Témoignages sur le deuil périnatal.

Et si deux était en fait trois.

Jasmine, maman ange d'un triplé.

La perte d'un triplé.

Aujourd’hui, vous avez un an. C’est une journée heureuse, mais en même temps quelque chose me fait mal en dedans. Quelque chose dans notre histoire si particulière fait toujours mal malgré les jours qui passent.


Trois minuscules petits êtres ont grandi dans mon ventre en même temps. Ils étaient mes bébés miracles. J’avais désiré devenir maman et la vie m’avait offert trois fois ce bonheur. À 27 semaines de grossesse, mes trois amours venaient au monde, trop rapidement, comme si on me les arrachait du ventre. Ils sont nés et je les ai cherchés, impuissante, pendant qu’ils luttaient pour vivre. C’est ainsi que je suis devenue maman.


J’ai d’abord été une maman d’hôpital. Autrefois, mon ventre était leur maison. Puis, il a été remplacé par un incubateur. Les sons rassurants et la chaleur avec lesquelles ils avaient pris racine ont été remplacés par les sons alarmants des machines et les bruits chaotiques des urgences en néonatalogie. Pendant que je courais d’une chambre à l’autre pour tenter de les retrouver, mon cœur de maman se déchirait puis se recollait. C’était comme vivre en pleine tempête. Je me souviens, à ce moment-là, que quelque chose a changé en moi. Quelque chose s’est brisé. J’ai perdu la naïveté de la nouvelle maman. Un aspect qui me changerait pour toujours.


Deux semaines plus tard, je suis devenue une maman en deuil. Lorsque mon petit ange nous a quitté, il était blotti au creux de mes bras. C’était la première fois que je pouvais prendre un de mes garçons pour le bercer. Je me souviens la compassion et le support des médecins. Puis, je me souviens l’infirmière venant vérifier le battement du cœur de notre petit ange pendant qu’il nous quittait tranquillement, sans que l’on ne puisse rien y faire. C’était un tout petit être, mais d’une si grande force. Je me sentais tellement loin de tout ce que j’avais souhaité. Je me sentais tellement loin de moi.


Puis, les jours, les semaines et les mois ont passé, nous avons quitté la néonatalogie, apprivoisé le quotidien, fait face à de nombreux défis, mais surtout aimé profondément nos garçons chaque seconde, chaque minute et chaque jour. Avec le temps, j’ai enfin pu être une simple maman. Du moins, j’aime croire que c’est le cas, même s’il m’arrive de pleurer et de rire en même temps. Lorsque je regarde mes garçons, je vis parfois simultanément le bonheur le plus immense et la douleur la plus profonde. C’est une sensation que j’apprivoise tranquillement.


Je suis une maman, et je resterai la tienne. Je te remercie d’avoir passé comme une étoile filante dans ma vie, car tu m’as rendue heureuse. Mes mots rendront toujours hommage à ta résilience, ta force et ton courage. Merci d’être partout où je suis même si tu n’y es plus concrètement. Tu es les plus beaux couchers de soleil, l’odeur saline près du fleuve, les brises fraîches lors des journées chaudes, les magnifiques fleurs qui poussent dans ce pommetier aux portes de notre foyer. Tu es le rire qui lie tes frères tout en étant la poudre d’étoiles qui les bercent tranquillement vers le sommeil.

Je t’aime mon ange, mon bébé.

Ta maman, Jasmine.

Shooting Star

Crédits photos: Wix

Je suis maman ange d'un jumeau.

Ève, maman ange d'un jumeau

La perte d'un jumeau.

Maman déjà d’un petit garçon de 16 mois, c’est à ce moment que j’ai rencontré l’homme avec qui je partage ma vie depuis 6 ans. 
En tant qu’enfant unique, c’était un privilège pour moi de pouvoir offrir un petit frère ou une petite sœur dans tout l’amour et douceur à mon grand garçon âgé de 6 ans à ce moment précis.

Nous avons déménagé dans une plus grande maison pour pouvoir faire place à notre belle famille qui s'agrandissait. Après six mois d’essai, voilà la deuxième ligne qui apparaît un 27 mars ... quelle joie de revivre tous ces beaux moments dans un tout autre contexte. 

 

J’ai annoncé la nouvelle à mon amour la journée même une surdose d’amour et d’excitation nous emportait de cette nouvelle aventure.

 

À 5 semaines de grossesse j’avais déjà le ventre bien rond.

 

Il est venu cette journée le 30 avril de l’échographie dating. Sans trop me faire d’attentes, j’étais seule pour ce premier rendez-vous car mon conjoint avait un empêchement.

J'entre dans le bureau le coeur un peu coincé à espérer que la grossesse se déroule bien. J’étais couchée sur la civière lorsque la lumière se ferme:  la petite sonde se dirige vers mon ventre. Je regarde l’écran en me croisant les doigts. Les yeux ronds, le gynécologue me dit: " félicitations il y en a deux!". La vague d’émotions m'envahit. Je ne peux pas y croire. Comment allons-nous faire? Je pleure tellement j'ai peur! Je ne m’y attendais pas, en fait personne n'est préparé à ce moment. Oui, j’avais des jumeaux dans ma famille mais jamais je n'aurais pensé que mon tour viendrait!

 

Je laisse mon anxiété derrière moi afin de contempler mes bébés. Le gynécologue me dit que j’attends des jumeaux didi; des jumeaux qui ont chacun leur poche. Il ne m’en dit pas plus. Je suis encore sous le choc que je n’ai pas de question qui me vient en tête. Je quitte avec ma photo d’échographie. Je suis dans mon auto, je crie de joie et je pleure. J’ai peur mais je suis contente et choyée de pouvoir vivre ce moment précieux.

 

J’arrive à la maison et je me presse d'aller rejoindre mon amour dans le salon du sous-sol. Puis, je me mets à pleurer, tellement que j’ai du mal à reprendre ma respiration. Pauvre lchéri qui ne comprend pas rien. Il pense que le bébé ne va pas bien. Je me reprends et je lui montre l’échographie:  "je te présente bébé À et bébé B". Il me regarde sans aucune réaction ... lui-même aussi en état de choc. Il me prend dans ses bras. Nous avons à peine digéré la nouvelle que nous prenons la voiture pour faire la tournée de notre famille afin de leur anoncer la grande nouvelle!
 

Je me souviendrai toujours de cette nuit. Je n’ai pas dormi. J'ai été incapable d'aller travailler le lendemain car j’étais encore sous le choc, quoique très heureuse. Je les aimais déjà tellement je ne voulais que rien ne leur arrivent: ils étaient aimés et attendus. 

 

Les semaines passent et mon ventre devient encore beaucoup plus rond. Puis est venu le temps de l’échographie de la clarté nucale de 12 semaines. J'étais plus qu’heureuse de revoir mes bébés. Couchées sur la civière, la lumière éteinte, la petite sonde se dirige vers mon ventre. Les yeux pétillants vers l’écran je vois clairement que quelque chose ne va pas. Un bébé est visiblement plus gros que l’autre. Le gynécologue me dit "je suis désolé mais un des bébés ne va pas bien, il n'a plus de battements de cœur".

 

Je ne peux pas y croire. Je vis une montagne russe d’émotions en si peu de temps. Je pleure. Je pleure mais j’essaie de profiter du moment et de rester forte pour le bébé qui va bien. Une fois de plus je passe la porte en pleurant. Nous annonçons la nouvelle à nos proches. Je pleure, je pleure. Mon amour ne le vit pas comme moi, c'est normal. J’ai passé quelques jours à pleurer, à me dire pourquoi ça m'arrive à moi? Qu’est ce que j’ai fait de mal? Qu’est ce que j’aurais pu faire autrement? Vient le moment de la culpabilité. Plus le temps passe, plus le petit bébé disparaît peu à peu lors des échographies. C’est un pincement au cœur à chaque fois.

 

Ce n’est pas un deuil facile à faire mais je me console car j’ai ce petit amour dans mon ventre qui va parfaitement bien. Je ne veux pas tout lui apporter le stress que m’envahit cette nouvelle. Parce que, oui, une fois que nous avons vécu cette perte, la peur du pire et l'anxiété prend une énorme place dans nos vie.

C’est tout une bonne leçon de vie que nous a apporté cette épreuve. Çeci est la preuve qu’on ne peut pas contrôler toutes les situations qui se présentent à nous. Malgré tous les changements de plans, les montagnes russes d’émotions, nous étions choyés d'avoir été choisis en double comme parents. La vie en a décidé autrement.

 

J’ai donné naissance à mon deuxième petit garçon le 24 novembre 2019 en pleine santé.

 

Je croyais que c’était notre petit dernier mais la vie est remplie de surprise! Au moment d'écrire ces lignes, je suis enceinte à nouveau. Je me dis que la vie nous rapporte ce que nous avons perdu; je suis enceinte de 31 semaines de mon troisième petit garçon. 

 

Toi, la maman ange, vous, les parents en deuil, que vous ayez perdu votre bébé à 5 ou à 30 semaines ... il n'en demeure pas moins que cette grossesse a existé. Je ne souhaite à personne de vivre cette épreuve douloureuse et je pense très fort à tous ces parents d'anges. Je vous offre tout mon soutien. 

 

Je remercierai jamais assez mon conjoint de m’avoir soutenu dans ces moments douloureux.

 

Ève

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Crédits photos: Mamans Pieuvres 

Mes jumeaux et le STT

Noémie, maman ange d'un jumeau

La perte d'un jumeau

 

Je suis tombée enceinte de jumeaux en juin 2019. Deux garçons. Très rapidement les médecins m’ont parlé des risques liés à cette grossesse. Notamment du fait qu’il n’y ait qu'un seul placenta et du syndrome du transfuseur transfusé (le sang n’est pas distribué de façon équitable entre les deux bébés.) .Je me suis fait opérer le 31 octobre (opération au laser). Cette opération consiste à couper le placenta en deux pour rétablir les échanges et permettre aux bébés de se développer correctement.

 

L’opération s'est bien passée, mes garçons étaient en bonne santé.

 

Mais à l’échographie de contrôle le lendemain, l’un d’eux était décédé. J'étais seule à l'hôpital lors de cette terrible annonce. À ce moment-là, mon esprit à quitté mon corps et je suis passée en "mode automatique ".

 

Le soir même, avec mon mari, nous lui avons donné le prénom Valentin. Notre ange à tout jamais.

 

À partir de là, ma grossesse a basculé. J’ai dû porter la vie et la mort durant plusieurs mois. J’ai cru devenir folle tant les émotions sont contradictoires. C'était les montagnes russes dans ma tête et mon cœur. Tant j’avais peur pour mon deuxième fils.

 

Impossible de me projeter. J’étais persuadée qu’il décéderait lui aussi.

 

J’ai accouché le 3 mars 2020 à la veille d’une pandémie mondiale.

Adrien est né à 17h22 en parfaite santé, Valentin est né sans un bruit à 17h35.

Durant ces longs mois, la nature à fait son travail, il était momifié dans le placenta. Nous n’avons pas pu le voir à la naissance. Mon plus grand regret.  Il ne me reste rien de lui, ni empreintes ni photo...

 

Nous avons pu enterrer Valentin dans la tombe familiale juste avant le confinement (en France). Nous avons fait les choses très simplement, avec peu de personnes.

Mais très vite je me suis retrouvée seule face à ma douleur, seule pour m’occuper d’un nouveau-né et de ma grande fille (mon mari travaille énormément).

Il y a peu de reconnaissance du deuil périnatal. C’est encore pire lorsque l’on perd un de nos jumeaux. J’ai moi-même, au départ, essayé de nier ma douleur. Après tout, je voulais un enfant et j’en ai un. Mais ça ne m’a pas aidé.


À la maison nous parlons de Valentin régulièrement. Il a un coin du jardin qui lui est dédié, nous en prenons soin. Maintenant je m'inquiète pour Adrien, et les éventuelles conséquences de la perte de son jumeau. 

Sa grande sœur aussi à énormément souffert. Elle n'avait que 3 ans lors du décès de Valentin. Ce fut extrêmement dur pour elle.

 

Ce genre d'épreuves nous change à jamais. 

 

Petit à petit j'ai appris à penser à Valentin sans tristesse.  Mais j'ai encore beaucoup de colère en moi.

 

À mon ange Valentin et à tous les anges.

 

Noémie ISELER. 

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Crédits photos: Mamans Pieuvres 

À petits pas d'ange

Shania, maman ange d'un jumeau

C’était notre première grossesse. Mon conjoint et moi étions ensemble depuis 4 ans. Après 9 mois d’essais, nous apprenions enfin que nous allions être parents. Le jour de l’échographie, lorsque nous avons appris que non seulement 1 mais bien 2 petits êtres poussaient dans ma bedaine, nous étions fous de joie. Quoi demander de mieux?! Deux fois plus de bonheur, de sourires, de rires, de souvenirs, etc. Nous avions toujours rêvé d’avoir deux enfants et particulièrement deux garçons. Voilà notre rêve devenait réalité. 

 

Nous avons étés transférés très tôt en gynécologie car comme vous le savez toutes , deux signifie deux fois plus de risques aussi. Les semaines passèrent et tout semblait aller comme sur des roulettes selon les avis médicaux, jusqu’au jour où j'ai atteint mon 24.3 semaines. Mon travail avait commencé et en l’espace de quelques heures, mes amours venaient nous rencontrer pour la première fois. Les émotions que nous vivons lors de ces événements sont tellement puissantes, effrayantes, incompréhensibles, mélangées, bref, ce sont tout qu’un paquet d’émotions qui viennent  s’installer au creux de notre cœur et de notre âme. Après une attente interminable de 6 heures, j’ai enfin pu rencontrer mes amours. Ils étaient si petits, si vulnérables et branchés de partout. Encore un paquet d’émotions qui viennent s’installer dans le creux de mes yeux. Mes deux incubateurs côte à côte , les moniteurs qui ne cessent de sonner, le jargon médical à moitié compréhensible, le personnel médical qui court au travers de l’unité pour aller sauver le bébé 3 lits plus loin, l’espace qui n’offre aucune intimité, et j’en passe.

Ces chiffres resteront toujours gravés en tête .... 860 et 720 grammes. C’est le poids que mes garçons pesaient. À 24 semaines, un bébé atteint le stade de la viabilité car tout est enfin formé. Je vous laisse imaginer la grosseur qu'avaient mes garçons. Comment être traumatisée d’une première grossesse.

 

Nous avons eu un total de 7 jours ... 7 jours à être les 4 ensembles (avec tout le tralalas mentionnés plus haut).

 

Ces 7 jours m'ont semblé autant être figés dans le temps, autant qu’ils ont passés comme un clignement de yeux.

 

Lorsque les médecins nous on annoncer que notre petit Olivier avait une hémorragie intraventriculaire bilatérale de grade 4 et qu’il était impossible de concevoir un avenir sain ou un minimum de qualité de vie pour lui, je suis tombée dans une sorte de dimension parallèle où tout se passait exactement à même vitesse en temps réel mais moi, j’était complètement figée. Je n'entendais plus rien autour de moi excepté le tic tac de l'horloge. Tous mes sens, ça je les ai sentis. Je sentais l'air avoir de la difficulté à passer dans mes poumons, je sentais les battements de mon cœur frappés de plein coups dans ma poitrine, je sentais les poils de mon corps se raidirent. Comment imaginer le petit être qui bouge, me serre le doigt, qui essaie de suivre ma voix et qui se bat pour vivre avec nous, comment imaginer que ce petit être a déjà son destin de scellé et qu’il n'a absolument rien que nous puissions faire pour l’aider.

 

Il nous a quittés dans un moment de douceur, à côté de l’incubateur de son frère dans les bras de papa et maman en écoutant leur berceuse. Ce fut également la première et la dernière fois que je pris mon fils. Je n'aurais jamais eu la chance d'ailleurs de tenir mes deux garçons ensemble dans mes bras.

 

Nous devions désormais continuer notre marathon de montagnes russes qu’est la néonatalogie en plus d’essayer de passer au travers la peine de ce deuil insurmontable. De voir mon deuxième petit incubateur vide me fit la tentation d’un buldoser qui s'amusait à m’écraser lentement. À chaque regard mon souffle se coupait comme si l’air était toxique et tous mes membres devenaient mous comme si je n’avais aucun muscle. Je me rappellerai toujours du premier regard apporté à mon fils après le décès de son jumeau. J'étais déchirée, honteuse et tellement désolée de ne pas avoir été dans la capacité de lui offrir une vie merveilleuse comme il aurait dû avoir. Je me sentais tellement mal pour lui. J’aurais tellement aimé qu’il puisse le connaitre, jouer et grandir à ses côtés.

 

Je me rappellerai toujours de la douleur qui m'envahissait chaque fois que je voyais un nouveau couple de jumeaux arrivés sur l’étage.. à chaque fois c’était un rappel de ce que je voyais être mon échec personnel à moi. Ce qui était énormément difficile car mes neveux (jumeaux également) ont seulement 9 jours de différence avec mes enfants. Lorsque nous sommes enfin sortis de l’hôpital après 4 mois d’enfer, j’étais persuadée que tout allait s’alléger côté émotions fortes (effectivement c’est ce que je croyais).

 

Arrivé à la maison, dans le calme et le confort de mon chez moi, je me demandais ce qui pourrait arriver. La solitude, les souvenirs et le calme sont arrivés. Pour la première fois j’avais le temps de me perdre dans mes pensées. J’avais tous les souvenirs de ma grossesse ici.. je le voyais partout.. dans mon salon, ma chambre, lorsque je prenais mon bain, et surtout lorsque j’allais leur chambre rendue maintenant vide avec seulement une bassinette et toute la chambre vidée de moitié. 

Je n’arrivais plus à me regarder le ventre, j’avais de la misère à prendre soin de moi, je n’avais plus de joie de vivre et je n’avais plus envie de rien. C’est à ce moment que je me suis rendue compte que je n’y arriverais pas seule.

Lorsque nous apprenons que nous avons des jumeaux, une idée préconstruite s’installe en nous: Tout va, vient et passe x2..Il est extrêmement difficile de déconstruire cette idée qui à nos yeux était une évidence.. Il est tellement difficile de faire le deuil de son bébé tout en ayant son jumeau couché sur la poitrine. Il est difficile de ne pas avoir de souvenir de voir son enfant ouvrir les yeux, sourire, grandir et respirer. Il est difficile de ne pas avoir de souvenir des deux garçons ensemble. Il est difficile de regarder son fils chercher la présence de son frère. Il est difficile de voir son enfant sourire en regardant l’urne de son frère. Il est aussi difficile de voir son enfant avoir une conversation avec la toile de son frère..

Je me surprend souvent à attendre qu’on m’appelle ou qu’on cogne à ma porte pour me dire que mon petit Olivier est là. Je n’arrive encore pas à y croire à 100% ... ou peut-être que cette idéologie m’est devenue un fantasme.

 

J’ai alors pris la décision d’aller voir mon médecin pour aller chercher l’aide dont j’avais besoin.. Je voyais que ce négatif était trop présent et m'empêchait d’avancer. En premier lieu, je voyais ça comme un autre échec, admettre que nous avons besoin d’aide psychologique est d’ailleurs plus difficile que ce que j’aurais imaginé. J’ai dû piler sur mon orgueil et regarder mon fils droit dans le blanc des yeux et me dire : Je n’ai pas le choix, Je veux être une bonne maman, je veux être la maman qu’il mérite d’avoir. 

 

La médication m’a beaucoup aidé à arrêter de vivre dans le noir et dans ma tête. Elle m'a donné un coup de pied à la bonne place pour me donner la motivation à changer les choses et je crois honnêtement que sans cette aide je n’y serais pas arrivée. Je ne dis pas que ça a tout arranger les choses loin de là.. Mais maintenant je me sens outillée et appuyée. 

 

Le 11 Octobre je commence mon processus de guérison par l’encre, je vais immortaliser ma petite étoile filante sur ma peau. Pour le reste, je me raccroche à mon fils, mon petit Félix. Chaque sourire, rire et regard me font apprécier les petites choses de la vie et me motivent à être une meilleure version de moi-même pour lui. Il n’y a pas de phrase ou de remède magique pour faire disparaître la douleur de ce vide et j’avouerais que malheureusement même le temps n’aura pas le même effet que d’habitude sur cette souffrance.

 

Par contre , il y a un message que j'aimerais vous adresser, qui a changé beaucoup de chose pour moi:

Chères mamans pieuvres, si vous avez un ou plusieurs amours qui veillent maintenant sur vous, je vous assure que ce n’est pas la fin. Ne vous laissez pas abattre et ne vous isolez pas. Vivez votre vie à 100 miles à l’heure. Vivez et épanouissez vous dans le bonheur. Vivez, aimez, riez , faites le pour eux-lui-elle-s ... vivez car eux ne peuvent plus le faire et surtout, n’hésitez pas à vous confier à vos paires et à demander de l’aide et des conseils pour aller mieux.

Ensemble, chères mamans pieuvres, apprenons à nous guérir et retrouver notre innocence de vivre. Un petit pas à la fois.

Merci de m’avoir lu,

 

Shania , Maman pieuvre de Félix et Olivier.

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Crédits photos: Mamans Pieuvres