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Prendre soin de sa santé mentale face aux défis des naissances multiples.

Devenir parent de jumeaux, de triplés ou plus, c’est vivre une expérience hors du commun. Dès les premières secondes, l’entourage vous regarde avec fascination. On vous dit que vous êtes « chanceux », que vous avez « gagné le gros lot ».

 

Mais derrière les sourires et les commentaires émerveillés se cachent souvent des réalités plus complexes et parfois plus lourdes que l’on n’ose pas toujours nommer. La parentalité double ou triple  nous entraîne dans un quotidien où seule une infime partie de la population peut vivre.


Bien que la gémellité soit souvent perçue comme magique ou exceptionnelle, il est essentiel d’en reconnaître aussi les aspects plus sensibles, parfois tabous, surtout au cours des premières années. Le quotidien des parents de multiples est remplit de résilience et de créativité ! La majorité du temps, on y trouve notre rythme. Mais il arrive que certaines périodes soient plus exigeantes, plus fragiles aussi. Le but de cette page est de vous rappeler que ces épreuves font partie de votre parcours et qu’ils sont surmontables.

Il est primordial d'énumérer ces défis non pas pour se décourager, mais plutôt pour mieux se préparer, normaliser nos émotions et mettre des mots sur nos épreuves.

 

Voici quelques défis sociaux et émotionnels qui ont un impact direct sur votre santé mentale:

  • La difficulté de créer des liens affectifs et d’attachement avec plusieurs bébés en même temps.
     

  • L’isolement des parents pendant le congé parental en raison de la réalité organisationnelle.
     

  • Le manque de sommeil intense et le stress relié à cette nouvelle réalité.
     

  • La culpabilité ou la tristesse de devoir partager son temps et son énergie entre les enfants.
     

  • Le risque plus élevé de souffrir d’anxiété ou d’une dépression post-partum.

La parentalité en contexte de naissance multiple peut bouleverser aussi les partenaires et la dynamique familiale. Leurs besoins, souvent invisibles, méritent également d’être entendus et soutenus. Votre santé mentale et émotionnelle est aussi importante que votre santé physique.

Il est important d'exposer et de nommer ces défis afin de valider ce que plusieurs parents vivent parfois en silence. 

LES DÉFIS INVISIBLES DU QUOTIDIEN AVEC DES MULTIPLES

Les premiers mois à la maison peuvent être mentalement et physiquement exigeants. Ils peuvent également s’accompagner d’une fatigue immense, dû à la charge mentale constante. Si vous vous sentez dépassés, seuls, tristes, anxieux ou coupables… sachez ceci : vous n’êtes pas seuls.  

​La majorité des parents de multiples ne s’attendent pas à un tel bouleversement. Beaucoup disent que la première année est la plus difficile. Il s’agit souvent d’une période de survie, durant laquelle les repères vacillent. Il est facile de se perdre dans son rôle, de douter de soi, de ne pas réussir à se donner autant pour chaque bébé comme on l’avait espéré. Les phrases banales, pourtant bien intentionnées comme « Profitez-en, ça passe vite! » ou « Moi aussi j’étais fatiguée avec mon bébé » peuvent créer un écart douloureux entre ce que vous vivez et ce que les autres perçoivent.

​UNE RÉALITÉ DOCUMENTÉE

Les défis que rencontrent les mères de jumeaux, triplés ou plus ne relèvent pas seulement de l’intuition ou des témoignages. Ils sont également documentés par la recherche, notamment par une étude britannique menée auprès de centaines de mères de multiples. 

 

Selon une étude demandée par nos partenaires de l'organisation Twin Trust au Royaume-Uni, la première année de vie avec des jumeaux ou triplés est souvent perçue comme la plus exigeante sur les plans physique, émotionnel et organisationnel (Bryan, 2002). Cette réalité dépasse largement l’impression individuelle : elle est partagée par une majorité de parents de multiples.​ Ce que l’étude met en lumière :
 

  1. Un niveau d’épuisement généralisé, souvent plus grand que ce que les mères avaient anticipé.
     

  2. Un manque de spontanéité dans la routine familiale, les journées étant dictées par les besoins des bébés sans répit.
     

  3. Un soutien insuffisant, même de la part de l’entourage, qui ne saisit pas toujours l’ampleur de la tâche.
     

  4. Une impression que les soins de base prennent tout l’espace : nourrir, changer, calmer, recommencer… avec peu de place pour autre chose.

 

À cela s’ajoutent d’autres préoccupations fréquentes : inquiétudes financières, séquelles possibles de la prématurité, impacts sur les autres enfants de la fratrie. L’étude conclut que les mamans de multiples ressentent souvent un sentiment d’incompétence, non pas parce qu’elles échouent, mais parce que les attentes internes sont irréalistes face à une réalité qui dépasse tout ce qu’elles avaient imaginé.

Bien souvent, l’accent est sur mis sur le bien-être mental des mamans mais celui des papas est tout aussi important. Les frères et sœurs aînés de multiples subissent aussi un changement soudain dans la dynamique familiale, et il est possible qu’ils se sentent négligés lorsque l’attention des autres se porte sur la nouveauté de leurs frères et sœurs qui arrivent en double ou en triple.

Une étude danoise de 2022 (Skovlund et al.) s’est penchée sur l’apparition de la dépression post-partum durant la période postnatale chez les parents de jumeaux, comparés aux parents de singletons. Les principales conclusions étaient les suivantes :

  • Les mères de jumeaux ont un risque plus élevé de dépression post-partum, particulièrement au début de la période postnatale et persistant jusqu’à environ six mois après l’accouchement.

  • Les pères de jumeaux ou plus montrent des signes d’un risque légèrement accru de dépression post-partum autour des six mois suivant la naissance.

DES DÉFIS MULTIPLES 

Les défis en lien avec la préservation de notre santé mentale peuvent apparaître dès le tout début de l'annonce de la grossesse gémellaire, et persister pendant la petite enfance des multiples. ​​​​

01

LA GRANDE ANNONCE : LE CHOC GÉMELLAIRE

Cette grande nouvelle a un impact direct sur la santé mentale des parents, ces derniers ressentant des inquiétudes face aux risques associés à une grossesse multiple.

La préparation mentale et émotionnelle à accueillir plusieurs bébés à la fois peut être une véritable montagne russe. Anticiper les soins, les nuits, les logistiques et les responsabilités décuplées engendre bien souvent du stress, de l’anxiété, voire de la culpabilité. C’est pourquoi il est essentiel  de s’entourer tôt d’un système de soutien solide : professionnel, familial, communautaire.

Pour plus de détails sur le choc gémellaire, consulter notre page sur la préparation 101.

02

LA GROSSESSE À RISQUE

Dès le diagnostic, une grossesse gémellaire ou triple est automatiquement considérée comme à haut risque. Cette réalité entraîne un suivi médical plus rapproché, des examens plus fréquents et des inquiétudes constantes concernant la santé maternelle et celle des bébés. Chaque rendez‑vous, chaque résultat d’échographie peut devenir une source d’angoisse, particulièrement dans le cas de grossesse monochorionique.
 

À cette vigilance médicale s’ajoute une vigilance émotionnelle permanente : la peur de l’inconnu, l’impression de ne pas pouvoir contrôler la situation, et parfois la difficulté de se projeter sereinement dans l’avenir. 

​​

Même lorsque la grossesse se déroule sans incident majeur, la charge mentale est amplifiée par l’anticipation de ce qui s’en vient : plusieurs bébés à accueillir, une logistique complexe à organiser, et la conscience que la suite sera exigeante.

Pour plus de détails sur la grossesse à risque, consulter notre page sur le suivi obstétrical.

03

LA PRÉMATURITÉ

Il va de soi que plus les bébés naissent tôt, plus leur séjour en néonatalogie sera long. La durée de cette hospitalisation dépend généralement de l'âge gestationnel à la naissance, du poids des bébés et de la présence ou non de complications médicales. Certaines de ces complications peuvent découler de conditions spécifiques liées aux grossesses multiples, telles que le syndrome transfuseur-transfusé (STT) ou d'autres déséquilibres placentaires.

Lorsque les bébés doivent affronter des défis médicaux, c’est toute la famille qui se retrouve plongée dans une réalité exigeante, imprévisible et hautement émotionnelle. Pour les parents, cela signifie souvent devoir frapper à plusieurs portes, naviguer entre les systèmes de santé, d’éducation et de soutien communautaire, tout en jonglant avec la logistique du quotidien.

Pour plus de détails sur les défis de la prématurité, consulter notre page sur la prématurité.

04

LA PÉRIODE POSTNATALE

Après la naissance, les parents de multiples se retrouvent propulsés dans un rythme effréné. Les nuits entrecoupées, l’alimentation en simultané, les pleurs croisés et l’absence de pauses prolongent l’état d’alerte amorcé durant la grossesse. À cela s’ajoutent des préoccupations financières grandissantes et des ajustements professionnels parfois difficiles à concilier.
 

Plusieurs études l’ont démontré : les parents de multiples présentent des taux significativement plus élevés de dépression postnatale, d’épuisement extrême, d’anxiété, et font face à un risque accru de tensions conjugales ou de séparation. Et pourtant, ces difficultés demeurent trop souvent invisibles.
 

Dans ce contexte, l’importance d’un réseau de soutien qui comprend la réalité spécifique des familles multiples est essentielle.

Pour plus de détails sur la période postnatale, consulter notre page sur le soutien postnatal.

05

LA PETITE ENFANCE

Selon le rapport Multiples Unfiltered de l’Australian Multiple Birth Association ( 2024), les parents de multiples sont 9 fois plus fatigués que les autres parents, et seulement 20 % des mères de multiples retournent au travail avant la troisième année de leurs enfants, en partie à cause du coût et de la disponibilité limitée des services de garde d’enfants. La charge financière est considérable : les coûts pour des jumeaux étant jusqu'à 5 fois plus élevés que pour un enfant unique dans sa première année, et 13 fois plus élevés pour des naissances multiples (triplés et plus).

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Ce parcours peut être exténuant, tant sur le plan physique qu’émotionnel. La complexité des démarches, le sentiment d’injustice ou d’isolement, et la crainte de ne pas faire suffisamment peuvent peser lourdement sur la santé mentale parentale.

Gérer les défis de la petite enfance avec deux ou trois enfants du même âge demande également un niveau de patience remarquable, sans oublier les microbes qui s'installent.

Pour plus de détails sur la petite enfance, consulter notre section sur le même sujet.

LORSQUE L'ACCOUCHEMENT LAISSE DES SÉQUELLES

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Eli a toujours rêvé de devenir mère. Active et amoureuse, elle s’imaginait une grossesse à son image… jusqu’à l’annonce d’une grossesse gémellaire.

Sa réalité bascule alors : repos complet, quotidien transformé, et plusieurs petits deuils à traverser. L’accouchement, espéré en douceur, se déroule plutôt de façon abrupte et marquante, laissant des traces physiques et émotionnelles.

Dans cet épisode, Eli se livre avec vulnérabilité, accompagnée d’Audrey-Anne, travailleuse sociale, qui apporte un regard professionnel et bienveillant. Aujourd’hui, maman et ses jumeaux vont bien. Ce témoignage est pour Eli une façon de guérir, de mettre des mots sur son vécu et sur ces petits deuils parfois présents dans une grossesse gémellaire.

L'IMPACT INVISIBLE D'UNE ARRIVÉE PRÉMATURÉE

Dans les naissances multiples, il arrive que la naissance des bébés se déroule bien loin du rêve imaginé. Un accouchement déclenché trop tôt, une césarienne d'urgence, des soins médicaux intensifs, des incubateurs, des moniteurs, des séparations rapides, une chambre vide en rentrant à la maison ne sont que quelques exemples. Ces débuts difficiles font malheureusement partie du parcours de nombreuses familles de jumeaux, triplés ou plus. Et même si le corps guérit, l’esprit, lui, garde souvent des traces profondes.

Les accouchements multiples sont plus souvent marqués par des complications : prééclampsie, retard de croissance, présentations atypiques, syndrome transfuseur-transfusé. Dans bien des cas, les parents vivent ces moments comme une perte de contrôle : certains racontent ne pas avoir compris ce qui se passait, ne pas avoir pu participer aux décisions, ou ne pas avoir eu le temps de rencontrer leurs bébés avant leur transfert en soins intensifs.

Ce type d’accouchement peut engendrer ce qu’on appelle un stress post-traumatique périnatal, distinct de la dépression post-partum, mais tout aussi important à reconnaître. Des souvenirs qui reviennent la nuit, une anxiété diffuse, une tendance à éviter certains lieux, certaines conversations. Ce ne sont pas des caprices. Ce sont des cicatrices.

Lorsque les bébés doivent être hospitalisés à l'unité des soins intensifs néonatale (USIN), les émotions se bousculent. Joie, peur, vide, soulagement, culpabilité. L'organisation Twin Trust au Royaume-Uni parle ici de « perte ambiguë » : les parents sont devenus parents, mais sans pouvoir vivre ce rôle pleinement. Pas de peau-à-peau. Pas de tétée de bienvenue. Juste des fils, des horaires de visite, et une inquiétude constante. Certains parents se sentent comme des visiteurs dans la vie de leurs propres enfants.

Cette expérience peut devenir encore plus difficile si le parent est seul, ou s’il est témoin des progrès des autres bébés alors que les siens luttent pour survivre. L’impression d’être à la fois chanceux et profondément tristes est difficile à verbaliser… et encore plus à faire comprendre.

UN ATTACHEMENT DIFFICILE
 

Même une fois les bébés à la maison, le choc n’est pas toujours passé. Certains parents racontent revivre les alarmes du moniteur la nuit. D’autres évitent de retourner à l’hôpital pour les suivis, tant les souvenirs sont lourds. Plusieurs confient avoir eu du mal à créer un lien affectif avec leurs bébés après un tel début.

 

« J’avais l’impression de m’occuper de bébés que je ne connaissais pas. Je les aimais, mais je ne ressentais pas encore ce lien. J’étais encore figée dans ce qu’on avait vécu. »

Lorsque le contact peau à peau a été retardé, que les premiers jours ont été rythmés par des soins techniques, ou que les parents ont été séparés de leurs bébés, l’attachement peut se construire plus lentement. Cela ne veut pas dire qu’il ne se construira pas : mais il faut parfois plus de temps, plus de douceur, plus de soutien. Il est important de normaliser cette difficulté sans culpabilité. 

Ces expériences peuvent laisser des marques profondes. Elles méritent d’être nommées, reconnues, accompagnées. Il n’y a aucune honte à avoir vécu l’accouchement ou les premières semaines comme une épreuve. Parfois, un accompagnement psychologique, un groupe de soutien ou simplement une oreille bienveillante peuvent faire une réelle différence.

L'organisme Twin Trust souligne que les parents ayant vécu un accouchement difficile ou un séjour prolongé à l'USIN présentent un risque plus élevé de dépression postnatale, surtout s’ils ne reçoivent pas d’accompagnement émotionnel ou psychologique pendant ou après cette période.

Il est essentiel que votre histoire soit reconnue, nommée, et accueillie. Participer à un groupe de soutien, parler à un(e) professionnel(elle), ou simplement avoir quelqu’un de confiance qui comprend votre parcours peut être réparateur.

 

Même si ces débuts n’étaient pas ceux que vous aviez imaginés, ils font aussi partie de votre histoire et celle de vos bébés. 

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AVEC KARINE MIVILLE, PSYCHOLOGUE 

Psychologue depuis 2007, Karine détient une maîtrise en psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Elle a travaillé durant 14 ans au service de l’équipe de santé mentale adulte, 1ière ligne, dans le réseau de la santé.  Elle a développé une approche chaleureuse, accueillante, compétente et proche des besoins de ses clients. Elle est maman de jumeaux. 

Mamans Pieuvres : Bonjour Karine! Merci beaucoup de nous accorder cette entrevue. Premièrement, nous aimerions savoir comment avez-vous vécu la période postnatale à l'arrivée de vos jumeaux?

Les premiers mois ont été extrêmement difficiles pour moi. Mes garçons sont nés à 31 semaines et ont passé les deux premiers mois à l'hôpital où ils devaient prendre un médicament presqu’à tous leurs boires (7 boires sur 8 !). J'ai passé au travers en comptant les minutes avant que l'aide arrive. Plus ils vieillissaient, plus cela devenait facile.

Mamans Pieuvres : C'est une période tellement difficile, d'où l'importance de demander de l'aide! Quel genre d'aide avez-vous reçu pendant les premiers mois? 

Oui vraiment! Pour débuter, j'ai reçu de l'aide d'un organisme qui s’appelle La maison de la famille et grâce à eux, j’avais une bénévole pour m’aider avec les enfants. J'ai eu droit à 3 visites par semaine lorsque mes jumeaux étaient âgés de 3 à 10 mois.

Ensuite, j'ai eu une auxiliaire du CLSC qui passait l'aspirateur et faisait les repas. Cette personne m'aidait avec les enfants quand ils étaient réveillés. Il n’y avait pas de livre ni de site Internet! Je n’avais pas le temps de chercher pendant la première année!

Mamans Pieuvres: Quel fut votre plus grand défi en tant que nouvelle maman de jumeaux?

Définitivement le manque de sommeil. Mais courage! La fatigue est temporaire et le sommeil va revenir même si ce n’est pas instantané … parole d'une maman qui n'a pas dormi plus de 2h consécutives dans les premiers 3 1/2 ans, en plus d'aller travailler!

Mamans Pieuvres: En tant que psychologue, y a-t-il des principes que vous avez appliqué dans votre propre démarche personnelle?

Oui. Mon travail m'a surtout amené à saisir que chaque jour est différent et que demain sera peut-être plus facile. Cela m’a permis de profiter de tous les beaux petits moments tout en communiquant mes limites de façon claire avec mon entourage. Il y a aussi la normalisation de la détresse face à toutes les difficultés rencontrées.

Mamans Pieuvres : En terminant, pourriez-vous nous donner vos meilleurs conseils pour la fameuse période postnatale? 

Certainement!

1-N’hésitez pas à demander de l'aide!

 

Dites précisément ce dont vous avez besoin. Cuisiner, faire manger les enfants, vider le lave-vaisselle, lavage ou simplement un moment pour vous retrouver seule. Car c’est aussi ça, respecter sa santé mentale : avoir le courage de demander de l’aide et faire ce qu'il faut pour la garder.

2-Ne vous comparez pas aux autres mères ou aux autres parents!

Essayez de ne pas vous laissez affecter par le jugement des autres. Dites vous qu’ils ne peuvent pas comprendre car ils ne l'ont tout simplement pas vécu! Avoir deux ou trois bébés en même temps est une expérience hors du commun. Les gens ne comprendront jamais malgré notre bonne volonté à leur expliquer. De plus, n’oubliez pas que chaque enfant évolue à son propre rythme et que parfois ils ne le font pas nécessairement comme on le voudrait.

3- Faites-vous confiance !

Contrairement à Monsieur et Madame Tout-le-Monde qui se permettent de nous dire comment les élever ou encore de nous dire ce dont ils ont besoin, nous sommes celles qui passons le plus de temps avec eux donc OUI, nous connaissons nos bébés et savons ce qui est le mieux pour eux …  Même si c'est grand-maman qui le dit!

LA SANTÉ MENTALE PÉRINATALE AVEC DES MULTIPLES

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Créer des liens avec d'autres parents est essentiel pour préserver sa santé mentale, mais encore faut-il que ces liens soient nourrissants, pertinents, et ancrés dans une compréhension authentique du quotidien avec des multiples. C’est exactement ce que des espaces comme Mamans Pieuvres s’efforcent d’offrir.

Quand rien ne va plus, il est important de se rappeler de ne jamais hésiter à aller chercher de l'aide.

Nous vous invitons à écouter la capsule vidéo du Dre Nguyen concernant la santé mentale périnatale, qui s'adresse spécifiquement aux parents de multiples.​​

​LE RÔLE DES HORMONES 

Saviez-vous que les niveaux hormonaux peuvent être plus élevés chez les personnes enceintes de jumeaux ou de triplés ? Si les fluctuations hormonales ont souvent été pointées du doigt comme cause d’anxiété ou de dépression pendant la grossesse, elles ne sont pas les seules responsables.

Aucune étude n’a démontré que l’hormone hCG à elle seule provoque des changements d’humeur. En fait, certains autres hormones pourraient même avoir un effet protecteur. Il est donc essentiel de ne pas tout attribuer aux hormones : l’anxiété et la dépression prénatales peuvent aussi découler de plusieurs autres facteurs :
 

  • Le stress général accumulé

  • Des expériences de vie passées ou traumatisantes

  • Les défis physiques et mentaux d’une grossesse multiple

  • Un historique personnel ou familial de troubles de santé mentale
     

Il est normal de se sentir plus émotive, plus irritable ou plus vulnérable pendant la grossesse. Mais il est tout aussi important de rester attentive aux signes plus persistants ou inquiétants, afin de pouvoir demander de l’aide rapidement.

SIGNES ET SYMPTÔMES DE LA DÉPRESSION POST-PARTUM

Selon une revue d'études publiée dans le Journal of Paediatrics and Child Health, les mères de jumeaux présentent un risque jusqu’à trois fois plus élevé de vivre une dépression postnatale que les parents de singleton, particulièrement au début de la période postnatale et persistant jusqu’à environ six mois après l’accouchement. Pour ce qui est des pères de multiples, ces derniers montrent des signes d’un risque légèrement accru de dépression post-partum autour des six mois suivant la naissance.

Parmi les facteurs aggravants : la prématurité, le manque de sommeil, l’isolement, et la charge mentale liée à la gestion de plusieurs nourrissons en même temps.

Il est normal de se sentir dépassée, parfois même submergée, face à la maternité de multiples. Ce que vous vivez est immense, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Mais parfois, cette surcharge peut évoluer vers un déséquilibre plus profond, qu’il est important de reconnaître et de nommer. Il faut être capable de reconnaître les signes de détresse psychologique. 

Ce ne sont pas des signes de faiblesse. Ce sont des signaux d’alarme. Et les repérer, c’est déjà un acte de soin envers soi-même. Voici quelques indicateurs à surveiller en lien avec la dépression post-partum:

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  • Une fatigue extrême, persistante, qui ne s’explique pas uniquement par le manque de sommeil

  • Des pleurs fréquents, une irritabilité inhabituelle

  • Une perte de plaisir, même dans des moments censés être heureux

  • Le sentiment de ne pas être une « bonne mère » ou de ne pas y arriver

  • Une anxiété constante ou des attaques de panique

  • Des pensées intrusives ou inquiétantes

  • De l’insomnie, même lorsque les bébés dorment

  • Une difficulté à créer un lien affectif avec l’un ou plusieurs des bébés

​​

Ces symptômes ne doivent jamais être minimisés. Il est essentiel de consulter rapidement si l’un ou plusieurs de ces signes sont présents. Un professionnel pourra évaluer la situation et vous proposer des ressources adaptées à votre réalité.​​​​​​

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COMMENT PRENDRE SOIN DE SOI DANS LE CHAOS

Prendre soin de soi lorsqu’on est parent de jumeaux, triplés ou plus peut sembler... impossible. Et c’est normal de ressentir que le temps, l’énergie ou même l’espace mental pour penser à soi sont inexistants. Pourtant, ce n’est pas un luxe, ni un caprice : c’est un besoin fondamental. C’est aussi un acte d’amour envers vos enfants : leurs parents ont de la valeur, autant qu’eux.

 

Dans le chaos, il est primordial de se rappeler que nous ne sommes pas inadéquats dans nos rôles. Ce sont plutôt les conditions dans lesquelles nous exerçons notre parentalité qui sont extrêmes! C'est pour cette raison que chaque petit geste envers soi-même peut faire une différence immense. Il ne s’agit pas ici de trouver du temps pour un spa ou une retraite silencieuse (même si ce serait merveilleux), mais plutôt de se trouver des gestes simples au quotidien qui nous recentrent !​​ 

 

Voici quelques idées qui pourraient faire du bien à votre tête et à votre cœur:

  • S'embarrer dans la salle de bain pour pleurer quelques instants (ça fait du bien!)

  • Une douche récomfortante (même si c'est quelques minutes). 

  • Profiter d'un café chaud.

  • Écouter une chanson qui nous fait du bien.

  • Éteindre son téléphone ou autre écran.

  • Se préparer notre collation préférée. 

  • Danser dans la cuisine. 

  • Pratiquer la respiration profonde.

  • Faire des étirements. 

  • Accepter l’aide ... et apprendre à dire oui sans s’excuser.

  • Un petite sieste, même courte.

  • Lire des affirmations positives.

  • Allumer une chandelle.

  • Contacter un(e) ami(e) qui nous comprend.

  • Changer de chandail ou enfiler un vêtement qui fait du bien.

BRISER L'ISOLEMENT : FAIRE PARTIE D'UNE COMMUNAUTÉ

Une des premières choses qui peut aider c'est d'accepter sa réalité atypique. Donnez-vous le droit de ne pas aller bien tous les jours. Ce que vous vivez n’a rien de banal, après tout, vous faites partie du 1,2 % des parents qui expérimentent l'aventure gémellaire. Vous êtes en train d’accomplir quelque chose de monumental. Vous répondez à des besoins constants, vous traversez des vagues d’émotions : d'un cœur débordant d'amour à du découragement profond. Non, vous n’avez pas à être parfait.​

Les groupes privés ou les activités spécifiquement dédiées aux parents de multiples sont bien plus que de simples forums de discussion : ce sont des lieux de reconnaissance, de légitimité et de réconfort. Ces communautés permettent de rompre l’isolement, de partager des stratégies concrètes, de rire de l’absurde, de pleurer sans honte, et de poser ses questions sans crainte d’être jugé. C’est aussi un espace où l’on peut rencontrer des familles un peu plus avancées dans le parcours, et en tirer inspiration, espoir et courage.

S’entourer de personnes qui comprennent, sans avoir à tout expliquer, c’est un geste profondément réparateur. Cela protège notre équilibre émotionnel, et nous rappelle que nous ne sommes pas seuls.

Nous vous encourageons à participer à un groupe de parents de multiples, en ligne ou en personne. On vous souhaite de belles rencontres, et peut-être même, des amitiés durables nées dans le tumulte et la beauté de la parentalité gémellaire. Consultez notre bottin juste ici pour des groupes et des ressources.

Visionner notre entrevue en Jessika Brazeau de Ça va maman?, une ressource précieuse pour les mamans d'aujourd'hui!

Écouter les épisodes en lien avec la santé mentale et la dépression sur notre balado Entres Mamans Pieuvres.

PARENTALITÉ AVEC DES JUMEAUX OU DES TRIPLÉS

Du temps en famille

LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER:

Source:  La société des obstétriciens et gynécologues du Canada

Source: Ça va maman ?

Sources :

  • Australian Multiple Birth Association (AMBA), Multiples Unfiltered. Rapport Multiples Unfiltered, 20 mars 2024

  • Bryan, E. (2002). Parenting twins and higher multiples: What helps? A study carried out for Tamba (Twins and Multiple Births Association), UK.

  • Fraser, E. (2010). Postnatal Depression: A Guide for Mothers of Multiples. Twins and Multiple Births Association (TAMBA), UK.

  • Multiple Births Canada (2020). Postpartum Wellness and Postpartum Depression/Anxiety (PPD/A). IS# 507. multiplebirths.ca

  • ​Risk and timing of postpartum depression in parents of twins compared to parents of singletons. https://doi.org/10.1111/acps.13766

  • Skovlund, C. W., Kessing, L. V., Munk-Olsen, T. (2022). Postpartum depression in parents of twins: A Danish population-based cohort study. Acta Psychiatrica Scandinavica, 145(1), 44–54. https://doi.org/10.1111/acps.13400

  • Twin Research Australia. (2011). Multiple Perspectives: A Discussion Paper on Multiple Births and Wellbeing in Australia. Consulté à l’adresse : https://icombo.org/wp-content/uploads/2010/12/PPMD-Study-for-website.pdf

  • Twins and Multiple Births Association (TAMBA). Postpartum Depression and Anxiety (PPD/A): A guide for parents of twins, triplets and more. UK, 2020.

  • Wenze, S. J., Battle, C. L., & Tezanos, K. M. (2015). Raising multiples: mental health of mothers and fathers in early parenthood. Archives of Women’s Mental Health, 18(2), 163–176. https://doi.org/10.1007/s00737-014-0484-x

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