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Fertilité et sexualité pendant et après la grossesse gémellaire.

Lorsqu’on entend les termes « jumeaux » ou « triplés », il est souvent question de grossesse à risque et de dangers potentiels pour la mère et les bébés. Il est vrai que la grossesse multiple est classée comme une grossesse à risque par le système médical, puisqu’elle comporte davantage de complications possibles qu’une grossesse unique. Si ce n’est pas déjà fait, consultez notre page sur le suivi obstétrical afin d’obtenir plus d’informations.

Cependant, il est important de souligner que toutes les personnes qui vivent une grossesse multiple ne développeront pas nécessairement de complications. Plusieurs grossesses gémellaires ou multiples se déroulent très bien.

 

Sur cette page, vous trouverez des informations sur certains mythes liés à la sexualité pendant la grossesse, ainsi que quelques conseils concernant la reprise de l’activité sexuelle. Nous abordons également les questions de libido, l’influence possible de certains médicaments, ainsi que le rôle du sexologue dans une démarche de soutien ou d’accompagnement.

 

Mais avant d’aborder la sexualité pendant une grossesse gémellaire, êtes-vous curieuse ou curieux de connaître les facteurs qui peuvent expliquer la conception de jumeaux ou de triplés ? Au Québec, les naissances multiples (jumeaux, triplés, etc.) représentaient environ 3 % de l’ensemble des naissances en 2022. Le recours accru aux techniques de procréation assistée, de même que l’augmentation de l’âge à la maternité, sont parmi les facteurs souvent évoqués pour expliquer cette hausse.

LES FACTEURS DE PROBABILITÉS D'AVOIR DES MULTIPLES

AVEZ-VOUS GAGNÉ À LA LOTERIE DES JUMEAUX ?

La plupart des jumeaux identiques se produisent par hasard, bien que de nouvelles études indiquent qu'il pourrait y avoir un « facteur mâle » qui contribue à la gémellité ... il est donc possible que Monsieur en soit la cause!

Pour ce qui est des jumeaux fraternels, c'est Madame qui ovule plus d'une fois dans le mois suite à certains facteurs tels que mentionnés ci-dessous. Connaissez-vous les facteurs qui augmentent les probabilités d'avoir des jumeaux (triplés et plus) ?

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​Voici donc les principaux facteurs qui augmenteraient les probabilités d'avoir des jumeaux fraternels:

  • L'âge : Une femme de plus de 35 ans produit davantage de FSH (hormone de stimulation folliculaire). Cette hormone peut entraîner la libération de plus d’un ovule lors d’un même cycle d’ovulation. Une étude réalisée au Royaume-Uni indique même que les femmes âgées de 45 ans et plus auraient environ 10 % de chances de porter une grossesse multiple.

  • L'hérédité: Les femmes ayant des jumeaux dans leur famille ou étant elles-mêmes jumelles sont plus susceptibles de donner naissance à des jumeaux à leur tour. Certaines études suggèrent que si votre mère est une jumelle dizygote (non identique), vos chances d’avoir des jumeaux fraternels pourraient atteindre environ 6 %.
     

  • L'origine ethnique: Les naissances de jumeaux sont plus fréquentes chez les populations d’origine africaine et moins fréquentes dans certaines populations asiatiques ou hispaniques. On estime qu’environ 3,2 millions de jumeaux naissent chaque année dans le monde. Parmi eux, environ 1,3 million naissent en Afrique et un nombre comparable en Asie.

  • Le nombre de grossesse: Plus une femme a vécu de grossesses, plus la probabilité de porter des jumeaux pourrait augmenter.

  • Les traitements de fertilité: Les femmes sont beaucoup plus susceptibles d’avoir une grossesse multiple après avoir eu recours à des traitements de fertilité, notamment en raison de la stimulation ovarienne ou du transfert de plusieurs embryons.

  • La grandeur et le poids: Certaines études ont montré que les femmes ayant un indice de masse corporelle (IMC) de 30 ou plus pourraient avoir davantage de chances d’avoir des jumeaux fraternels. Les femmes de grande taille semblent également présenter une probabilité légèrement plus élevée.
     

  • Les moyens de contraception: Lorsqu’une femme cesse de prendre la pilule contraceptive, son cycle hormonal peut prendre un certain temps avant de se stabiliser. Durant cette période d’adaptation, il est possible que plus d’un ovule soit libéré lors d’un cycle.

  • La nutrition: Certaines recherches suggèrent que les femmes qui consomment davantage de produits laitiers pourraient avoir une probabilité légèrement plus élevée de porter des jumeaux. On évoque également la consommation d’ignames sauvages, qui pourraient stimuler les ovaires et favoriser la libération de plusieurs ovules. À l’inverse, certaines études ont observé que les femmes suivant un régime très pauvre en graisses, notamment les végétaliennes ou les végétariennes strictes, pourraient être moins susceptibles d’avoir des jumeaux.

LES RELATIONS SEXUELLES PENDANT LA GROSSESSE GÉMELLAIRE

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Lors de vos relations sexuelles pendant votre grossesse, vous devez tout simplement faire preuve de prudence et de rester à l’affût de l'un des symptômes suivants: 

Perte de liquide amniotique ou de sang (ceci pourrait indiquer qu'une ou les membranes de la poche des eaux est fissurée/crevée ou que le placenta est praevia).

Présence de contractions trop tôt (ceci pourrait présager un accouchement prématuré lorsque le col est ouvert, trop court ou déjà dilaté).

Hypertension (pression artérielle élevée).

Autres symptômes/conditions que votre médecin vous indiquera de surveiller.

Lorsqu’un diagnostic de complication est posé pendant une grossesse multiple, il arrive fréquemment que le ou la médecin recommande aux futurs parents de suspendre les relations sexuelles, et ce, pour protéger la santé de la personne enceinte ainsi que celle des bébés.

 

Toutefois, ces recommandations concernent souvent surtout la pénétration vaginale.Il est important de rappeler que la sexualité ne se résume pas à la pénétration vaginale. Cela peut même devenir une occasion de diversifier vos pratiques sexuelles et de découvrir d’autres formes d’intimité et de plaisir. Dans certains cas, toutefois, même les orgasmes peuvent être déconseillés, en raison des contractions utérines qu’ils peuvent provoquer.

 

Dans tous les cas, nous vous invitons à poser des questions et à demander des précisions à votre médecin afin de bien comprendre les recommandations qui s’appliquent à votre situation. Il est possible que la sexualité soit un sujet délicat à aborder pour vous, ou que vous ne perceviez pas d’ouverture chez votre professionnel ou professionnelle de la santé.

 

Sachez toutefois que votre médecin est la personne qui connaît le mieux votre situation médicale et votre grossesse. Il ou elle devrait donc être en mesure de vous mettre à l’aise pour discuter de ces questions. Si ce n’est pas le cas, il peut être pertinent de réfléchir à la possibilité de consulter un autre professionnel ou une autre professionnelle afin de profiter pleinement de votre suivi de grossesse.

LIBIDO PAR-CI, LIBIDO PAR-LÀ

Il est possible que vous ressentiez une forte libido… et il est aussi possible que vous n’en ayez pas du tout. Le désir sexuel dépend d’une multitude de facteurs et peut varier d’un jour à l’autre, ainsi que d’un trimestre à l’autre durant la grossesse.

Il est important de comprendre que le désir sexuel est étroitement lié à nos émotions et à notre perception de nous-mêmes. Ainsi, si vous vivez des inconforts liés à la grossesse ou si vous ne vous sentez pas attirant ou attirante, il est possible que votre désir pour votre partenaire diminue. Il est essentiel d’écouter votre corps et vos envies, et de discuter ouvertement de ce que vous vivez avec votre partenaire. Une communication saine permet de mieux comprendre ce que chacun traverse et d’entretenir des attentes réalistes.

D’un point de vue physique, certaines personnes peuvent ressentir davantage de plaisir pendant la grossesse. L’afflux sanguin plus important vers les organes génitaux peut les rendre plus sensibles. Certaines personnes apprécient cette sensation accrue, tandis que d’autres peuvent se sentir plus sensibles ou inconfortables. Par ailleurs, certaines personnes constatent que l’orgasme peut être différent pendant la grossesse : il peut survenir plus facilement ou être plus long et plus intense.

Bien sûr, si vous ressentez de la douleur ou un inconfort lors de la pénétration ou lors de toute autre pratique sexuelle, il est important d’interrompre immédiatement l’activité sexuelle afin d’éviter d’aggraver la situation.

 

Si la douleur persiste, revient fréquemment ou vous inquiète, il est recommandé de consulter un ou une professionnelle de la santé. Un ou une physiothérapeute périnéale ainsi qu’un ou une sexologue peuvent vous accompagner afin de trouver des solutions adaptées à votre situation.

Expecting Couple

MYTHES VS RÉALITÉ

Plusieurs mythes en lien avec la grossesse et la sexualité ont la peau dure! En voici quelques-uns décortiqués et démystifiés pour vous! 

01

La relation sexuelle fait mal aux bébés ou les bébés entendent les ébats.

En fait, le bébé est bien à l'abri dans la poche des eaux et le col de l’utérus est «hermétique» grâce au bouchon muqueux. Donc, peu importe la longueur de l’objet ou du pénis responsable de la pénétration vaginale, cela n’atteint pas le bébé! 

Toutefois, il est possible que les bébés ressentent certains mouvements, mais ni plus ni moins que lorsque maman prend une marche par exemple.

02

La relation sexuelle cause un accouchement prématuré.

Lorsque la grossesse se passe bien, il n’y a pas de dangers liés aux contractions de l’utérus provoquées par un orgasme ou la stimulation des seins. Toutefois, si votre professionnel-le de la santé vous a diagnostiqué une complication reliée à un risque d’accouchement prématuré (décollement placentaire, col ouvert trop tôt, etc), il est possible dans ce cas qu’une relation sexuelle soit responsable d’un accouchement qui est déclenché trop tôt. C’est pourquoi la pénétration vaginale vous sera fortement déconseillée si vous présentez ces signes. 

Par contre, même en suivant à la lettre les recommandations du-de la médecin, une grossesse multiple est plus à risque de se terminer en accouchement prématuré. En fait, la moitié des jumeaux viennent au monde avant la 36e semaine de grossesse et la moitié des triplés naissent avant la 32e semaine de grossesse (About Kids Health, 2019).

03

Les partenaires ne sont pas attiré-e-s par leur conjoint-e enceint-e.

Il est possible que le désir fluctue pour les deux parents et cela peut être expliqué par toutes sortes de raisons: la présence des bébés, les changements à venir, la peur d’être parent, ne pas vouloir blesser sa-son partenaire, être fatigué-e, préoccupé-e, etc. 

De plus, il arrive souvent que la personne enceinte ne se reconnaisse plus tellement les changements corporels sont rapides et modifient son corps. Cela entraîne parfois une baisse de l’estime parce qu’elle ne se trouve plus belle-beau lorsqu’elle regarde ce corps qu’elle ne reconnaît plus. Ensuite, elle projette cette vision qu’elle a d’elle-même sur son-sa partenaire et conclut que l’autre ne doit plus la désirer. Ce n’est vraiment pas le cas de tou-te-s les partenaires! En fait, une bonne partie d'entre eux trouvent leur amoureux-se plus attirant-e-s lors de la grossesse!

Enfin, la fréquence des relations sexuelles tend à diminuer durant la grossesse dû à plusieurs facteurs, dont le manque de temps et les changements psychologiques reliés à cette période. ​Ne sautez donc pas trop rapidement aux conclusions et abordez le sujet du désir sexuel ainsi que les craintes qui y sont reliées avec votre partenaire pour en avoir le cœur net! 

04

Je dois éviter tout rapport sexuel pendant une grossesse gémellaire.

Si vous ne présentez pas de symptômes catégorisés à risques ou n'avez reçu aucun diagnostic de votre médecin et que vous en avez envie: il est possible et très agréable de faire l’amour!

 

En effet, l’ocytocine créée par le contact avec son amoureux-se procure de nombreux bienfaits à la personne enceinte: détente, plaisir, meilleur sommeil, plus de confiance en soi et un moment de connexion avec la-le partenaire.

 

Enfin, les bébés ressentent aussi cette vague de bien-être et ils en profitent tout autant! 

LA REPRISE DES RELATIONS SEXUELLES

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COMBIEN DE TEMPS APRÈS L'ACCOUCHEMENT?

Le nombre de semaines recommandé avant la reprise des relations sexuelles varie selon les professionnel·le·s de la santé. Toutefois, lorsqu’il n’y a pas de contre-indication médicale, la reprise peut se faire simplement lorsque vous vous sentez prêt·e·s et à l’aise. Pour certains couples, ce sera après quelques jours, tandis que pour d’autres, cela peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Il n’existe pas de norme universelle.

Il est souvent conseillé d’attendre environ deux à trois semaines afin de laisser le temps à la vulve, au vagin et au périnée de récupérer après l’étirement causé par l’accouchement. Cela permet également de réduire les risques d’infection. Certaines personnes préfèrent attendre l’arrêt des saignements post-partum (les lochies), qui cessent généralement après environ six semaines suivant un accouchement vaginal, tandis que d’autres se sentent à l’aise de reprendre leur sexualité avant.

 

À la suite d’une césarienne, il est préférable d’attendre que la cicatrice soit bien guérie avant de reprendre les activités physiques et les relations sexuelles.

Si votre accouchement a nécessité certaines interventions, comme une épisiotomie, l’utilisation de forceps ou une césarienne, il est possible que votre médecin recommande d’attendre plus longtemps avant la reprise des relations sexuelles. Dans la majorité des cas, ces recommandations concernent surtout la pénétration vaginale.

Dans tous les cas, il est important de suivre les recommandations de votre professionnel·le de la santé. Si certaines directives ne sont pas claires ou si vous souhaitez obtenir plus d’informations, n’hésitez pas à poser des questions.


LA PREMIÈRE PÉNÉTRATION POST-ACCOUCHEMENT

Il est possible de mettre certaines choses en place afin de favoriser une reprise positive et confortable des relations sexuelles avec pénétration vaginale. L’objectif est de recréer un climat propice à l’intimité et de se redonner le temps de se reconnecter à son corps et à son partenaire.

 

Voici quelques pistes qui peuvent aider :
 

  • Prendre du temps en couple, par exemple en regardant un épisode de votre série préférée ensemble ou en partageant un repas de votre restaurant préféré pendant que les enfants dorment.
     

  • Parler ouvertement du consentement : il peut être plus facile de dire non lorsque votre partenaire vous demande clairement si vous en avez envie, plutôt que d’avoir à refuser une avance inattendue.
     

  • Réapprivoiser votre corps avant de partager cette expérience avec votre partenaire :

    • explorer vos zones sensibles

    • vous caresser

    • utiliser vos doigts ou un jouet sexuel afin d’observer votre réaction à la pénétration
       

  • Maintenir des contacts physiques : câlins, gestes d’affection et petites attentions peuvent aider à préserver l’intimité du couple.
     

  • Partager des moments de complicité, même sans sexualité.
     

Lorsque vous vous sentez prêt·e·s à reprendre une relation sexuelle avec pénétration :
 

  • utilisez un lubrifiant, car le vagin peut être moins lubrifié qu’avant la grossesse, particulièrement si vous allaitez;

  • allez-y doucement lors de la première pénétration;

  • si possible, laissez la personne pénétrée contrôler le mouvement, afin d’ajuster l’intensité, la profondeur et la vitesse;

  • vous pouvez aussi commencer par une relation sexuelle sans pénétration afin de retrouver graduellement confiance.

 

Si vous ressentez malgré tout de la douleur lors de la pénétration, il est important de ne pas ignorer cet inconfort. Des consultations avec une physiothérapeute spécialisée en rééducation pelvienne et périnéale et/ou avec un·e sexologue peuvent aider à identifier la cause et à trouver des solutions adaptées.

CAPSULE VIDÉO SUR LA RÉÉDUCATION PELVIENNE ET PÉRINÉALE 

Julie Roy, physiothérapeute en rééducation périnéale et pelvienne pratique la physiothérapie depuis plusieurs années. Dans cet épisode, on discute d’un sujet important: la rééducation du périnée et du plancher pelvien. Nous abordons également les sujets suivants:

  • L'impact de la grossesse et l'accouchement sur les muscles du plancher pelvien
     

  • Les principales dysfonctions de la grossesse et du post-partum qui peuvent être traitées en physiothérapie
     

  • La diastase des grands droits de l'abdomen 
     

  • L'accès direct en physiothérapie périnéale et pelvienne
     

  • Les particularités lors de la prise en charge en physiothérapie des mamans de jumeaux ou triplés 
     

  • Le déroulement d'une évaluation en physiothérapie périnéale et pelvienne
     

  • Le retour aux activités sportives post-partum

Tel que mentionné plus haut, les douleurs lors des rapports sexuels sont fréquentes en post partum, que ce soit après un accouchement vaginal ou par césarienne. Elles peuvent être un frein à la reprise des activités sexuelles. N'hésitez pas à consulter!

La rééducation périnéale et pelvienne

La rééducation périnéale et pelvienne

QU'EST-CE QUI EXPLIQUE MA BAISSE DE LIBIDO?

 

Pour la personne qui a donné naissance, une partie de la baisse du désir sexuel après l’accouchement est liée aux changements hormonaux. En effet, les personnes qui vivent une grossesse multiple présentent généralement des niveaux d’hormones plus élevés pendant la grossesse. Les variations hormonales peuvent donc être ressenties plus intensément que lors d’une grossesse unique. La période post-partum peut également accentuer ces effets.

Après la naissance des bébés et l’expulsion du placenta, on observe une chute importante des œstrogènes et de la progestérone. Cette baisse entraîne une augmentation de certaines hormones, notamment la prolactine et l’ocytocine, qui permettent de déclencher la lactation et le réflexe d’éjection du lait.

Que vous choisissiez ou non d’allaiter vos bébés, le corps enclenche tout de même les mécanismes nécessaires à la montée de lait. Ce cocktail hormonal peut entraîner une diminution du désir sexuel ainsi qu’une sécheresse vaginale. Le corps concentre alors son énergie sur la récupération après l’accouchement et sur les besoins des bébés.

Il est aussi possible que les premières semaines suivant la naissance influencent la libido de votre partenaire. Celui-ci ou celle-ci peut également ressentir de la fatigue et tenter de s’adapter à cette nouvelle réalité familiale. Dans certains cas, l’accouchement peut avoir été un événement marquant ou bouleversant, ce qui peut temporairement rendre plus difficile l’érotisation du corps de la partenaire.

D’autres facteurs peuvent également influencer le désir sexuel dans un couple après la naissance des bébés, par exemple :

  • la fatigue et le manque de sommeil

  • le manque de temps pour soi ou pour le couple

  • la dépression post-partum

  • la crainte d’avoir mal lors des relations sexuelles

  • la peur d’une nouvelle grossesse

  • des émotions négatives ou des conflits non résolus dans le couple
     

La pression, l’inconfort et l’inquiétude font souvent partie des plus grands ennemis du désir sexuel. Il peut donc être utile d’essayer d’identifier ce qui influence votre libido et de réfléchir à la façon de répondre à vos besoins, d’une manière qui vous convient.
 

Enfin, peu importe ce que vous vivez, la communication demeure l’un des éléments essentiels pour préserver la connexion dans le couple. N’hésitez pas à exprimer vos inquiétudes, vos besoins et vos ressentis à votre partenaire. Cela permet de mieux comprendre ce que chacun traverse et d’ajuster les attentes de part et d’autre.

LE RÔLE DU SEXOLOGUE DANS UN PROCESSUS DE RELATION D'AIDE

Selon l’Ordre professionnel des sexologues du Québec (OPSQ), le ou la sexologue « intervient afin d’améliorer, de maintenir et de rétablir la santé sexuelle des personnes ». Les champs d’expertise de la sexologie touchent donc les comportements et le développement sexuels chez les adultes, les enfants, les couples et les familles. Le ou la sexologue adapte son approche à la personne ou au couple qui consulte.
 

Dans une démarche de relation d’aide, le rôle du ou de la sexologue est d’offrir du soutien, de l’écoute et un accompagnement dans vos réflexions afin de vous aider à traverser un moment difficile ou un processus de changement, en proposant des moyens concrets.

 

TÉMOIGNAGE ANONYME DE PARENTS DE JUMEAUX

Jane et Alex se sont rencontrés il y a près de dix ans et sont les heureux parents d’un garçon de cinq ans. L’année dernière, à la suite d’une grossesse surprise, Jane a donné naissance à d’adorables jumeaux dichorioniques (didi). Cet événement, aussi heureux soit-il, a apporté son lot de changements dans leur couple.

Jane et Alex ont décidé de consulter une sexologue lorsqu’ils ont réalisé qu’une certaine distance s’installait entre eux et que leur vie sexuelle, presque inexistante, devenait une source d’insatisfaction.

Au fil des rencontres et des échanges, la sexologue comprend que Jane ressent beaucoup de culpabilité de ne plus avoir assez de temps pour ses enfants et trouve difficile de ne travailler qu’à temps partiel. Elle a l’impression d’être réduite à son rôle de mère et souhaiterait un partage plus équitable des tâches. Elle n’a presque plus de temps pour elle, et encore moins pour son couple.

De son côté, Alex trouve difficile de ne pas passer davantage de temps avec sa famille. Il fait de plus en plus d’heures supplémentaires afin de maintenir leur rythme de vie et répondre aux besoins financiers du foyer. Il se sent également impuissant face au mal-être de sa conjointe. Enfin, elle lui manque et il aimerait retrouver certaines habitudes qu’ils avaient avant l’arrivée des enfants.

Avec l’aide de la sexologue, Jane et Alex ont pu identifier des pistes de solution afin de retrouver un équilibre plus satisfaisant entre leur rôle de parents et leur relation de couple. Ils ont notamment travaillé leur communication afin de favoriser des échanges plus ouverts et constructifs.

Ils ont également instauré certaines habitudes : se coucher plus tôt ensemble quelques soirs par semaine et s’offrir un souper au restaurant une fois par mois pendant que les enfants restent chez leurs grands-parents. Enfin, ils ont décidé de réduire certaines dépenses afin qu’Alex puisse diminuer ses heures de travail, participer davantage à la routine du soir et offrir un répit à Jane, qui a pu reprendre la natation.

Ce n’est pas parce que vous vous reconnaissez dans une situation similaire que vous devez nécessairement consulter. Toutefois, si vous sentez que votre situation vous rend malheureux ou malheureuse, qu’elle provoque des conflits dans votre couple ou qu’elle vous préoccupe, ce sont peut-être des signes qu’une consultation pourrait être bénéfique.

POURQUOI CONSULTER EN SEXOLOGIE ?

Les raisons de consulter un ou une sexologue sont nombreuses. On peut généralement les regrouper en trois grandes catégories.

1. Raisons sexuelles

Exemples :

  • douleur lors de la pénétration

  • baisse du désir sexuel

  • diminution du plaisir sexuel
     

2. Raisons affectives
 

Exemples :
 

  • difficultés de communication dans le couple

  • enjeux affectifs ou amoureux

  • image corporelle négative

  • séparation ou divorce
     

3. Raisons liées au vécu physique ou reproductif
 

Exemples :
 

  • difficultés de conception ou infertilité

  • prise de décision à la suite d’une grossesse inattendue

  • accouchement traumatique

  • fausses couches

  • interruption de grossesse

  • réduction embryonnaire

Les personnes qui consultent sont tout simplement des gens comme vous et moi qui souhaitent améliorer certains aspects de leur sexualité ou de leur relation avec leur entourage. Dans le contexte de la parentalité, la consultation peut aussi être liée aux changements vécus dans le couple après l’arrivée des enfants ou encore au rôle de parent dans l’éducation à la sexualité.

Lors de votre première rencontre, il est important de vous sentir à l’aise avec la sexologue afin de pouvoir établir un lien de confiance. Aborder les sujets liés à la sexualité peut parfois susciter de la gêne ou de l’embarras. Soyez rassuré·e : les sexologues possèdent une formation solide qui leur permet d’aborder ces questions avec sensibilité, respect et bienveillance, tout en avançant à votre rythme.

MÉDICAMENTS ET FONCTION SEXUELLE

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En raison de leurs effets thérapeutiques ou de leurs effets secondaires, plusieurs médicaments peuvent avoir un impact sur la fonction sexuelle ou sur la libido. En plus des changements physiques et hormonaux vécus pendant la grossesse ou en période post-partum, certains traitements prescrits peuvent également influencer la vie sexuelle.

Les médicaments appartenant à la classe des ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) sont ceux qui provoquent le plus souvent ce type d’effets secondaires. Ils sont fréquemment prescrits pour traiter l’anxiété ou la dépression pendant la grossesse ou durant l’allaitement. Parmi les médicaments de cette catégorie, on retrouve notamment :
 

  • la fluoxétine

  • le citalopram

  • l’escitalopram

  • la sertraline

  • la fluvoxamine

  • la paroxétine
     

Des effets secondaires d’ordre sexuel sont rapportés chez environ 50 % des patientes. Ceux-ci peuvent inclure une baisse de la libido et du désir sexuel, ainsi que des difficultés à atteindre l’orgasme.

Les études indiquent que les femmes sont plus souvent touchées par ces effets secondaires, notamment parce qu’elles consultent plus fréquemment pour des troubles anxieux ou dépressifs et sont donc plus souvent traitées avec ce type de médicament. Pour les personnes qui vivent ces effets secondaires, différentes stratégies peuvent parfois être envisagées afin d’en atténuer l’impact. Par exemple :
 

  • ajuster la dose du médicament

  • changer de molécule

  • pratiquer une activité physique avant une relation sexuelle, ce qui peut stimuler l’activité du système nerveux sympathique
     

Toute modification du traitement doit toutefois être discutée avec le médecin traitant.

Chez environ 10 % des patientes, ces effets secondaires peuvent diminuer spontanément malgré la poursuite du traitement. Il est également important de savoir que ces effets ne sont généralement pas permanents et qu’ils disparaissent habituellement à l’arrêt du médicament.

D’autres médicaments peuvent également entraîner des effets secondaires d’ordre sexuel, mais ils sont plus rarement prescrits pendant la grossesse ou l’allaitement.

En cas de doute concernant un effet secondaire lié à un médicament, votre pharmacien ou pharmacienne peut vous accompagner dans l’évaluation de la situation et, au besoin, collaborer avec votre médecin afin de trouver une option plus adaptée.

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LA LOTERIE DES JUMEAUX

Vous en êtes à reprendre vos activités sexuelles et vous désirez d'autres enfants ? Si vous avez déjà gagné à la « loterie des parents de jumeaux », connaissez-vous les probabilités d'y gagner une deuxième fois ?

  • Si votre première paire est identique, alors vos chances d'avoir une autre paire de jumeaux identiques chutent à environ 1 sur 70 000.

  • Si votre première paire est fraternelle, alors vos chances d'avoir une autre paire de jumeaux fraternels sont multipliées par quatre ! C'est 1 chance sur 12 !

  • Si vous avez recours aux traitements en fertilité, les chances sont les mêmes qu'avec vos premiers jumeaux.

Sexualité et grossesse gémellaire: les réponses à vos questions avec notre collaboratrice Shanie Lapointe, sexologue. 

Êtes-vous encore indécis à savoir si votre famille est complète suite à l'arrivée de vos multiples? Écoutez notre entrevue sur le sujet!

Sources :

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