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ALLAITEMENT

Des conseils pour celles qui désirent allaiter leurs jumeaux ou triplés.

Est-ce possible d’allaiter des jumeaux ou des triplés? C’est probablement une des plus grandes préoccupations pour les futures mamans de multiple. Allaiter un seul enfant est déjà une aventure en soi, alors mieux vaut se préparer adéquatement pour donner le sein à deux ou trois bébés à la fois.

 

Si l’allaitement se passe relativement bien pour certaines, il peut s’avérer être très difficile pour d’autres. Cette page a pour but d’outiller la maman de jumeaux et triplés en ce qui concerne l’allaitement exclusif et l’allaitement mixte.

Le petit glossaire Mamans Pieuvres.

Alimentation et allaitement.

Produits pharmaceutiques et production de lait.

Trucs et astuces de Mamans Pieuvres.

Marraine d'allaitement et soutien.

Questions et réponses avec une conseillère en lactation (IBLCE).

Les positions en tandem.

Physiothérapie et ostéopathie.

Capsule vidéo sur l'allaitement mixte. 

LE PETIT GLOSSAIRE

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  • Alimentation par gavage (nutrition entérale):


​C’est un type d’alimentation pour des bébés prématurés nés en bas de 34 semaines de gestation, des enfants malades ou qui sont dépendants de la ventilation assistée et dont le réflexe de succion et/ou de déglutition est absent ou diminué. De plus, cette méthode d’alimentation peut être un complément à l’allaitement ou au biberon si le bébé se fatigue rapidement lors des boires. Le gavage est administré par voie orogastrique (par la bouche) ou nasogastrique (par le nez). Un tube nasogastrique est inséré par le nez jusqu’à l’estomac du bébé. Alors qu’un tube orogastrique est inséré via la bouche du bébé jusqu’à son estomac. Le but de cette alimentation est d’alimenter le bébé et de favoriser sa croissance, ainsi qu'un développement optimal. 

  • Allaitement en tandem:


On parle d’allaitement en tandem lorsque la mère allaite deux enfants en même temps. Cela permet un rapprochement avec la mère et également entre les enfants. 
 

  • Allaitement exclusif:
     

On parle d’allaitement exclusif lorsque le bébé est nourri exclusivement par du lait maternel et qu’il ne reçoit aucun autre solide ou liquide (incluant de l'eau). Selon les recommandations de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), les nourrissons devraient être allaités de façon exclusive pendant leurs six premiers mois pour favoriser leur développement ainsi que leur croissance. 

 

  • Allaitement mixte:

Il existe deux sortes d’allaitement mixte. La première est lorsque le bébé est nourri en alternance entre l’allaitement et le biberon avec des préparations commerciales pour nourrisson. Alors que la deuxième est une alternance de l’allaitement maternel et des biberons avec du lait maternel. Ces deux types d’allaitement mixte permettent une plus grande autonomie à la maman.  

 

  • Colostrum:
     

C’est le premier lait qui est présent durant les trois premières journées après l’accouchement. Il est épais, jaunâtre (à cause de la présence de beta-carotène), riche en protéines et vitamines, et présente une teneur plus faible en gras et en glucides que le lait mature. De plus, il contient une forte concentration d’immunoglobulines qui donnent au nouveau-né une immunité passive. Enfin, il présente un effet laxatif ce qui aide le bébé à expulser le méconium et ainsi réduire les risques d’hyperbilirubinémie. 

 

  • DAL-dispositif d’aide à la lactation:
     

C’est un système qui permet de donner au bébé un complément par l’entremise d’un petit tube inséré dans la bouche du bébé. Le complément peut être du lait maternel, de la formule, de l’eau glucosée ou du colostrum. Il s’utilise chez les mères qui font de l’allaitement afin d’éviter de donner la tétine à leur bébé. 

 

  • Engorgement mammaire physiologique:
     

Il se présente souvent entre le 3e et 6e jour après la naissance. Les seins deviennent chauds, fermes et peuvent être douloureux à la suite de la montée laiteuse. Malgré cela, le bébé réussit à avoir une prise sur l’aréole et le lait s’écoule facilement. En faisant des tétées fréquentes et efficaces, cet engorgement va se résoudre. 

 

  • Engorgement mammaire pathologique:
     

C’est une enflure des tissus mammaires résultant d’une congestion veineuse causée par l’augmentation de la circulation sanguine et lymphatique dans les seins. Les caractéristiques sont :
 

-Un écoulement du lait plus difficile;

-Les seins deviennent durs, chauds, douloureux, engorgés de lait;

-Peut diminuer la production du lait de façon importante;

-Peut être aggravé par la pression du lait accumulé; 

-Si persiste, possibilité de complication (mastite) 

 

  • Montée de lait:
     

La montée de lait se produit souvent entre la troisième et la cinquième journée post accouchement. Le colostrum va changer pour du lait de transition et par la suite vers un lait mature. 

 

  • Réflexe d’éjection du lait:
     

C’est un processus provoquant l’écoulement du lait. Il comprend la stimulation, la sécrétion hormonale et la contraction musculaire qui pousse le lait dans les conduits lactifères. Il est possible d’avoir une sensation de fourmillement, de picotement, de soif et de détente pendant que le lait monte. Alors que chez le bébé, il est possible d’apercevoir un ralentissement des mouvements de succion, des déglutitions régulières et l’apparition du lait dans le coin de sa bouche. 

 

  • Réflexe d’éjection puissant:
     

Il se présente souvent durant les premières semaines d’allaitement. C’est une très forte éjection de lait qui cause une difficulté pour le bébé d’avaler rapidement, des étouffements ainsi qu’une possible irritabilité du bébé.

 

  • Mastite:
     

C’est l’inflammation du tissu mammaire qui peut être causée par l’obstruction d’un conduit lactifère, par un engorgement mammaire mal contrôlé ou par une infection. La région du sein peut devenir douloureuse, rouge et chaude. De plus, il est possible d’avoir de la fièvre, des frissons, des céphalées et des symptômes pseudo grippaux si c’est une mastite infectieuse. 

 

  • Tire-allaitement:
     

Le tire-allaitement est utilisé lorsque la maman ne veut pas ou ne peut pas faire une mise au sein avec son bébé. Cela consiste à utiliser un tire-lait électrique ou manuel qui permettra de tirer du lait et par la suite de le donner au bébé à l’aide d’un biberon ou par gavage.

 
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"Nous avons chacune une capacité différente à encaisser la fatigue, le stress et la douleur. (...) C’est important pour un bébé d’avoir une mère présente et en santé de corps et d’esprit. Qu’une maman tire son lait, qu’elle donne de la formule, qu’elle donne le sein ou qu’elle alterne entre ces options, tant qu’elle est bien et qu’elle s’écoute, elle reçoit toute mon admiration." 

-Marilou, Trois fois par jour

Crédits photos: Enfamil

QUESTIONS & RÉPONSES

SUR L'ALLAITEMENT DE JUMEAUX ET TRIPLÉS.

Avec Amanda Camacho, conseillère en lactation (IBLCE), infirmière clinicienne aux soins intensifs néonataux à l’Hôpital de Montréal pour enfants.
1-Puis-je produire assez de lait pour deux ou trois bébés?

C’est LA question la plus demandée par toutes les mamans enceintes de jumeaux et triplés. C’est aussi une des plus grandes craintes pour ces mamans qui auront plus d’un bébé à nourrir. Mais ne vous inquiétez pas puisque chez la plupart des femmes, le corps humain est bien fait et il produira du lait en fonction de la demande. Que vous attendiez un, deux ou trois bébés, votre corps sera capable de produire suffisamment de lait s’il est bien stimulé après la naissance des bébés. C’est la règle de l’offre et de la demande. Donc, il faut en faire la demande très souvent.

2- Que faire si ma montée laiteuse tarde suite à ma césarienne?

Il est possible, lors d’un accouchement par césarienne, que la montée laiteuse survienne plus tard que prévu. Mais elle va venir! Il ne faut pas se décourager. La césarienne peut causer un certain délai dans la montée de lait. À noter: souvent, ce n’est pas la césarienne en soi qui retarde la production de lait, mais plutôt le délai de stimulation qui peut la retarder.

3- Comment faire pour maintenir une production adéquate?

Environ 6 à 8 semaines après l’accouchement, les hormones qui ont été responsables de la production de lait jouent moins leur rôle et c’est pour cela que la quantité de lait a tendance à diminuer. Il y aura donc une transition vers une production qui est gérée très localement dans le sein et qui répondra juste à la demande. Il arrive au début que les mamans aient un surplus de lait, car le corps va réagir à l’arrivée du bébé afin de le nourrir. Par la suite, le corps doit savoir combien il doit produire en se fiant seulement sur la demande. Donc, il est important de garder une demande accrue pour que la production de lait soit adéquate.

On peut également avoir recours à des stratégies comme des expressions/tétées très fréquentes et efficaces. Aussi, il faudra utiliser des méthodes pour augmenter l’ocytocine (l’hormone de l’amour) qui est responsable de la production du lait. Cette hormone est libérée lors d’un orgasme. Donc pour la reproduire, il faut avoir un environnement de relaxation, d’intimité, de calme et rempli d’amour. 

Voici quelques exemples pour vous aider à stimuler l’ocytocine (surtout lors d’une session de tire-allaitement) :

Visitez la page sur le tire-allaitement pour plus de conseils.

4- Comment puis-je me préparer si je désire allaiter mes bébés?

La seule chose qu’on peut faire, c’est d’être bien éduquée sur l’allaitement! Il faut se renseigner sur le fonctionnement de l’allaitement et la physiologie du corps après avoir accouchée. Plusieurs mères ignorent le fait que c’est naturel. Malheureusement, il n'y a pas de boisson ni de nourriture magique qui augmenteront la production de lait. C’est un processus biologique selon lequel on doit vider les seins pour que ces derniers se remplissent à nouveau. Sans cela, notre allaitement ne fonctionnera pas. Plus on tire le lait, plus il y en aura (la règle de l’offre et de la demande). La nature est bien faite!

Visitez la page du tire-allaitement pour d'autres conseils intéressants!

5- Que faire si ma production n'est pas optimale?

Tout d’abord, assurez-vous d’appliquer toutes les bonnes pratiques dès le début : videz vos seins régulièrement et assurez-vous de l’efficacité de votre tire-lait. Si vous avez toujours une pauvre production de lait, il pourrait y avoir un problème physiologique qui limite votre production. En voici quelques exemples:

  • Un problème hormonal (ex: les ovaires polykystiques, l’hypothyroïdie);
     

  • Une réduction mammaire ou une hypoplasie des seins qui pourrait causer un manque de tissu mammaire qui expliquerait une plus petite production laiteuse;
     

  • Les mères avec un diabète peuvent remarquer un délai dans la montée laiteuse.

Malgré toutes ces conditions, il est important pour ces mamans d’essayer de fournir du lait maternel à leurs bébés. Plusieurs mères pensent que c’est tout ou rien avec l’allaitement. Cependant, même des petites quantités de lait maternel vont avoir des bienfaits et vont aider à promouvoir la santé de vos bébés. Si vous remarquez une pauvre production de lait, il est important d’en parler à votre médecin. 

 
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ALIMENTATION ET ALLAITEMENT

Mon meilleur conseil serait de profiter de cette période pour apprendre à écouter et à nourrir son corps selon ses besoins. On veut éviter les longues périodes sans manger. Pendant les premières semaines post-partum, je vais suggérer aux mamans de manger aux 2 à 3 heures afin de se nourrir fréquemment dans la journée. Il n'est pas nécessaire que cela soit un repas, des bonnes collations soutenantes (2 à 3 aliments différents) peuvent très bien convenir au début. 

On planifie au minimum, on demande de l’aide. 

Les gens autour de nous offrent régulièrement leur support mais on ne sait jamais trop de quoi on a vraiment besoin. Demandez-leur de vous cuisiner des plats réconfortants en format individuel pour le dîner ou plus familiale pour les soupers. Dites-leur ce que vous avez envie de manger, demandez-leur de vous cuisiner des muffins, des galettes, etc. Plus vous aurez d’options pour vous nourrir adéquatement quand votre corps vous en demandera, moins vous aurez de difficulté à répondre à vos besoins et du même coup à conserver votre énergie. Si ce n’est pas votre entourage, explorez les services traiteurs près de chez vous. Ce qu’on veut c’est de pouvoir se nourrir régulièrement sans avoir à se poser de questions.

 

Très important ici aussi; on ne recherche pas la collation ou le repas parfait selon le guide alimentaire canadien. On mange ce que l’on a envie de manger et on le bonifie au besoin si ce n’est pas assez satisfaisant.

DES ALIMENTS À ÉVITER

C’est vrai qu’on a souvent l’impression que bébé réagit à ce que nous consommons, plus particulièrement quand on pense aux aliments comme le chou, les oignons, les crucifères ou même les repas plus épicés. Pourtant, il semble plutôt rare que ce soit réellement le cas, on sait aujourd’hui que ceux-ci s’y adaptent très bien. 

Cependant, il y a bel et bien un aliment auquel certains bébés vont réagir dans les premiers mois de leur vie et c’est le lait de vache. C’est près de 2,5 % des nourrissons, allaités ou non, qui présenteront les symptômes d’une réaction à la protéine de lait de vache.  Les autres aliments auxquels les bébés peuvent réagir mais qui demeurent tout de même rares via le lait maternel sont; les œufs, les arachides, les noix, le blé, le soya et le poisson, soit les principaux allergènes alimentaires.

Si vous soupçonnez que bébé réagit à votre alimentation, il est suggéré de retirer l’aliment suspect pendant une certaine période de temps et de surveiller les réactions de bébé. Lorsque bébé semble mieux, on peut réintégrer l’aliment à notre alimentation afin de confirmer ou non l’intolérance de bébé. 

Il est très important de ne jamais retirer un aliment ou un groupe d’aliments sur une longue période de temps sans avoir de diagnostic d’allergie ou d’intolérance alimentaire. Il est aussi fortement recommandé de vous faire accompagner d’une nutritionniste lorsque vous devez suivre une diète d’éviction afin d’éviter toute carence nutritionnelle mais également afin de vous soutenir dans votre désir d’allaiter. On ne souhaite pas que cette diète devienne un obstacle à votre allaitement et encore moins qu’elle nous cause plus de stress au quotidien ce qui nuirait à sa continuité.

REFLUX ET ALLERGIES À LA PROTÉINE BOVINE

Que vous nourrissiez vos bébés au lait maternel ou aux préparations commerciales, aucun ne prévient le reflux ni augmente ou diminue son incidence. Cependant, on note que les épisodes de reflux seraient de plus courtes durées chez les bébés allaités. Vos trésors semblent inconfortables au niveau digestion et vous vous demandez s’il s’agit de reflux ou bien de l’allergie (non IGE médié) à la protéine de lait de vache (APLV) ?

 

Utilisez l'outil ci-dessous afin de distinguer rapidement si un de vos bébés semble être incommodé par le reflux ou par l’APLV. Par la suite, un(e) nutritionniste pourra vous aider à faire les ajustements nécessaires à votre alimentation et celles des bébés. De plus, ces professionnels pourront vous guider afin d’éviter les carences et vous accompagner dans l’application d’un régime d’éviction si nécessaire.

*Prenez note qu'en aucun temps cet outil ne peut servir à diagnostiquer un problème de santé. En cas de doute, parlez-en avec votre médecin/pédiatre qui pourra ensuite vous référer au professionnel de la santé adéquat.*

RÉGIME D'ÉVICTION ET ALIMENTATION SANS LAIT ET SANS SOYA

  • Vous soupçonnez une allergie chez vos trésors allaités et aimeriez lire sur le sujet du régime d’éviction ? 
     

  • Votre médecin vous recommande d’essayer un régime d’éviction sans lait et sans soya mais vous ne savez pas par où commencer ni où couper?
     

  • Vous désirez poursuivre votre allaitement mais avez besoin de conseils pratiques pour équilibrer vos repas durant votre régime d’éviction?

Les nutritionnistes en pédiatrie, en collaboration avec Dr Drouin, Gastroentérologue pédiatrique au CHU Sainte-Justine et Dre Francoeur Allergologue pédiatrique à l’Hôpital Charles-Le Moyne ont concocté un guide complet (Ebook) sur l'alimentation sans lait et sans soya.

 

Il est un complément pratique aux consultations et je vous le recommande si vous avez répondu oui à une des questions ci-dessus.

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Mélissa Larivière

Nutritionniste-diététiste

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Utilisez ce code pour obtenir 10% de rabais sur le guide Alimentation sans lait et sans soya. 

LES POSITIONS EN TANDEM

Y a-t-il une meilleure position pour allaiter? La bonne réponse: celle qui VOUS convient le mieux! Plusieurs facteurs viendront façonner les préférences de maman dont la grandeur de ses seins, la grandeur du bébé, les types de coussins, la chaise d’allaitement elle-même et son environnement. 

La position de la madone inversée est celle qui est la plus utilisée (pour un seul bébé), car elle permet un meilleur contrôle pour soutenir la nuque. Il y a aussi la position football qui semble populaire même si cette dernière présente plusieurs défis comme le positionnement. Cette position n'est pas très apprécié des mamans qui ont de fortes poitrines.

 

Autrement, il est à noter que la madone traditionnelle n’est pas la plus efficace dû au manque de soutien au niveau de la nuque et des omoplates du bébé. On peut cependant l'adapter pour que notre petit soit un peu plus en diagonale et elle devient pratique auprès des bébés un peu plus âgés.  

 

Notez que la position football est la position en tandem la plus utilisée pour allaiter deux bébés en même temps. 

LE DAL SANS SEINS

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Crédit photos: Mamans Pieuvres

LE FOOTBALL

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Crédit photos: Marimay Loubier

LA MADONE

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Crédit photos: Mamans Pieuvres

MOITIÉ-MOITIÉ

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Crédit photos: Marimay Loubier

LE DAL FOOTBALL

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Crédit photos: Mamans Pieuvres

LA PHYSIOLOGIQUE

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Crédit photos: Mamans Pieuvres

COUCHÉE

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Crédit photos: Marimay Loubier

CALIFOURCHON

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Crédit photos: Mamans Pieuvres

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PRODUITS PHARMACEUTIQUES ET PRODUCTION DE LAIT

La faible production de lait peut avoir plusieurs origines. Bien que le manque de lait primaire soit très rare (0,5 à 1% des femmes n’auraient pas la capacité de fabriquer assez de lait), la diminution de la production est souvent circonstancielle. Une analyse des causes possibles doit être réalisée avec l’aide d’une consultante en allaitement et/ou du médecin afin de déterminer la meilleure approche à adopter. 

DIMINUTION DE LA PRODUCTION

Plusieurs produits peuvent avoir un impact sur la production de lait. Parmi ceux qui peuvent causer une diminution de  lait, on y retrouve:

 

  • Les oestrogènes, présents dans les contraceptifs oraux « combinés », sont à éviter avant l’obtention d’un niveau optimal de lactation (habituellement obtenu 6 semaines après l’accouchement). C’est la raison pour laquelle on privilégie les contraceptifs contenant un progestatif seul (par exemple, Jencycla™, Movisse™, Micronor™, stérilet Mirena™/Kyleena™) 

 

  • La pseudoéphédrine, un décongestionnant qui entre dans la composition de plusieurs produits en vente libre pour le rhume ou la grippe 

 

  • Certains diurétiques, utilisés entre autres pour le traitement de l’hypertension 

 

  • La cabergoline, un médicament utilisé, entre autres, pour supprimer la production lactée (interruption volontaire de la lactation) 

 

  • Certaines consommations sociales: 

 

-Le tabagisme est associé à une réduction de la durée de l’allaitement et une diminution du volume de lait produit ;

-La consommation d’alcool (plus de 0,5 g par kg de poids de la mère, soit environ 250 ml de vin ou 2 canettes de bière pour une femme de 60kg) diminue le volume de lait produit et inhibe le réflexe d’éjection.

AUGMENTATION DE LA PRODUCTION

Voici les produits susceptibles d’augmenter la production de lait :

 

  • Certains anti-psychotiques peuvent avoir comme effets secondaires une production de lait (galactorrhée) ;
     

  • La domperidone, un médicament utilisé notamment pour les troubles gastro-intestinaux, est aussi prescrit en cas d’insuffisance de montée laiteuse. Ce traitement ne devrait être utilisé qu’une fois toutes les autres causes d’insuffisance laiteuse exclues (mauvaise prise du sein, mauvaise succion, douleur, dépression post partum, régime pauvre en calories de la mère etc.).

 

La posologie habituelle est de 10 à 30mg de 3 à 4 fois par jour. L’effet sur la production de lait débutera dans les jours suivant le début du traitement et sera à son maximum après 2 à 3 semaines. La durée d’utilisation peut aller de 3 à 8 semaines jusqu’à toute la durée de l’allaitement. La diminution de dose doit se faire très progressivement, soit une diminution d’un comprimé (10mg) aux 4 à 5 jours jusqu’à l’atteinte de la dose minimale efficace.

 

Ce produit est évidemment compatible avec l’allaitement et est habituellement bien toléré par la mère. 

 

Il est à noter que Santé Canada a émis un avis en 2015 concernant l’association de la domperidone avec certains problèmes cardiaques. Une analyse plus poussée du contexte permet de ressortir que les risques étaient chez des patients âgés (> 60 ans) qui avaient, entre autres, une condition cardiaque pré existante. Les conditions particulières ayant menées à cet avis font en sorte que la domperidone demeure un traitement de choix dans l’insuffisance de montée laiteuse au Canada.

 

​PRODUITS NATURELS:

 

  • Fenugrec/Chardon béni
     

L’association de ces deux produits est largement utilisée pour augmenter la production laiteuse, malgré le fait que les données soient insuffisantes pour en démontrer leur efficacité. En effet, leur utilisation est plutôt basée sur des traditions et des rapports de cas anecdotiques. Ces produits sont habituellement bien tolérés et fonctionneraient rapidement (amélioration en 24 à 72h). Ils pourraient être associés à la domperidone si la mère y voit un bénéfice sur sa production. L’arrêt de ces produits pourrait se faire abruptement, sans impact sur la production laiteuse. Comme dans le cas avec la domperidone, une évaluation de la cause du « manque de lait » doit être réalisée avant d’utiliser ces suppléments ;

 

  • Autres herbes médicinales (moringa, chardon marie, shatavari etc.) ;
     

Le manque de données en matière d’efficacité et d’innocuité chez la femme allaitante rendent la recommandation de ces produits peu intéressante.

 

Bien que des options pharmacologiques existent pour aider la stimulation de la production lactée, une rencontre avec une consultante en allaitement demeure toujours l’option à privilégier en premier lieu. Plusieurs méthodes non pharmacologiques peuvent être mises en place afin d’aider la mère avec son allaitement.

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Lydia Cyr 

Pharmacienne chef

 

COMMENT LA PHYSIOTHÉRAPIE PEUT AIDER VOTRE ALLAITEMENT

La physiothérapie est une discipline qui permet de mettre en évidence les problèmes reliés à votre fonction quotidienne. Ainsi, lorsqu’un mal de genou vous empêche de pratiquer votre sport préféré, votre fonction est altérée : vous ne pouvez plus pratiquer une activité significative pour vous. 

Il en est de même avec tous les petits maux reliés à l’allaitement: 

-Mon sein est rouge et gonflé, il fait mal et bébé refuse de le prendre;
 

-Mon mamelon saigne et est craqué, j’ai de la douleur et je ne peux pas allaiter aussi longtemps ou souvent que je le souhaiterais;
 

-Bébé a de la difficulté à prendre le sein droit et je ne peux pas allaiter des deux côtés de façon égale;
 

-J'ai des engourdissements dans mon bras quand j’allaite dans des positions conventionnelles, je n’arrive pas à allaiter lorsque je sors en public, car la seule position possible pour moi est d’être allongée dans mon lit; 

 

Saviez-vous que certains physiothérapeutes sont formés pour traiter et évaluer ce type des problématiques qui empêchent cette fonction si importante qu’est l’allaitement? Voici quelques exemples de ce que nous pouvons faire pour vous aider:

 

  • Évaluer et traiter les mastites, engorgements, canaux bloqués, ampoules de lait. Le traitement des conditions inflammatoires est une force de votre physiothérapeute. Il s’agit de la raison principale de consultation dans nos bureaux. Pourquoi? Nous possédons toutes les connaissances pour vous aider à gérer l’enflure et la douleur, et nous avons à notre disposition une multitude d’outils pour réduire l’inflammation. Nous sommes aussi excellents pour faire l’éducation nécessaire pour éviter les récidives! 
     

  • Complémenter le traitement des plaies aux mamelons amorcé par votre médecin, votre infirmière de soutien à domicile, votre consultante en lactation, car les crèmes ne sont pas les seuls traitements! Il est important de valider si des tensions sont présentes chez le bébé, ce qui pourrait provoquer un patron de succion inadéquat et qui mènera à des lésions chez la maman. 
     

  • Évaluer et traiter les problématiques chez le bébé qui peuvent affecter l’allaitement: la plagiocéphalie et le torticolis congénital, les tensions orofaciales, les freins de langue (prendre en note que le physiothérapeute ne peut pas couper un frein de langue, mais peut en faire l’évaluation pour objectiver l’impact sur la fonction d’allaitement), l’hypotonie chez les bébés, etc. Votre physiothérapeute pourra évaluer votre bébé et vous aider selon la problématique! 
     

  • Évaluer et traiter les problématiques chez la maman qui limitent les positions d’allaitement: posture, problèmes cervicaux, problèmes de tunnel carpien, douleur musculo-squelettiques (ex: douleur entre les omoplates) et les problématiques abdominales et pelviennes relatives à votre accouchement qui peuvent impacter votre allaitement (ex: douleur à une cicatrice en position assise). 
     

  • Enseigner des positions d’allaitement qui favorisent une bonne prise au sein. 
     

  • Enseigner la mise au sein et les étapes de l’allaitement. 
     

  • Enseigner les bons gestes préventifs pour diminuer les problématiques inflammatoires.

En terminant, assurez-vous de faire affaire avec un physiothérapeute formé pour le soutien à l’allaitement. Vous pouvez consulter le site de l'Ordre Professionnel de la Physiothérapie du Québec ou téléchargez le document ci-dessous.

Ressources en physiothérapie (soutien pour l'allaitement).

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Stéphanie Bourbonnais 

Physiothérapeute en rééducation périnéale

L'OSTÉOPATHIE EN AIDE AUX BÉBÉS ALLAITÉS

Les bienfaits de l’allaitement sur la mère et le bébé sont désormais indiscutables, ce qui pousse de nombreuses futures mamans à choisir de nourrir bébé au sein plutôt qu’au biberon. L’allaitement n’en demeure pas moins toute une aventure qui peut amener son lot d’inquiétudes… et encore plus lorsqu’il s’agit d’une grossesse multiple. La femme s’attend évidemment à devoir allaiter plus! Cependant, d’autres défis peuvent se présenter : bébés prématurés, torticolis, plagiocéphalie et problèmes de succion sont les plus fréquents.

Les jumeaux/triplés se partagent le petit espace utérin alors qu’ils sont parfois aussi grands qu’un bébé unique. Le manque d’espace a pu créer des tensions à la tête, au cou et à la mâchoire ayant comme conséquence des problèmes mécaniques de succion. De plus, l’allaitement en tandem que choisissent plusieurs mamans de jumeaux demande aux bébés d’être nourris dans diverses positions, ce que les bébés ayant un torticolis ou d’autres tensions ne pourront tolérer.
 
L’ostéopathe possède des connaissances et techniques pour vous accompagner. Il saura appliquer des manipulations en douceur pour favoriser le mouvement des articulations et la physiologie de vos bébés. Par une méthode de palpation précise et unique à l’ostéopathie, on arrive à déceler si la tête est prise dans une rotation d’un côté, si la mâchoire ne peut s’ouvrir suffisamment ou si des tensions empêchent la langue de bien stimuler le réflexe d’éjection. Les ostéopathes spécialisés en allaitement peuvent aussi évaluer le frein de langue et le réflexe de succion. L’objectif du soin ostéopathique sera d’optimiser la succion pour des têtées efficaces et pour réduire les douleurs parfois ressenties lors de la mise au sein.
 
Pour trouver un ostéopathe reconnu dans votre région, cliquez ici.

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Isabelle Veillette 

Ostéopathe

 
Bannière de reprise des activités de pha

PRATIQUER L'ALLAITEMENT MIXTE

Plusieurs mères croient à tort que l’allaitement c’est tout ou rien: «Si je ne fournis pas assez, j’arrête».

N'oubliez jamais que même en plus petite quantité, le lait maternel a plusieurs avantages qu’on ne retrouve pas dans les préparations comme des bénéfices au niveau immunitaire, des facteurs de croissance dans les hormones, les globules blancs et les cellules souches. Il est vrai que les professionnels recommandent l’allaitement exclusif les six premiers mois jusqu’à l’âge de deux ans mais les préparations commerciales ont tous les nutriments nécessaires pour que les bébés grandissent et prennent du poids. 

 

Il existe deux sortes d’allaitement mixte. La première est lorsque le bébé est nourri en alternance entre l’allaitement et le biberon avec des préparations commerciales pour nourrisson alors que la deuxième est une alternance de l’allaitement maternel et des biberons avec du lait maternel.

Ces deux types d’allaitement mixte permettent une plus grande autonomie de la maman. En effet, l'autre parent peut s'impliquer davantage lors de la routine des premiers mois. On peut même compter sur les grands-parents pour nous donner un coup de mains, une aide très appréciée pour beaucoup de parents de multiples. La réussite va dépendre de l’enfant et de ses préférences.

La charge mentale d'avoir à s'occuper de deux ou trois bébés en même temps (en plus de la fraterie) est immense. Les collaboratrices de Mamans Pieuvres sont unanimes: chaque goutte de lait maternel est précieuse et aura des bénéfices uniques sur ses bébés et mieux vaut un allaitement mixte que pas du tout. Un allaitement réussi peut prendre du temps et de la persévérance pour être établi.

Prendre note que pour les bébés nés à terme et qui sont déja de retour à la maison, il n’est pas recommandé d’introduire le biberon avant que l’allaitement soit bien établi, soit environ un mois. Parfois, certains bébés n’auront pas de problème à alterner entre les deux tandis que d’autres peuvent avoir une préférence pour le biberon ou pour le sein. Il est certain que lorsque les biberons sont offerts très tôt, il est plus facile de développer une préférence pour ces derniers. 

"Pendant environ trois mois, le 2/3 de leurs biberons étaient du lait maternel. On peut dire que j’ai fait du tire-allaitement mixte!"

-Catherine

"J’ai fait un peu de tout avec mes jumeaux. Allaitement en tandem, allaitement un après l’autre, tire-allaitement, et même un peu de formule. Beaucoup d’essais-erreurs."

-Mikko

"Je donnais une bouteille quand j’étais trop épuisée ou quand j’avais de l’aide. Je pense que cela m’a aidé à tant aimer l’allaitement."

-Lethicia

"  À partir de la 5e semaine, les filles ont commencé à bien prendre le sein donc on a pu arrêter les biberons et le tire-allaitement pour passer exclusivement à l’allaitement. "

-Marie-Pier

CAPSULE VIDÉO SUR L'ALLAITEMENT MIXTE:
 

Les Cafés entre Mamans Pieuvres sont des capsules vidéo avec un professionnel qui traite sur des sujets reliés aux jumeaux et triplés, ainsi qu'à la grossesse gémellaire et multiple. Dans cet épisode, Camille Marcotte Quijada nous explique pourquoi l'allaitement mixte est une bonne option pour les mamans de jumeaux et triplés.

 

LE SOUTIEN D'UNE MARRAINE 

Il y a beaucoup à dire sur l’allaitement, et d’autant plus sur l’allaitement en double. Les défis ne résident pas tant dans l’allaitement en tant que tel, mais dans ses débuts, facilement perturbés par les interventions médicales (souvent beaucoup plus nombreuses dans le cas des naissances gémellaires), qui ont des conséquences significatives sur son bon démarrage. La prématurité est aussi un enjeu à considérer, les petits bébés étant plus sujets à l’hypoglycémie. Afin de pallier ces défis parfois importants, il est primordial d’être bien accompagnée dans le processus. Les marraines d’allaitement et les accompagnantes à la naissance sont des intervenantes formées en ce sens, et leur rôle est d’informer, de soutenir, d’écouter, et de permettre à la maman de « … trouver et maintenir ou de retrouver une autonomie et une compétence dans le domaine qui est l’objet de sa demande. » (Laure Marchand Lucas, les cahiers de la puéricultrice numéro 188 juin 2005).

Je suis marraine d’allaitement depuis juin 2020, mais je me passionne pour le sujet depuis l’allaitement de mon premier enfant né en 2016. Avant de donner naissance, mon désir d’allaiter était présent, j’avais envie de tenter le coup, sans pression. Le cours sur le sujet organisé par la maison de naissance m’avait laissée perplexe. Beaucoup d’informations me semblaient floues, et peu concrètes. Avec un peu de chances et des conditions favorables (un accouchement physiologique sans intervention et un climat de soutien à la maison), l’allaitement de mon garçon s’est déroulé sans trop de défis importants. Plus j’avançais dans ce parcours, plus je tenais à ce lien profond avec mon enfant et plus je prenais connaissance des nombreuses embûches qui peuvent survenir lors de ce voyage.

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Crédit photos: Geneviève Drolet

J’ai beaucoup fréquenté les haltes-allaitement se déroulant au centre communautaire de mon quartier et c’est à ce moment que j’ai réalisé l’ampleur du gouffre subsistant entre les attentes en matière d’allaitement, l’information (souvent biaisée ou erronée) véhiculée par notre entourage et la société, et la réalité de la pratique. Peu de familles me semblaient outillées pour entreprendre ce processus. J’ai eu envie de m’impliquer davantage dans ce milieu.

À la naissance de mes jumeaux, j’étais déjà persuadée de mon désir d’allaiter, peu importe les embûches. Elles ont été nombreuses. J’ai eu la chance de pouvoir me rendre très loin dans ma grossesse (pas autant que je l’aurais désiré), mes jumeaux sont nés à 38 semaines par césarienne planifiée. Malgré mon désir de me préparer à cet événement, je peux affirmer a posteriori que je ne l’étais visiblement pas assez. Les interventions médicales (déclenchement, péridurale, utilisation d’ocytocine synthétique tout au long du travail, la césarienne, protocoles à la naissance, etc.) comme je l’ai mentionnée plus haut, sont loin de favoriser un bon démarrage des pratiques d’allaitement. Elles peuvent altérer les réflexes du bébé, ses compétences et son rythme.

La césarienne (très fréquente dans les naissances gémellaires) vient souvent retarder la montée laiteuse chez la mère, ce qui ouvre facilement la porte aux préparations commerciales, alors qu’il existe d’autres options pour protéger l’allaitement, la production, et l’organisation au sein de la dyade. Afin de diminuer l’impact de ces interventions, plusieurs conditions peuvent être mises en place.

  • Le peau à peau (sans limite)

  • La cohabitation dès que possible

  • Retarder les routines hospitalières (pesée, bain, vitamine K), sauf en cas d’urgence médicale

  • Choisir un lieu de naissance favorable à l’allaitement (Initiative Amis des Bébés)

  • Dans le cas de bébés somnolents, on peut exprimer son colostrum à l’aide d’un tire-lait et leur donner à l’aide d’un cup ou une seringue (on peut même le faire avant l’accouchement et apporter avec nous nos seringues de colostrum congelé)

 

Il est important de souligner que même si le personnel médical est souvent bien intentionné, leur formation sur l’allaitement reste sommaire, et comme leurs priorités sont orientées vers d’autres objectifs, leurs interventions peuvent nuire au démarrage de l’allaitement. L’accompagnante peut faire équipe autant avec la famille que le personnel, dans le but de faciliter l’instauration de pratiques favorables. Le suivi avec une marraine ne se fera pas à l’hôpital, mais davantage en préparation avant la naissance, et en soutien postnatal. Il est aussi possible de demander les services d’une consultante en lactation (IBCLC). Certains hôpitaux disposent de telles intervenantes, et plus il y aura de demandes venant des parents, plus ce service sera accessible. La marraine ou l’accompagnante n’est pas en mesure d’adresser certains défis de l’allaitement, et ces professionnelles de la santé sont là pour y répondre (Voir le site des consultantes en lactation).

Le rôle de la marraine ou de l’accompagnante n’est pas de stigmatiser l’usage de la formule ou des biberons (leur usage ne devrait pas être banalisé), mais d’informer les parents sur les bienfaits de l’allaitement et des risques du non-allaitement.

-Geneviève Drolet, marraine d'allaitement

Elle veut bien sûr promouvoir la pratique (l’Organisation Mondiale de la Santé recommande un allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois, et sa poursuite jusqu’à l’âge de deux ans), et elle sera en mesure de bien accompagner les parents (sans jugement) dans leurs choix (toujours éclairés), et de déboulonner les mythes entourant l’allaitement, les croyances, les peurs et les réticences des familles sur le sujet (ex. « je ne pourrai pas fabriquer assez de lait pour allaiter mes jumeaux »). Très peu de femmes souffrent d’un réel problème de production se situant au niveau biologique, il s’agit dans la plupart des cas d’une gestion non optimale de l’allaitement (tétées limitées en fréquence et en durée, introduction d’une suce ou de préparation commerciale, mauvaise prise, présence d’un frein de langue restrictif, tensions musculo-squelettiques, manque de soutien, etc).

N’hésitez pas à faire appel à un soutien en ce sens. Le service de marraine est gratuit, il se fait la plupart du temps par téléphone, courriel, ou texto, et il vous accompagnera dans tout le processus de l’allaitement, de la période prénatale jusqu’au sevrage de l’enfant. Le service d’accompagnante est un peu différent, il se termine souvent en post-partum (6 semaines après la naissance de l’enfant) et couvre aussi le sujet de la naissance. C’est la plupart du temps un service payant, l’accompagnante étant présente au moment de l’enfantement (pas durant la pandémie en revanche). La formation en allaitement reste similaire dans les deux cas. Une intervenante qui a eu des jumeaux peut être un atout au niveau de la compréhension d’une situation particulière, mais ce n’est absolument pas un prérequis, ces dernières étant formées pour éviter de puiser dans leur bagage personnel, ce qui entraverait la relation d’aide. 

 

Entrevue entre

AVEC CAMILLE MARCOTTE QUIJADA,

DIRECTRICE ADJOINTE CHEZ NAISSANCE-RENAISSANCE.

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Camille Marcotte Quijada est directrice adjointe de Naissance-Renaissance Outaouais, une OSBL situé à Gatineau. Maman de quatre (4) enfants dont des jumelles , elle étudie présentement pour devenir spécialiste en lactation. Camille est également marraine d’allaitement et accompagnante à la naissance depuis 5 ans.

Mamans Pieuvres: Bonjour Camille! Maman de 4 enfants dont des jumelles, directrice, étudiante, marraine, accompagnante ... tu fais également l’école à la maison. La première question qui nous vient à l'esprit est quel est ton secret?

Haha! De l’organisation et de l’aide. Je me prépare à l’avance pour l’école maison, je gère mon horaire de travail en conséquence de mes enfants et je m’entoure des bonnes personnes. Mon conjoint et moi formons vraiment une bonne équipe! De plus, je suis passionnée par ce que je fais alors ce n’est pas un effort pour moi, c’est naturel!

Mamans Pieuvres: Justement, tu parles de passion, d'où vient cette fascination pour l'allaitement?

J’ai très peu allaité ma première, je ne savais pas quoi faire. En côtoyant des mères ayant allaité, j’ai réalisé à quel point je suis passée à côté d’une belle expérience. En faisant ma formation, c’est devenu une réelle passion. Quand j’ai appris que j’étais enceinte de jumelles, j’avais quand même des questionnements. C’est pourquoi je me suis donnée à fond dans mon rôle de consultante en lactation afin d’aider d’autres mamans, surtout des mamans de jumeaux, qui comme moi avaient des questionnements.

Mamans Pieuvres: Quelle est la différence entre une marraine d'allaitement et une consultante en lactation?

Une consultante en lactation a habituellement fait des études en santé. Les personnes ne travaillant pas en santé ont quand même fait plusieurs mises à niveau en plus d’offrir de centaines d’heures de bénévolat ou de pratique d’allaitement tout en complétant les 95 heures de formation.

Le rôle d’une marraine d’allaitement peut varier d’un organisme à l’autre. Par exemple, chez Naissance-Renaissance Outaouais, il faut avoir fait 18h de cours pour devenir marraine d’allaitement. Ces cours sont donnés par une consultante en lactation. Il faut aussi avoir allaité un minimum de 6 mois pour devenir marraine.

Idéalement, une rencontre avec la marraine d’allaitement devrait se faire durant la grossesse afin d'établir un lien. Il est plus facile de demander de l’aide à une personne que nous avons déjà rencontrée. Lorsqu’on a des questions ou qu’on commence à avoir des problèmes, on se tourne vers la marraine d’allaitement. Si la marraine n’est plus en mesure de répondre à nos questions, c’est à ce moment qu’il serait bénéfique de se tourner vers une consultante en lactation. Ces dernières offrent des services payants, souvent couverts par les assurances.

Mamans Pieuvres: Quels sont les signes que l'allaitement ne se déroule pas bien?


Lorsque la mère ressent de la douleur lors de l’allaitement, c’est un signe que quelque chose ne va pas.Il est normal de ressentir de l’inconfort dans les débuts, surtout pour un premier bébé. Lorsqu’on parle d’inconfort, on fait référence à une douleur de moins de 5 sur 10, les premières secondes de la tétée, pendant les premières semaines de l’allaitement. Par contre, une douleur plus intense qui persiste peut s’empirer et causer une gerçure ou une crevasse. D’autres raisons de consultations sont :

- Quand on ne voit pas ou n’entend pas le bébé avaler;

- Si la maman allaite moins que 8 à 12 tétées par 24h;

- S’il y a moins de 6 couches mouillées et peu ou pas de selle (à 6 jours de vie).

Mamans Pieuvres: Que faire si une maman rencontre ces problèmes ?

 

Consulter une marraine d’allaitement ou une consultante en lactation le plus rapidement possible afin qu’elle analyse la prise au sein et d'autres facteurs qui pourraient expliquer les signes mentionnés ci-haut.

Mamans Pieuvres: Dans quelles circonstances une maman pourrait décider d’arrêter l'allaitement?

Maman peut décider d’arrêter au moment où cela ne lui convient plus à elle ou à ses bébés. Les recommandations offertes par Santé Canada et l'OMS mentionnent de continuer l’allaitement jusqu’à deux ans. Le lait maternel, même après 1 an, contient encore tous ses bénéfices et anticorps. À partir de ce moment-là, c’est de l’allaitement à l’amiable et non plus à la demande. La maman peut alors allaiter de façon aléatoire comme bon lui semble. Vers 1 an, on allaite 1 à 2 fois par jour, donc le retour au travail n’est pas nécessairement synonyme de sevrage. Lorsque les périodes entre les boires sont plus longues, on peut tirer notre lait si on se sent engorgée.

Mamans Pieuvres : Devrait-on arrêter si un de nos bébés nous mord?

Non! Ce n’est pas parce que bébé a des dents que ça devient problématique. D'ailleurs, un bébé peut mordre avec ses gencives. Si bébé mord, c’est parce que quelque chose ne va pas ou qu’il y a une chose qui le dérange. Un bébé va se sevrer par lui-même habituellement vers un an et demi ou deux ans. Avant cela, il y a souvent d’autres raisons qui expliquent un sevrage. Si la mère désire continuer d’allaiter, il y a des outils qu’on peut mettre en place pour essayer de continuer l’allaitement.

Mamans Pieuvres: Quelle serait la meilleure façon d'arrêter?

Progressivement. Chaque personne est différente. Certaines femmes ont une plus grande production que d’autres. Règle générale, on va suggérer de couper un boire par jour ou par semaine. Une mère qui a une grande production devra probablement y aller plus lentement, c’est-à-dire de couper un seul boire par semaine.

Lors de la réduction des boires, si la maman se sent très engorgée, cela signifie qu’il faudra ralentir davantage (le plus lentement possible). Si les boires sont coupés trop rapidement, il y a de fortes chances de faire face à plusieurs conséquences: canaux bloqués, mastites et de l’inflammation.

Si le bébé refuse le sein et que le retour au sein n’est pas désiré par la maman, on tire au confort. On ne doit pas tirer plus que nécessaire sinon on continuera d’augmenter la production de lait.

Si vous avez des questions pour Camille, ou vous désirez avoir de l'information sur l'allaitement, rendez-vous sur son groupe Facebook.

LES MAMANS PIEUVRES EN PLEINE ACTION!

La supervision des bébés est requise en tout temps. Il est nécessaire de toujours suivre les recommandations des manufacturiers lorsque vous utilisez de l'équipement quelconque pour vous aider.