
Le déroulement d'un accouchement par voie basse et par césarienne avec deux ou trois bébés.
Il est probable que le suivi de votre grossesse gémellaire se fasse à la clinique GARE (grossesse à risque élevé) avec une équipe spécialisée de gynécologues.
Dans certains cas, votre médecin pourrait recommander de planifier une césarienne et prendra le temps de vous expliquer les raisons médicales qui justifient cette approche. Environ 63 % des enfants issus d’une grossesse multiple naissent par césarienne, principalement en raison du risque accru de complications ou de naissance prématurée.
Au Québec, les femmes portant des jumeaux ne peuvent pas accoucher dans une maison de naissance, et les grossesses de triplés ou plus ont automatiquement une date de césarienne planifiée. Il est toutefois important de vérifier le protocole en vigueur dans votre région ou votre pays, puisque les pratiques peuvent varier.
COMPRENDRE LA CÉSARIENNE
La césarienne est une intervention chirurgicale qui consiste à mettre au monde un ou plusieurs bébés à l’aide d’une incision dans l’abdomen et l’utérus de la mère.
Si cette option vous inquiète, n’hésitez surtout pas à en parler avec votre professionnel de la santé. Certaines situations nécessitent cette intervention pour assurer la sécurité de la mère et des bébés, notamment selon le type de grossesse gémellaire (mono ou dichorionique) et vos antécédents médicaux.
Ce sont des facteurs sur lesquels vous avez peu de contrôle, et il est donc important de demeurer ouverte à plusieurs scénarios possibles le jour de votre accouchement.
Quelle que soit la façon dont vos bébés arrivent au monde, rappelez-vous que l’essentiel est la santé de chacun et la vôtre. L’accouchement n’est pas une performance : c’est un passage unique, souvent imprévisible, mais toujours empreint de courage, de force et d’amour.
*Cette page est fournie à titre informatif uniquement. Veuillez toujours consulter un professionnel de la santé ou le personnel médical pour toute question, inquiétude ou urgence concernant votre grossesse ou votre accouchement.
Q&R SUR L'ACCOUCHEMENT DE JUMEAUX PAR VOIE BASSE
1-Quel est le déroulement d'un accouchement vaginal avec deux bébés ?
Lors d’un accouchement vaginal de jumeaux, il faut s’attendre à la présence d’un plus grand nombre de professionnels dans la salle d’accouchement, surtout si les bébés sont prématurés. On peut notamment retrouver :
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un ou deux gynécologues ;
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une infirmière au chevet de la maman ;
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une ou plusieurs infirmières dédiées aux soins des bébés (parfois jusqu’à 3 ou 4) ;
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un pédiatre, ou deux si les bébés sont prématurés.
Les équipes médicales tentent toujours de limiter le nombre de personnes présentes, mais la priorité demeure la sécurité de la mère et des bébés. Dans les hôpitaux universitaires, il peut aussi y avoir des étudiants ou résidents sur place : rassurez-vous, ils sont toujours supervisés étroitement par des médecins d’expérience, et un résident débutant ne procède jamais seul à un accouchement de jumeaux.
2- Pourquoi l'accouchement se déroule en salle d'opération dans certains hôpitaux ?
Accoucher de jumeaux n’est pas tout à fait comme accoucher d’un seul bébé. C’est un événement plus imprévisible, comportant des risques supplémentaires, notamment pour le deuxième bébé.
C’est pourquoi certains hôpitaux choisissent de faire accoucher les mamans de jumeaux directement en salle d’opération, même lorsque l’on prévoit un accouchement vaginal.
Cette mesure est purement préventive : elle permet d’intervenir rapidement en cas de complication ou si une césarienne devient nécessaire pour le deuxième bébé.
3- Pour les mamans qui attendent des triplés, est-ce la même procédure?
Dans le cas d’une grossesse triple, la procédure est différente : une césarienne est automatiquement planifiée au Québec et dans la plupart des provinces canadiennes.
En moyenne, les femmes qui attendent des triplés accouchent autour de 34 semaines de gestation, pour diverses raisons médicales.
4- En quoi consiste la grande extraction?
Même lorsque les deux bébés sont bien positionnés tête en bas, il arrive que le deuxième change de position après la naissance du premier. Le médecin doit alors procéder à ce qu’on appelle une grande extraction : il insère délicatement la main dans l’utérus pour aller chercher le deuxième bébé.
Cette manœuvre, bien que rapide et sécuritaire, peut parfois faire en sorte que bébé B soit un peu sonné à sa sortie, surtout s’il a été repositionné manuellement. Dans ce cas, il pourrait ne pas être déposé sur vous immédiatement, le temps que l’équipe s’assure que tout va bien.
Si la manœuvre s’avère impossible ou inefficace, une intervention urgente peut être nécessaire, car chaque minute compte pour le bien-être du bébé.
Je vous invite à poser des questions spécifiques à votre docteur ou à vous inscrire à des cours prénataux spécifiques aux jumeaux pour bien vous informer sur l'accouchement vaginal avec deux bébés.

5- Doit-on prendre une épidurale durant un accouchement de jumeaux ?
La fameuse épidurale… Bien qu’elle ne soit pas obligatoire, elle est fortement recommandée lors d’un accouchement de jumeaux.
La raison : le risque non négligeable d’avoir à effectuer des manœuvres internes pour aider la naissance du deuxième bébé, comme la grande extraction mentionnée plus haut.
Sans analgésie, ces interventions seraient très douloureuses et difficiles à réaliser. En l’absence d’épidurale, si la situation devient urgente, l’équipe doit alors procéder à une césarienne sous anesthésie générale, ce qui comporte plus de risques et moins de contrôle pour la maman.
6- Comment se déroule cette procédure?
Avant toute chose, l’anesthésiologiste effectue une évaluation complète de votre dossier afin de s’assurer que la procédure est sécuritaire (par exemple, elle ne sera pas pratiquée en cas de troubles de la coagulation). Une fois la décision confirmée, voici les étapes :
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Vous serez assise au bord du lit avec le dos arrondi, ou parfois couchée sur le côté.
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L’anesthésiologiste palpe le dos pour repérer les bons points de repère osseux.
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Il désinfecte la peau avec une solution antiseptique, puis applique un champ stérile.
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Une petite piqûre locale est faite pour geler la peau, cela peut chauffer légèrement quelques secondes.
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Le cathéter est ensuite inséré entre deux vertèbres jusque dans l’espace épidural.
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Une fois en place, on débute une perfusion de médicaments à l’aide d’une petite pompe.
C’est une procédure généralement peu douloureuse, souvent beaucoup plus simple que ce qu’on imagine. La plupart des mamans confient avoir eu beaucoup plus de peur que de mal !
7- A-t-on automatiquement une sonde urinaire?
Pas nécessairement. La pose d’une sonde urinaire permanente n’est pas systématique — on essaie même de l’éviter lorsque c’est possible. Certaines patientes ont plus de difficulté à uriner avec la péridurale, mais beaucoup parviennent à aller à la toilette normalement.
Lorsque la miction est impossible, l’équipe privilégie souvent un cathétérisme intermittent (ponctuel) pour vider la vessie. Par contre, il y a deux situations où la sonde devient obligatoire :
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avant l’utilisation de forceps, pour éviter toute pression sur la vessie ;
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lors d’une césarienne, puisqu’elle est requise pendant l’intervention.

8- Quels gestes médicaux sont-ils posés sur les bébés dès leurs sorties?
Les gestes médicaux varient selon l’état de santé des bébés à la naissance.
Lorsque les bébés sont à terme, vigoureux et sans complications :
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on les dépose immédiatement sur le ventre de maman pour favoriser le peau à peau ;
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on les assèche avec des draps chauds ;
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on aspire doucement les sécrétions dans la bouche et le nez à l’aide d’une petite poire ;
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au besoin, on leur met une petite tuque pour conserver leur chaleur ;
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on clampe le cordon ombilical après environ une minute, puis papa ou maman peut le couper.
Lorsque les bébés sont prématurés ou moins vigoureux :
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le clampage du cordon se fait plus rapidement ;
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les bébés sont transférés sur un lit chauffant pour être stimulés et réanimés au besoin ;
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on les assèche et aspire soigneusement leurs sécrétions avec un petit tube souple — cela suffit souvent à relancer la respiration ;
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on pose un capteur de saturation, on ausculte le cœur et les poumons, et on effectue une première évaluation physique.
Si tout va bien, le ou les bébés peuvent ensuite revenir en peau à peau avec maman ou papa.
Dans certains cas, il faut aller plus loin dans les manœuvres (CPAP, ventilation ou intubation), et un transfert immédiat à l’unité néonatale peut être nécessaire.
Tous les bébés sont évalués selon le test APGAR, effectué à 1, 5 et 10 minutes de vie. Il évalue cinq critères :
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la coloration de la peau ;
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le tonus musculaire ;
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la respiration ;
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les réactions aux stimuli ;
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la fréquence cardiaque.
Chaque critère est noté sur 2 points, pour un total de 10. Un score de 9 est très courant, la perte d’un point étant souvent liée à une légère coloration bleutée au niveau des extrémités.
9- Qu’en est-il des placentas ?
Les placentas sortent après la naissance des bébés. Cette étape s’appelle la délivrance placentaire.
Elle se fait généralement de façon spontanée, sans intervention.
Si le ou les placentas ne sont pas expulsés après environ 30 minutes, on parle de rétention placentaire.
Dans ce cas, le médecin peut procéder à une extraction manuelle (si la péridurale est encore efficace) ou transférer la patiente en salle d’opération pour un retrait sous anesthésie.
Parfois, le placenta est partiellement expulsé mais il reste de petits fragments dans l’utérus, ce qui empêche la contraction complète et peut causer des saignements abondants. Si ces débris ne peuvent être retirés manuellement, un curetage sera pratiqué pour s’assurer que l’utérus soit bien vide.
10- Quels gestes médicaux sont-ils posés sur la maman suite à l'accouchement vaginal?
Une fois les bébés et les placentas sortis, l’équipe procède à une vérification et une réparation des tissus s’il y a des lacérations, ce qui est fréquent. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles l’épidurale peut être un grand atout ! Si la maman n’en a pas, une anesthésie locale est administrée, bien qu’elle ne soit pas toujours parfaite. Après la réparation :
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l’infirmière nettoie et installe confortablement la maman ;
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la perfusion épidurale est arrêtée ;
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l’allaitement peut être débuté si désiré ;
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les signes vitaux, les saignements et la position de l’utérus sont vérifiés régulièrement :
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toutes les 30 minutes pendant 2 heures ;
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ensuite 3 fois par heure ;
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puis plusieurs fois par jour selon le protocole de l’établissement.
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Si les saignements sont importants, la surveillance sera plus rapprochée. Rappelons qu’une personne apte à donner un consentement libre et éclairé ne peut subir de procédure sans son accord. Dans certains cas, le médecin peut faire signer une décharge de responsabilité lorsque la patiente refuse une intervention jugée nécessaire.
DES CONSEILS LORS DU GRAND JOUR
J’invite toutes les futures mamans à téléphoner à la salle d’accouchement de leur hôpital pour toute question ou inquiétude concernant leur état de santé (contractions, perte de liquide, saignement, ou autres). Les infirmières se feront un plaisir de vous répondre. D’ailleurs, lorsqu’une maman de jumeaux est en route, l’équipe apprécie toujours d’être prévenue, cela permet de mieux se préparer à votre arrivée.
Faites confiance à votre corps, à vos médecins, à votre conjoint(e), et savourez les derniers instants avec votre belle bedaine. Peu importe la porte qu’ils ont prise pour sortir, bravo pour cet exploit incroyable : mettre au monde deux enfants à la fois ! C’est une expérience unique, intense et remplie d’émotions.
L’accouchement de jumeaux ou de triplés demande une préparation émotionnelle et une bonne communication avec l’équipe médicale.
N’hésitez pas à poser toutes vos questions à votre médecin et à vous inscrire à des cours prénataux spécialisés pour les grossesses multiples : mieux comprendre le déroulement de l’accouchement aide à diminuer le stress et à vivre cette grande aventure avec plus de confiance et de sérénité.
Parce qu’au fond, nous sommes toutes des guerrières.
LE TOP 5 DES GRANDS OUBLIÉS
Nous avons demandé à notre infirmière ce que les gens oubliaient le plus souvent d'apporter avec eux à l'hôpital!

Il est possible que notre séjour soit plus long que prévu ; un peu de confort sera grandement apprécié, et ce même pour deux ou trois nuits!

Vos lèvres risquent d'être très sèches pendant et après autant d'efforts. C'est elles qui vous remercieront de ne pas avoir oublié votre baume!!

Apportez une bouteille ou tasse réutilisable avec un embout assez grand pour pouvoir y faire tomber de la glace. La plupart des hôpitaux ont des distributeurs d'eau et de glaçons.

Il est possible que notre séjour soit plus long que prévu ; un peu de confort sera grandement apprécié, et ce même pour deux ou trois nuits!

Il est conseillé d'apporter les fameux crocs ou gougounes au lieu des pantoufles pour un nettoyage plus facile, dû à l’environnement hospitalier
Q&R SUR LA CÉSARIENNE AVEC DEUX BÉBÉS ET PLUS
1-Quel est le déroulement d'une césarienne avec deux ou trois bébés ?
Pour les grossesses gémellaires, la césarienne planifiée se fait généralement autour de la 37e semaine de grossesse.
Dans le cas des grossesses multiples (trois bébés ou plus), l’intervention est habituellement prévue avant la 34e semaine, en raison des nombreux facteurs de risque et du poids déjà considérable sur le corps de la maman.
Il arrive aussi qu’une césarienne soit devancée lorsqu’un risque particulier est présent, par exemple, si l’un des bébés ne grandit pas suffisamment. Dans ces cas, votre médecin pourrait recommander l’administration d’un médicament pour accélérer le développement des poumons de vos bébés avant l’opération.
Petit rappel : si vous souhaitez une ligature des trompes, mentionnez-le dès la planification de votre césarienne afin que cette intervention soit ajoutée au protocole opératoire.
2- Est-ce qu'il faut faire des étapes particulières juste avant l'opération?
Environ 48 heures avant la césarienne, vous devrez passer des prises de sang afin que l’hôpital puisse préparer des culots sanguins compatibles au besoin. Cette étape est standard pour toute chirurgie.
Les professionnels vous expliqueront ensuite le déroulement de l’intervention, les mesures de sécurité et les soins post-opératoires à prévoir à la maison. Un document d’information vous sera remis. Avant la chirurgie :
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Vous devrez être à jeun pour réduire les risques en cas d’anesthésie complète.
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Le matin de l’opération, on vous demandera de vous laver avec un savon antiseptique (disponible en pharmacie) pour diminuer le risque d’infection.
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Certaines personnes reçoivent aussi un médicament pour protéger les poumons — il a un goût salé peu agréable, mais il est sans danger.
Petit conseil : si vous avez déjà vécu des effets secondaires (comme des nausées) avec une anesthésie passée, mentionnez-le à votre équipe médicale.
3- Une fois arrivée à l'hôpital, comment la mère est prise en charge ?
À votre arrivée, votre partenaire ou une personne significative pourra généralement vous accompagner.
Selon les hôpitaux, la préparation se fera soit dans votre chambre post-partum, soit directement en salle d’accouchement ou à l’unité de chirurgie d’un jour, le déroulement reste toutefois le même :
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Remise d’un bracelet d’identification, ainsi qu’un second bracelet si vous avez des allergies (vérifiez bien les informations).
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Prise des signes vitaux : pression artérielle, pouls, respiration, température et saturation en oxygène.
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Changement de tenue pour la jaquette d’hôpital.
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Vérification du consentement, notamment si une ligature est prévue.
Une fois ces étapes complétées, vous attendrez qu’une salle d’opération soit prête. Le gynécologue et l’anesthésiste viendront vous rencontrer pour réviser votre dossier, répondre à vos questions et finaliser les derniers détails.
4- À quoi doit-on s'attendre au bloc opératoire?
Lorsque vous serez transférée au bloc opératoire, votre accompagnateur revêtira un habit stérile avant d’y entrer. Ne soyez pas surprise : il y aura beaucoup de personnel présent, dont :
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un gynécologue-chirurgien (ou parfois deux),
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un anesthésiste et un inhalothérapeute,
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des infirmières pour vous, et d’autres dédiées aux bébés,
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un ou une préposée aux bénéficiaires, selon les besoins.
Le gynécologue portera une jaquette stérile et imperméable, et travaillera sous de puissantes lampes opératoires. La température de la salle est volontairement fraîche, et la luminosité intense : tout est réglé pour garantir des conditions stériles et sécuritaires. On vous installera ensuite :
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un brassard de tension pour surveiller votre pression artérielle pendant toute l’opération ;
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une voie intraveineuse (IV) pour administrer les médicaments nécessaires (anti-nauséeux, produits pour la pression ou pour limiter les saignements).
Puis viendra le moment de l’anesthésie : selon votre dossier, elle sera rachidienne (piqûre unique), péridurale (si déjà en place) ou, plus rarement, générale.

5- Comment on procède pendant l'anesthésie épidurale ?
L’anesthésiste vous demandera de bien courber le dos (même si, avec une grosse bedaine, ce n’est pas la position la plus facile à adopter !). Ce geste permet d’écarter légèrement les vertèbres pour faciliter l’insertion de l’aiguille. La procédure est plus inconfortable que douloureuse : on peut ressentir une légère pression ou une sensation étrange, mais ce n’est que temporaire.
Presque instantanément, vos jambes deviendront lourdes et chaudes, et vous perdrez leur contrôle moteur. L’équipe vous aidera à vous installer confortablement sur la table d’opération. L’anesthésie ne supprime pas toujours toutes les sensations : on sent qu’il se passe quelque chose, un peu comme lorsqu’on est « gelé » chez le dentiste, mais sans douleur. Une fois que l’anesthésie fait effet :
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l’infirmière installera une sonde urinaire pour vider votre vessie (vous ne sentirez rien) ;
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les champs stériles seront placés pour préparer le site opératoire ;
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un rideau sera positionné devant votre abdomen pour préserver la stérilité et éviter que vous voyiez la procédure.
C’est ensuite le moment où votre accompagnateur est invité à entrer dans la salle d’opération et à s’installer à vos côtés, près de votre tête. Selon les protocoles de l’hôpital, il peut être permis de prendre quelques photos pour immortaliser la naissance.
6- Comment se déroule la sortie des bébés?
Une fois que tout est prêt, le chirurgien procède à la désinfection complète de votre abdomen avec une solution antiseptique, puis réalise une incision horizontale dans le pli naturel de la peau, juste au-dessus du pubis. Ce type d’incision favorise une cicatrice plus discrète une fois la guérison complétée.
Le gynécologue fait ensuite une pression importante sur le haut du ventre pour aider à la sortie des bébés. Cela peut couper un peu le souffle, mais la sensation disparaît très vite.
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Bébé A est sorti en premier. Le temps de cette étape peut varier selon la situation (ex. : césarienne antérieure, urgence, adhérences, etc.). L’équipe aspire ses voies respiratoires, l’infirmière le prend en charge, vous le montre brièvement, puis procède à un nettoyage doux, à la pose d’une couche et à son enveloppement dans une couverture chaude.
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Vient ensuite bébé B (et parfois C ou D) : ces sorties se font souvent en quelques secondes seulement.
Il est fréquent que les bébés ne pleurent pas immédiatement : les nourrissons nés par césarienne ont souvent davantage de liquide amniotique dans les voies respiratoires, et l’équipe médicale procède alors à une aspiration minutieuse pour dégager leurs poumons.
Pendant que les infirmières et les pédiatres s’occupent des bébés, le chirurgien-gynécologue referme les différentes couches (utérus, muscles, peau).
Une fois l’intervention terminée, vous serez transférée en salle de réveil pour observation avant de regagner votre chambre, où vous pourrez retrouver vos bébés selon votre état et les protocoles de l’hôpital.

7- Qu'est-ce qui se passe une fois retourné à la chambre?
Les infirmières pèseront et mesureront vos bébés à votre retour en chambre, à moins qu’ils soient transférés vers les soins néonataux. Si vous souhaitez allaiter, c’est le moment de les mettre au sein — les infirmières seront là pour vous aider à vous installer confortablement. Si l’allaitement au sein n’est pas possible immédiatement, commencez à tirer votre lait dès que vous vous en sentirez capable.
Visitez notre page sur le tire-allaitement et l'allaitement où l'on aborde aussi la prématurité.
Dès que la douleur se manifeste, demandez un analgésique : il n’y a aucune raison d’attendre. Vos signes vitaux seront également surveillés régulièrement, c’est tout à fait normal. La première fois que vous vous lèverez se fera environ six heures après votre retour en chambre. Prenez un analgésique 30 minutes avant pour faciliter le mouvement et servez-vous de vos bras et de vos cuisses pour vous relever, afin d’épargner votre abdomen.
Il est très fréquent d’avoir les jambes enflées après une césarienne, souvent à cause du soluté. Un petit truc : gardez vos jambes surélevées pour aider l’enflure à diminuer. Si tout se déroule bien, vous pourrez manger à votre rythme. La sonde urinaire sera retirée lorsque vous urinerez adéquatement, et le soluté lorsque votre hydratation sera jugée suffisante.
8- Qu'est-ce qui est important de savoir concernant l'entretien de la cicatrice ?
Vous aurez généralement un pansement spécial, imperméable, qui vous permettra de prendre une douche sans problème. Il ressemble à un nid d’abeilles recouvert d’une pellicule transparente. Ce pansement doit rester en place pour la durée indiquée par votre gynécologue, habituellement entre 7 et 10 jours.
Sous ce pansement se trouvent des diachylons de rapprochement. Ne les retirez pas : ils tomberont d’eux-mêmes. S’ils sont toujours présents après 14 jours, vous pouvez alors les enlever délicatement. En principe, vous ne verrez pas de points de suture sur votre peau.
Pour nettoyer votre cicatrice, utilisez un savon blanc non parfumé afin de réduire l’irritation et de rendre la douche plus confortable. Surveillez-la quotidiennement et contactez la clinique de gynécologie de votre hôpital si vous remarquez des signes d’infection : douleur qui ne s’améliore pas avec les analgésiques, rougeur, chaleur, durcissement de la peau autour de la cicatrice, écoulement ou fièvre.
9- Existe-t-il un moyen d'accéler la cicatrisation?
Il n’existe pas de crème miracle pour améliorer l’apparence d’une cicatrice de césarienne. Avec le temps, elle dégonflera progressivement et reprendra une couleur plus naturelle. Plutôt que de la percevoir comme une marque indésirable, rappelez-vous qu’elle représente le passage par lequel vos bébés sont arrivés au monde.
Certaines femmes choisissent éventuellement de la dissimuler avec un tatouage, mais il est essentiel d’attendre que la cicatrice soit complètement guérie et stable. On recommande généralement d’attendre environ un an avant d’envisager ce type de projet.
10- Qu'en est-il des saignements ?
Pour les saignements vaginaux (appelés lochies), attendez-vous à quelque chose qui ressemble à des menstruations abondantes. À l’hôpital, on vous fournira des piqués jetables pour les premières journées, où le flux est habituellement plus important. Ensuite, des serviettes de nuit longues et très absorbantes seront généralement suffisantes.
Soyez attentive à certains signes : si vous expulsez des caillots de la taille d’un œuf ou si vous imbibez complètement une serviette de nuit en moins d’une heure, il pourrait s’agir d’une hémorragie. Dans ce cas, rendez-vous à l’urgence ou contactez immédiatement la clinique de gynécologie de votre hôpital.
À la maison, une prescription d’analgésiques vous sera remise. Pour plusieurs femmes, l’acétaminophène (Tylenol) suffit, mais suivez les recommandations de votre équipe médicale. On vous prescrira aussi un ramollisseur de selles (comme Colace, Senokot ou Laxaday), car les analgésiques peuvent provoquer de la constipation.
Prenez-les afin d’éviter de trop forcer lorsque vous allez à la selle. Si vous avez perdu beaucoup de sang, il est possible qu’un supplément de fer vous soit également prescrit. Comme le fer peut aussi constiper, surveillez votre confort. Si vous n’avez pas eu de selles depuis trois jours, contactez votre médecin ou votre pharmacien pour obtenir des conseils.
ET FINALEMENT LORS DU GRAND JOUR
La plupart des sous-vêtements reposent exactement sur la zone de l’incision. Il est donc préférable de prévoir des sous-vêtements plus hauts et plus amples pour les premières semaines après l’opération. Ce n’est peut-être pas le choix le plus esthétique, mais c’est de loin le plus confortable. Misez également sur des vêtements amples ou continuez de porter vos pantalons de maternité jusqu’à ce que votre ventre ait diminué et que la cicatrice soit moins sensible.
Enfin, même si la curiosité amène certains parents à regarder des vidéos de césarienne en ligne, il est généralement préférable de s’en abstenir, puisque ces images peuvent être impressionnantes et anxiogènes.
Bonne rencontre avec vos bébés !
LES INDISPENSABLES POUR LA CÉSARIENNE

Les serviettes de nuit sont plus absorbantes et plus longues que les régulières. Vous pourrez aussi vous sentir plus confortable avec des couches d'incontinence pour adultes.

Il est important de prendre votre douche à chaque jour, même si vous ressentez de la douleur. Achetez un savon blanc non parfumé pour laver votre plaie.

Les sous-vêtements à taille haute en coton sont l'idéal car votre cicatrice pourra mieux respirer et l'élastique n'arrivera pas en plein milieu de votre plaie.

Assurez-vous d'avoir suffisamment d'antidouleur comme de l'acétaminophène (ex: Tylenol ) et des anti-inflammatoires (ex: Advil/Motrin) avant votre départ vers l'hôpital.

Procurez-vous un vêtement de soutien, comme une ceinture ou une gaine afin de retenir votre surplus de ventre dans le but d'éviter la pression sur votre cicatrice.

Idéal pour sécher votre plaie ou vos parties génitales directement à l'hôpital et à la maison. Peu dispendieux, ce petit gadget se glisse bien dans votre valise et dans votre pharmacie!
LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER:
Sources :
-
Médecins Sans Frontières. (2019). Soins obstétricaux et néonatals essentiels. Médecins Sans Frontières. https://medicalguidelines.msf.org/fr/viewport/ONC/francais/soins-obstetricaux-et-neonatals-essentiels-51415836.html ISBN 978-2-37585-040-4
-
Parents.fr. (2023). La césarienne : étape par étape. https://www.parents.fr/accouchement/accoucher/la-cesarienne/la-cesarienne-etape-par-etape-7241








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