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L'organisation des repas et les défis alimentaires chez les jumeaux et triplés.

La période intense des boires continuels durant les premiers mois fait place à celle où vous devrez cuisiner pour toute la famille. Vos nouveaux défis incluront: une nouvelle routine du matin et du soir avec la garderie et le retour au travail, la grève de la faim, la planification des repas, le nettoyage sans fin, la gestion des comportements à table, les allergies ou intolérances ... ouf! La clé pour garder votre sang-froid?

 

L'O-R-G-A-N-I-S-A-T-I-O-N !

De plus, nous abordons les troubles alimentaires, qui peuvent survenir de manière plus fréquente auprès des jumeaux et triplés, lié au facteur de la prématurité. Saviez-vous que le degré d'immaturité du système gastro intestinal dépendra de la durée de gestation ? En effet, un bébé prématuré serait plus à risque de présenter des défis au niveau de son appareil digestif (problèmes gastro intestinaux, digestion et/ou absorption des aliments). 

Pour en revenir à l'organisation culinaire, on vous propose notre concept des trois ‘P’, afin de vous aider à diminuer votre stress et votre charge mentale. Si vous ne le saviez pas déjà, la gestion des repas n'est pas de tout repos avec des petits qui se déplacent à leur guise dans la maison ! Vous risquez de ne pas avoir une minute tranquille dans la cuisine, d'oû l'importance d'être bien organisé !

1- Planifier

2- Préparer

3- Partager

ÉTAPE 1: PLANIFIER

 

Dès que vous aurez trouvé la meilleure routine qui fonctionne pour votre réalité, votre planification sera implantée dans votre organisation familiale et elle deviendra naturelle. Il est évident que vous ferez des ajustements, particulièrement avec l’âge des enfants. Le côté bénéfique de la planification sert à vous sécuriser dans votre routine rocambolesque des premières années à élever des multiples. Il n'y a rien d'agréable à se demander ce qu'on mange pour souper devant le frigo à la dernière minute pendant que les petits se chicanent ou sont accrochés après nos jambes!

 

  • Réévaluer votre espace de travail afin qu’il soit le plus efficace possible (ex : laisser certains équipements en permanence sur les comptoirs, faire du ménage dans vos tiroirs de plats et couvercles, prévoir une section collations dans la cuisine, etc).

 

  • Se doter d'une méthode de travail et rester organisé à l'aide d'outils pratiques (ex : livres ou application de recettes coup de cœur, agenda, tableau pour y afficher le menu et liste d’épicerie).
     

  • Ajouter de l’espace de rangement pour la nourriture sèche et humide afin de cuisiner en grande quantité (ex : meuble supplémentaire pour les collations, achat d’un deuxième frigo ou d’un cube congélateur).
     

  • Faire une liste des incontournables de votre garde-manger et les avoir en tout temps sous la main.
     

  • Concevoir un menu simple pour toute la famille selon les spéciaux de la semaine ou avec des recettes fixes sur rotation (aux 2,3 ou 4 semaines) qui s'adapte légèrement selon la saison.
     

  • Gérer l’épicerie : définir le mode (ex : en personne, ramassage ou livraison), la fréquence (ex : aux 2 semaines), la journée (ex : vendredi soir, dimanche matin) et la personne en charge (ex : vous-même, votre partenaire, amis).
     

  • Décider quelle(s) journée(s) sera consacrée(s) à la préparation des repas.
     

*BONUS : Se laisser une journée dans l’horaire pour s’octroyer une pause bien méritée, soit en commandant du restaurant qui a une promotion X, ou encore, en allant chercher un repas familial déjà préparé. 

 

ÉTAPE 2: PRÉPARER

Une fois votre routine de planification bien en place, c’est la préparation qui vous sauvera du temps précieux lors des repas. Cette partie est primordiale surtout lorsque le temps est venu de retourner au travail. 

  • Investir dans l’équipement culinaire qui ne nécessite presque pas de manipulation et qui vous aide à sauver du temps (exemple : produits Tupperware, mijoteuse, friteuse à air, cuiseur à riz, etc).

  • Respecter les journées qui seront consacrées à la préparation des repas.
     

  • Demander aux grands-parents ou à un proche de venir à la maison spécifiquement pendant la période de préparation des repas.
     

  • Organiser des journées de « cuisine commune » avec un-e ami-e où vous préparer quelques recettes et séparer tous les plats.
     

  • Doubler ou tripler les recettes lorsque c’est possible de le faire.
     

  • Congeler les recettes pour n’avoir qu’à mettre au four et servir.
     

  • Préparer des repas « mijoteuse » avec tous les ingrédients dans des sacs de congélation.
     

  • Éplucher, couper, séparer et préparer les fruits/légumes/collations pour la semaine.
     

*BONUS : Demander à des proches de préparer des plats afin de vous aider de temps en temps. Il n’y a pas que la première année avec des multiples qui est intense … il ne faut pas hésiter à demander de l’aide. 

ÉTAPE 3: PARTAGER

Qu’entendons-nous par partager? Le partage de bons moments en famille lors des repas, certes, mais également le partage des responsabilités. Le rôle des enfants est de manger les aliments qui sont devant eux, selon leur faim tandis que le rôle du parent est de leur proposer des aliments selon une routine constante.

 

Nous vous invitons à en apprendre davantage sur le concept de partage des responsabilités en suivant les nutritionnistes en pédiatrie.

  • Partager les responsabilités : nourrir ses enfants en les exposant à des aliments différents, avec un aliment familier en accompagnement.
     

  • Partager les responsabilités : laisser les enfants décider s’ils mangent ou non. Accepter ce qui se passe par la suite ... incluant la quantité ingérée (n'hésitez pas à consulter si vous avez des inquiétudes!)
     

  • Impliquer les enfants! Faites-les participer en leur donnant de petites tâches comme aider à dresser la table.
     

  • Partager la nourriture au centre de la table. 

 

  • Intégrer des recettes à son menu où les enfants peuvent activement participer de façon sécuritaire (ex : créer sa propre pizza).

 

  • Échanger pendant le repas (parler de notre journée à la garderie, parler de ce qui se trouve dans notre assiette avec les couleurs/textures).

 

  • Créer un jeu pendant la routine du nettoyage avec de la musique entraînante.


*BONUS : Investir dans une tour d’apprentissage et les garder occupés avec des jeux ou des tâches reliées à la préparation des repas.

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Q&R SUR LES TROUBLES ALIMENTAIRES CHEZ LES JEUNES ENFANTS

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1- Quel est le rôle de l’ergothérapeute en lien avec l’alimentation?

L'ergothérapeute aide l’enfant de tout âge à développer différentes habiletés, qu’elles soient motrices et/ou sensorielles et adapte l’environnement de ce dernier pour lui permettre de boire et de manger de façon autonome ou plus sécuritaire. 

2- Qu’est-ce que la dysphagie ou le trouble de déglutition?

La dysphagie est un trouble de la déglutition. Il s’agit d’une difficulté à transférer la nourriture, les liquides ou la salive de la bouche vers l’estomac par l’intermédiaire du pharynx et de l’œsophage. Ce n’est pas une maladie, mais bien un symptôme d’une condition médicale. Chez la clientèle pédiatrique, les troubles de la déglutition (et de l’alimentation) sont fréquemment observés chez les nourrissons prématurés en lien avec une pauvre succion, des difficultés de respiration, l’immaturité du système digestif ainsi que la présence de reflux gastro-œsophagien. 

3- Comment est-elle diagnostiquée?

Plusieurs signes cliniques peuvent permettre d’en venir à consulter votre médecin qui fera par la suite une référence aux professionnels requis. Par exemple, si votre enfant a fait plusieurs pneumonies dans les derniers mois, toussote régulièrement ou s’étouffe lorsqu’il mange ou boit, qu’il conserve longuement les aliments dans la bouche avant de les avaler ou qu’il a des résidus dans la bouche après avoir avalé, consultez votre médecin. D’un autre côté, si progressivement votre enfant refuse la cuillère ou le biberon, que les repas s’écourtent, s’allongent ou même deviennent un cauchemar, ce sont là des comportements indiquant qu’il vit probablement un inconfort lors de l’alimentation.

4- Quelles sont les interventions/précautions à prendre avec les enfants dysphagiques?

Les interventions clés sont les « 5 ments » :

  • L’environnement (augmenter/diminuer le niveau d’éveil de l’enfant) ;

  • Le positionnement (au biberon, assis) ;

  • Les équipements (tétines, verres, pailles, ustensiles adaptés) ;

  • Les aliments (changement de textures/consistance/température/couleur) ;

  • L’enseignement (habitudes des proches et techniques) ;

  • L’approche de réadaptation des structures orales-motrices. 

5- Est-ce que c’est une condition permanente ou temporaire?

Compte tenu que la dysphagie n’est pas une maladie, son traitement dépendra de la cause. Que ce soit la prématurité, les reflux gastro-œsophagiens ou l’alimentation entérale (gavage), cela peut amener des impacts sur les capacités orales-motrices et/ou le traitement de l’information sensorielle (difficulté à faire une transition vers les nouveaux goûts, textures, températures ou mode d’alimentation). Chez les enfants en bas âge, une prise en charge précoce combinée à un plan de traitement adapté sera l’idéal pour permettre de normaliser, voire rétablir, les fonctions de déglutition.

6- Qu’est-ce que la sélectivité alimentaire (néophobie alimentaire) et par quoi elle se manifeste?

On parle de trouble sélectif lorsqu’un enfant mange moins de 30 aliments répartis dans les 4 groupes alimentaires. Il peut se désorganiser à la vue ou au contact avec un aliment (tourner la tête, crier, pleurer, paniquer) et refuser catégoriquement d'essayer de nouveaux aliments. Souvent, un certain groupe alimentaire est ciblé. 

7- Qu’est-ce qu’il est possible de faire pour aider l’enfant à accepter de manger plus diversifié?

La règle numéro 1 est de maintenir ou de favoriser l’exposition aux aliments non aimés; que ce soit via la participation à la préparation des repas, le service au milieu de la table, dans une assiette à côté de la sienne et idéalement toléré dans la même assiette que le repas qui lui est présenté. Il faut toujours s’assurer que l’aliment non aimé soit en présence d'autres aliments qu’il consomme de manière régulière dans le but de diminuer l’anxiété et qu’il se sente plus à l’aise d’explorer. Il est également important de ne pas mettre l’emphase sur l’enfant ou les quantités ingérées, mais de miser sur les petites réussites et la patience. 

8- Qu’est-ce que le reflux gastro-œsophagien?

Il s’agit d’un retour spontané du contenu gastrique dans l’œsophage pouvant se présenter sous forme de régurgitations ou de vomissements. Des signes mineurs sont aussi à surveiller, notamment la toux, les avalements à répétitions ou la présence de sécrétions. Souvent, ceux-ci diminuent lorsque l’enfant commence à intégrer les solides. 

9- Avez-vous un conseil pour assurer une alimentation sécuritaire de l’enfant malgré le reflux?

Un positionnement le plus verticalisé possible aux repas et aux boires est idéal. Il est également important d’éviter la position couchée 30 minutes après les repas et les boires. L’ajustement des consistances des solides et des liquides est également une option que votre professionnel peut vous proposer. 

10- Pour les bébés qui ont une alimentation entérale (par gavage), comment est-il possible de le sevrer?

Le tout sera déterminé par votre pédiatre spécialisé en gastroentérologie avec lequel vous aurez des suivis réguliers. Une équipe interdisciplinaire sera présente, composée d’un nutritionniste, d’un ergothérapeute et d’un orthophoniste, et parfois même d’un psychoéducateur ou d’un psychologue. Plus précisément en ergothérapie, le but sera de normaliser le plus possible la région orale (bouche, lèvres, langue) afin qu’elle soit prête à accueillir la nourriture le moment venu. Il est faux de penser que comme l’enfant est nourri par le ventre, qu’il faut négliger la bouche. Il est très important que les deux systèmes demeurent interreliés tout au long du processus afin d’éviter une hypersensibilité au niveau de la bouche. Ceci pourrait créer des impacts à long terme sur l’alimentation et même l’hygiène des dents.

11- Qu'est-ce que la constipation et que pouvons-nous faire pour la prévenir ou y remédier?

La constipation se définit par une diminution de la fréquence des selles associée à une difficulté pour les évacuer.

Il est important de privilégier une alimentation variée, saine et à des heures régulières pour que le transit intestinal développe une régularité. Plusieurs stratégies proprioceptives et tactiles peuvent être intéressantes lorsque la constipation est déjà présente telles que :
 

  • Bébé est couché sur le dos, on effectuer des mouvements de vélo en ramenant les jambes vers le ventre plusieurs fois ;

  • Privilégier un positionnement sur le ventre ; 

  • Massages au niveau du ventre dans le sens contraire des aiguilles d’une montre ;  

  • Mettre de la chaleur sur le ventre. 

Avez-vous parfois l'impression que c'est le zoo pendant les repas en famille? Voici de courtes capsules vidéos pour vous aider avec trois comportements irritants. 

Avez-vous consulté notre page sur l'introduction des aliments ? Vous y trouverez des informations pertinentes pour débuter cette grande étape !

LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER:

Source: Nutritionnistes en pédiatrie

Source: Maman mange bien

Source: GIKids

Sources :

  • American Dental Association. From baby bottle to cup, choose training cups carefully, use them temporarily. JADA 2004, Vol. 135

  • American Academy of Pediatric Dentistry. Management of the developing dentition and occlusion in pediatric dentistry. The Reference Manual of Pediatric Dentistry. Chicago, Ill.: American Academy of Pediatric Dentistry; 2021:408-25. 

  • Bahr, D.  Feed your baby and toddler right : early eating and drinking skills encourage the best development. Futur Horizons. 2018.

  • Gergès, C. Comment accompagner mon enfant pour développer une saine relation avec les aliments, basé sur l'alimentation intuitive? Nutritionniste en pédiatrie. Article publié en janvier 2021.

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