Faites-lui confiance qu’il saura vous aviser en temps et lieu. La mobilisation du réseau de soutien prend également tout son sens ici pour les moments où vos enfants expriment des besoins simultanément.

 

Pour finir, sachez que vos enfants développeront aussi un lien d’attachement entre eux. Beau plus non?

LES RELATIONS FRATERNELLES ET LEUR IMPACT SUR LE DÉVELOPPEMENT 

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Étant moi-même jumelle, je me suis intéressée au lien qui unit les jumeaux afin de comprendre pourquoi cette relation était si difficile à expliquer pour nous, mais était également si compliquée à comprendre pour les autres.

 

Quelles différences y a-t-il entre ce qui unit des jumeaux et ce qui rapproche les autres membres de la fratrie? En quoi les étapes du développement des jumeaux diffèrent-elles des singletons? Mes rencontres auprès d’une soixantaine de jumeaux, mes recherches et la précieuse collaboration de M. Fabrice Bak, psychologue cognitiviste et gémellologue, m’ont confirmé qu’être jumelle ou jumeau n’est pas avoir une vie comme les autres. 

Bien qu'on idéalise la relation gémellaire, celle-ci évolue et fluctue selon plusieurs facteurs. Elle est aussi tributaire de la perception qu’a la société, notre entourage et nous-mêmes face à notre statut de jumeaux-jumelles. Ceci pouvant même nous pousser à adopter des comportements pour agir comme les gens aiment se l’imaginer, c’est-à-dire de « façon fusionnelle », même si ce n'est pas toujours le cas!

LA FRATRIE 

Le premier lien que nous créons est celui avec notre mère au cours de la grossesse. Vient ensuite celui avec nos deux parents dès la naissance, puis avec la fratrie, lorsqu’on a la chance d’en avoir une. Le lien familial débute donc dès l’aube de notre vie. Ce qui nous unit à nos frères et à nos sœurs est le fait d’avoir les mêmes parents. Le lien se tisse dès la naissance de chacun de nous et s’intensifie avec le temps en fonction des affinités et des expériences propres à chacun pour se transformer en relation d’amitié.

Les relations entre les frères et les sœurs sont d’ailleurs à la base de nos relations futures. Ce sont eux qui nous apprennent à prendre notre place au sein de la famille et, plus tard, à vivre en société. Le rang que nous occupons au sein de la cellule familiale a aussi une grande importance sur notre développement : l’aîné est à la tête et le cadet à la base de cette hiérarchie. Ainsi, les plus vieux servent de modèles aux plus jeunes et ces derniers bénéficient habituellement de leur affection et de leur protection.

Bébés, les filles développent généralement des capacités verbales en premier alors que les garçons développent plus souvent leurs capacités motrices au même âge (0 à 2 ans). En plus des membres de la famille, les enfants sont amenés dès la petite enfance (de 2 à 6 ans) à s’ouvrir à d’autres enfants à la garderie, puis, plus tard à l’école, où se développera une certaine forme d’autonomie tout au long de l’enfance. 

LES PARTICULARITÉS DU LIEN GÉMELLAIRE 

Chez les jumeaux, nous partageons préalablement le même utérus au cours de la période de gestation. Nous interagissons aussi déjà entre nous dans l’espace intra-utérin, sentant et ressentant la présence de l’autre. En raison de la proximité physique et psychique, il se crée ainsi un milieu propice à l’intimité. Plus précisément chez les jumeaux identiques qui partagent le même bagage génétique, ces derniers peuvent même partager le même sac amniotique, en plus du placenta. Qu'ils soient monozygotes, dizygotes ou trizyogotes, cette relation s’étant développée peu après la conception rend le lien plus intense entre les jumeaux.

Cette relation peut être facilitante dans certaines situations (amis, garderie, écoles, activités, etc.) puisque nous avons le même âge. Déconcertante aussi, car ayant la même position au sein de la fratrie, nous devons prendre notre place au sein de la famille, mais aussi auprès de notre jumelle ou de notre jumeau. Quant aux capacités verbales et motrices, les jumeaux identiques et ceux de même sexe se développeront en fonction des capacités de chacun, alors que les jumeaux non-identiques de sexe différent le feront en fonction du sexe de chacun.

AFFIRMATION DE SOI ET CONSTRUCTION IDENTITAIRE 

Chez les jumeaux identiques, l’inné et l’acquis feront de chacun un être unique développant sa propre personnalité en fonction de ses choix et de son histoire respective. Avoir la même apparence pour les jumeaux identiques favoriserait encore plus leur complicité, mais aussi leur rivalité.

Tout comme pour les autres membres de la famille, les jumeaux évoluent à l’intérieur d’une certaine hiérarchie et cette dernière influence le développement de celle ou de celui né en second ou en troisième, dans le cas des triplés. Ainsi, l’aîné des jumeaux agit à titre de modèle et joue un rôle majeur dans la construction de l’identité du ou des plus jeunes, selon le cas, puisque les jumeaux s’autosuffisent généralement et forment en quelque sorte leur propre bulle familiale. C’est pourquoi les parents, tout comme les membres de la fratrie, se sentent généralement exclus du duo ou du trio.

Dans certains cas, on peut constater que le plus vieux des jumeaux est privilégié dans plusieurs sphères de sa vie par rapport à son cadet. Ce qui expliquerait le besoin pour l’un de prendre davantage soin de l’autre pour compenser, donnant ainsi l’impression que l’un est dominant et l’autre, dominé. Cela peut aussi laisser croire à l’un qu’il est responsable de son ou ses co-jumeaux, qu’il lui est inférieur, interprétant son attention et l’affection de celui-ci comme une forme de dominance. Cela peut aussi engendrer un sentiment de culpabilité pour le plus choyé par la vie.

Quant à l’enfant du milieu dans le cas de triplés, comme pour celui du milieu de la famille, il devra s’imposer et s’affirmer davantage par rapport à ses deux jumeaux et servira souvent de médiateur entre l’aîné et le cadet du trio. Des duos auront aussi tendance à se former et à se déformer entre eux en fonction des affinités et des expériences de chacun. L’important est que chaque enfant du trio puisse développer sa propre personnalité et se sentir unique malgré la relation particulière qu’est ce type de relation gémellaire.

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DÉVELOPPER LA CONFIANCE PERSONNELLE DE NOS ENFANTS

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Il est indéniable que la confiance qu'un enfant développe en bas âge a des répercussions sur sa confiance en lui à l'âge adulte. Cette réalité peut entraîner une pression chez de nombreux parents, surtout lorsqu'il s'agit de créer les conditions nécessaires au développement de cette confiance non pas seulement chez un, mais chez deux ou trois enfants du même âge et au même stade de développement.

 

Ainsi, l'objectif n'est pas d'ajouter au stress parental, mais bien au contraire de transmettre quelques stratégies qui pourront aider à agir au mieux, car c'est finalement ce qui importe le plus. Faire de son mieux avec les ressources dont nous disposons. Chaque situation familiale est unique. Vous allez probablement apprendre des choses dans ce texte, et si vous ne les connaissiez pas auparavant, vous pourrez peut-être agir différemment à partir de maintenant, mais certainement pas à 100 % du temps, car la perfection n'existe pas. Vous pourrez voir qu’il est alors possible de faire de la réparation relationnelle. 

 

ÉVITER LES COMPARAISONS

Les comparaisons au sein de la fratrie sont souvent présentes dans de nombreuses familles. Il n'est pas rare d'entendre des phrases telles que « Ton frère ne fait pas ça lui, pourquoi ne fais-tu pas comme pas comme lui ? ». Parfois, ces comparaisons viennent de l'extérieur comme à la rentrée scolaire où une enseignante pourra dire à un enfant : « J'ai eu ton frère l'année dernière, j'espère que ce sera aussi facile avec toi! ».

 

Malgré l'intention bienveillante qui se cache derrière ces remarques, ce type de comparaison ne favorise pas la confiance en soi, mais induit plutôt une pression et instaure un climat de compétition entre les membres de la fratrie.

 

Dans le cas des jumeaux ou des triplés, la probabilité qu’ils soient comparés est encore plus élevée. Les parents, les membres de la famille élargie ou d'autres personnes extérieures peuvent avoir tendance à les comparer pour les différencier : « Qui est le plus sportif ? Celle-ci écoute plus les consignes que l’autre, etc. » En tant que parents, il est important de poser des limites vis-à-vis de ces comparaisons pour le bien-être de l'enfant. On peut expliquer que cela génère de la jalousie et de la compétition, et que cela peut affecter leur estime de soi.

 

L'enfant peut être comparé, mais à lui-même. Par exemple, « Regarde comment tu as amélioré ton écriture depuis l'année dernière, peux-tu me dire ce que tu as mis en place pour y arriver ? » Ou encore : « Remarques-tu la différence dans ta gestion de la colère quand tu es avec tes amis et quand tu es avec tes sœurs ? Pourquoi penses-tu que tu communiques à tes amis quand tu es contrarié, mais que tu cries quand tu es avec tes sœurs ? Viens, nous allons regarder cela ensemble ». 

 

ÊTRE ÉQUITABLE NE SIGNFIE PAS TOUJOURS IDENTIQUE

Avez-vous déjà été dans une situation ou l'un de vos petits crie à l'injustice en vous mentionnant que c'est injuste puisque sa sœur a une nouvelle casquette mais pas lui ?  Que faire dans ce genre de situation ? En tant que parents, nous souhaitons que nos enfants aient le sentiment que nous les aimons tous de la même manière et que nous agissons de manière équitable avec chacun d'eux. C'est tout à fait légitime. Cependant, cela suppose que les enfants sont identiques et ont les mêmes besoins. Est-ce vraiment le cas ?

 

Non, puisque chaque enfant est unique et a des besoins spécifiques, incluant les monozygotes. Même en étant au même stade de développement, chacun ont leur tempérament et leurs enjeux. De ce fait, nos interventions en tant que parents seront orientées en fonction de leurs besoins individuels. Par exemple, une de mes jumelles peut accepter qu’on se sépare plus rapidement et de façon différente au dodo, alors que sa co-jumelle a besoin que la routine soit plus longue et surtout plus en douceur, sans quoi, elle s’endort plus difficilement. Ainsi, j’adapte la routine du dodo en fonction de qui elles sont. 

 

Il est possible qu'à certains moments, l'un des enfants ait le sentiment de ne pas être privilégié. On peut expliquer aux enfants la différence entre équité et égalité : « Je comprends que tu aies l'impression que ce n'est pas juste, mais ta sœur avait besoin d'une casquette tandis que la tienne est encore en bon état. Souviens-toi de la semaine dernière, tu as eu des pantalons alors que ta sœur n'en avait pas besoin. Cependant, tu as le droit de trouver cela injuste, car je comprends que tu aurais aimé avoir une nouvelle casquette ».

 

On valide les émotions que l'enfant ressent, mais on recadre la situation en mettant en lumière les besoins de chacun. L'enfant devra tolérer un refus à un désir, mais se sentira entendu malgré le refus. Cela ne garantit pas que l'enfant coopérera immédiatement, mais en agissant de cette manière, les réactions auront tendance à être moins vives, car l'enfant reconnaîtra qu'il y a des moments où c'est lui qui reçoit quelque chose et d'autres où c'est son frère ou sa sœur, mais que les émotions ont le droit d'être exprimées. Le piège de vouloir être constamment égal peut conduire à des comparaisons constantes et à une crise d'injustice à la moindre différence de traitement. Ainsi, dans certaines situations, il est préférable de pratiquer la tolérance à la différence.

 

Par exemple, lorsqu'on sert du jus aux enfants et qu'ils n'ont pas tous le même niveau dans leur verre, on peut explorer avec eux leurs ressentis, tolérer leur mécontentement sans chercher à rendre le tout identique, car on veut leur transmettre le message que la différence n'enlève rien à la valeur de la personne.

 

Autrement, on peut les laisser se servir eux-mêmes afin qu'ils contribuent à résoudre leurs propres problèmes, mais sans encourager la recherche de similitude en remplissant les verres de façon identique. Maintenant, si vous choisissez d'intervenir en remplissant les verres de manière équitable, c'est tout à fait acceptable, mais rappelez-vous que ce sont ces petites occasions de la vie quotidienne qui nous permettent d'avoir des discussions enrichissantes sur la comparaison avec les enfants.

 

LA STRATÉGIE DES ROCHES

 

Afin d'aider les enfants à visualiser de manière concrète un concept abstrait tel que « ça ne t'enlève rien quand je complimente ton frère », je vous présente une capsule explicative. L'objectif de cette stratégie est d'enseigner aux enfants, à travers le jeu, que nos forces et nos capacités ne peuvent pas nous être enlevées. Plus nous reconnaissons nos propres forces et nos difficultés, moins les commentaires que les autres reçoivent nous affectent, voire nous rendent fiers et heureux pour eux.

 

La stratégie des roches
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La comparaison étant fréquente au sein de la fratrie, il est intéressant de réaliser cette activité en famille, ce qui permettra de créer un ancrage pour l'avenir. Ainsi, vous pourrez entendre vos enfants exprimer leurs craintes selon lesquelles un commentaire adressé à un membre de la fratrie les rendrait insécurisés dans leur relation avec vous.

 

Par exemple, l'enfant pourrait vous dire : « Maman, j'ai peur que tu m'enlèves une roche en disant à ma sœur qu'elle est bonne en mathématiques », à quoi vous pourriez répondre : « Tu as bien fait de m'en parler, mon amour. Tu as l’impression que je voulais dire qu’elle était meilleure que toi ? Ce n’est pas ce que je voulais dire, mais je comprends ce que tu ressens. Parfois, on a l'impression d'avoir moins de valeur quand les autres sont récompensés, mais rappelle-toi les roches, est-ce que j’ai pris une de tes roches pour la donner à ta sœur ? »

 

En conclusion, si vous vous trouvez parfois à comparer vos enfants, gardez votre calme ; cela ne signifie pas qu'il est impossible de rectifier le tir. Il est tout à fait possible d'aller vers l'enfant et de faire amende honorable et ainsi faire de la réparation relationnelle.

 

Par exemple, dans une situation où un parent compare les enfants parce qu'un des jumeaux se couche facilement tandis que l'autre a du mal à rester au lit, on pourrait rectifier la comparaison de la manière suivante :

 

« Papa est désolé, cela ne s'est pas passé comme je l'avais prévu. J'ai comparé tes habitudes à celles de ta sœur, et cela n'a probablement pas été utile, n'est-ce pas ? Tu as dû ressentir que tu n'étais pas à la hauteur, et ce n'est pas le cas. J'aimerais qu'on réfléchisse ensemble à ce dont tu as besoin pour que la routine du coucher te convienne mieux, car je vois que c'est difficile pour toi, et c'est tout à fait normal. Nous allons prendre le temps d'adapter ce qui fonctionne pour toi. »

La relation de confiance se construit conjointement entre le parent et l'enfant, et le fait d'impliquer l'enfant dans la discussion pour qu'il partage son vécu et ses émotions contribue au développement de son estime de soi, car il se sentira vu et entendu.

LE RETARD DE LANGAGE CHEZ LES JUMEAUX

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Dès les premiers mois de vie de nos enfants, on a hâte aux premières fois. Comme orthophoniste, j’avais particulièrement hâte aux premiers signes de communication : les premiers indices de compréhension, les premiers échanges, les premiers mots, les premières phrases, etc. Comme c’est le cas pour plusieurs parents, cette anticipation était accompagnée de questionnements, et parfois, d’inquiétudes.

 

Avec des jumeaux ou des triplés, des questions supplémentaires et particulières surviennent. Est-ce que les complications à leur naissance auront un impact dans les années à venir? Est-ce que je stimule suffisamment le langage avec chacun de mes bébés? Est-ce que leur relation aura un impact sur leur manière de communiquer?

 

LE FACTEUR « GÉMELLITÉ » 

La recherche est plutôt claire en ce qui concerne le développement du langage chez les jumeaux et les triplés : ils sont plus à risque de développer des difficultés langagières que les enfants singleton.  L’une des raisons principales pour cette probabilité plus élevée est que les expériences communicatives de multiples tendent à être un peu différentes de celles vécues chez les singletons.

Bien que la gémellité constitue un facteur de risque pour les difficultés langagières, il est important de connaître les autres éléments ayant un impact sur l'apprentissage, soit : la prématurité, le petit poids à la naissance, l'historique familial et le sexe de l'enfant​.
 

Heureusement, la plupart des jumeaux/triplés vont rattraper leurs pairs avant l’entrée à l’école. Toutefois, les difficultés langagières, même si elles sont temporaires, peuvent faire vivre des émotions négatives aux enfants. En tant que parents, nous avons l’opportunité, voire le pouvoir, de prendre action pour enrichir les expériences communicatives de nos jumeaux/triplés et de favoriser un bon développement langagier.

Voici quelques conseils pour stimuler le langage de vos jumeaux/triplés :

   

  • Si possible, profitez des moments passés avec un seul des jumeaux : donner le bain en solo peut, par exemple, devenir un moment privilégié pour la stimulation du langage.

 

  • Essayez de répondre aux tentatives de communication de chaque jumeau le plus souvent possible (je le sais, c’est du sport!). En obtenant une réponse (un regard, un geste, un « oui, mon bébé », une répétition de ce qu’il a produit/dit), l’enfant est encouragé à essayer de nouveau et/ou à continuer de communiquer.

 

  • Profitez de la gémellité! Vous avez accès à des acteurs supplémentaires pour votre narration du quotidien et pouvez décrire une variété de situations ou d’actions : « Regarde Émile, Justine croque son éléphant! », « Oh! As-tu vu, Olivia? Rose flatte le chat ».

 

  • Parlez à vos enfants de manière indépendante, quitte à répéter la même phrase à chacun. Dites le nom de l’enfant à qui vous vous adressez et parlez au « tu » : « Lucas, tu vas mettre tes bottes. Maintenant, William, tu mets tes bottes ».

 

  • Développez un intérêt pour les livres et regardez souvent les mêmes. Plutôt que de poser des questions sur les images ou l’histoire, faites des commentaires, en les adressant à chaque enfant. « Oh, Nathan, il y a de belles mitaines! On en a des mitaines mauves comme ça, Charlie ». 
     

  • L’implication d’un coparent présent et actif est bénéfique puisqu’il permet des échanges 1 adulte – 1 bébé. On réduit donc l’impact de la triade.

 

  • Évitez de comparer vos jumeaux/triplés (oui, c’est peut-être plus facile à dire qu’à faire). Bien qu’ils évoluent dans le même environnement, ils ont leur propre personnalité, leur propre perception et leur propre rythme. Il est totalement normal qu’ils n’évoluent pas de manière identique.

Si vous désirez plus d'informations sur le langage de vos jumeaux, procurez-vous un accès à notre salon virtuel où vous pourrez visionner plus de 20 capsules vidéo sur la gémellité!

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Q&R AVEC L'ÉQUIPE D'OLIE SUR L'INTIMITÉ CHEZ LES JUMEAUX

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1. Jusqu’à quel âge mes multiples devraient prendre leur bain/douche ensemble? Y a-t-il une différence s’ils ne sont pas du même sexe?

 

L'âge auquel vos enfants multiples devraient prendre leur bain ou leur douche ensemble dépend vraiment des enfants. En général, tant que cela reste une expérience positive et confortable pour eux, il n'y a pas vraiment de limite d'âge fixe. Au fur et à mesure que les enfants grandissent et commencent à développer leur propre identité et leur propre intimité, ils peuvent commencer à préférer prendre leur bain ou leur douche séparément. Cela peut se produire à des âges différents pour chaque enfant, et c'est tout à fait normal. Il est essentiel de rester attentif aux signaux de confort ou d’inconfort de vos enfants. Vous pouvez certainement leur demander leur avis, mais soyez également attentif aux signes non verbaux qui pourraient indiquer qu'ils se sentent mal à l'aise.

Si l'un des enfants exprime le besoin d'intimité ou montre des signes de malaise, il est important de respecter son intimité et d'adapter les pratiques en conséquence. De même, si vous remarquez des comportements qui pourraient indiquer un manque de respect des limites personnelles, comme des questions ou des touchers inappropriés, il est important d'intervenir et de donner plus d’intimité à chacun. Et si vos enfants sont de sexes différents, cela ne change habituellement pas vraiment la situation. Cependant, il est possible que vous remarquiez des signes d'inconfort plus rapidement entre ceux qui ne sont pas du même sexe, en raison de différences potentielles dans les niveaux de confort ou d'intimité.

En résumé, il n'y a pas de règle stricte en matière d'âge pour que les enfants multiples prennent leur bain ou leur douche ensemble. Cela dépend vraiment de leur confort et de leur niveau de développement individuel. 

 

 2. Quoi faire lorsque mes petits commencent à découvrir leur corps et celui de leur co-jumeau?​

L'exploration et la découverte du corps sont des éléments tout à fait naturels dans le développement psychosexuel des enfants. C'est une partie essentielle de leur croissance et de leur compréhension du monde qui les entoure. En tant que parent, il est suggéré de reconnaître et de respecter cette curiosité innée, en offrant un environnement sécuritaire et sans jugement où vos enfants peuvent explorer librement.

Permettez-leur de poser des questions et de discuter ouvertement de leurs découvertes avec vous. Encouragez-les à exprimer leurs sentiments et leurs préoccupations, et assurez-leur qu'ils peuvent vous parler en toute confiance. Montrez-leur que vous êtes là pour les soutenir et les guider à mesure qu'ils naviguent à travers cette étape importante de leur développement.

Il est également important de comprendre que, dans la plupart des cas, il n'est pas nécessaire d'intervenir activement dans le processus d'exploration de vos enfants. Les laisser découvrir de manière autonome leur propre corps et celui de leur jumeau, dans un environnement d’exploration mutuelle, est souvent la meilleure approche pour favoriser un développement sain et positif. Les jeux d'exploration entre jumeaux ne sont pas plus choquants qu'avec leurs amis, bien au contraire, car ils évoluent dans un environnement où la confiance mutuelle est déjà établie. C'est à travers cette exploration que les enfants apprennent à se connaître intimement, à comprendre les différences entre les corps et à développer une relation positive avec l'anatomie.

 

Permettre aux enfants d'explorer leurs corps contribue également à leur développement émotionnel, où ils apprennent à reconnaître et à gérer leurs émotions, tout en cultivant une relation de respect et d'acceptation envers les autres. C'est aussi une leçon de vie, où les enfants apprennent les bases du consentement et du respect des limites personnelles. C'est reconnaître leur humanité, leur curiosité naturelle et leur besoin de comprendre le monde qui les entoure. C'est leur donner les outils nécessaires pour devenir des adultes confiants, autonomes et respectueux d'eux-mêmes et des autres.

Cependant, restez attentif aux signes de malaise ou de comportement inapproprié entre vos enfants tels que mentionnés ci-haut. Si vous remarquez des situations qui pourraient indiquer un manque de respect des limites personnelles ou une gêne, intervenez de manière appropriée. Un comportement d'exploration sain c’est lorsque les enfants sont curieux de leur propre corps et de celui des autres, dans le respect des limites personnelles et du consentement mutuel, sans contrainte ni coercition. En revanche, un comportement inquiétant peut inclure des comportements secrets, des tentatives de cacher leurs actions, des activités qui semblent forcées ou non consensuelles, ou des comportements qui dépassent les limites de l'âge et du développement de l'enfant.

3. Où est la limite de la curiosité et de l’exploration avec la fratrie?
 

Dans le développement psychosexuel des enfants, il doit y avoir des limites claires pour guider leur curiosité et leur exploration, surtout lorsqu'il s'agit de leurs interactions avec leurs frères et sœurs. Ces limites visent à préserver le respect mutuel, la sécurité et le bien-être émotionnel de chacun.

Comment savoir si on demeure dans le cadre de comportements exploratoires normaux et appropriés pour leur niveau de développement? Tout simplement lorsque les enfants se sentent à l'aise et que leurs interactions restent empreintes de curiosité saine, sans intention cachée ni motif préoccupant.

Cependant, certains comportements peuvent être considérés comme inquiétants s'ils dépassent certaines limites. Par exemple, si les gestes d'exploration deviennent trop fréquents ou envahissants ou s'ils sont associés à des intentions inappropriées ou à une pression exercée sur un frère ou une sœur, cela pourrait indiquer un besoin d'intervention et de clarification des limites.

Il est également important de rester attentif à la réciprocité des interactions entre les enfants. Si l'un des enfants semble moins à l'aise ou manifeste des signes de malaise face aux interactions de l'autre, cela peut être un indicateur que les limites sont franchies et qu'une discussion sur le respect mutuel et le consentement est nécessaire.

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4. Comment assurer une intimité à mes enfants lorsqu’ils partagent leur chambre?
 

Que ce soit par choix ou par nécessité, partager une chambre peut être une expérience enrichissante, mais cela nécessite une gestion réfléchie pour garantir que chaque enfant se sente respecté et à l'aise dans son propre espace.
 

Tout d'abord, il est important d'établir des limites physiques claires dans la chambre. Cela peut être réalisé en créant des zones définies pour chaque enfant, où ils peuvent avoir leur propre espace personnel pour jouer, étudier et se détendre. Des étagères, des séparateurs d'espace ou même des rideaux peuvent être utilisés pour délimiter visuellement ces zones, offrant ainsi à chaque enfant un sentiment d'intimité et d'autonomie.

 

Il est suggéré de respecter le besoin de chaque enfant d'avoir des moments de solitude. Encouragez-les à communiquer leurs besoins et à convenir de périodes où ils peuvent avoir la chambre pour eux-mêmes. 

Ensuite, soyez attentif aux signes non verbaux de vos enfants. Même s'ils ne peuvent pas toujours exprimer verbalement leurs besoins, vous pouvez souvent comprendre leur état émotionnel en observant leur langage corporel et leur comportement.

 

Soyez attentif aux signes de malaise ou de frustration, et intervenez si nécessaire pour résoudre les conflits ou répondre à leurs besoins. Assurer l'intimité à vos enfants lorsqu'ils partagent leur chambre est un aspect essentiel de leur bien-être et de leur développement.

5. Avez-vous des conseils lorsque mes jumeaux entrent dans la super phase « pipi-caca-hahaha

La clé est souvent de les laisser faire. Après tout, c'est une étape normale du développement des enfants, et ils explorent simplement leur monde avec amusement et curiosité. Plutôt que de réprimer leur enthousiasme, essayez de leur expliquer calmement que ces mots sont tout aussi ordinaires que les autres.

 

Vous pouvez intervenir lorsqu'ils utilisent des mots qui décrivent le corps humain et ses fonctions de façon humoristique en rappelant que celles-ci font partie du quotidien de tous les humains. En adoptant une attitude décontractée et en leur montrant que vous prenez leur fascination avec légèreté, vous pouvez souvent désamorcer la situation.

 

C'est une belle occasion pour les encourager à poser des questions et à explorer leur monde avec curiosité, tout en leur apprenant l'importance du respect et de la décence envers les autres.

HABILETÉS MOTRICES CHEZ NOS PETITS

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Le développement psychomoteur des jumeaux et des triplés peut être influencé par différents facteurs, faisant en sorte que les « attentes » ou la « norme » sont tout simplement irréalistes à atteindre pour nos bébés multiples. Et cela ne signifie pas qu'ils sont « en retard » pour autant ! L’important est qu’ils finissent par marcher! Mais pour en arriver là, il y a des étapes et il y a des stratégies pour favoriser le bon déroulement du développement de nos enfants.

 

D’abord, il faut rappeler que le développement de l’enfant constitue une séquence d’étapes où chacune est importante, voire préalable, pour les suivantes. Le respect de cette séquence (c’est-à-dire l’ordre dans lequel les étapes sont franchies et l’atteinte de chacune d'entre elles) peut importer davantage que l’âge auquel celles-ci sont réalisées. En effet, des habiletés qui peuvent paraître anodines constituent en fait des préalables importants pour le développement des habiletés préscolaires et scolaires. C’est le cas notamment de la marche à quatre pattes, qui est essentielle pour développer une bonne force de la musculature entourant l’épaule, qui elle sera importante pour l’écriture, le temps venu.

Chaque enfant franchit les étapes à son rythme et il y a une souplesse au niveau des attentes pour franchir ces étapes. Pour la marche, la « norme » est fixée autour de 12 mois. Cependant, avant 18 mois, il n’y a pas lieu de s’inquiéter si l’enfant ne marche pas encore (surtout s’il a atteint les étapes précédentes!). Pour ma part, mes garçons ont marché à l’âge de 15 mois (13 mois d’âge corrigé), ce qui demeurait tout à fait raisonnable et c'était loin d’être inquiétant !

Naître et Grandir résume bien les grandes étapes de la motricité 0-8 ans:

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LE DÉVELOPPEMENT PSYCHOMOTEUR DES MULTIPLES

On entend souvent qu’un enfant est plus « moteur » qu’un autre, suggérant que cet enfant a de bonnes habiletés motrices. Ce n’est pas faux; les enfants développent une sphère à la fois. Cela signifie donc qu’un enfant pourrait être un pro du langage, mais paraître « en retard » dans l’acquisition de ses habiletés motrices. Or, il ne s’agit pas d’un réel retard pour autant. C’est plutôt qu’il se développe plus vite en ce qui concerne le langage que la motricité, mais le reste des habiletés suivra !

Comme vous le savez, sans doute, plusieurs facteurs peuvent influencer le développement des enfants, dont la prématurité. Rappelez-vous que c'est l’âge corrigé (plutôt que l’âge réel) qui sera utilisé pour faire leur suivi, et ce, jusqu’à l’âge d’environ 2 ans.

 

Ne vous culpabilisez surtout pas si vous n'êtes pas en mesure de travailler la motricité de vos petits individuellement. Notre réalité au quotidien nous oblige régulièrement à « stationner » un ou des bébés dans une chaise vibrante (ou autre équipement) pendant qu’on s’occupe de l’autre ou des autres. L'important est de leur offrir des opportunités pour qu'ils puissent développer leurs habiletés psychomotrices, notamment : 
 

-En planifiant des périodes de jeu au sol sur un tapis ou une couverture
-En leur proposant des jouets et une diversification d'objets adaptés à leur âge
-En leur offrant des périodes de jeu libre ou encore de jeu plus dirigé

Les enfants doivent avoir la chance d’explorer à travers le jeu, et l’adulte peut influencer cette exploration pour le développement d’une habileté spécifique. Par exemple, on pourrait placer un jouet un peu plus loin pour que l’enfant se déplace par lui-même pour le saisir plutôt que de lui donner directement dans les mains. L'interaction entre les multiples et un beau bonus en soi et la délimitation d'un espace pour les laisser explorer dans un environnement sécuritaire est d'autant plus importante. 

 

LA CONSULTATION EN ERGOTHÉRAPIE

L’âge auquel l’enfant franchit ou non les étapes du développement demeure un indicateur intéressant pour dépister ses besoins. En ce sens, les rendez-vous de suivi avec le médecin/pédiatre permettent de mesurer l’atteinte d’étapes clés liées à l’âge de l’enfant. Autrement, on ne s'affole pas si les éléments de la liste énumérée par le médecin lors du rendez-vous de suivi ne sont pas tous cochés. Et pas de panique si un enfant de la fratrie gémellaire évolue « plus rapidement » que le ou les autres!

Mais alors, quand devrait-on consulter en pédiatrie ou en ergothérapie pour des enjeux en lien avec le développement de nos enfants? Voici quelques exemples où l'un de vos petits aurait besoin d’un coup de pouce pour développer ses habiletés :

  • Si votre enfant ne présente toujours pas l’habileté concernée, et ce, quelques mois après que l’âge « attendu » soit atteint 
     

  • Si plusieurs sphères sont touchées, c’est-à-dire que l’enfant présente des difficultés de motricité globale en plus de difficultés de motricité fine et/ou de défis au niveau cognitif et/ou au niveau du langage
     

  • Si votre enfant « saute » une étape de son développement psychomoteur (exemple : la marche à 4 pattes)

 

Enfin, si vous désirez plus de soutien en ce sens ou encore adopter une approche préventive, il est toujours possible de consulter un ou une ergothérapeute.

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COMMENT ENCOURAGER L'INDIVIDUALITÉ DE NOS MULTIPLES

Au cours des dernières années, les recherches nous ont permis d'apprendre que pour aider les multiples à développer leur plein potentiel, on doit les encourager à exprimer leurs propres besoins individuels. Pour y parvenir, il est important que ceux qui s’occupent d’eux veillent à ce que chacun soit traité comme un individu à part entière. 


Les multiples doivent avoir la possibilité d’exprimer à la fois leur individualité, mais aussi leur complicité en tant que paire, trio et plus. La clé est de saisir les petites opportunités pour leur offrir notre attention de manière individuelle. Voici quelques exemples d'actions à entreprendre pour les aider :

  • Appelez vos multiples par leurs prénoms et demandez aux gens de votre entourage de le faire, incluant les professionnels et le personnel du service de garde ou de l'établissement scolaire. Les gens ont tendance à se référer aux « jumeaux » ou aux « triplés », car c'est plus facile que de faire l’effort nécessaire pour les distinguer.
     

  • Encouragez vos multiples à développer leur confiance en eux afin de corriger les gens avec politesse lorsqu'ils se trompent de noms. 
     

  • Prenez des photos individuellement avec chaque enfant, mais aussi avec chacun des parents. Pour être certains de ne pas vous tromper, prenez en note de qui il s'agit!

  • Commencez à les distinguer le plus tôt possible avec l'attribution d'une couleur, une coiffure différente ou des vêtements différents. Identifiez aussi leurs jouets, leurs vêtements et leurs souliers de manière claire. Ces actions seront aussi bénéfiques pour votre entourage et pourront aussi les aider à les différencier.

  • Pratiquez l’exercice du miroir avec vos multiples vers l'âge de 2 ans. Celle-ci consiste à amener vos petits de façon régulière devant un miroir et de leur expliquer à tour de rôle quel membre de leur corps leur appartiennent (ex. : ici c'est la main de Xavier, c'est Eva-Rose qui porte un chapeau, c'est Henri qui a un pantalon vert ... bref tout ce qui peut les différencier). En voyant leur réflexion en même temps, ils pourront commencer à comprendre la signification d’être jumeaux, mais aussi à réaliser qu’ils sont des individus différents. 
     

  • Encouragez chaque enfant à exprimer ses préférences individuelles. Faites-leur savoir qu’il est tout à fait acceptable de prendre une décision différente (ou exactement la même!) que leur co-jumeau. On pense ici à choisir leur collation ou ce qu'ils vont porter pour la journée, par exemple. 
     

  • À chaque fête, chantez joyeux anniversaire à chaque enfant de manière individuelle. Si possible, commandez un petit gâteau pour chaque enfant et demander le thème que chacun préfère en lien avec sa fête. 

  • Si vous remarquez que l’un essaie d’influencer l’autre, profitez-en pour discuter du fait qu’il est acceptable de choisir une option différente de son frère ou sa sœur. 

  • Évitez qu'un co-jumeau effectue les petites tâches pour l'autre quand il y en a un qui semble avoir plus de difficultés. Bien que l'entraide soit une bonne chose, encourager plutôt vos multiples à persévérer, surtout avec tout ce qui touche la motricité fine et globale. 
     

  • Organisez des moments pour que vos enfants puissent jouer avec des amis différents. Il faut saisir les quelques opportunités qu'ils ont de se retrouver seul en compagnie d'autres enfants (ex. : une fête d'enfant).

  • Inscrivez vos multiples à des activités parascolaires différentes, même si cela signifie un peu plus d'organisation familiale. 

  • Ne comparez pas les enfants. Insistez plutôt sur leur cheminement personnel en soulignant leur progrès. 

PASSER DU TEMPS AVEC CHACUN DES ENFANTS

Une des façons d'investir dans leur individualité est de passer du temps avec chacun de nos enfants, qu'ils soient issus d'une naissance multiple ou non! Pas évident quand on n'a pas une minute pour soi-même ou que nos petits nous veulent à eux seuls au même moment!  Rappelez-vous que la qualité de ces petits échanges est aussi importante, alors on met le téléphone de côté ou tout autre type de distraction.  

  • Dans la mesure du possible, adressez-vous à chacun d'entre eux avec un contact visuel.
     

  • Comprenez et acceptez que vos multiples n'ont pas besoin d'être ensemble à tout moment.

  • Prévoyez une sortie ou un moment de qualité dans votre calendrier avec chaque enfant (pendant que les autres sont chez les grands-parents, un ami ou avec l'autre parent). Vous pouvez aussi joindre l'utile à l'agréable et prendre un seul enfant pour les courses.

  • Évitez de vous sentir coupable lorsqu’un des petits est malade : déposer le ou les autres au service de garde même si cela complique vos déplacements pour la journée et profitez de cette occasion pour passer un moment seul avec l'autre.
     

  • Essayez de parler à chaque enfant séparément de sa journée lors du souper ou encore pendant la routine du dodo. Par exemple : pendant le brossage des dents, demandez aux autres de choisir leur pyjama ou de commencer à lire une petite histoire. 
     

  • Partagez une comptine spéciale, une blague ou un jeu propre à chacun de vos enfants qui est spécial pour vous deux. 
     

  • Lorsque c'est possible dans votre routine d'organisation familiale, donnez les bains séparément. Même si ça ne dure que quelques minutes, votre attention sera portée sur un seul enfant (plus facile à appliquer vers 3 ans).
     

  • N'oubliez pas la fratrie plus âgée! Permettez-leur une permission spéciale comme repousser l'heure du dodo (30 minutes, par exemple).

Aidons nos enfants à se voir comme des individus qui ont l’avantage de faire partie d’une relation spéciale plutôt que de se définir uniquement comme un jumeau-jumelle ou un(e) triplé(e).

Ne laissons pas la culpabilité nous envahir en essayant de donner la même chose, de façon égale et équitable à nos jumeaux. Ils méritent plutôt que nous les aimions individuellement et différemment, en respectant leur personnalité et nous ajustant à leurs besoins.  

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Qu'en est-il de l'attachement en contexte de naissance multiple? Docteur Lamy élabore sur le sujet dans cette capsule!

Doit-on s’attendre à ce que le développement des jumeaux soit synchronisé? Lisez notre article avec la collaboration spéciale de Gisèle Séguin à ce sujet.

LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER :

Source: Parents.fr

Source: Naître et grandir 

Source:  Naître et grandir

Sources :

  • Bernard, J., De Becker, E. La question de la différenciation dans le lien gémellaire : quand les différences ne suffisent pas à se différencier. La revue Louvain Médical, https://dial.uclouvain.be/downloader/downloader.php?pid=boreal:123965&datastream=PDF_01

  • Boulanger, L. La Face cachée de la gémellité : jumeaux, de la conception à la mort. Éditions de l'Apothéose, 2021

  • Cassidy, J., & Shaver, P. R. (2016). Handbook of attachment: theory, research, and clinical applications. Third edition.

  • Colaiacovo, M-L.(2018). Spécificité de l’attachement chez les jumeaux et impact sur leur mode relationnel. La revue Louvain Médical, https://www.louvainmedical.be/fr/article/specificite-de-lattachement-chez-les-jumeaux-et-impact-sur-leur-mode-relationnel. 

  • E. Pinar et al. (2021). Parental speech and gesture input to girls versus boys in singletons and twins. Journal of nonverbal behaviour, 2021.

  • Fraisse P. & Zazzo R. Le paradoxe des jumeaux. In: Enfance, tome 38, n°1, 1985.

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  • Golombok, S., Olivennes, F., Ramogida, C., Rust, J., & Freeman, T. (2007). Parenting and the psychological development of a representative sample of triplets conceived by assisted reproduction. Human Reproduction, 22(11), 2896–2902.

  • Multiple Birth Canada. Speach & Langage. Developpment of multiples.  2020. Consulté le 23 avril 2024.

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  • Piontelli, A. Twins: From Fetus to Child (Routledge, 2002), 90. 35.  

  • Séguin, G. (2019). Jumeaux : mission possible (2e éd.). Édition Chu Sainte-Justine.

  • Séguin, G. Questions de jumeaux: multiples réponses. Questions réponses pour les parents. Éditions du CHU Sainte-Justine, 2011

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