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  • Vie de couple | Mamans Pieuvres

    Prendre soin de son couple lorsqu'on devient une famille. ​ ​ Selon le gouvernement du Canada, l'arrivée de jumeaux ou de triplés a des impacts majeurs sur la vie conjugale. Malgré les différentes études sur le sujet, les nouveaux parents sont rarement préparés aux défis de la gémellité et des impacts sur leur relation conjugale. Saviez-vous que les couples qui ont des enfants issus d’une naissance multiple sont davantage mis à l’épreuve ? En effet, le taux de divorce et séparation est plus élevé chez les parents de jumeaux et triplés. Soyez conscients des défis qui vous guettent et équipez votre couple pour les prochaines saisons à venir! La docteure Joan A. Friedman, psychologue et spécialiste en gémellité constate plusieurs problèmes conjugaux auprès de la communauté des nouveaux parents de jumeaux et triplés. Pendant la période postnatale, de nombreux couples avec deux bébés ou plus ont beaucoup de difficulté à faire la transition dans leurs nouveaux rôles d'équipe parentale, ce qui peut affecter grandement la relation conjugale. ​ De son côté, Dr Fabrice Bak, psychologue spécialisé en gémellité, prévient les futurs parents de multiples de la pression sur le couple lors d'une naissance multiple : « Le rythme incessant des soins à apporter aux nourrissons et la fatigue morale et physique qui s’accumule peuvent avoir des conséquences désastreuses sur la relation de couple des parents. Parce que les parents ne sont pas que des éleveurs d’enfants, ils doivent aussi pouvoir conserver un rôle social et affectif, que ce soit dans les milieux professionnel, amical ou familial! ». ​ Sachez que vous n’êtes pas seuls à vivre des moments particulièrement difficiles et que ceux-ci ne sont pas figés dans le temps. Même si les journées semblent interminables, les premiers mois avec vos bébés passeront comme un éclair. Accepter que votre réalité est différente vous aidera à faire certains deuils mais aussi à être plus doux envers vous-même et votre couple! ​ ​ PRÉPARER SON COUPLE AUX DÉFIS DES NAISSANCES MULTIPLES ​ Voici quelques conseils pour solidifier votre couple suite à l'arrivée de vos bébés: Préparez vous davantage à la période postnatale plutôt que l'accouchement. ​ Les deux parents doivent savoir à quoi s’attendre après la naissance. La réalité des premiers mois est très difficile et il est important de p révoir plusieurs scénarios comme la prématurité, un défi auquel nous ne sommes jamais assez préparés. Informez vous aussi sur le fameux 4ième trimestre. ​ Investissez dans vos compétences parentales. ​ Les parents outillés seront plus organisés et plus disposés à affronter cette charge parentale particulière. Prenez des cours et consultez des professionnels de périnatalité et petite enfance. Les cours prénataux sont indispensables. Ayez déjà en tête une ressource qui donne une formation sur la petite enfance afin d'affronter la gestion des émotions. N'attendez pas que vos enfants entrent à l'école pour le faire! ​ Planifiez les imprévus. ​ Passez en revue les nombreux défis que vivent les parents de multiples (financier, logistique et émotionnel). Établissez un plan de match AVANT que l'un d'entre eux ne surviennent. Il est plus facile de prendre des décisions importantes pour votre famille en étant reposé qu'après plusieurs semaines sans sommeil. Notez vos idées et vos plans A-B-C dans un cahier ou à l'ordinateur. ​​ Établissez des règles claires. Mettez cartes sur table par rapport à vos attentes envers votre partenaire. Parlez franchement de la séparation des tâches, quitte à vous faire une liste sur un tableau à la maison. Faites vous la promesse de ne pas remettre en question votre couple pendant les deux premières années (à moins d'être dans une relation toxique ou violente). Obligez vous à prendre un temps pour votre couple à une fréquence qui vous conviendra. ​ Faites vous de nouveaux amis ​ Discutez avec d’autres parents de multiples. Leurs expériences et leur écoute sont de vraies mines d'or. Le partage et le soutien de ceux qui ont affronté et relevé ces défis liés à la parentalité double ou triple est inestimable. LA FLUCTUATION DES HORMONES Il est tout à fait normal d'avoir des moments difficiles quand on devient parent d'un bébé. Imaginez ce qui se passe dans notre tête et notre corps lorsqu'on doit gérer l'arrivée de jumeaux ou triplés! Parlant de votre corps ... si tout va mal, on peut mettre une partie de la faute sur certaines hormones ! Prenons un instant pour résumer celles qui jouent un rôle important pendant/après la grossesse: Mélatonine : Elle est responsable du sommeil chez l'être humain. C’est à cause de celle-ci que la mère qui allaite et l’autre parent n’ont pas le même rythme de sommeil. La mère allaitante a un sommeil plus profond et s’endort plus rapidement. En même temps, elle se réveille au même rythme que les bébés. C’est une question de survie. Le-la conjoint-e peut avoir plus de difficulté à s’endormir et à se réveiller car il-elle n’est pas sous la même influence hormonale. Ocytocine : Grâce à elle, nous dégageons de l’amour et nous avons envie d’être proche de nos bébés, de les couver. C’est aussi pour cette raison que le deuxième parent (pas le donneur de soins principaux) peut se sentir à l’écart. Ce qui est merveilleux, c’est que plus ce parent sera présent et proche physiquement, et plus il s’impliquera auprès de l’enfant. En effet, plus le sentiment d’écart entre les deux parents est moindre, plus les deux parents partageront de l’ocytocine. Prolactine : Elle donne envie de s’occuper de ses bébés. C’est elle qui contribue à la sécrétion de lait. Elle interfère avec la testostérone et peut la faire fluctuer. Testostérone : C’est à cause de cette hormone que notre désir sexuel est parfois en chute libre car notre libido est tournée vers les bébés. Sachez que celle-ci est une énergie et n’est pas seulement associée à la sexualité. La diminution du temps pour soi et pour son couple peut également causer des problèmes visibles dans la relation conjugale. Les parents doivent se rappeler que la parentalité n'est pas une profession, mais une vie de famille avec des hauts et de bas, tout comme avec des épreuves et des grandes victoires. LES 5 LANGAGES D'AMOUR Lorsque nous devenons responsables de petits êtres qu’il faut nourrir, langer, nettoyer (et répéter le tout deux ou trois fois, plusieurs fois par jour) … il est facile d'oublier, qu’avant de devenir parents, nous étions des amoureux… Et si l'on pouvait dire ou faire quelque chose qui ferait en sorte que notre partenaire se sente aimé(e)? Le secret est de découvrir le bon langage de l'amour de l’autre. Des milliers de couples ont simplement appris la bonne façon d'exprimer leurs émotions et ont retrouvé la joie dans leur relation conjugale, même après l’arrivée des enfants. ​ Le livre Les 5 langages de l’amour du Dr. Gary Chapman a été reconnu comme bestseller selon le New York Times. Dr. Chapman aborde le sujet, car il croit que nous possédons tous un réservoir émotionnel qui a besoin d’être rempli. Ceux qui vivent des détresses ont, pour la plupart, expérimenté un vide ou un manque profond. Le fait de connaître les langages de l’amour et de combler ce réservoir contribue à la santé émotionnelle de l’être, donc du couple et de la famille toute entière. Voici une brève présenttion des 5 langages de l'amour: ​ 1. LES PAROLES VALORISTANTES Les paroles valorisantes consistent à prononcer des paroles qui font du bien. Il y a une puissance dans les paroles bienfaisantes. Si ceci représente votre langage de l'amour, les compliments signifient beaucoup pour vous. -Paroles d’encouragement : « Mon amour, je sais que nous traversons une période très difficile en ce moment et j’admire tellement ce que tu fais pour les petits. Tu es une maman incroyable. » -Paroles aimables: « Merci pour ton aide. Je t’aime mon amour. » -Paroles humbles: « Quelle équipe incroyable nous formons! Je ne sais pas comment j’y arriverais sans toi chéri! » 2. LES MOMENTS DE QUALITÉ Un bon temps de qualité nécessite que j’accorde à l’autre toute mon attention, et ce, sans partage. Le but de ces moments passés ensemble est de se concentrer sur l’autre, de l’écouter avec bienveillance et de poser des questions de manière à comprendre ses pensées, ses sentiments et émotions. Puisque le temps est une denrée rare chez les nouveaux parents de jumeaux et triplés, voici quelques idées de moments de qualité : Choisir une série et écouter un épisode ensemble à votre rythme. Prendre une marche ensemble. Commander votre repas préféré ou vous faire une petite fondue en soirée. Réserver des gardiens à l’avance pour des dates significatives (votre anniversaire, vos fêtes) et faire une sortie. Prendre quelques minutes pour échanger avec un café ou un thé. Aller au centre commercial avec un adulte supplémentaire et partager un dessert ou une crème glacée pendant que l’autre adulte promène les bébés en poussette. Jouer à une partie de cartes ou de jeux vidéo. ​ La durée de ces moments n’a pas d'importance: c'est la qualité du temps passé avec votre douce moitié qui est primordiale. On laisse les petites distractions de côté, incluant nos téléphones! 3. LES CADEAUX Détrompez-vous : ce langage de l’amour n’est pas pour les personnes matérialistes. Le cadeau n’est qu’un symbole. Sa valeur marchande n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est qu’on ait pensé à vous, qu’on ait exprimé par un geste à quel point vous êtes importants (une belle carte, un chocolat, une fleur, son repas préféré, sa boisson favorite chez Starbucks, etc.). 4. LES SERVICES RENDUS Des actions telles que faire la tâche domestique de l’autre, faire des achats pour subvenir à un besoin, aller chercher un repas pour apporter, faire des recherches sur internet pour trouver des informations utiles, réparer une voiture ou un vélo, etc. sont différentes façons de répondre à ce langage. Il est essentiel de connaître quelles sont les actions qui livrent un réel message d’amour pour votre partenaire car elles ne sont pas nécessairement les mêmes pour vous. 5. LE CONTACT PHYSIQUE Ce langage n’a rien à voir avec la chambre à coucher. Le toucher est un puissant moyen de communiquer l’amour. L’étreinte des mains, les baisers, les enlacements, les massages, passer la main dans les cheveux ou dans la nuque, se prendre par la main sont des initiatives qui remplissent le réservoir émotionnel pour qui le toucher est l’expression la plus éloquente de l’amour. Les personnes dont les besoins de contacts physiques sont satisfaits se sentent en sécurité dans l’amour démontré par leur partenaire. Celles dont le besoin n’est pas satisfait ne se sentent pas aimées. DÉCOUVREZ VOTRE LANGAGE D'AMOUR! En tant que parents de multiple, nous sommes submergés par les occupations parentales. Il peut être normal d’oublier notre conjoint(e) car nous avons beaucoup moins de temps à nous consacrer. Mais si nous découvrons quel est le langage de l’un et de l’autre, il sera possible de maximiser les petits gestes qui seront importants pour notre partenaire et cela nous aidera à ne pas se perdre dans le roulement quotidien. Plusieurs tests rapides sont disponibles sur internet afin de découvrir vos langages d’amour. Soyons des parents qui s’aiment et qui SAVENT comment le démontrer efficacement avec le peu de temps que nous avons dans notre quotidien de parents pieuvres : toute notre famille en bénéficiera! AMÉLIORER LA COMMUNICATION AVEC SON PARTENAIRE La communication dans le couple est déjà un grand enjeu en soi alors rajouté à ceci la fatigue, l’irritabilité et le manque de temps : vous obtenez un cocktail parfait pour oublier votre partenaire. Pendant plusieurs mois, la grande majorité des nouveaux parents sont surpassés par les tâches reliées aux soins des enfants et la santé conjugale est mise de côté. La parentalité double ou triple vient sans manuel d’instructions : mieux vaut donc former une équipe solide et ne pas se laisser emporter par le tourbillon de défis qu’apporte la gémellité. Pour survivre au tsunami de la fameuse période 0-3 ans, l’équipe vous partage 4 conseils pour bien communiquer avec votre conjoint-e: ​ 01 SE FIXER DES RENDEZ-VOUS Dans votre vie toujours en mouvement, il est primordial de prévoir des petits temps de partage ensemble. On en profite pour se démontrer qu’on s’aime et se dire ce que nous ressentons, incluant nos inquiétudes et nos frustrations. ​ Mais où trouve-t-on le temps pour son couple quand on a de la difficulté à prendre une douche? De la même manière qu’on doit prévoir un rendez-vous médical pour les petits. Ce n’est pas un choix, c’est une obligation. Si vous vous sentez coupable de prendre ce temps pour votre couple, dites vous que c’est justement pour vos bébés que vous le faites. En effet, vous investissez directement dans votre santé parentale et c’est votre famille qui en bénéficiera. 02 REVOIR LA FAÇON DONT NOUS NOUS EXPRIMONS La manière de s’adresser à notre partenaire est importante : changez seulement quelques mots et la conversation sera tout à fait différente. On doit déjà se pratiquer à le faire en évitant les négations avec nos tout-petits (Ex : MARCHEZ au lieu de NE COURREZ PAS). Cela fonctionne aussi avec notre conjoint-e! ​ Saviez-vous que le “TU” tue? Si on utilise le ‘JE’ pour faire passer nos messages, cela fait une grande différence. Par exemple: ​ « Tu n’as pas lavé les biberons » par « J'ai dû laver les biberons » . « Tu es encore arrivé-e en retard » par « Je suis déçu-e de ton retard » . « Tu ne fais jamais la vaisselle » par « J’aimerais que tu m'aides plus souvent avec la vaisselle. » ​ Pas facile à faire quand on a dormi seulement 12 heures … en une semaine! Ouf! Pour éviter les malentendus, on confirme si on a bien compris ce que l’autre voulait dire. Attention les mamans, une bonne partie d’entre nous a tendance à parler en « sous-entendu », car on aimerait tellement que notre conjoint-e décode nos désirs. Nouvelle de dernière heure : votre partenaire ne lis pas dans vos pensées! ​ Apprendre à « reformuler » peut s’avérer être très judicieux pour éviter quelques malentendus. Par exemple : « Si j’ai bien compris chéri, tu viens de me dire que … » ou « Tu ressens ceci par rapport à cela n’est-ce pas? ». Concrètement, ça veut dire reprendre ce que l’autre vient tout juste de nous communiquer pour vérifier que nous avons bien compris le véritable sens de ses propos. 03 TROUVER DES MOMENTS PLUS APPROPRIÉS POUR LES SUJETS SÉRIEUX Lorsque vous êtes fatigués, vous devenez plus facilement irritables. Il y a une règle non écrite qui dit de ne rien parler de sérieux après 22 heures car nous sommes fatigués de notre journée. Si on applique ce règlement aux parents de jumeaux et triplés, il faudrait se parler de sujets importants un soir de pleine lune dans la semaine des quatre jeudis, ou encore lorsque les enfants seront au secondaire! ​ Vous comprendrez donc que le principe ici est de garder les sujets importants pour des heures durant lesquelles les deux partenaires sont relativement en forme pour en discuter. L’autre n’aura jamais le moyen d’améliorer son comportement si vous lui cachez ce qui vous déplaît chez lui-elle. Par conséquent, soyons transparents l’un envers l’autre et choisissons le bon moment pour s’en parler et s’expliquer. 04 ÉVITER DE VOUS DISPUTER DEVANT LES ENFANTS Lorsque vous dialoguez, il est très important de garder en tout temps une attitude de respect et de profonde estime envers votre partenaire. Quand vous n’êtes pas d'accord, il n'est pas nécessaire de vous quereller. La question à se poser est la suivante : « Est-ce que j’aimerais me faire parler de la façon dont je m’apprête à le faire ? » ​ Ce dernier principe peut être difficile à mettre en pratique lorsque vous êtes dans le feu de l’action, c’est-à-dire TRÈS souvent pendant les premiers temps. Rappelez-vous que vos enfants sont des éponges : ils vous écoutent, vous regardent, bref vous êtes leurs modèles. S’il le faut, allez écrire sur le frigo, dans un petit cahier ou encore par texto : « À tel moment, je veux que nous reparlions de cet incident ». Cela évitera que vos enfants vous voient en colère l’un envers l’autre ce qui apporte de l’insécurité chez eux, et ce, peu importe leur âge. Pour choisir « le moment », relisez la règle numéro 3! Je veux plus de détails! Je m'inscris dès maintenant! Regardez en rediffusion une échange en directe sur les difficultés du couple pendant la période postnatale. Voir la capsule Consulter notre page sur la parentalité et l'adaptation de ce nouveau rôle sur le couple. Voir la page LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER: Défis des parents d’enfants nés en même temps : la relation de couple Source: Multiple Birth Canada Adaptation à la parentalité - S3-EP05 Source: Podcast CoRSé Conjugalité et parentalité chez les parents de multiples Source: Fabrice Bak - Multipl'infos N32 ​ Sources : ​ Gouvernement du Canada, Agence Santé Publique. Naissance multiple, 2013. Consulté le 20 août 2022. Cha pman, G. Les 5 langages de l’amour, Éditions Farel, 1995. Fédération Jumeaux et Plus. Les triplés et la famille. Document de synthès e. 2010. Consulté le 16 août 2022. Friedman, J. Parenthood & Twins. (joanafriedmanphd.com) Multiple Birth Canada. Keeping the “Couple” in a Relationship After Having Multiple-Birth Children. 2020. Consulté le 7 juillet 2022.

  • Développement | Mamans Pieuvres

    Le dé ​veloppement cognitif chez les jumeaux pendant la petite enfance. ​ ​ Les jumeaux et triplés sont fascinants pour tout le monde, même pour eux-mêmes. Ils captivent la population depuis toujours, et ce, peu importe la culture. Il en est d’ailleurs question dans la plupart des mythologies, dans de nombreux livres, documentaires, films, œuvres d’art, bandes-dessinées et dessins animés. Cet attrait pour les multiples peut toutefois avoir un impact important sur leur développement et leur comportement en tant qu’individu. ​ Notre rôle en tant que parents consiste non seulement à respecter le développement naturel de chacun des enfants, sans toutefois nier cette relation unique et particulière. Un équilibre de notre part s’impose donc afin de reconnaître le lien gémellaire qui les unit sans toutefois laisser celui-ci empiéter sur le développement individuel de chacun d'entre eux. C'est avec cette approche que vous pourrez aider vos petits à devenir des adultes indépendants, capables de faire leurs propres choix. Investir dans l'individualité et le développement de vos multiples aura un impact positif et indéniable tout au long de leur vie. Voici une liste de bienfaits propres au développement des jumeaux lorsqu'on supporte chacun d'entre eux dans leur cheminement personnel (Twin Trust, 2019) : ​ Leurs compétences sociales avec l'entourage s'améliorent; Leurs comportements sont moins axés sur la compétition et la rivalité; Leurs compétences linguistiques progressent davantage; La séparation avec leur(s) co-jumeau(x) est moins difficile à supporter; Leur cheminement scolaire est plus facile (qu'ils soient ensemble ou séparés); Leur niveau de confiance en eux pendant la puberté améliore leur transition vers la vie adulte; Leur indépendance vers l'âge adulte leur permettra de tisser des relations plus solides avec les autres. ​ Finalement, votre parentalité sera plus satisfaisante car vous pourrez vous identifier à chaque enfant en tant qu'individu. L'équipe tient à remercier toutes les collaboratrices de Mamans Pieuvres pour leur contribution à cette page, spécialement Lucie Boulanger et Andréa Dépelteau à la révision. ​ LE DÉVELOPPEMENT COGNITIF DES MULTIPLES Les enfants franchissent toutes les étapes clés de leur développement à des rythmes différents. Le moment et la façon d’acquérir de nouvelles habiletés, comme la motricité fine et la motricité globale, sont propres à chacun de nos enfants, incluant les jumeaux (monozygotes et dizygotes). ​ À la naissance, les jumeaux sont généralement plus petits en termes de poids que les singletons. De plus, les bébés nés prématurément peuvent prendre davantage de temps à atteindre certaines étapes importantes de leur développement comparativement à un bébé né à terme. Cela étant dit, la grande majorité des enfants vont rattraper le petit écart pendant l'enfance avec ou sans aide professionnelle. Si vous avez des inquiétudes, faites-en part à votre médecin ou encore aux éducateurs.trices de vos enfants. Les professionnels de la santé tiendront compte du facteur de gémellité lors de leur suivi (ou rappelez-leur quand cela ne semble pas être le cas!). Puisque nos enfants du même âge grandissent côte à côte, il est impossible pour la famille, principalement les parents, de ne pas les comparer. Ensembles depuis leur naissance, nous avons deux ou trois enfants qui se développent chaque jour devant nos yeux. Rappelons-nous au quotidien que l eur rythme d'apprentissage est différent. Ce n'est pas une compétition ! ​ LIEN GÉMELLAIRE Ensemble depuis leur conception, les multiples ont été conçus avec ce lien profond et unique qu'on appelle le lien gémellaire. Source permanente de force et d’affection mutuelle, car « sur le plan émotionnel, les jumeaux développent un lien d’attachement particulier envers leur(s) co-jumeau(x) et ce depuis in utero. Qu’il soit fusionnel ou plus conflictuel, ce lien se développe et se complexifie au cours des années » (Boulanger, 2021). ​ C'est ce lien qui rend les multiples encore plus uniques et qui constitue une partie importante de leur identité propre. La gémellité et le statut qu'on lui accorde sont cependant très significatifs dans la vie des enfants issus d'une naissance multiple, particulièrement auprès des parents. La chercheuse italienne Alessandra Piontelli, qui a étudié trente paires de jumeaux depuis la grossesse jusqu'à la petite enfance, explique comment l'attachement entre les jumeaux s'est formé avec une intensité inhabituelle et à un âge précoce, particulièrement chez les monozygotes. La chercheuse explique : « La présence la plus constante et la plus stable dans la vie de tout jumeau est son co-jumeau. Dans bien des cas, tôt ou tard, chacun est nécessairement devenu la figure majeure d’attachement de l’autre. Les jumeaux ont commencé à compter les uns sur les autres pour leur confort, leur compagnie et leur soutien. » (Piontelli, 2002). ​ L’étude précise qu'on peut qualifier le lien entre jumeaux et triplés d'attachement primaire, un terme qui fait référence à la personne avec laquelle un enfant développe son lien émotionnel le plus fort, généralement étant la mère. C'est donc fascinant (et à la fois rassurant!) de comprendre que les multiples développent un lien d'attachement entre eux, et ce, dès le plus jeune âge. ​ Cet aspect est primordial et vient défaire le mythe que la séparation physique favorise l’indépendance des multiples. Cette fausse croyance peut causer plus de tort que de bien, surtout lorsque les jumeaux sont séparés trop précocement. Le fameux sujet de la séparation des multiples revient à tout coup, particulièrement en contexte scolaire. Pour plus d'informations à ce sujet, visitez la page SCOLARITÉ . LES STADES DE DÉVELOPPEMENT ​ Saviez-vous que les jumeaux ont un développement cognitif distinct? En effet, le fait qu’ils soient issus d’une naissance multiple amène des défis supplémentaires dans leur recherche identitaire (Fédération Jumeaux et Plus, 2019 ). Il est primordial d'accorder une attention particulière aux étapes du développement des jumeaux pour que chacun puisse développer sa personnalité unique. ​ Pendant ses nombreuses années de recherche et de travail auprès des familles de multiples, le psychologue et gémellologue Fabrice Bak a développé un modèle développemental gémellaire. Il fut défini que leur développement s’effectuait en 4 étapes spécifiques : La fusion gémellaire ​ De la naissance jusqu'à environ 2 ans (bébés) La phase de complémentarité Vers 2 ans jusqu'à 5-6 ans (petite enfance) La première phase d'autonomie Vers 6 ans jusqu'à 11-12 ans (enfance) La deuxième phase d'autonomie De l'adolescence jusqu'à l'âge adulte (début de la puberté) Le comité scientifique de la Fédération Jumeaux et Plus en France spécifie que certains enfants vont passer ces étapes en avance ou en retard et que les âges sont à titre indicatif. LA GÉMELLITÉ PENDANT LA PETITE ENFANCE De la naissance jusqu'à l'entrée à l'école, les multiples vont expérimenter les deux premiers stades, soit la fusion gémellaire et la phase de complémentarité. Le premier stade, qui s'étend jusqu'à environ 2 ans, fera en sorte que les multiples seront fusionnels au départ. Difficile pour le parent d’entretenir une relation individuelle avec chacun des bébés, les multiples sont souvent sollicités en même temps (boires, changements de couche, etc.), renforçant leur développement en tant qu’entité gémellaire plutôt qu’en tant qu’individu. Cette unification amplifie d’ailleurs encore plus la relation gémellaire. Ce stade de fusion gémellaire est donc une phase tout à fait naturelle et normale car il est difficile de s’occuper de bébés et de tout-petits du même âge en leur accordant la même attention ainsi qu'en leur répondant de façon différente et individuelle. Ces réponses apportées en simultané peuvent donc provoquer un léger retard de développement, qui se comblera tout à fait naturellement, dans la plupart des cas. ​ Puis, vers l'âge de deux ans, les multiples vont entrer dans le deuxième stade soit la phase de complémentarité. Les petits vont se rendre compte qu’ils sont des individus à part entière. Ils continueront leurs apprentissages côte à côte, mais chacun à leur vitesse (ex.: marche, langage, propreté). C’est aussi à ce stade que chacun développera leur caractère respectif. L’éducation des parents serait en partie responsable de la réussite de cette étape. L’enfait qui accusera d’un retard dans un domaine sera alors sur-sollicité naturellement par ses parents afin de rattraper son co-jumeau. Puisque leur personnalité se construit pendant la petite enfance, il est plus facile pour les parents de leur attribuer des caractéristiques propres pour les différencier. Remarquez bien que la phase de complémentarité chez les jumeaux, occupant la majeure partie de la petite enfance, coïncide en plein avec cette période intense où la gestion des émotions est difficile pour les tout-petits. ​ Les étapes de développement propres aux multiples sont importantes car elles expliquent en majeure partie l’intensité des relations entre jumeaux et jumelles. Il faut donc y porter une attention particulière afin que chacun puisse développer sa personnalité et se sentir unique. L’important est d’en parler avec chacun d'entre eux pour éviter des conséquences importantes sur leur vie respective. ​ LES DIFFÉRENTS MODÈLES DE RELATIONS GÉMELLAIRES ​ En plus des stades de développement, le chercheur français René Zazzo, qui a consacré une grande partie de sa vie à étudier la gémellité, semble identifier des modèles de relations gémellaires que l'on peut attribuer aux jumeaux. Ces modèles sont caractérisés par le type de grossesse, le sexe, mais aussi par les personnalités bien distinctes de chaque enfant. ​ Le modèle « fusionnelle » ​ Il est plus souvent aperçu chez les monozygotes dû à l'effet miroir. C'est souvent ce type de relation que la société attribue à tous les jumeaux, renforçant les mythes telle la télépathie. Vous pourrez reconnaître ce modèle chez vos jumeaux si : ​ - Ils ne se chicanent pas ou très peu souvent ; - Ils cherchent constamment à être dans la présence de l'un et l'autre ; - La séparation est très problématique et ils s'apaisent lorsqu'ils se retrouvent. ​ Le modèle de « dominé-dominant » ​ Il est plus souvent attribué aux dizygotes, car ils peuvent être physiquement très différents. La force et la taille d'un des jumeaux peuvent exercer une grande influence, surtout pendant la petite enfance. Selon les circonstances, il y aura donc alternance entre le dominant et le dominé. Vous pourrez reconnaître ce modèle chez vos jumeaux si : ​ - Ils se confrontent régulièrement ; - Le même semble prendre le dessus sur l’autre ou les autres ; - Un semble materner l'autre ou les autres, et parler à sa-leur place. ​ Le modèle « relation de couple » ​ Attention, ici on ne parle pas d’un couple de jumeaux de sexes différents, mais vraiment de la façon dont vos multiples interagissent entre eux. Vous pourrez reconnaître ce modèle chez vos jumeaux si: ​ -Ils semblent se compléter ; -Ils assurent chacun un rôle particulier (comme un ministre de l'intérieur et de l'extérieur) ; -Il semble être plus difficile pour un co-jumeau de se séparer. ​ Peu importe le modèle de relation dans lequel vos multiples semblent évoluer, sachez que cette relation n’est toutefois pas figée dans le temps et, au fil de leur développement, les rôles changeront en fonction des forces, des faiblesses et des intérêts de chacun. SÉCURITÉ D'ATTACHEMENT CHEZ LES JUMEAUX, COMMENT ÇA SE PASSE? On parle de plus en plus de l’importance de l’attachement lorsqu’il est question du développement des enfants. Brièvement, dès les premiers moments de vie, votre enfant se réfère à vous pour avoir une représentation du monde qui l’entoure. Lorsque vous êtes sensibles aux besoins de votre enfant, c’est-à-dire que vous y répondez de façon adéquate et plaisante, mais aussi dans un délai raisonnable, votre enfant comprend qu’il peut vous faire confiance. ​ C’est à travers votre disponibilité et votre prévisibilité que votre enfant apprend qu’il peut vous utiliser comme base de sécurité. Il sait que vous êtes là pour le protéger lorsqu’il vit de la détresse. Ainsi, au fil du temps, votre enfant deviendra sa propre base de sécurité et utilisera ses ressources personnelles pour s’accomplir et affronter les défis de la vie. Le hic est que l’on aborde souvent ce thème sous la loupe des parents de singletons. ​ Devoir répondre aux besoins de deux ou trois bébés n’est pas une mince tâche, même que cela peut être impossible par moment. Le temps du parent qui est accordé à chaque enfant individuellement est inévitablement réduit, mais rassurez-vous, les jumeaux et les triplés peuvent tout autant développer un attachement sécurisant envers leurs parents. Au-delà de l’attention accordée à chaque enfant, c’est la sensibilité parentale qui joue un rôle important. Concrètement, si un de vos bébés pleure, il vous signale un besoin. Si l’autre est calme, il n’en signale pas. Bien sûr que le plus calme mérite aussi votre attention, mais, dans cet instant précis, nul besoin d’aller au-devant de ses besoins. Faites-lui confiance qu’il saura vous aviser en temps et lieu. La mobilisation du réseau de soutien prend également tout son sens ici pour les moments où vos enfants expriment des besoins simultanément. Pour finir, sachez que vos enfants développeront aussi un lien d’attachement entre eux. Beau plus non? LES RELATIONS FRATERNELLES ET LEUR IMPACT SUR LE DÉVELOPPEMENT Étant moi-même jumelle, je me suis intéressée au lien qui unit les jumeaux afin de comprendre pourquoi cette relation était si difficile à expliquer pour nous, mais était également si compliquée à comprendre pour les autres. Quelles différences y a-t-il entre ce qui unit des jumeaux et ce qui rapproche les autres membres de la fratrie? En quoi les étapes du développement des jumeaux diffèrent-elles des singletons? Mes rencontres auprès d’une soixantaine de jumeaux, mes recherches et la précieuse collaboration de M. Fabrice Bak, psychologue cognitiviste et gémellologue, m’ont confirmé qu’être jumelle ou jumeau n’est pas avoir une vie comme les autres. ​ Bien qu'on idéalise la relation gémellaire, celle-ci évolue et fluctue selon plusieurs facteurs. Elle est aussi tributaire de la perception qu’a la société, notre entourage et nous-mêmes face à notre statut de jumeaux-jumelles. Ceci pouvant même nous pousser à adopter des comportements pour agir comme les gens aiment se l’imaginer, c’est-à-dire de « façon fusionnelle », même si ce n'est pas toujours le cas! ​ LA FRATRIE ​ Le premier lien que nous créons est celui avec notre mère au cours de la grossesse. Vient ensuite celui avec nos deux parents dès la naissance, puis avec la fratrie, lorsqu’on a la chance d’en avoir une. Le lien familial débute donc dès l’aube de notre vie. Ce qui nous unit à nos frères et à nos sœurs est le fait d’avoir les mêmes parents. Le lien se tisse dès la naissance de chacun de nous et s’intensifie avec le temps en fonction des affinités et des expériences propres à chacun pour se transformer en relation d’amitié. ​ Les relations entre les frères et les sœurs sont d’ailleurs à la base de nos relations futures. Ce sont eux qui nous apprennent à prendre notre place au sein de la famille et, plus tard, à vivre en société. Le rang que nous occupons au sein de la cellule familiale a aussi une grande importance sur notre développement : l’aîné est à la tête et le cadet à la base de cette hiérarchie. Ainsi, les plus vieux servent de modèles aux plus jeunes et ces derniers bénéficient habituellement de leur affection et de leur protection. ​ Bébés, les filles développent généralement des capacités verbales en premier alors que les garçons développent plus souvent leurs capacités motrices au même âge (0 à 2 ans). En plus des membres de la famille, les enfants sont amenés dès la petite enfance (de 2 à 6 ans) à s’ouvrir à d’autres enfants à la garderie, puis, plus tard à l’école, où se développera une certaine forme d’autonomie tout au long de l’enfance. ​ LES PARTICULARITÉS DU LIEN GÉMELLAIRE ​ Chez les jumeaux, nous partageons préalablement le même utérus au cours de la période de gestation. Nous interagissons aussi déjà entre nous dans l’espace intra-utérin, sentant et ressentant la présence de l’autre. En raison de la proximité physique et psychique, il se crée ainsi un milieu propice à l’intimité. Plus précisément chez les jumeaux identiques qui partagent le même bagage génétique, ces derniers peuvent même partager le même sac amniotique, en plus du placenta. Qu'ils soient monozygotes, dizygotes ou trizyogotes, cette relation s’étant développée peu après la conception rend le lien plus intense entre les jumeaux. ​ Cette relation peut être facilitante dans certaines situations (amis, garderie, écoles, activités, etc.) puisque nous avons le même âge. Déconcertante aussi, car ayant la même position au sein de la fratrie, nous devons prendre notre place au sein de la famille, mais aussi auprès de notre jumelle ou de notre jumeau. Quant aux capacités verbales et motrices, les jumeaux identiques et ceux de même sexe se développeront en fonction des capacités de chacun, alors que les jumeaux non-identiques de sexe différent le feront en fonction du sexe de chacun. ​ AFFIRMATION DE SOI ET CONSTRUCTION IDENTITAIRE ​ Chez les jumeaux identiques, l’inné et l’acquis feront de chacun un être unique développant sa propre personnalité en fonction de ses choix et de son histoire respective. Avoir la même apparence pour les jumeaux identiques favoriserait encore plus leur complicité, mais aussi leur rivalité. ​ Tout comme pour les autres membres de la famille, les jumeaux évoluent à l’intérieur d’une certaine hiérarchie et cette dernière influence le développement de celle ou de celui né en second ou en troisième, dans le cas des triplés. Ainsi, l’aîné des jumeaux agit à titre de modèle et joue un rôle majeur dans la construction de l’identité du ou des plus jeunes, selon le cas, puisque les jumeaux s’autosuffisent généralement et forment en quelque sorte leur propre bulle familiale. C’est pourquoi les parents, tout comme les membres de la fratrie, se sentent généralement exclus du duo ou du trio. ​ Dans certains cas, on peut constater que le plus vieux des jumeaux est privilégié dans plusieurs sphères de sa vie par rapport à son cadet. Ce qui expliquerait le besoin pour l’un de prendre davantage soin de l’autre pour compenser, donnant ainsi l’impression que l’un est dominant et l’autre, dominé. Cela peut aussi laisser croire à l’un qu’il est responsable de son ou ses co-jumeaux, qu’il lui est inférieur, interprétant son attention et l’affection de celui-ci comme une forme de dominance. Cela peut aussi engendrer un sentiment de culpabilité pour le plus choyé par la vie. ​ Quant à l’enfant du milieu dans le cas de triplés, comme pour celui du milieu de la famille, il devra s’imposer et s’affirmer davantage par rapport à ses deux jumeaux et servira souvent de médiateur entre l’aîné et le cadet du trio. Des duos auront aussi tendance à se former et à se déformer entre eux en fonction des affinités et des expériences de chacun. L’important est que chaque enfant du trio puisse développer sa propre personnalité et se sentir unique malgré la relation particulière qu’est ce type de relation gémellaire. ​ DÉVELOPPER LA CONFIANCE PERSONNELLE DE NOS ENFANTS Il est indéniable que la confiance qu'un enfant développe en bas âge a des répercussions sur sa confiance en lui à l'âge adulte. Cette réalité peut entraîner une pression chez de nombreux parents, surtout lorsqu'il s'agit de créer les conditions nécessaires au développement de cette confiance non pas seulement chez un, mais chez deux ou trois enfants du même âge et au même stade de développement. Ainsi, l'objectif n'est pas d'ajouter au stress parental, mais bien au contraire de transmettre quelques stratégies qui pourront aider à agir au mieux, car c'est finalement ce qui importe le plus. Faire de son mieux avec les ressources dont nous disposons. Chaque situation familiale est unique. Vous allez probablement apprendre des choses dans ce texte, et si vous ne les connaissiez pas auparavant, vous pourrez peut-être agir différemment à partir de maintenant, mais certainement pas à 100 % du temps, car la perfection n'existe pas. Vous pourrez voir qu’il est alors possible de faire de la réparation relationnelle. ÉVITER LES COMPARAISONS ​ Les comparaisons au sein de la fratrie sont souvent présentes dans de nombreuses familles. Il n'est pas rare d'entendre des phrases telles que « Ton frère ne fait pas ça lui, pourquoi ne fais-tu pas comme pas comme lui ? ». Parfois, ces comparaisons viennent de l'extérieur comme à la rentrée scolaire où une enseignante pourra dire à un enfant : « J'ai eu ton frère l'année dernière, j'espère que ce sera aussi facile avec toi! ». Malgré l'intention bienveillante qui se cache derrière ces remarques, ce type de comparaison ne favorise pas la confiance en soi, mais induit plutôt une pression et instaure un climat de compétition entre les membres de la fratrie. Dans le cas des jumeaux ou des triplés, la probabilité qu’ils soient comparés est encore plus élevée. Les parents, les membres de la famille élargie ou d'autres personnes extérieures peuvent avoir tendance à les comparer pour les différencier : « Qui est le plus sportif ? Celle-ci écoute plus les consignes que l’autre, etc. » En tant que parents, il est important de poser des limites vis-à-vis de ces comparaisons pour le bien-être de l'enfant. On peut expliquer que cela génère de la jalousie et de la compétition, et que cela peut affecter leur estime de soi. L'enfant peut être comparé, mais à lui-même. Par exemple, « Regarde comment tu as amélioré ton écriture depuis l'année dernière, peux-tu me dire ce que tu as mis en place pour y arriver ? » Ou encore : « Remarques-tu la différence dans ta gestion de la colère quand tu es avec tes amis et quand tu es avec tes sœurs ? Pourquoi penses-tu que tu communiques à tes amis quand tu es contrarié, mais que tu cries quand tu es avec tes sœurs ? Viens, nous allons regarder cela ensemble ». ÊTRE ÉQUITABLE NE SIGNFIE PAS TOUJOURS IDENTIQUE ​ Avez-vous déjà été dans une situation ou l'un de vos petits crie à l'injustice en vous mentionnant que c'est injuste puisque sa sœur a une nouvelle casquette mais pas lui ? Que faire dans ce genre de situation ? En tant que parents, nous souhaitons que nos enfants aient le sentiment que nous les aimons tous de la même manière et que nous agissons de manière équitable avec chacun d'eux. C'est tout à fait légitime. Cependant, cela suppose que les enfants sont identiques et ont les mêmes besoins. Est-ce vraiment le cas ? Non, puisque chaque enfant est unique et a des besoins spécifiques, incluant les monozygotes. Même en étant au même stade de développement, chacun ont leur tempérament et leurs enjeux. De ce fait, nos interventions en tant que parents seront orientées en fonction de leurs besoins individuels. Par exemple, une de mes jumelles peut accepter qu’on se sépare plus rapidement et de façon différente au dodo, alors que sa co-jumelle a besoin que la routine soit plus longue et surtout plus en douceur, sans quoi, elle s’endort plus difficilement. Ainsi, j’adapte la routine du dodo en fonction de qui elles sont. Il est possible qu'à certains moments, l'un des enfants ait le sentiment de ne pas être privilégié. On peut expliquer aux enfants la différence entre équité et égalité : « Je comprends que tu aies l'impression que ce n'est pas juste, mais ta sœur avait besoin d'une casquette tandis que la tienne est encore en bon état. Souviens-toi de la semaine dernière, tu as eu des pantalons alors que ta sœur n'en avait pas besoin. Cependant, tu as le droit de trouver cela injuste, car je comprends que tu aurais aimé avoir une nouvelle casquette ». On valide les émotions que l'enfant ressent, mais on recadre la situation en mettant en lumière les besoins de chacun. L'enfant devra tolérer un refus à un désir, mais se sentira entendu malgré le refus. Cela ne garantit pas que l'enfant coopérera immédiatement, mais en agissant de cette manière, les réactions auront tendance à être moins vives, car l'enfant reconnaîtra qu'il y a des moments où c'est lui qui reçoit quelque chose et d'autres où c'est son frère ou sa sœur, mais que les émotions ont le droit d'être exprimées. Le piège de vouloir être constamment égal peut conduire à des comparaisons constantes et à une crise d'injustice à la moindre différence de traitement. Ainsi, dans certaines situations, il est préférable de pratiquer la tolérance à la différence. Par exemple, lorsqu'on sert du jus aux enfants et qu'ils n'ont pas tous le même niveau dans leur verre, on peut explorer avec eux leurs ressentis, tolérer leur mécontentement sans chercher à rendre le tout identique, car on veut leur transmettre le message que la différence n'enlève rien à la valeur de la personne. Autrement, on peut les laisser se servir eux-mêmes afin qu'ils contribuent à résoudre leurs propres problèmes, mais sans encourager la recherche de similitude en remplissant les verres de façon identique. Maintenant, si vous choisissez d'intervenir en remplissant les verres de manière équitable, c'est tout à fait acceptable, mais rappelez-vous que ce sont ces petites occasions de la vie quotidienne qui nous permettent d'avoir des discussions enrichissantes sur la comparaison avec les enfants. LA STRATÉGIE DES ROCHES Afin d'aider les enfants à visualiser de manière concrète un concept abstrait tel que « ça ne t'enlève rien quand je complimente ton frère », je vous présente une capsule explicative. L'objectif de cette stratégie est d'enseigner aux enfants, à travers le jeu, que nos forces et nos capacités ne peuvent pas nous être enlevées. Plus nous reconnaissons nos propres forces et nos difficultés, moins les commentaires que les autres reçoivent nous affectent, voire nous rendent fiers et heureux pour eux. Play Video Facebook Twitter Pinterest Tumblr Copy Link Link Copied La comparaison étant fréquente au sein de la fratrie, il est intéressant de réaliser cette activité en famille, ce qui permettra de créer un ancrage pour l'avenir. Ainsi, vous pourrez entendre vos enfants exprimer leurs craintes selon lesquelles un commentaire adressé à un membre de la fratrie les rendrait insécurisés dans leur relation avec vous. Par exemple, l'enfant pourrait vous dire : « Maman, j'ai peur que tu m'enlèves une roche en disant à ma sœur qu'elle est bonne en mathématiques », à quoi vous pourriez répondre : « Tu as bien fait de m'en parler, mon amour. Tu as l’impression que je voulais dire qu’elle était meilleure que toi ? Ce n’est pas ce que je voulais dire, mais je comprends ce que tu ressens. Parfois, on a l'impression d'avoir moins de valeur quand les autres sont récompensés, mais rappelle-toi les roches, est-ce que j’ai pris une de tes roches pour la donner à ta sœur ? » En conclusion, si vous vous trouvez parfois à comparer vos enfants, gardez votre calme ; cela ne signifie pas qu'il est impossible de rectifier le tir. Il est tout à fait possible d'aller vers l'enfant et de faire amende honorable et ainsi faire de la réparation relationnelle. Par exemple, dans une situation où un parent compare les enfants parce qu'un des jumeaux se couche facilement tandis que l'autre a du mal à rester au lit, on pourrait rectifier la comparaison de la manière suivante : « Papa est désolé, cela ne s'est pas passé comme je l'avais prévu. J'ai comparé tes habitudes à celles de ta sœur, et cela n'a probablement pas été utile, n'est-ce pas ? Tu as dû ressentir que tu n'étais pas à la hauteur, et ce n'est pas le cas. J'aimerais qu'on réfléchisse ensemble à ce dont tu as besoin pour que la routine du coucher te convienne mieux, car je vois que c'est difficile pour toi, et c'est tout à fait normal. Nous allons prendre le temps d'adapter ce qui fonctionne pour toi. » ​ ​ La relation de confiance se construit conjointement entre le parent et l'enfant, et le fait d'impliquer l'enfant dans la discussion pour qu'il partage son vécu et ses émotions contribue au développement de son estime de soi, car il se sentira vu et entendu. LE RETARD DE LANGAGE CHEZ LES JUMEAUX Dès les premiers mois de vie de nos enfants, on a hâte aux premières fois. Comme orthophoniste, j’avais particulièrement hâte aux premiers signes de communication : les premiers indices de compréhension, les premiers échanges, les premiers mots, les premières phrases, etc. Comme c’est le cas pour plusieurs parents, cette anticipation était accompagnée de questionnements, et parfois, d’inquiétudes. Avec des jumeaux ou des triplés, des questions supplémentaires et particulières surviennent. Est-ce que les complications à leur naissance auront un impact dans les années à venir? Est-ce que je stimule suffisamment le langage avec chacun de mes bébés? Est-ce que leur relation aura un impact sur leur manière de communiquer? LE FACTEUR « GÉMELLITÉ » ​ La recherche est plutôt claire en ce qui concerne le développement du langage chez les jumeaux et les triplés : ils sont plus à risque de développer des difficultés langagières que les enfants singleton. L’une des raisons principales pour cette probabilité plus élevée est que les expériences communicatives de multiples tendent à être un peu différentes de celles vécues chez les singletons. ​ Bien que la gémellité constitue un facteur de risque pour les difficultés langagières, il est important de connaître les autres éléments ayant un impact sur l'apprentissage, soit : la p rématurité, le petit poids à la naissance, l'historique familial et le sexe de l'enfant​. Heureusement, la plupart des jumeaux/triplés vont rattraper leurs pairs avant l’entrée à l’école. Toutefois, les difficultés langagières, même si elles sont temporaires, peuvent faire vivre des émotions négatives aux enfants. En tant que parents, nous avons l’opportunité, voire le pouvoir, de prendre action pour enrichir les expériences communicatives de nos jumeaux/triplés et de favoriser un bon développement langagier. ​ Voici quelques conseils pour stimuler le langage de vos jumeaux/triplés : Si possible, profitez des moments passés avec un seul des jumeaux : donner le bain en solo peut, par exemple, devenir un moment privilégié pour la stimulation du langage. Essayez de répondre aux tentatives de communication de chaque jumeau le plus souvent possible (je le sais, c’est du sport!). En obtenant une réponse (un regard, un geste, un « oui, mon bébé », une répétition de ce qu’il a produit/dit), l’enfant est encouragé à essayer de nouveau et/ou à continuer de communiquer. Profitez de la gémellité! Vous avez accès à des acteurs supplémentaires pour votre narration du quotidien et pouvez décrire une variété de situations ou d’actions : « Regarde Émile, Justine croque son éléphant! », « Oh! As-tu vu, Olivia? Rose flatte le chat ». Parlez à vos enfants de manière indépendante, quitte à répéter la même phrase à chacun. Dites le nom de l’enfant à qui vous vous adressez et parlez au « tu » : « Lucas, tu vas mettre tes bottes. Maintenant, William, tu mets tes bottes ». Développez un intérêt pour les livres et regardez souvent les mêmes. Plutôt que de poser des questions sur les images ou l’histoire, faites des commentaires, en les adressant à chaque enfant. « Oh, Nathan, il y a de belles mitaines! On en a des mitaines mauves comme ça, Charlie ». L’implication d’un coparent présent et actif est bénéfique puisqu’il permet des échanges 1 adulte – 1 bébé. On réduit donc l’impact de la triade. Évitez de comparer vos jumeaux/triplés (oui, c’est peut-être plus facile à dire qu’à faire). Bien qu’ils évoluent dans le même environnement, ils ont leur propre personnalité, leur propre perception et leur propre rythme. Il est totalement normal qu’ils n’évoluent pas de manière identique. ​ Si vous désirez plus d'informations sur le langage de vos jumeaux, procurez-vous un a ccès à notre salon virtuel où vous pourrez visionner plus de 20 capsules vidéo sur la gémellité! Q&R AVEC L'ÉQUIPE D'OLIE SUR L'INTIMITÉ CHEZ LES JUMEAUX 1. Jusqu’à quel âge mes multiples devraient prendre leur bain/douche ensemble? Y a-t-il une différence s’ils ne sont pas du même sexe? L'âge auquel vos enfants multiples devraient prendre leur bain ou leur douche ensemble dépend vraiment des enfants. En général, tant que cela reste une expérience positive et confortable pour eux, il n'y a pas vraiment de limite d'âge fixe. Au fur et à mesure que les enfants grandissent et commencent à développer leur propre identité et leur propre intimité, ils peuvent commencer à préférer prendre leur bain ou leur douche séparément. Cela peut se produire à des âges différents pour chaque enfant, et c'est tout à fait normal. Il est essentiel de rester attentif aux signaux de confort ou d’inconfort de vos enfants. Vous pouvez certainement leur demander leur avis, mais soyez également attentif aux signes non verbaux qui pourraient indiquer qu'ils se sentent mal à l'aise. ​ Si l'un des enfants exprime le besoin d'intimité ou montre des signes de malaise, il est important de respecter son intimité et d'adapter les pratiques en conséquence. De même, si vous remarquez des comportements qui pourraient indiquer un manque de respect des limites personnelles, comme des questions ou des touchers inappropriés, il est important d'intervenir et de donner plus d’intimité à chacun. Et si vos enfants sont de sexes différents, cela ne change habituellement pas vraiment la situation. Cependant, il est possible que vous remarquiez des signes d'inconfort plus rapidement entre ceux qui ne sont pas du même sexe, en raison de différences potentielles dans les niveaux de confort ou d'intimité. ​ En résumé, il n'y a pas de règle stricte en matière d'âge pour que les enfants multiples prennent leur bain ou leur douche ensemble. Cela dépend vraiment de leur confort et de leur niveau de développement individuel. 2. Quoi faire lorsque mes petits commencent à découvrir leur corps et celui de leur co-jumeau?​ ​ L'exploration et la découverte du corps sont des éléments tout à fait naturels dans le développement psychosexuel des enfants. C'est une partie essentielle de leur croissance et de leur compréhension du monde qui les entoure. En tant que parent, il est suggéré de reconnaître et de respecter cette curiosité innée, en offrant un environnement sécuritaire et sans jugement où vos enfants peuvent explorer librement. ​ Permettez-leur de poser des questions et de discuter ouvertement de leurs découvertes avec vous. Encouragez-les à exprimer leurs sentiments et leurs préoccupations, et assurez-leur qu'ils peuvent vous parler en toute confiance. Montrez-leur que vous êtes là pour les soutenir et les guider à mesure qu'ils naviguent à travers cette étape importante de leur développement. ​ Il est également important de comprendre que, dans la plupart des cas, il n'est pas nécessaire d'intervenir activement dans le processus d'exploration de vos enfants. Les laisser découvrir de manière autonome leur propre corps et celui de leur jumeau, dans un environnement d’exploration mutuelle, est souvent la meilleure approche pour favoriser un développement sain et positif. Les jeux d'exploration entre jumeaux ne sont pas plus choquants qu'avec leurs amis, bien au contraire, car ils évoluent dans un environnement où la confiance mutuelle est déjà établie. C'est à travers cette exploration que les enfants apprennent à se connaître intimement, à comprendre les différences entre les corps et à développer une relation positive avec l'anatomie. Permettre aux enfants d'explorer leurs corps contribue également à leur développement émotionnel, où ils apprennent à reconnaître et à gérer leurs émotions, tout en cultivant une relation de respect et d'acceptation envers les autres. C'est aussi une leçon de vie, où les enfants apprennent les bases du consentement et du respect des limites personnelles. C'est reconnaître leur humanité, leur curiosité naturelle et leur besoin de comprendre le monde qui les entoure. C'est leur donner les outils nécessaires pour devenir des adultes confiants, autonomes et respectueux d'eux-mêmes et des autres. ​ Cependant, restez attentif aux signes de malaise ou de comportement inapproprié entre vos enfants tels que mentionnés ci-haut. Si vous remarquez des situations qui pourraient indiquer un manque de respect des limites personnelles ou une gêne, intervenez de manière appropriée. Un comportement d'exploration sain c’est lorsque les enfants sont curieux de leur propre corps et de celui des autres, dans le respect des limites personnelles et du consentement mutuel, sans contrainte ni coercition. En revanche, un comportement inquiétant peut inclure des comportements secrets, des tentatives de cacher leurs actions, des activités qui semblent forcées ou non consensuelles, ou des comportements qui dépassent les limites de l'âge et du développement de l'enfant. ​​ 3. Où est la limite de la curiosité et de l’exploration avec la fratrie? Dans le développement psychosexuel des enfants, il doit y avoir des limites claires pour guider leur curiosité et leur exploration, surtout lorsqu'il s'agit de leurs interactions avec leurs frères et sœurs. Ces limites visent à préserver le respect mutuel, la sécurité et le bien-être émotionnel de chacun. ​ Comment savoir si on demeure dans le cadre de comportements exploratoires normaux et appropriés pour leur niveau de développement? Tout simplement l orsque les enfants se sentent à l'aise et que leurs interactions restent empreintes de curiosité saine, sans intention cachée ni motif préoccupant. ​ Cependant, certains comportements peuvent être considérés comme inquiétants s'ils dépassent certaines limites. Par exemple, si les gestes d'exploration deviennent trop fréquents ou envahissants ou s'ils sont associés à des intentions inappropriées ou à une pression exercée sur un frère ou une sœur, cela pourrait indiquer un besoin d'intervention et de clarification des limites. ​ Il est également important de rester attentif à la réciprocité des interactions entre les enfants. Si l'un des enfants semble moins à l'aise ou manifeste des signes de malaise face aux interactions de l'autre, cela peut être un indicateur que les limites sont franchies et qu'une discussion sur le respect mutuel et le consentement est nécessaire. ​ 4. Comment assurer une intimité à mes enfants lorsqu’ils partagent leur chambre? Que ce soit par choix ou par nécessité, partager une chambre peut être une expérience enrichissante, mais cela nécessite une gestion réfléchie pour garantir que chaque enfant se sente respecté et à l'aise dans son propre espace. Tout d'abord, il est important d'établir des limites physiques claires dans la chambre. Cela peut être réalisé en créant des zones définies pour chaque enfant, où ils peuvent avoir leur propre espace personnel pour jouer, étudier et se détendre. Des étagères, des séparateurs d'espace ou même des rideaux peuvent être utilisés pour délimiter visuellement ces zones, offrant ainsi à chaque enfant un sentiment d'intimité et d'autonomie. Il est suggéré de respecter le besoin de chaque enfant d'avoir des moments de solitude. Encouragez-les à communiquer leurs besoins et à convenir de périodes où ils peuvent avoir la chambre pour eux-mêmes. ​ Ensuite, soyez attentif aux signes non verbaux de vos enfants. Même s'ils ne peuvent pas toujours exprimer verbalement leurs besoins, vous pouvez souvent comprendre leur état émotionnel en observant leur langage corporel et leur comportement. Soyez attentif aux signes de malaise ou de frustration, et intervenez si nécessaire pour résoudre les conflits ou répondre à leurs besoins. Assurer l'intimité à vos enfants lorsqu'ils partagent leur chambre est un aspect essentiel de leur bien-être et de leur développement. ​ 5. Avez-vous des conseils lorsque mes jumeaux entrent dans la super phase « pipi-caca-hahaha ​ La clé est souvent de les laisser faire. Après tout, c'est une étape normale du développement des enfants, et ils explorent simplement leur monde avec amusement et curiosité. Plutôt que de réprimer leur enthousiasme, essayez de leur expliquer calmement que ces mots sont tout aussi ordinaires que les autres. Vous pouvez intervenir lorsqu'ils utilisent des mots qui décrivent le corps humain et ses fonctions de façon humoristique en rappelant que celles-ci font partie du quotidien de tous les humains. En adoptant une attitude décontractée et en leur montrant que vous prenez leur fascination avec légèreté, vous pouvez souvent désamorcer la situation. C'est une belle occasion pour les encourager à poser des questions et à explorer leur monde avec curiosité, tout en leur apprenant l'importance du respect et de la décence envers les autres. HABILETÉS MOTRICES CHEZ NOS PETITS Le développement psychomoteur des jumeaux et des triplés peut être influencé par différents facteurs, faisant en sorte que les « attentes » ou la « norme » sont tout simplement irréalistes à atteindre pour nos bébés multiples. Et cela ne signifie pas qu'ils sont « en retard » pour autant ! L’important est qu’ils finissent par marcher! Mais pour en arriver là, il y a des étapes et il y a des stratégies pour favoriser le bon déroulement du développement de nos enfants. D’abord, il faut rappeler que le développement de l’enfant constitue une séquence d’étapes où chacune est importante, voire préalable, pour les suivantes. Le respect de cette séquence (c’est-à-dire l’ordre dans lequel les étapes sont franchies et l’atteinte de chacune d'entre elles) peut importer davantage que l’âge auquel celles-ci sont réalisées. En effet, des habiletés qui peuvent paraître anodines constituent en fait des préalables importants pour le développement des habiletés préscolaires et scolaires. C’est le cas notamment de la marche à quatre pattes, qui est essentielle pour développer une bonne force de la musculature entourant l’épaule, qui elle sera importante pour l’écriture, le temps venu. ​ Chaque enfant franchit les étapes à son rythme et il y a une souplesse au niveau des attentes pour franchir ces étapes. Pour la marche, la « norme » est fixée autour de 12 mois. Cependant, avant 18 mois, il n’y a pas lieu de s’inquiéter si l’enfant ne marche pas encore (surtout s’il a atteint les étapes précédentes!). Pour ma part, mes garçons ont marché à l’âge de 15 mois (13 mois d’âge corrigé), ce qui demeurait tout à fait raisonnable et c'était loin d’être inquiétant ! ​ Naître et Grandir résume bien les grandes étapes de la motricité 0-8 ans: Source: www.naitreetgrandir.com LE DÉVELOPPEMENT PSYCHOMOTEUR DES MULTIPLES ​ On entend souvent qu’un enfant est plus « moteur » qu’un autre, suggérant que cet enfant a de bonnes habiletés motrices. Ce n’est pas faux; les enfants développent une sphère à la fois. Cela signifie donc qu’un enfant pourrait être un pro du langage, mais paraître « en retard » dans l’acquisition de ses habiletés motrices. Or, il ne s’agit pas d’un réel retard pour autant. C’est plutôt qu’il se développe plus vite en ce qui concerne le langage que la motricité, mais le reste des habiletés suivra ! ​ Comme vous le savez, sans doute, plusieurs facteurs peuvent influencer le développement des enfants, dont la prématurité. Rappelez-vous que c'est l’âge corrigé (plutôt que l’âge réel) qui sera utilisé pour faire leur suivi, et ce, jusqu’à l’âge d’environ 2 ans. Ne vous culpabilisez surtout pas si vous n'êtes pas en mesure de travailler la motricité de vos petits individuellement. Notre réalité au quotidien nous oblige régulièrement à « stationner » un ou des bébés dans une chaise vibrante (ou autre équipement) pendant qu’on s’occupe de l’autre ou des autres. L'important est de leur offrir des opportunités pour qu'ils puissent développer leurs habiletés psychomotrices, notamment : -En planifiant des périodes de jeu au sol sur un tapis ou une couverture -En leur proposant des jouets et une diversification d'objets adaptés à leur âge -En leur offrant des périodes de jeu libre ou encore de jeu plus dirigé ​ Les enfants doivent avoir la chance d’explorer à travers le jeu, et l’adulte peut influencer cette exploration pour le développement d’une habileté spécifique. Par exemple, on pourrait placer un jouet un peu plus loin pour que l’enfant se déplace par lui-même pour le saisir plutôt que de lui donner directement dans les mains. L'interaction entre les multiples et un beau bonus en soi et la délimitation d'un espace pour les laisser explorer dans un environnement sécuritaire est d'autant plus importante. LA CONSULTATION EN ERGOTHÉRAPIE ​ L’âge auquel l’enfant franchit ou non les étapes du développement demeure un indicateur intéressant pour dépister ses besoins. En ce sens, les rendez-vous de suivi avec le médecin/pédiatre permettent de mesurer l’atteinte d’étapes clés liées à l’âge de l’enfant. Autrement , on ne s'affole pas si les éléments de la liste énumérée par le médecin lors du rendez-vous de suivi ne sont pas tous cochés. Et pas de panique si un enfant de la fratrie gémellaire évolue « plus rapidement » que le ou les autres! ​ Mais alors, quand devrait-on consulter en pédiatrie ou en ergothérapie pour des enjeux en lien avec le développement de nos enfants? Voici quelques exemples où l'un de vos petits aurait besoin d’un coup de pouce pour développer ses habiletés : ​ Si votre enfant ne présente toujours pas l’habileté concernée, et ce, quelques mois après que l’âge « attendu » soit atteint S i plusieurs sphères sont touchées, c’est-à-dire que l’enfant présente des difficultés de motricité globale en plus de difficultés de motricité fine et/ou de défis au niveau cognitif et/ou au niveau du langage Si votre enfant « saute » une étape de son développement psychomoteur (exemple : la marche à 4 pattes) Enfin, si vous désirez plus de soutien en ce sens ou encore adopter une approche préventive, il est toujours possible de consulter un ou une ergothérapeute. COMMENT ENCOURAGER L'INDIVIDUALITÉ DE NOS MULTIPLES ​ Au cours des dernières années, les recherches nous ont permis d'apprendre que pour aider les multiples à développer leur plein potentiel, on doit les encourager à exprimer leurs propres besoins individuels. Pour y parvenir, il est important que ceux qui s’occupent d’eux veillent à ce que chacun soit traité comme un individu à part entière. Les multiples doivent avoir la possibilité d’exprimer à la fois leur individualité, mais aussi leur complicité en tant que paire, trio et plus. La clé est de saisir les petites opportunités pour leur offrir notre attention de manière individuelle. Voici quelques exemples d'actions à entreprendre pour les aider : ​ Appelez vos multiples par leurs prénoms et demandez aux gens de votre entourage de le faire, incluant les professionnels et le personnel du service de garde ou de l'établissement scolaire. Les gens ont tendance à se référer aux « jumeaux » ou aux « triplés », car c'est plus facile que de faire l’effort nécessaire pour les distinguer. Encouragez vos multiples à développer leur confiance en eux afin de corriger les gens avec politesse lorsqu'ils se trompent de noms. Prenez des photos individuellement avec chaque enfant, mais aussi avec chacun des parents. Pour être certains de ne pas vous tromper, prenez en note de qui il s'agit! ​ Commencez à les distinguer le plus tôt possible avec l'attribution d'une couleur, une coiffure différente ou des vêtements différents. Identifiez aussi leurs jouets, leurs vêtements et leurs souliers de manière claire. Ces actions seront aussi bénéfiques pour votre entourage et pourront aussi les aider à les différencier. ​ Pratiquez l’exercice du miroir avec vos multiples vers l'âge de 2 ans. Celle-ci consiste à amener vos petits de façon régulière devant un miroir et de leur expliquer à tour de rôle quel membre de leur corps leur appartiennent (ex. : ici c'est la main de Xavier, c'est Eva-Rose qui porte un chapeau, c'est Henri qui a un pantalon vert ... bref tout ce qui peut les différencier). En voyant leur réflexion en même temps, ils pourront commencer à comprendre la signification d’être jumeaux, mais aussi à réaliser qu’ils sont des individus différents. Encouragez chaque enfant à exprimer ses préférences individuelles. Faites-leur savoir qu’il est tout à fait acceptable de prendre une décision différente (ou exactement la même!) que leur co-jumeau. On pense ici à choisir leur collation ou ce qu'ils vont porter pour la journée, par exemple. À chaque fête, chantez joyeux anniversaire à chaque enfant de manière individuelle. Si possible, commandez un petit gâteau pour chaque enfant et demander le thème que chacun préfère en lien avec sa fête. ​ ​ Si vous remarquez que l’un essaie d’influencer l’autre, profitez-en pour discuter du fait qu’il est acceptable de choisir une option différente de son frère ou sa sœur. ​ Évitez qu'un co-jumeau effectue les petites tâches pour l'autre quand il y en a un qui semble avoir plus de difficultés. Bien que l'entraide soit une bonne chose, encourager plutôt vos multiples à persévérer, surtout avec tout ce qui touche la motricité fine et globale. Organisez des moments pour que vos enfants puissent jouer avec des amis différents. Il faut saisir les quelques opportunités qu'ils ont de se retrouver seul en compagnie d'autres enfants (ex. : une fête d'enfant). ​ Inscrivez vos multiples à des activités parascolaires différentes, même si cela signifie un peu plus d'organisation familiale. ​ ​ Ne comparez pas les enfants. Insistez plutôt sur leur cheminement personnel en soulignant leur progrès. ​ ​ PASSER DU TEMPS AVEC CHACUN DES ENFANTS ​ Une des façons d'investir dans leur individualité est de passer du temps avec chacun de nos enfants, qu'ils soient issus d'une naissance multiple ou non! Pas évident quand on n'a pas une minute pour soi-même ou que nos petits nous veulent à eux seuls au même moment! Rappelez-vous que la qualité de ces petits échanges est aussi importante, alors on met le téléphone de côté ou tout autre type de distraction. ​ Dans la mesure du possible, adressez-vous à chacun d'entre eux avec un contact visuel. Comprenez et acceptez que vos multiples n'ont pas besoin d'être ensemble à tout moment. ​ Prévoyez une sortie ou un moment de qualité dans votre calendrier avec chaque enfant (pendant que les autres sont chez les grands-parents, un ami ou avec l'autre parent). Vous pouvez aussi joindre l'utile à l'agréable et prendre un seul enfant pour les courses. ​​ Évitez de vous sentir coupable lorsqu’un des petits est malade : déposer le ou les autres au service de garde même si cela complique vos déplacements pour la journée et profitez de cette occasion pour passer un moment seul avec l'autre. Essayez de parler à chaque enfant séparément de sa journée lors du souper ou encore pendant la routine du dodo. Par exemple : pendant le brossage des dents, demandez aux autres de choisir leur pyjama ou de commencer à lire une petite histoire. Partagez une comptine spéciale, une blague ou un jeu propre à chacun de vos enfants qui est spécial pour vous deux. Lorsque c'est possible dans votre routine d'organisation familiale, donnez les bains séparément. Même si ça ne dure que quelques minutes, votre attention sera portée sur un seul enfant (plus facile à appliquer vers 3 ans). N'oubliez pas la fratrie plus âgée! Permettez-leur une permission spéciale comme repousser l'heure du dodo (30 minutes, par exemple). ​ Aidons nos enfants à se voir comme des individus qui ont l’avantage de faire partie d’une relation spéciale plutôt que de se définir uniquement comme un jumeau-jumelle ou un(e) triplé(e). ​ Ne laissons pas la culpabilité nous envahir en essayant de donner la même chose, de façon égale et équitable à nos jumeaux. Ils méritent plutôt que nous les aimions individuellement et différemment, en respectant leur personnalité et nous ajustant à leurs besoins. Je veux plus de détails! Je m'inscris dès maintenant! Qu'en est-il de l'attachement en contexte de naissance multiple? Docteur Lamy élabore sur le sujet dans cette capsule! Regarder la capsule Doit-on s’attendre à ce que le développement des jumeaux soit synchronisé? Lisez notre article avec la collaboration spéciale de Gisèle Séguin à ce sujet. Lire l'article LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER : Jumeaux : un développement différent des enfants uniques Source: Parents.fr Guide de référence sur le développement 0-5 ans Source: Naître et grandir Les jumeaux et leurs différences Source: Naître et grandir Sources : ​ ​ Bernard, J., De Becker, E. La question de la différenciation dans le lien gémellaire : quand les différences ne suffisent pas à se différencier. La revue Louvain Médical, https://dial.uclouvain.be/downloader/downloader.php?pid=boreal:123965&datastream=PDF_01 Boulanger, L. La Face cachée de la gémellité : jumeaux, de la conception à la mort. Éditions de l'Apothéose, 2021 Cassidy, J., & Shaver, P. R. (2016). Handbook of attachment: theory, research, and clinical applications. Third edition. Colaiacovo, M-L.(2018). Spécificité de l’attachement chez les jumeaux et impact sur leur mode relationnel. La revue Louvain Médical, https://www.louvainmedical.be/fr/article/specificite-de-lattachement-chez-les-jumeaux-et-impact-sur-leur-mode-relationnel. E. Pinar et al. (2021). Parental speech and gesture input to girls versus boys in singletons and twins. Journal of nonverbal behaviour, 2021. Fraisse P. & Zazzo R. Le paradoxe des jumeaux. In: Enfance, tome 38, n°1, 1985. Friedman J. Parenthood & twins (joanafriedmanphd.com). Consulté le 3 mars 2024. Golombok, S., Olivennes, F., Ramogida, C., Rust, J., & Freeman, T. (2007). 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  • Séparation et scolarité des jumeaux à l'école | Mamans Pieuvres

    La séparation des jumeaux et triplés en classe et les difficultés d'apprentissage en milieu scolaire. ​ ​ En collaboration avec Élise Laboissonnière, orthop. L’entrée à l’école pour des jumeaux ou des triplés vient souvent avec cette question fort pertinente : Doit-on séparer ou non les enfants de classe? Chaque couple ou trio étant unique, il est impossible d’avoir une réponse universelle à cette question. C’est une décision qui ne doit pas être prise à la légère. Afin d’orienter votre réflexion, nous vous présentons la situation actuelle dans les écoles québécoises, les recommandations de quelques organisations internationales, des données intéressantes sur le développement du lien gémellaire, des résultats de recherches sur le sujet, ainsi que des pours et contres en rafales. ​ Il n'y a pas que la séparation des jumeaux et triplés qui préoccupent les parents de multiples. Au Canada, on estime que 3,2% des enfants d’âge scolaire seraient atteints d’un trouble d’apprentissage (Association canadienne des troubles d'apprentissage, 2022 ). En tant que parent, recevoir un tel diagnostic pour son enfant amène tout un lot de questionnements et d’inquiétudes. Il existe de belles ressources pour vous aider à mieux comprendre le diagnostic de votre enfant et à mieux l’accompagner. Toutefois, si l’enfant est issu d’une naissance multiple, des questionnements additionnels peuvent survenir. PLACEMENT DES JUMEAUX: LA SITUATION ACTUELLE DANS NOS ÉCOLES ​ Dans un premier temps, il est important de comprendre comment fonctionne la formation des groupes-classes. Au Québec, la formation des groupes pour l’année suivante se fait la plupart du temps en fin d’année scolaire. Un comité formé de plusieurs acteurs du milieu scolaire se rencontre pour former les groupes de l’année suivante. Ce comité est constitué de différentes personnes parmi les titulaires actuels, les enseignants spécialistes (musique, anglais, éducation physique, arts dramatiques, etc.) et les professionnels tels que l’orthopédagogue, les éducateurs spécialisés, la direction, etc. Les personnes présentes à la rencontre ainsi que les critères de formation des groupes peuvent varier d’une école à l’autre. En général, on tente de former des groupes équilibrés, donc de ne pas mettre tous les élèves forts ensemble et tous les élèves faibles ensemble. Les comportements des élèves sont aussi pris en compte dans la formation des groupes pour l’année suivante. ​ Dans les cas des jumeaux ou des triplés, les écoles ont aussi différentes manières de faire d’un milieu à l’autre. En effet, après quelques recherches auprès du personnel enseignant travaillant dans différentes écoles à travers la province du Québec, certaines écoles les séparent d'emblée. D’autres écoles les mettent ensemble au préscolaire et réévaluent la situation à chaque année. D’autres milieux préfèrent les mettre ensemble en tout temps. Certaines écoles sont plus ouvertes que d’autres aux demandes des parents de séparer ou non leurs enfants. Certaines écoles préfèrent refuser toute demande en ce sens. Alors, qu’en est-il de la loi? ​ D’abord, la loi sur l’instruction publique ne prévoit rien en lien avec les enfants issus de naissance multiple. Néanmoins, le centre de services scolaires de Montréal (CSSDM) a pour sa part adopté une résolution en ce qui concerne le placement des jumeaux en classe depuis 2003. Selon cette dernière, ce sont les parents qui sont les mieux placés pour prendre cette décision en fonction des besoins de leurs enfants. Cependant, tel que mentionné dans la proposition: «si la direction d’école s’oppose à la volonté des parents, ils ont l’obligation d’apporter des preuves d’ordre pédagogiques des méfaits potentiels du choix des parents, pour faire renverser la décision des parents . » (Lalonde N. et Moisan D, 2003). ​ De l'autre côté de l'océan, le Défenseur des droits en France a rendu une décision importante quant à la séparation des classes en 2021. Cette institution indépendante créée en 2011 a pour mission de défendre les droits de ses citoyens et d'en permettre l'égalité à tous et chacun. Ce litige impliquait la position d'une directrice d'école maternelle sur la séparation d'un couple de jumelles sans évaluation globale de la situation et le choix des parents de garder les enfants ensemble. Voici un extrait de la décision 2021-008 du 29 janvier 2021: « la séparation systématique des jumeaux n’apparaît pas comme une position cohérente (...) l’accueil de jumeaux implique une concertation avec les parents et les enfants, ainsi qu’une évaluation préalable et une analyse des besoins individuels de chaque enfant. » ( D écision 2021-008, Défenseur des droits). Crédit photos: Mamans Pieuvres LE LIEN GÉMELLAIRE ​ Des études recensées par la Fédération Jumeaux et Plus ont démontré que les jumeaux et les triplés ont un développement cognitif distinct de celui des singletons. En effet, le fait qu’ils soient issus d’une naissance multiple amène des défis supplémentaires dans leur recherche identitaire. Certaines croyances populaires nous laissent croire qu’il est important de séparer les jumeaux à la garderie et à l’école afin qu’ils développent chacun une personnalité distincte. Toutefois, cette séparation précoce et non désirée pourrait être néfaste pour le développement des enfants. Toujours selon la Fédération Jumeaux et Plus, «imposer une séparation n’est jamais la solution à une relation jugée trop fusionnelle par l’entourage .» Sur le plan de l’attachement, les jumeaux et les triplés se distinguent aussi des singletons . En fait, tout dépend de leur relation. Sur le plan émotionnel, ils développent un lien d’attachement particulier envers leur(s) cojumeau(x) et ce depuis in utero , en plus de la figure d’attachement principale qui est souvent la mère. Qu’il soit fusionnel ou plus conflictuel, leur lien se développe et se complexifie au cours des années. Le fait d’être ensemble pourrait rendre la transition vers l’école plus douce pour les jumeaux et les triplés (Mayor, 2011). ​ Pour apprendre plus sur le lien gémellaire, visitez la page DÉVELOPPEMENT de la section sur la petite enfance. ​ LES ÉTUDES SCIENTIFIQUES ET LA POSITION DES ORGANISMES ​ Les différentes recherches consultées arrivent toutes au même résultat : le libre-choix des parents est la meilleure approche face à la séparation ou non des jumeaux à l’école. Le fait que les jumeaux/triplés soient ensemble ou séparés n’aurait même aucun effet néfaste sur leur réussite scolaire ( Garon-Carrier, G. et al , 2021 ). Selon une étude menée en 2018, les comportements sociaux négatifs tels que le retrait social, l’agressivité physique ainsi que l’inattention étaient moins présents chez les jumeaux n’ayant pas été séparés de classe. D’ailleurs, selon Madame Gabrielle Garon-Carrier, professeure adjointe à l’université de Sherbrooke, «il est préférable que les directions scolaires adoptent une politique flexible qui respecte la décision et les besoins individuels des parents et des jumeaux .» (White EK. et al, 2018) ​ ​Le conseil international des organisations de naissances multiples (ICOMBO) préconise également le libre choix des parents et chacun de ses organismes affiliés ont effectué de nombreuses recherches sur le sujet ( Preedy P., Mascazine, J. & Launslage D., 2020). Nous estimons que les décisions concernant le placement en classe des multiples devraient être réévaluées chaque année, en consultation avec les parents des enfants concernés ainsi que les enfants eux-mêmes. De la même façon que chaque enfant est unique, chaque jumeau (triplé et plus) est unique et ses besoins doivent être considérés. Par conséquent, nous croyons que les politiques internes préétablies dans les écoles - que ce soit pour les séparer ou les garder dans la même classe - sont inappropriées. - Conseil international des organisations de naissances multiples (ICOMBO) Au Canada, l'organisme Naissances Multiples Canada (Multiple Birth Canada ) abonde dans le même sens et recommande que le placement des enfants issus d'une naissance multiple soit évalué chaque année scolaire afin de déterminer quelle est la meilleure situation pour eux, c'est-à-dire d'être ensemble ou séparés. La décision finale devrait être prise conjointement par les parents, le(s) enseignant(s), le directeur et, à l’âge approprié, les enfants eux-mêmes. (Griffith, S., 2020). ​ LES POURS ET LES CONTRES ​ Tel que mentionné précédemment, il n’y a pas de solution miracle qui fonctionne pour tous les duos ou trios. Il est donc important de prendre votre décision en fonction de la personnalité de vos enfants. Il se peut également que vous préfériez séparer vos jumeaux une année et ne pas les séparer une autre année. Tout dépend du contexte. Voici une liste de facteurs à considérer pour prendre une décision éclairée: Arguments pour garder les enfants dans le même groupe Crédit photos: Mamans Pieuvres Simplicité au niveau de l’organisation familiale (heure des devoirs et leçons, une seule rencontre de parents, un seul canal de communication avec l’école, etc.) Relation saine entre les jumeaux ou triplés (entraide, confiance, encouragements, etc.) Adaptation plus facile lors de la transition garderie/école ou maison/école Moins de chance de développer des comportements sociaux négatifs Effets néfastes possibles sur le développement de l’enfant si la séparation est précoce et non désirée Aucun impact sur la réussite scolaire Désir des enfants plus vieux d’être dans la même classe Arguments pour séparer les enfants de groupe Crédit photos: Mamans Pieuvres Relations conflictuelles entre les jumeaux ou les triplés à l’école qui peuvent avoir des répercussions sur la vie familiale Compétition malsaine entre les jumeaux ou triplés Tendance d’un des jumeaux ou triplés à dominer le(s) autre(s) Besoin d’un des enfants de fréquenter une classe à effectifs réduits ou de redoubler une année Complicité des jumeaux ou triplés pour tricher ou perturber la classe Aucun impact sur la réussite scolaire Choix de cours ou de programmes différents à l’école secondaire Désir des enfants plus vieux d’être séparés En bref, la recherche préconise le libre-choix aux parents de jumeaux. Peu importe votre décision sur le placement de vos multiples à l'école, il est recommandé d’en discuter avec le personnel scolaire au printemps en vue de la rentrée. Votre avis devrait être prit en compte au moment de la formation des groupes pour l’année suivante, qui a généralement lieu au mois de mai ou juin. ​ RECHERCHE SUR LA SÉPARATION DES JUMEAUX EN CLASSE ​ En 2021, une équipe de chercheurs québécois a publié une étude dans la revue Educational Policy sur la séparation des jumeaux en classe et les effets sur leur cheminement scolaire. L'équipe de Mamans Pieuvres a interviewé Madame Gabrielle Garon-Carrier, professeure adjointe au département de psychoéducation, de l'Université de Sherbrooke sur le sujet. Elle détient un doctorat en psychologie ainsi qu'un postdoctorat en psychologie du développement et s'intéresse au lien gémellaire depuis quelques années déjà. Pour écouter l'entrevue, cliquez ici . Pour consulter l'article paru sur le site du GRISE, cliquez ici ​ ​ LES ÉTAPES POUR VOUS AIDER À FAIRE RESPECTER VOTRE CHOIX ​ L’équipe de Mamans Pieuvres joint officiellement sa voix à celle des organisations internationales et nationales et soutient le libre-choix des parents en ce qui concerne le placement des jumeaux en classe.​ ​ Si vous habitez en France, nous vous conseillons de contacter la Fédération Jumeaux et Plus pour vous épauler dans votre démarche puisque les instances ci-dessous sont disponible au Canada uniquement. ​ Vous connaissez déjà le lien gémellaire qui unit votre duo ou votre trio. Si vous hésitez encore à les séparer ou à les garder ensemble, n'oubliez pas de demander l'opinion des principaux intéressés. Vous pourriez être surpris! Rien ne vous empêche de les garder ensemble pour la maternelle, et de les séparer une ou deux années plus tard. ​ Avant l'inscription au préscolaire, contactez l'école afin de prendre connaissance de leur politique interne. Si vous connaissez un parent de multiple ou un membre du personnel enseignant, posez lui des questions. Attention! À l'intérieur d'un même centre de service, les écoles ont des approches différentes sur la séparation des jumeaux. Ce sont souvent les professeurs et la direction de l'école qui décident, en donnant différentes raisons parfois non-fondées. Si vous avez eu la confirmation que l'école préconise le libre-choix, vous n'avez pas d'autres démarches à faire. Cependant, nous vous encourageons à suivre de près le dossier de vos enfants en demandant une confirmation écrite car il est parfois possible que votre choix ne soit pas été respecté. Si dans le cas où l'école refuse votre demande, il est important de commencer à noter les réponses (verbales ou écrites) du personnel, particulièrement les commentaires négatifs. ​ ​ Sachez que par vos démarches, vous nous aider à sensibiliser les institutions à la réalité des naissances multiples et à défaire certains mythes qui y sont associés. Demeurez ferme mais courtois en tout temps dans vos échanges par respect pour le personnel mais aussi pour le bien-être de vos enfants puisque c'est eux qui les côtoieront au quotidien! ​ Voici les étapes à entreprendre lorsqu'on ne respecte pas votre choix quant à la formation des groupes de vos jumeaux. Préparation des arguments 01 Fixer un rendez-vous avec la direction ou l'enseignant concerné. Si ce n'est pas déjà fait, lire en entier la première partie de cette page qui porte sur la séparation des jumeaux à l'école (incluant l'entrevue audio). Imprimer notre lettre de sensibilisation disponible dans notre section OUTILS GRATUITS. Au besoin, annexer quelques études ou des articles de journaux les plus pertinents que vous retrouvez sur le web ou encore au bas de cette page. Rencontre officielle avec la direction ou le membre du personnel 02 ​ Exposez vos arguments. Remettez la lettre (et autres documents à l'appui si désiré). Prenez le temps de noter les réponses des personnes concernées (incluant la date et l'heure). Confirmez par écrit le dénouement de la rencontre, dépendamment de la décision: Exemple: Tel que discuté lors de notre rencontre du 01-01-2000, je vous remercie de votre ouverture et de nous avoir accordé le libre-choix quant au placement de nos jumeaux/triplés pour la formation des groupes. Je vous confirme donc par écrit que nos jumeaux seront (ou ne seront pas) dans la même classe pour l'année scolaire 2000. ​ ou ​​ Exemple: Tel que discuté lors de notre rencontre du 01-01-2000, je vous confirme que nous désirons toujours que vous nous accordiez le libre choix face au placement de nos jumeaux/triplés pour la formation des groupes. Nous désirons que nos jumeaux/triplés soient dans le même groupe (ou séparés). Suite à votre refus, je vous confirme que nous irons subséquemment de l'avant avec la prochaine étape. Communication avec le comité de parents et la FCPQ 03 Communiquez avec le comité de parent de votre centre scolaire. Ce comité est voué à la défense des intérêts des parents et est a ffilié à la Fédération des comités de parents du Québec. ​ Vous pouvez également communiquer en tout temps avec la Fédération des comités de parents du Québec qui accompagne, soutient et représente les parents d’élèves pour les aider à prendre leur place dans le milieu scolaire et à répondre aux besoins réels de leurs enfants.​ Si vous avez besoin de support, n'hésitez pas à leur écrire à l'adresse suivante: services-conseils@fcpq.qc.ca ​ Plainte au centre de services scolaire 04 Après avoir constaté l’impasse avec la direction ou le membre du personnel concerné , enclenchez le processus de traitement des plaintes et de résolution de votre centre de services scolaire. ​ Commencer par trouver votre centre de services scolaire: cliquez ici pour accéder au répertoire. ​ Suivez le processus de plaintes existant pour votre centre. Déposer la plainte afin d'expliquer votre insatisfaction. Habituellement, c'est le secrétaire général qui traitera la plainte. Celui-ci tentera de trouver une solution satisfaisante pour le parent et la direction de l’école. ​ ​ ​ Si vous n’êtes pas satisfait du résultat obtenu à la suite du traitement de votre plainte, vous pouvez vous adresser au protecteur de l’élève (étape suivante). ​ ​ Prenez note que tout au long du processus, le plaignant a le droit d’être accompagné de la personne de son choix. Enquête par le Protecteur de l'élève 05 Si vous n'avez pas réussi à faire entendre votre point et que le problème n’a pas pu être réglé lors des étapes précédentes, vous pouvez dès lors vous adresser au Protecteur de l'élève. Celui-ci n'est pas un employé du centre de service mais plutôt une personne désignée par le comité de parents. Il disposera de 30 jours suivant le dépôt de la plainte, pour faire son enquête en rencontrant les personnes concernées. Il présentera ensuite une recommandation au Conseil d’administration. ​​ Voici quelques conseils provenant directement du site de la FCPQ , concernant la rédaction de votre plainte auprès du Protecteur de l'élève : ​​ Votre plainte doit toutefois être rédigée avec soin. Le texte doit être clair et les termes bien choisis, de manière à ne pas laisser place à l’ambiguïté. En ce sens, prenez bien soin de rédiger la plainte de la manière la plus factuelle possible, en évitant d’émettre des opinions. L’objet de la plainte : vous devez d’abord définir l’objet de votre plainte de la manière la plus précise possible. Des preuves solides : vous devez décrire brièvement le problème, en accompagnant celui-ci de faits précis, de preuves claires ou de témoignages solides, en précisant la circonstance dans laquelle se sont déroulés les faits, la date et le lieu ainsi que les personnes concernées et leurs coordonnées. Vous devez également expliquer pourquoi vous croyez que vos droits ou ceux de votre enfant ont été brimés en décrivant notamment les préjudices subis. Les démarches entreprises : s’il y a lieu, vous devez décrire les démarches que vous avez déjà entreprises, en précisant la date, les personnes contactées ainsi que les résultats obtenus. Une suggestion de solution : suggérez à votre destinataire quelle serait, selon vous, la meilleure solution pour régler le litige D'après nos recherches, il est rare qu'un parent se rendre à cette étape en ce qui concerne un litige sur le placement des jumeaux puisque la situation se règle souvent avec le comité de parents. Q&R SUR LES RÉSULTATS SCOLAIRES AVEC UN ORTHOPÉDAGOGUE 1-Que faire si une compétition s’installe entre mes jumeaux lors de la période des devoirs et leçons? Il est important que la période de devoirs et leçons ne se déroule pas dans un climat de compétition entre vos jumeaux ou vos triplés. Pour ce faire, je vous invite à normaliser l’erreur et les difficultés en utilisant notamment les phrases suivantes : C’est en se trompant qu’on apprend; C’est normal de ne pas tout savoir. C’est vrai que X est meilleur en orthographe. Mais toi, Y, tu es meilleur en mathématiques. Chacun ses forces. Prends ton temps. C’est difficile, mais j’ai confiance que tu vas y arriver. L’erreur est humaine; Il est également possible de leur faire faire leurs devoirs et leçons dans des pièces séparées si le climat de compétition est persistant. 2-Comment éviter qu’une compétition s’installe au niveau des notes? Tout d’abord, je suis d’avis qu’une note est quelque chose de très personnel. Pour certains, un 70% équivaut à beaucoup plus de fierté, d’efforts et de travail acharné qu’un 90% pour d’autres. Il faut aussi être conscient que chacun a des forces spécifiques. Pour certains enfants, le français et les mathématiques sont très ardus, mais le travail manuel est un talent. Pour d’autres, c’est la musique, les arts, la communication, les relations sociales, le ménage ou l’orientation spatiale qui représente leur plus grande force. On ne peut pas être bon dans tout, mais l’important est de faire des efforts et de donner le meilleur de soi-même. À mon avis, il faut conscientiser les enfants à tout cela. C’est important de leur faire nommer leurs talents, leurs forces, leurs intérêts. Cela leur permet non seulement de se connaître davantage en tant qu’individu, mais aussi de développer une saine estime de soi. Plus spécifiquement aux jumeaux ou triplés, je conseille d’encourager un climat d’entraide et de collaboration entre eux à la maison, autant durant la période de devoirs et leçons que lors des tâches de la vie quotidienne. Par exemple, faire une course de celui qui finit de ranger ses blocs en premier peut sembler motivateur, mais c’est une technique qui encourage un climat de compétition entre eux. Si on leur demande plutôt de ranger les blocs ensemble, on encourage un climat de collaboration. Leur attribuer des tâches selon leurs forces respectives peut aussi encourager ce climat de collaboration, tout en mettant de l’avant les talents de chacun. ​ 3-En cas de redoublement d’un seul des jumeaux, comment aborder le sujet avec mes enfants? C’est une question intéressante, car le redoublement est souvent associé à l’échec. Cela peut faire vivre une tempête d’émotions à l’enfant redoubleur. Certains sont soulagés de ne pas passer au niveau supérieur, car ils ne se sentaient pas prêts. D’autres sont inquiets, fâchés ou tristes face à leur échec, mais aussi face au fait de ne plus être avec leurs amis ou avec leur jumeau en classe. Dans un premier temps, c’est important d’adopter une attitude d’écoute et d’ouverture face à l’enfant qui redouble. Il a besoin de se sentir compris. D’autre part, il est important de demeurer optimiste et de lui faire sentir que c’est la bonne décision et que cela lui donnera un coup de pouce pour la suite. Avec la fratrie, j’aborderais le redoublement d’une manière positive également. Tel que mentionné plus haut, chacun a ses forces et ses difficultés. Je parlerais avec eux des belles forces de leur frère/soeur. Puis, je leur expliquerais qu’il/elle a besoin d’un petit coup de pouce à l’école et que la décision de le faire redoubler a été prise pour lui permettre d’apprendre à son rythme. ​ 4-Est-ce que mes jumeaux ou triplés prématurés ont plus de chances de recevoir un diagnostic de trouble d’apprentissage? À ce jour, les causes des troubles spécifiques de l’apprentissage sont encore inconnues. Des recherches se sont penchées à ce sujet et il semblerait que les causes soient génétiques et neurologiques (CENTAM,2022). Ainsi, il demeure difficile de faire un lien entre prématurité et trouble spécifique d’apprentissage. Toutefois, certaines études ( Alterman et al , 2022 ; M cBryde et al, 2020 ) ont démontré qu’un plus grand pourcentage d’enfants grands prématurés présenterait des difficultés scolaires. Ces difficultés, dues à une certaine immaturité cérébrale, causeraient un retard dans les apprentissages qui serait la plupart du temps rattrapé au cours du parcours scolaire de l’enfant, vers le début du secondaire. Nous aurions donc affaires à des difficultés temporaires plutôt que des troubles persistants. ​ 5-Est-ce que mes jumeaux ou triplés recevront tous le même diagnostic? ​ Tel que mentionné plus haut, les causes des troubles d’apprentissage sont encore inconnues. Toutefois, une prédisposition génétique a été établie. Ainsi, si un de vos jumeaux ou triplés reçoit un diagnostic de trouble d’apprentissage, l’autre (les autres) enfant(s) issu(s) de la même grossesse ont plus de chance d’avoir le même diagnostic. Toutefois, il est aussi possible qu’un seul cojumeau présente ce trouble. Les probabilités varient selon le type de jumeaux : c'est environ 70% chez les monozygotes et 45% chez les dizygotes, soit la même probabilité que pour des frères et sœurs issus de grossesses différentes. Pour conclure, la scolarité des jumeaux et triplés est une longue aventure qui vous amènera certainement plusieurs questionnements au fil des années. N’hésitez pas à collaborer avec l’école pour accompagner vos multiples au meilleur de vos capacités. Si quelque chose vous préoccupe en lien avec le bien-être scolaire de vos enfants, faites-en part à leur(s) enseignant(s). Après tout, vous êtes les experts de vos petits ! Avez-vous demandé à vos jumeaux ce qu'ils pensaient sur le fait d’être ensemble ou séparés à l'école ? Nous avons effectué un mini vox pop! Regarder le vox pop! Vous recherchez du soutien et des conseils concernant la séparation des classes au Québec ? Voici un groupe Facebook de parents prônant le libre choix. Adhérer au groupe LIENS INTÉRESSANTS À CONSULTER: Section pour les parents Source: Allo prof Ressources et section pour les parents Source: Fédération des comités de parents du Québec Ressource et outils Source: Institut TA Sources : ​ Lalonde N. et Moisan D, 2003. Le placement des jumeaux en classe. Résolution des commissaires de la CSDM. Avril 2003 La scolarité des multiples. Carnet pratique. Site web de la Fédération Jumeaux et Plus. Consulté le 25 août 2022. Jumeaux : Ensemble ou séparés en classe ? Le magazine Vie de famille. Article publié le 08 août 2022. Séparer ou non les jumeaux à l'école? Hamann, Jean. ULaval Nouvelles. Article publié le 3 mai 2018. Garon-Carrier, G., Bégin, V., Brendgen, M., Vitaro, F., Ouellet-Morin, I., Dionne, G., & Boivin, M. (2022). Classroom Placement and Twins’ Social Behaviors in Elementary School: Providing Empirical Evidence to Inform Educational Policy. Educational Policy, 36(7), 1850–1875. White EK, Garon-Carrier G, Tosto MG, Malykh SB, Li X, Kiddle B, Riglin L, Byrne B, Dionne G, Brendgen M, Vitaro F, Tremblay RE, Boivin M, Kovas Y. (2018). Twin classroom dilemma:to study together or separately?. Developmental Psychology 54 1244-1254. Séguin, G. Jumeaux, mission possible! Chu Sainte-Justine, 2019. Mayor, M. La séparation et le maintien des jumeaux à l’école (mémoire professionnel). HEP - Haute école pédagogique. Juin 2011 J. Susan Griffith. School placement of multiples study: Multiples in school - Together or not? ICOMBO. 22 pages. Juillet 2020. Gestational age at birth and academic attainment in primary and secondary school in England: Evidence from a national cohort study Alterman N, Johnson S, Carson C, Petrou S, Kurinzcuk JJ, et al. (2022) McBryde M, Fitzallen GC, Liley HG, Taylor HG, Bora S. Academic Outcomes of School-Aged Children Born Preterm: A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA Netw Open. 2020 Apr 1;3(4):e202027. 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  • Le développement des jumeaux: synchro ou pas ?

    Crédits photos: Canva Le développement des tout-petits est un domaine fascinant … qui le devient encore plus lorsqu’on parle de multiples ! Le développement des jumeaux peut justement être teinté par la gémellité. De manière générale, les enfants ont leur première dent en moyenne à l’âge de 6 mois, font leur premiers pas vers 12 mois, commencent à dire des mots vers 10-13 mois, jouent vraiment ensemble vers 3 ans. ​ Mais qu'en est-il des jumeaux ? Sont-ils synchronisés ? La réponse la plus simple : cela dépend vraiment de quel type de multiple! ​ 1- Développement physique ​ Prenons l'exemple de la poussée dentaire. C'est la génétique qui va déterminer, entre autres, à quel âge la première dent fera son apparition.  C’est quand même impressionnant de constater que pour les jumeaux identiques, cette dent apparaîtra au même moment pour les deux ... souvent avec à peine un ou deux jours de différence. Chez les jumeaux non identiques, tout est possible! ​ Vous êtes inquiets ? Pas de panique ! Il est difficile de ne pas remarquer et comparer les différences dans le développement de deux ou trois enfants qui ont exactement le même âge et qui évoluent dans le même environnement.  N’oublions pas que pour trouver une moyenne, on doit prendre en compte les deux extrêmes. Revenons à l'exemple de nos dents. Si chez certains enfants la première dent perce à 6 mois, d'autres c'est vers 10-11 mois que cela se produit. Et puis, quand on y pense, certains bébés naissent avec une dent! Tout cela pour expliquer qu'il y a un écart entre les deux et tout est normal.  Ces moyennes nous rassurent ou nous inquiètent, selon notre expérience et nos attentes! ​ 2- Compétences langagières ​ Pour le développement du langage chez les multiples, il fut répertorié de compter environ 6 mois après les singletons. Ne soyez pas surpris de constater ce « retard » , qui n’en est peut-être pas un! On sait que les jumeaux peuvent même développer un « langage secret » que les gens autour de vous ne comprendront pas.  Souvent les tout-petits qui commencent à babiller forment quelques sons, des « mots » précis qui ont une signification pour eux seuls.  C’est normal; ils veulent communiquer! Ceci étant dit, il est toutefois conseillé d'encourager les jumeaux à plutôt utiliser des mots que tout le monde comprendra. De là l’importance de leur parler individuellement et beaucoup, afin d'éviter que vos jumeaux s’isolent et ne parlent que leur langue secrète entre eux. ​ Quand un enfant commence à utiliser le « je », on comprend qu’il est plus conscient qu’il existe pour vrai, qu’il est une personne à part entière. C’est une grande étape! Ça se passera souvent autour de 18 mois pour les singletons. On s'adresse souvent aux jumeaux en disant « vous », puisqu’ils sont souvent ensemble, par la force des choses.  Les jumeaux vont donc souvent utiliser le « nous » avant de passer au  « je ». D’où l’importance de parler individuellement aux jumeaux, pour encourager ces tout-petits à comprendre que chacun d’eux est un individu. ​ 3- Habiletés sociales Si certains éléments du développement posent un défi supplémentaire pour des jumeaux,  certains aspects peuvent être facilités. Ils auront de l’avance, fort probablement au niveau de la maturité sociale car ils ont nécessairement appris à attendre leur tour et à partager.  Alors que les psychologues ont déterminé que les tout-petits jouent vraiment ensemble (et non simplement un à côté de l’autre sans vraie interaction) à partir d’environ 3 ans,  les parents de jumeaux savent que chez eux, ça commence beaucoup plus tôt! ​ Profitez de votre place privilégiée aux premières loges pour voir comment ça se déroule, chez vous, avec vos jumeaux.  Semblables ou différents entre eux? Semblables ou différents des cousins qui ont le même âge? C’est toujours un plaisir de voir évoluer nos tout-petits, de les voir faire des découvertes et commencer à devenir des vraies petites personnes dans toute leur unicité malgré leurs similitudes. Il y a plusieurs petites différences entre le développement du singleton par rapport au développement des jumeaux.  S'occuper d'eux peut être un peu plus complexe à certains niveaux, mais ils vous surprendront avec leur collaboration quand il s’agira de grimper pour se rendre où ils veulent, parfois bien avant de dire leurs premiers mots! Pour ce qui est de l'autonomie des jumeaux, il faut tout simplement comprendre que celle-ci peut être retardée aux yeux de la société, car elle est plus complexe que chez les singletons. Il est certainement difficile de ne pas remarquer et comparer les différences dans le développement de deux ou trois enfants qui ont exactement le même âge et qui évoluent dans le même environnement. Il faut cependant se rappeler que ces petits jumeaux sont d’abord et avant tout des petits enfants, comme les autres, chacun ayant son propre rythme de développement. Collaboration spéciale de Madame Gisèle Séguin Autrice chez les éditions CHU Sainte-Justine, Madame Séguin est mère de jumeaux identiques et elle fut active pendant de nombreuses années au sein de l'association des parents de jumeaux de sa région. Si vous désirez en apprendre davantage sur le développement des jumeaux pendant la petite enfance, consultez notre page sur le sujet : www.mamanspieuvres.com/developpement L'équipe de Mamans Pieuvres vous recommande le livre Questions de jumeaux : Réponses multiples de Madame Gisèle Séguin des Éditions CHU Sainte-Justine.

  • Grâce à mes jumeaux, nous dormons!

    Crédits photos: Wix Grâce à mes jumeaux, NOUS dormons! Un drôle de titre pour un article, n’est-ce pas? Maintenant que j’ai votre attention, laissez-moi vous partager mon témoignage. LA PÉRIODE POSTNATALE On sait tous que le fameux quatrième trimestre est une période intense pour tous les parents : jongler avec la récupération post accouchement, le changement d’hormones, l’adaptation de notre nouveau rôle, les nombreux boires , rendez-vous médicaux de suivi et j’en passe. Multipliez ceci par deux ou trois bébés et vous avez le cocktail parfait pour que votre santé (mentale, physique et conjugale) soit en péril. Mon postnatal fut teinté d’une hospitalisation pour ma fille en plus de graves problèmes de santé personnels. Une fois ces petites épreuves derrière nous, nous avions établi une stratégie pour le sommeil de nos bébés la nuit : se lever pour le même bébé. Rapidement, nous avions remarqué que notre garçon semblait mieux dormir et plus longtemps que notre fille. Pourtant, la routine était la même pour les deux bébés depuis le jour 1: lumières tamisées après le souper, pyjamas et comptine, dernier boire juste avant le dodo, rots et endormissement dans nos bras pour ensuite les mettre dans leur lit. Pour ma fille, c’était une autre histoire. Chaque semaine, son nombre d’éveil la nuit augmentait, si bien que je ne pouvais plus la déposer lors du dodo de nuit sans une méga crise. Je ne savais plus quoi faire … je commençais à paniquer car je n’avais plus ce petit moment en soirée pour faire les tâches de la journée et décanter un peu avant ma nuit remplie de péripéties. Ma fille s’apaisait seulement quand c’était maman alors il n’avait rien à faire si papa voulait prendre le relais … les soirs/nuits où il était présent! Il faut dire que mon conjoint avait recommencé à travailler sur des quarts de soir et de nuit. J'avais beaucoup lu sur la proximité, sur l'importance de répondre aux besoins de mes bébés, la fameuse régression du sommeil et les poussées dentaires. MAMAN N’EN PEUT PLUS Le manque de sommeil avait commencé sournoisement à avoir des effets dramatiques sur ma santé mentale. On m’avait avertie … j’avais lu sur ce le sujet mais au fond, rien ne peut nous préparer à affronter les effets du manque de sommeil sur notre propre corps. Après tout, nous sommes tous des humains différents. Certaines ont plus de tolérance au manque de sommeil, d'autres en ont moins, et certaines d'entres nous ont même des prédispositions médicales. Je pleurais beaucoup : épuisée, vidée ... je devais passer à travers mes journées avec cette fatigue immense qui me hantait. Rien de pire de coucher les bébés pour la nuit et d’être dans ce sentiment d’hypervigilance où l’on ignore quand sera le prochain réveil. Et puis coup de théâtre, à leur 6 mois, une certaine pandémie est arrivée. Encore moins de déplacement, moins d’aide de jour comme de nuit. Je me suis donc tournée vers les témoignages d’autres parents de jumeaux sur les groupes de soutien. J’ai commencé à lire sur les fameuses techniques de sommeil. Je pleurais de culpabilité juste à penser de contacter une conseillère en sommeil. Ma fille était un bébé à bras et je devais être présente pour répondre à SES besoins … à LEURS besoins. Même dans l’épuisement total, je pensais à eux et non à moi. Parce que dans mon rôle de nouvelle mère, être une "bonne maman" signifiait passer les besoins de mes enfants avant les miens. Une chose était certaine, je voulais du soutien et du support. Mais comment et avec qui ? Et surtout de quelle manière ? Rien de pire que d’essayer de prendre une décision éclairée ou réfléchie quand on se sent morte à l’intérieur (et à l’extérieur!). LA RÉVÉLATION Répondre à LEURS besoins. Mais quels besoins ? Quels étaient LEURS besoins ? Je constatais que mes bébés ne dormaient pas beaucoup pendant leurs siestes et je voyais leur comportement qui changeait de semaine en semaine. Oui je les voyais ces signes imminents de fatigue, les multiples crises et pleurs dans le jour. Le déclic s’est fait vers leur 6 mois pendant l’introduction des solides. Ce n’était pas du tout agréable. C’était pourtant une étape qui me rendait heureuse et qui allait établir une routine plus claire pendant nos journées. Vers 16-17 heures, les bébés étaient brulés. J’étais là , devant eux en tentant de les nourrir parmi les pleurs incessants. Et puis j’ai craqué. J’ai éclaté en sanglots et je leur ai dit à quel point maman était fatiguée. Nous étions maintenant trois à être des plus misérables et à pleurer en cœur !  Et c’est à ce moment que j’ai compris que répondre à LEURS besoins, c’était prioriser leur sommeil. Ce n’était plus juste moi qui devait dormir. Le soir même j’avais trouvé une professionnelle qui avait le genre d’expérience que je recherchais. Le lendemain, j’avais un rendez-vous qui fut déterminant pour la santé de ma famille. Sa prise en charge était impressionnante. La première étape fut d’investiguer des problèmes de santé potentiel de nos bébés et parler de sommeil avec notre médecin de famille. Par la suite, nous devions revoir la routine et la peaufiner : changer l’ordre dans lequel nous effectuions les étapes et m’ajuster lorsque papa était absent. Puisque la constance est primordiale et que devions former une équipe, il fallait se mettre d’accord en discutant ensemble des différentes approches d’autoapaisement. LE MIRACLE J’étais plus que déterminée d’investir dans l’hygiène de sommeil de mes enfants. Mais par dessous tout, j’étais en confiance totale. Le changement fut tellement drastique que la même semaine je ne reconnaissais plus mes bébés! Ma fille dormait toute la nuit ET pendant le jour, je découvrais des bébés enjoués . De vraies belles siestes réparatrices furent instaurées le matin et l'après-midi. Pour la première fois depuis le début de mon congé parental, je pouvais non seulement prendre le temps de me faire un café mais en plus, je n'étais pas obligée de le réchauffer ! Les 1001 livres qui étaient sur mes épaules se sont envolés et on faite place à une maman reposée et disposée à s'attaquer aux longues journées mouvementées avec deux bébés ! Et Dieu sait que nous avons besoin d'énergie et de patience en grande abondance! En prime, j'avais maintenant du temps pour moi et pour mon couple. Et pas juste pour faire des tâches ménagères! C'est à ce moment que j'ai compris que pour moi, être une bonne maman, c'était de préserver la santé de mon corps mais aussi de ma tête et de mon cœur afin de prendre soin adéquatement de mes petits. Quand je repense à ces quelques mois de brouillard (qui m’ont paru des années!), je suis reconnaissante d’avoir été si épuisée! En prenant du recul, je suis convaincue que le fait d’avoir touché le fond m’aie poussé à aller chercher de l’aide dont je n’aurais probablement eu jamais recours avec un seul bébé. J’ai beaucoup de compassion pour les parents (surtout les mamans) qui doivent naviguer à travers les différentes approches en lien avec le sommeil. Difficile de départager le vrai du faux quand des professionnels ayant des études et des titres officiels se contredisent. À cela, ajoutons les commentaires des autres qui sont teintés de culpabilité et qui nous affectent insidieusement. Je me demande parfois quelle maman je serais aujourd’hui. Serais-je encore en couple ? Et mes petits, eux ? On ne parle pas assez souvent des effets du manque de sommeil sur leur développement. Et sur la santé de toute la famille. Mais peu importe, une chose est certaine aujourd’hui  : NOUS dormons grâce à nos jumeaux. Si vous hésitez à investir dans le sommeil de votre famille, nous vous encourageons à le faire dès maintenant avec un professionnel compétent et en qui vous avez confiance. Si vous ne savez pas par où commencer, nous vous invitons à en apprendre davantage sur notre cours FAVORISER LE SOMMEIL DE NOS BÉBÉS, destiné aux futurs et nouveaux parents de multiple. Catherine Legault Rédactrice en chef Équipe Mamans Pieuvres

  • Le diabète gestationnel et les jumeaux

    Crédits photos: Wix Si vous n'étiez pas déjà au courant, les grossesses gémellaires et multiples sont considérées "à risques élevées" pour différentes raisons. Le diabète gestationnel est un type de diabète qui peut se développer pendant la grossesse chez les femmes qui ne souffrent pas déjà de diabète. Celui-ci entraîne des taux élevés de glucose dans le sang, car la mère ne peut pas produire suffisamment d’insuline (les besoins en insuline d’une personne enceinte sont deux à trois fois supérieurs à la normale). Le risque de développer un diabète gestationnel est généralement plus élevé chez celles qui portent des jumeaux ou des multiples d'ordre supérieur. En effet, porter plusieurs bébés exerce un stress supplémentaire sur le corps et augmente la demande d'insuline. Le risque peut également être plus élevé en raison d'une augmentation du taux d’hormones placentaires. Si vous vivez cette complication ou vous craignez la développer, sachez qu’une étude fort intéressante démontre que le diabète gestationnel est associé à un risque plus faible de décès néonatal chez les jumeaux. C’est une nouvelle positive pour les mamans qui pourraient être confrontées a ce diagnostic lors d'une grossesse multiple. Une revue systématique et une méta-analyse récente ont évalué le risque d'effets indésirables des complications reliées au diabète gestationnel chez maman et les bébés, par rapport aux groupes témoins sans diabète. La principale conclusion de cette étude démontre que malgré le risque accru de complications, l'impact du diabète gestationnel est plus léger chez les grossesses gémellaires que chez les grossesses uniques. Les deux principales raisons évoquées sont les suivantes: 1- Le diabète de grossesse aurait un effet positif sur la croissance des jumeaux (le faible poids à la naissance est l'une des causes les plus fréquentes de morbidité chez les jumeaux). 2- Le diabète de grossesse entraîne une surveillance prénatale plus étroite et un suivi avec différents professionnels par rapport aux grossesses gémellaires sans diabète gestationnel. Si vous vivez cette complication et que vous ressentez du découragement, pensez à vos bébés et rappelez vous que votre mission est de prendre soin de vous-même, puisque leur bien-être en sont directement impacté. Si vous avez des inquiétudes concernant votre santé prénatale ou votre suivi obstétrical, parlez en à votre professionnel de la santé! Si vous désirez suivre des cours prénataux pour grossesses gémellaires, visitez notre page pour en apprendre davantage. Source: Greco E, Calanducci M, Nicolaides KH, Barry EV, Huda MS, Iliodromiti S 2023. Gestational diabetes mellitus and adverse maternal and perinatal outcomes in twin and singleton pregnancies: a systematic review and meta- analysis. American Journal of Obstetrics and Gynecology, doi: https://doi.org/10.1016/j.ajog.2023.08.011. Catherine Legault Rédactrice en chef - Équipe Mamans Pieuvres

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Cours en ligne (79)

  • Cours prénataux grossesse gémellaire

    Ce cours est spécifiquement conçu pour les futurs parents de jumeaux ou jumelles. Il est divisé en 13 modules et contient aussi un module BONUS, totalisant plus de 3 heures de contenu que vous pourrez visionner à votre rythme sur une période de 2 ans. Le cours contient des suggestions de lectures supplémentaires ainsi que des outils téléchargeables. De plus, vous y trouverez également un vidéo sur des techniques à faire pendant le travail. Pour plus d'informations sur ce cours, cliquez sur le lien suivant: https://www.mamanspieuvres.com/description-cours-prenataux

  • Module 2: L'accouchement, un bébé à la fois

    Lectures, références et outils à télécharger en lien avec ce module: Est-ce que vos valises pour l'hôpital sont complètes? Téléchargez les suggestions de l'équipe sur notre page OUTILS TÉLÉCHARGEABLES!

  • Module 6 : La césarienne

    Lectures, références et outils à télécharger en lien avec ce module: Cliquez sur l'image pour accéder à notre page sur l'accouchement, qui traite à la fois d'accouchement par césarienne et par voie basse. Voici des dépliants informatifs à télécharger:

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