Génétique ou environnement ? Ce que les études de jumeaux nous révèlent
- Catherine Thouin

- 1 day ago
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Crédit photos: Wix
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Les jumeaux nés petits restent-ils petits ? Une étude apporte des réponses rassurantes
De nombreux parents de jumeaux s'inquiètent de voir leurs bébés naître plus petits que la moyenne et se demandent si cet écart persistera tout au long de leur enfance. Une récente étude menée à São Paulo a suivi la croissance de jumeaux de la naissance jusqu'à l'âge scolaire afin de mieux comprendre l'évolution de leur poids et de leur taille au fil du temps.
Les chercheurs ont constaté que, à la naissance, la grande majorité des jumeaux présentaient un poids et une taille inférieurs à ceux des enfants uniques. Toutefois, la plupart ont connu une importante phase de croissance de rattrapage (« catch-up growth ») au cours des premières années de vie.
L'étude a également révélé que l'influence de la chorionicité (partage ou non du placenta) est surtout importante pendant la grossesse et la période néonatale. Les jumeaux monochoriaux, qui partagent un même placenta, avaient généralement un poids de naissance plus faible que les jumeaux dichoriaux.
Cependant, à mesure que les enfants grandissent, c'est davantage la zygosité (le fait d'être jumeaux identiques ou fraternels) qui influence leur croissance. Les chercheurs ont observé que les jumeaux identiques deviennent progressivement plus semblables l'un à l'autre en termes de taille et de poids que les jumeaux fraternels.
La bonne nouvelle est qu'à l'âge scolaire, la taille moyenne des jumeaux se situait dans les normes attendues pour les enfants uniques du même âge. Ces résultats sont rassurants pour les familles : même si les jumeaux commencent souvent leur vie avec un poids plus faible, la majorité rattrapent une grande partie de cet écart au cours de l'enfance.
Pour consulter l'étude en entier: Monochorionic-twin-on-a-chip for investigating fetal organ growth and metabolism | Microsystems & Nanoengineering
Les loisirs pourraient-ils protéger contre les symptômes dépressifs ?
Une vaste étude regroupant plus de 31 000 jumeaux adultes provenant de plusieurs pays s'est intéressée au lien entre les activités de loisirs et les symptômes dépressifs. Les chercheurs ont examiné la participation à différents types d'activités :
les activités sociales (rencontres, activités communautaires, sorties) ;
les activités physiques (sport, marche, exercice) ;
les activités intellectuelles (lecture, apprentissage, jeux de réflexion, etc.).
Les résultats montrent que la génétique exerce une influence modérée sur notre tendance à participer à ces activités. En revanche, l'environnement familial partagé semble jouer un rôle relativement faible. La majorité des différences observées entre les participants étaient associées à leurs expériences de vie individuelles.
Fait particulièrement intéressant, lorsque les chercheurs comparaient deux jumeaux d'une même paire, ils constataient que celui qui participait davantage à des activités de loisirs rapportait généralement moins de symptômes dépressifs que son frère ou sa sœur.
Bien que cette étude ne puisse pas démontrer un lien de cause à effet, elle suggère que le maintien d'activités sociales, physiques et intellectuelles pourrait contribuer à protéger la santé mentale au fil du temps.
Ces résultats rappellent également l'importance de préserver des espaces pour soi, même dans les périodes particulièrement exigeantes de la vie, comme celles vécues par de nombreux parents de multiples.
Pour consulter l'étude en entier: Leisure activity engagement and depressive symptoms: meta-analysis of 11 studies of middle-aged and older twins aged 32-99 - PubMed
Nos goûts musicaux influencent-ils réellement notre bien-être ?
La musique occupe une place importante dans la vie de nombreuses personnes. Mais certaines préférences musicales sont-elles associées à un meilleur bien-être psychologique ?
Pour répondre à cette question, des chercheurs suédois ont étudié plus de 8 800 jumeaux adultes et analysé leurs préférences pour 19 styles musicaux différents, ainsi que leur niveau de bien-être émotionnel.
À première vue, les résultats semblaient montrer que certaines préférences musicales étaient associées à un niveau de bien-être plus élevé ou plus faible. Cependant, lorsque les chercheurs ont comparé des jumeaux identiques ayant des goûts musicaux différents, ces associations ont disparu.
Cette approche est particulièrement intéressante puisque les jumeaux identiques partagent pratiquement le même patrimoine génétique. Les résultats suggèrent donc que les liens observés entre certains styles musicaux et le bien-être seraient davantage expliqués par des facteurs génétiques ou environnementaux communs que par la musique elle-même.
En d'autres mots, aimer le jazz, le rock, la musique classique ou la musique populaire ne semble pas, à lui seul, améliorer ou détériorer le bien-être psychologique.
Cette étude rappelle l'importance de distinguer une simple association statistique d'un véritable lien de cause à effet, un aspect que les recherches auprès des jumeaux permettent d'explorer de façon particulièrement rigoureuse.
Pour consulter l'étude en entier: Music style preferences and well-being: A genetic perspective - ScienceDirect
Une étude chez les jumeaux révèle une composante génétique de l’entérocolite nécrosante
L’entérocolite nécrosante (ECN) est une maladie intestinale grave qui touche principalement les bébés très prématurés. Bien que plusieurs facteurs environnementaux aient été associés à cette maladie, notamment l’alimentation, le microbiote intestinal et les processus inflammatoires, ses causes exactes demeurent encore mal comprises.
Une récente étude menée auprès de jumeaux apporte toutefois de nouvelles pistes de réflexion en démontrant que la génétique pourrait jouer un rôle important dans le risque de développer cette maladie.
Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont comparé les taux d’entérocolite nécrosante chez des jumeaux identiques et fraternels nés très prématurément. Comme les jumeaux identiques partagent la totalité de leur patrimoine génétique, alors que les jumeaux fraternels n’en partagent qu’environ la moitié, cette approche permet d’estimer l'influence respective des facteurs génétiques et environnementaux.
Les résultats ont montré que les jumeaux identiques étaient plus susceptibles de présenter un risque similaire d’ECN que les jumeaux fraternels. Cette observation suggère qu'une partie importante de la vulnérabilité à la maladie serait héréditaire. Selon les chercheurs, cette susceptibilité génétique pourrait être liée à plusieurs gènes impliqués dans :
la réponse immunitaire ;
les mécanismes inflammatoires ;
l’intégrité de la barrière intestinale.
Ces facteurs pourraient rendre certains nourrissons plus sensibles aux stress environnementaux auxquels ils sont exposés après la naissance. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles approches en néonatalogie, notamment :
le développement d'outils de dépistage génétique ;
l'identification précoce des bébés les plus à risque ;
des stratégies de prévention personnalisées ;
des protocoles d'alimentation adaptés ;
une surveillance clinique ciblée chez les nourrissons vulnérables.
Les auteurs soulignent également l'importance de poursuivre les recherches afin d'identifier des biomarqueurs fiables qui permettraient de mieux prédire le risque de maladie et de développer de nouveaux traitements préventifs.
Pour consulter l'étude en entier: Genetic susceptibility to necrotizing enterocolitis in very preterm infants: evidence from twin data | Pediatric Research
À retenir:
La plupart des jumeaux naissent plus petits que les enfants uniques, mais connaissent généralement une importante croissance de rattrapage au cours de l’enfance et atteignent des tailles comparables à celles de leurs pairs à l’âge scolaire.
Participer régulièrement à des activités sociales, physiques ou intellectuelles est associé à moins de symptômes dépressifs, même si les chercheurs ne peuvent pas conclure à un lien de cause à effet direct.
Contrairement à certaines croyances populaires, les préférences pour un style musical particulier ne semblent pas influencer directement le bien-être psychologique. Les liens observés seraient davantage liés à des facteurs génétiques et environnementaux communs.
Une étude chez les jumeaux très prématurés suggère qu’une partie du risque d’entérocolite nécrosante (ECN) est d’origine génétique, ouvrant la voie à des approches de prévention et de surveillance plus personnalisées.

Sources et études consultées:
Research article: Monochorionic-twin-on-a-chip for investigating fetal organ growth and metabolism | Microsystems & Nanoengineering
Research article: Leisure activity engagement and depressive symptoms: meta-analysis of 11 studies of middle-aged and older twins aged 32-99 - PubMed
Lay article: Do your musical tastes affect your well-being? Scientists now have an answer
Research article: Music style preferences and well-being: A genetic perspective - ScienceDirect
Lay article: Twin Study Reveals Genetic Risk for Preterm NEC
Research article: Genetic susceptibility to necrotizing enterocolitis in very preterm infants: evidence from twin data | Pediatric Research





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